Comprendre · Guide
L’élection présidentielle
Parrainages, deux tours, temps de parole : comment on élit un président
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Les repères
500parrainages exigésd’élus, pas de citoyens
30départements au minimumpour que les parrainages comptent
2tourssauf majorité absolue au premier
5ans de mandatdeux consécutifs au maximum
Le Président de la République est le seul responsable politique national élu directement par l’ensemble des électeurs. Ce n’était pas prévu en 1958 : la révision de 1962, adoptée par référendum, a remplacé l’élection par un collège de notables par le suffrage universel direct. C’est ce qui a fait du Président la figure centrale du régime.
Le mandat dure cinq ans depuis le référendum de 2000, appliqué à partir de 2002 — il était de sept ans auparavant. Depuis la révision de 2008, nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.
Les 500 parrainages
Pour figurer sur le bulletin, un candidat doit réunir 500 parrainages d’élus. Ce ne sont pas des soutiens de citoyens : seuls quelque 42 000 élus y sont habilités — maires, parlementaires, conseillers départementaux et régionaux, membres du Parlement européen élus en France, entre autres.
- Une signature, un élu — un parrainage donné est définitif : il ne peut être ni retiré, ni donné à un second candidat.
- Trente départements au minimum — les 500 signatures doivent provenir d’au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer.
- Un dixième au plus par département — soit 50 signatures maximum issues d’un même territoire, pour qu’un candidat purement local ne puisse pas se qualifier.
- Publication intégrale — depuis 2016, le Conseil constitutionnel publie le nom de TOUS les élus parrainant, au fil de l’eau. Auparavant, seuls 500 tirés au sort par candidat étaient rendus publics.
Parrainer n’est pas soutenir
La règle est explicite : un parrainage atteste qu’un candidat mérite d’être soumis au débat, pas que l’élu votera pour lui. La publication intégrale des noms depuis 2016 a néanmoins rendu le geste plus visible, donc plus coûteux politiquement — et c’est l’un des reproches faits au dispositif.
Le scrutin, en deux tours
Du dépôt à la proclamation
- 1Recueil des parrainages — les formulaires sont adressés directement au Conseil constitutionnel par les élus, dans une fenêtre fixée par décret.
- 2Le Conseil constitutionnel arrête et publie la liste officielle des candidats.
- 3Campagne officielle — égalité stricte du temps de parole et d’antenne entre tous les candidats.
- 4Premier tour — est élu qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés. Ce n’est jamais arrivé sous la Ve République.
- 5Second tour, deux semaines plus tard — entre les deux candidats arrivés en tête, sauf désistement.
- 6Le Conseil constitutionnel proclame les résultats après examen des réclamations.
Deux tours changent la nature du vote
Au premier tour, l’électeur peut exprimer une préférence sans arbitrer ; au second, il choisit entre deux options qui restent. C’est pourquoi comparer un score de premier tour à un score de second tour n’a pas de sens : les deux ne mesurent pas la même chose.
Temps de parole et argent
Deux régulations encadrent la campagne, et elles sont souvent confondues : celle du temps de parole, exercée par l’Arcom, et celle de l’argent, exercée par la Commission nationale des comptes de campagne.
- Équité, puis égalité — avant la campagne officielle, les temps de parole sont répartis équitablement selon la représentativité ; pendant la campagne officielle, ils deviennent strictement égaux entre tous les candidats.
- Un plafond de dépenses — fixé par la loi, il est relevé pour les candidats présents au second tour.
- Un remboursement public — forfaitaire, il est nettement plus élevé au-delà de 5 % des suffrages exprimés. C’est ce seuil qui rend une candidature financièrement soutenable ou non.
- Un compte de campagne contrôlé — son rejet entraîne la perte du remboursement, et peut valoir inéligibilité.
Le seuil de 5 % n’est pas un détail comptable
En dessous, un candidat ne récupère qu’une fraction de ses dépenses et supporte le reste, souvent par emprunt personnel ou par son parti. Ce seuil pèse sur la décision de se présenter autant que les parrainages — et il explique une partie des retraits de dernière minute.
Après le second tour
Le scrutin se tient vingt à trente-cinq jours avant l’expiration des pouvoirs du président en exercice (article 7). Il n’y a donc jamais de vacance programmée : le nouveau président entre en fonction au terme du mandat de son prédécesseur, après la proclamation des résultats.
En cas de vacance, ce n’est pas le Premier ministre
Si la présidence devient vacante — démission, décès, empêchement constaté —, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim, avec des pouvoirs réduits : il ne peut ni dissoudre l’Assemblée ni engager de révision constitutionnelle. Une nouvelle élection se tient dans les vingt à trente-cinq jours.
Sources
Sources
- Constitution du 4 octobre 1958 — articles 6, 7 et 58
- Loi organique du 6 novembre 1962 — élection du Président au suffrage universel direct
- Conseil constitutionnel — liste des candidats, parrainages publiés et proclamation des résultats
- Arcom — relevés de temps de parole et d’antenne
- Commission nationale des comptes de campagne — plafonds, comptes déposés et décisions