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Derrière le gazole cher, la bataille des raffineries

Analyse

Derrière le gazole cher, la bataille des raffineries

Le gazole frôle son record absolu alors que le Brent reste loin du sien. Une large part de l'écart semble se loger en aval du puits, dans le raffinage, dont la géographie va d'Ormuz aux raffineries russes frappées par les drones ukrainiens, en passant par trente ans de fermetures de sites en Europe.

Par Rédaction SensPo · 18 septembre 2026 · 73 min de lecture

Résumé exécutif

  • Le fait et notre estimation. Le 17 septembre 2026, le gazole vaut 2,37 € le litre, à un centime de son record d'avril. Le Brent, à 113,7 $ la semaine du 7 septembre, reste nettement sous son pic hebdomadaire d'avril (131,7 $). Depuis le 27 février, le brut expliquerait d'un quart à moins de la moitié de la hausse hors taxes ; selon Bercy, la marge de transport-distribution n'a pas augmenté ; le reste tient à un solde qui approche la marge de raffinage sans s'y réduire.
  • La cause probable. En février, le Golfe et la Russie assuraient près de 45 % du commerce maritime mondial de diesel ; en août, il en manquait 1,6 million de barils par jour selon l'AIE. En Russie, les arrêts et réductions attestés à la mi-septembre représentent de l'ordre de 20 % de la capacité, jusqu'à 30 % avec deux arrêts signalés plus tôt et non reconfirmés. L'Europe a gardé son brut mais perdu ses produits raffinés du Golfe.
  • La France et l'Europe. Six raffineries de brut en service en France, 57 millions de tonnes de capacité contre 98 en 2009, 25 millions de mètres cubes de gazole importés en 2024 dont 28 % du Moyen-Orient. La France détient 1,1 % de la capacité mondiale de raffinage, l'Europe environ 12,5 %. Importatrices de diesel, elles subissent le prix du baril marginal plus qu'elles ne le forment.
  • Les idées reçues. Les taxes pèsent 44 % du gazole et non 60 % ; l'enrichissement de l'État n'est pas démontré ; l'estimation publique ne montre pas de hausse des marges des distributeurs ; les ruptures se concentrent dans le réseau qui plafonne ses prix.
  • Notre parti pris, et ce qui l'affaiblirait. Une baisse de taxe répond mal à un choc d'offre physique, et les unités de conversion en gazole devraient être traitées comme des actifs de sécurité d'approvisionnement. Un écart gazole-Brent revenu sous 45 $ par baril avant la fin de 2026, exportations russes toujours suspendues, affaiblirait cette lecture.

Les sources et les calculs figurent dans le corps de l'article.

Deux prix qui ne racontent plus la même histoire

Jeudi 17 septembre 2026, le gazole se vendait en moyenne 2,37 € le litre en France, à un centime de son record de début avril, et le SP95-E10 2,16 €, au-dessus de son pic de juin 2022 1Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, *Prix des carburants en France*, flux quotidien des prix déclarés par les stations, prix-carburants.gouv.fr, consulté le 18 septembre 20262AFP, « Carburant : le prix moyen du gazole en France proche de son record », 17 septembre 2026 ; « Le prix du gazole a battu un record absolu depuis 1985 en France », 31 mars 2026 ; « Le prix de l'essence, un record depuis le début de la guerre en Iran », 17 mai 2026 (y compris la déclaration du Premier ministre sur les recettes). La veille des premières frappes américano-israéliennes sur l'Iran, le 27 février, les deux carburants valaient environ 1,72 € 2AFP, « Carburant : le prix moyen du gazole en France proche de son record », 17 septembre 2026 ; « Le prix du gazole a battu un record absolu depuis 1985 en France », 31 mars 2026 ; « Le prix de l'essence, un record depuis le début de la guerre en Iran », 17 mai 2026 (y compris la déclaration du Premier ministre sur les recettes). Sur un an, l'Insee relève en août + 36,4 % pour le gazole, + 19,1 % pour l'essence et + 47,8 % pour le fioul domestique ; l'énergie porte l'inflation à 2,4 % 3Insee, « En août 2026, les prix à la consommation augmentent de 2,4 % sur un an », *Informations rapides* n° 218, résultats définitifs, 15 septembre 2026.

Le baril, lui, ne bat aucun record. Le Brent spot a culminé à 131,7 $ en moyenne hebdomadaire la semaine du 6 avril, est retombé à 69,8 $ fin juin après le mémorandum de Versailles, et s'établissait à 113,7 $ la semaine du 7 septembre 4IFP Énergies nouvelles, *Tableau de bord des marchés pétroliers*, notes hebdomadaires du 2 mars au 14 septembre 2026, ifpenergiesnouvelles.fr. Le litre de gazole est donc presque aussi cher qu'en avril avec un baril nettement moins cher. La série mensuelle de la DGEC 5Direction générale de l'énergie et du climat, prix moyens mensuels des carburants en 2026, repris par Le Mag Auto Moto, « Prix du carburant en 2026 : où en sont essence et gazole ? », 13 août 2026. Source secondaire montre l'autre versant : gazole et essence, à parité avant la guerre et de nouveau en juin, se séparent quand la tension remonte.

Prix moyens mensuels à la pompe en 2026 (euros par litre)

Source : DGEC, moyennes mensuelles pondérées, France métropolitaine hors Corse, reprises par Le Mag Auto Moto. Mois complets uniquement ; la suite figure dans le graphique hebdomadaire ci-dessous.

