Portrait de Charles de Courson

ASSEMBLÉE NATIONALE

Charles de Courson

Député· 5ᵉ circ. · Marne

Né le 2 avril 1952 (74 ans)LIOT16ᵉ législature

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale Groupe LIOT Élu en 2012 1 970 votes exprimés 6 903 interventions
  • Député — Assemblée nationale, 5ᵉ circ. · Marne.
  • Rattaché au parti LIOT.
  • 1 970 votes exprimés au cours du mandat.
  • Détient également 2 autres mandats (Conseil départemental).
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Formation

Charles de Courson est né le 19 janvier 1952 à Fismes, dans le département de la Marne. Issu d'une famille de la noblesse champenoise enracinée dans la région, il accomplit des études supérieures au sein des grandes institutions de la République. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il intègre l'École nationale d'administration (ENA), dont il sort dans les premières années de sa carrière pour rejoindre le corps de l'Inspection générale des finances. Cette formation lui confère une maîtrise technique approfondie des finances publiques et de la comptabilité de l'État, qui marque durablement l'ensemble de son parcours parlementaire.


Parcours politique

Charles de Courson entame son engagement politique sous les couleurs de l'Union pour la démocratie française (UDF), formation de centre-droit fondée autour de Valéry Giscard d'Estaing. Il est élu pour la première fois député de la cinquième circonscription de la Marne en 1993, lors du scrutin qui porte la droite au pouvoir sous le gouvernement Balladur. Depuis lors, il est constamment réélu dans cette circonscription rurale de la Champagne-Ardenne, témoignant d'un ancrage territorial remarquablement stable sur plus de trois décennies.

Au fil des recompositions successives de la droite et du centre, il suit les évolutions de sa famille politique : après la dissolution de l'UDF et la fondation de l'UMP en 2002, il rejoint le Nouveau Centre qui rassemble les centristes refusant la fusion avec la droite gaulliste. Il adhère ensuite à l'Union des démocrates et indépendants (UDI), avant de rallier le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) lors de la XVIe législature. Ce groupe fédère des élus centristes et régionalistes attachés à une indépendance vis-à-vis des grandes coalitions partisanes, posture qui correspond à la ligne politique constante de Charles de Courson depuis le début de sa carrière.


Carrière parlementaire

Charles de Courson est l'un des parlementaires les plus expérimentés de l'Assemblée nationale, où il siège sans interruption depuis 1993. Sa longévité est particulièrement significative dans un paysage politique soumis à de profondes turbulences électorales, plusieurs scrutins ayant profondément renouvelé la composition de la chambre basse.

Spécialiste reconnu des finances publiques, il exerce à plusieurs reprises les fonctions de rapporteur spécial, puis de rapporteur général de la commission des finances. Son expertise budgétaire, forgée à l'Inspection générale des finances, lui confère une autorité transpartisane sur les questions fiscales et comptables. Il est régulièrement sollicité par des groupes politiques très divers pour ses analyses techniques sur l'état des comptes publics.

Lors de la XVIe législature, il acquiert une visibilité nationale accrue en prenant une part active aux débats sur la réforme des retraites de 2023. Son opposition à plusieurs dispositions du texte gouvernemental, formulée sur des bases essentiellement financières et constitutionnelles, illustre sa capacité à s'affranchir des logiques de bloc.

À l'ouverture de la XVIIe législature, consécutive à la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le président Emmanuel Macron en juin 2024, Charles de Courson se porte candidat à la présidence de l'Assemblée nationale. Sa candidature recueille le soutien de groupes politiquement éloignés les uns des autres, notamment du Nouveau Front populaire, qui y voit un compromis acceptable dans une chambre très fragmentée. Il n'est finalement pas élu, la présidence revenant à Yaël Braun-Pivet.

En décembre 2024, il joue un rôle central dans la chute du gouvernement de Michel Barnier. Cosignataire d'une motion de censure transpartisane, il contribue à renverser le gouvernement après quelques semaines d'exercice, dans un contexte de blocage budgétaire inédit sous la Ve République. Cette séquence confirme son positionnement de vigie institutionnelle, attachée aux prérogatives du Parlement en matière budgétaire.


Positionnement politique

Charles de Courson se situe au centre-droit de l'échiquier politique français. Son engagement s'inscrit dans la tradition de la démocratie chrétienne et du libéralisme économique modéré. Il défend une gestion rigoureuse des finances publiques et plaide de manière constante pour la maîtrise des dépenses de l'État, positions cohérentes avec sa formation à l'Inspection générale des finances.

Son indépendance d'esprit le distingue des logiques partisanes dominantes. À plusieurs reprises, il adopte des positions contraires à la ligne des gouvernements issus de sa propre famille politique, notamment sur des questions fiscales, institutionnelles ou budgétaires. Cette posture lui vaut une crédibilité transpartisane qui lui permet d'être audible auprès de groupes politiques très divers, de la gauche modérée aux libéraux de droite.

Sur les questions constitutionnelles, il se montre fermement attaché aux prérogatives du Parlement face à l'exécutif, en particulier en matière budgétaire. Il est un défenseur régulier du rôle de la commission des finances comme organe de contrôle indépendant. Sur certaines questions de société, un catholicisme social assumé informe son positionnement sans le conduire à des postures systématiquement clivantes.


Chronologie

  • 1952 - Naissance le 19 janvier à Fismes (Marne)
  • 1977 - Sortie de l'ENA, intégration à l'Inspection générale des finances
  • 1993 - Première élection à l'Assemblée nationale, 5e circonscription de la Marne (UDF) - XIe législature
  • 1997 - Réélection sous la XIe législature
  • 2002 - Réélection sous la XIIe législature ; adhésion au Nouveau Centre lors de la recomposition de l'UDF
  • 2007 - Réélection sous la XIIIe législature
  • 2012 - Réélection sous la XIVe législature ; rapporteur spécial de la commission des finances
  • 2017 - Réélection sous la XVe législature
  • 2022 - Réélection sous la XVIe législature ; adhésion au groupe LIOT
  • 2023 - Prise de position publique dans les débats sur la réforme des retraites
  • 2024 - Réélection sous la XVIIe législature (juin) ; candidature à la présidence de l'Assemblée nationale (juillet) ; cosignature de la motion de censure renversant le gouvernement Barnier (décembre)