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Prix moyens mensuels à la pompe en 2026 (euros par litre) »
GazoleSP95-E10
Janv.1.63441.6738
Fév.1.67251.6865
Mars2.06691.893
Avril2.23891.9835
Mai2.1212.0289
Juin1.94211.9225
Juil.2.05231.9634

Le relevé hebdomadaire du flux public, à méthode constante, prolonge la série jusqu'à la rentrée 6Actu Alt Plus, « 2,275 € le litre : le gazole repart à la hausse », 10 septembre 2026 : relevés hebdomadaires calculés sur le flux ouvert de prix-carburants.gouv.fr. Source secondaire : le gazole regagne neuf centimes entre le 27 juillet et le 7 septembre, avant les 2,37 € du 17.

Le rebond de l'été : relevés hebdomadaires du lundi (euros par litre)

Source : moyennes arithmétiques des prix déclarés sur prix-carburants.gouv.fr, calculées par Actu Alt Plus. Dernier relevé disponible à méthode constante : 7 septembre. Série non comparable en niveau à la moyenne pondérée de la DGEC.

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Le rebond de l'été : relevés hebdomadaires du lundi (euros par litre) »
GazoleSP95-E10
27 juil.2.1882.03
3 août2.2322.034
10 août2.1831.983
17 août2.2142.009
24 août2.2442.029
31 août2.2222.039
7 sept.2.2752.111

Ce que le brut explique, et ce qu'il n'explique pas

L'Agence internationale de l'énergie donne la mesure mondiale du décrochage. Dans son rapport du 11 septembre, le Brent à terme se situe 45 % au-dessus de son niveau d'avant-guerre ; le diesel américain, passé au-dessus de 200 $ le baril, est 94 % au-dessus du sien, l'Europe et l'Asie suivant de près, et les marges de raffinage du bassin atlantique ont atteint en août un record 7Agence internationale de l'énergie, *Oil Market Report*, septembre 2026, synthèse publique du 11 septembre 2026, iea.org. L'IFPEN relevait fin août un écart entre diesel et brut supérieur à 80 $ par baril, contre 15 à 30 $ en temps ordinaire, avec des stocks de diesel au plus bas dans toutes les régions 4IFP Énergies nouvelles, *Tableau de bord des marchés pétroliers*, notes hebdomadaires du 2 mars au 14 septembre 2026, ifpenergiesnouvelles.fr.

Reste à savoir ce que cela représente dans un litre français. Le prix hors taxes du gazole se décompose en trois termes : le brut, la marge brute de raffinage (écart entre la cotation du produit et celle du brut) et la marge brute de transport-distribution, que Bercy estime et publie chaque semaine depuis mai 8Ministère de l'Économie, « Carburants en métropole : évolution des moyennes de marges brutes de transport-distribution en France métropolitaine entre le 1er janvier et le 13 septembre 2026 », document hebdomadaire, economie.gouv.fr. Les deux termes extrêmes sont observables ; celui du milieu ne peut être approché ici que par solde.

Encadré : le calcul, pas à pas. Hors taxes = prix à la pompe / 1,2 − accise (0,6075 €). Brut par litre = Brent en dollars / 158,987 litres / cours BCE de l'euro. La marge de transport-distribution est celle de Bercy. Le troisième terme est un solde : il approche la marge de raffinage sans s'y réduire. Sources : prix AFP et Supercarbu 2AFP, « Carburant : le prix moyen du gazole en France proche de son record », 17 septembre 2026 ; « Le prix du gazole a battu un record absolu depuis 1985 en France », 31 mars 2026 ; « Le prix de l'essence, un record depuis le début de la guerre en Iran », 17 mai 2026 (y compris la déclaration du Premier ministre sur les recettes)9Supercarbu, « Prix carburant septembre 2026 », relevé au 28 août 2026 d'après les données ouvertes du ministère de l'Économie, Brent IFPEN 4IFP Énergies nouvelles, *Tableau de bord des marchés pétroliers*, notes hebdomadaires du 2 mars au 14 septembre 2026, ifpenergiesnouvelles.fr, change BCE 10Banque centrale européenne, cours de référence de l'euro : 1,1805 dollar le 27 février 2026, 1,1605 le 19 août, 1,1590 le 1er septembre (ce dernier publié au *Boletín Oficial del Estado* du 2 septembre 2026), marge de transport-distribution Bercy 8Ministère de l'Économie, « Carburants en métropole : évolution des moyennes de marges brutes de transport-distribution en France métropolitaine entre le 1er janvier et le 13 septembre 2026 », document hebdomadaire, economie.gouv.fr.

Gazole : indicateur27 février28 aoûtMi-septembre
Prix à la pompe, en € par litre (AFP, Supercarbu)1,7202,2322,371
Hors taxes, en € par litre0,8261,2531,368
Brent spot hebdomadaire IFPEN, en $71,390,1113,7
Cours BCE, en $ pour 1 €1,18051,161,159
Brut, en € par litre0,3800,4880,617
Transport-distribution, estimation Bercy, en € par litre0,2810,2700,245
Solde hors brut et transport-distribution (approximation de la marge de raffinage)0,1650,4940,506
Hausse hors taxes depuis le 27 févrierbase+ 0,427+ 0,542
dont brut (part estimée)base+ 0,108 (environ 25 %)+ 0,237 (environ 44 %)
dont transport-distributionbase− 0,011− 0,036
dont solde (part estimée)base+ 0,329 (environ 77 %)+ 0,341 (environ 63 %)

Ce que le calcul mesure. Selon la date retenue, le brut expliquerait entre un quart et un peu moins de la moitié de la hausse hors taxes ; d'après l'estimation de Bercy, la marge de transport-distribution n'a pas augmenté. Avec le Brent à terme plutôt que le spot (72,5 $ le 27 février, 104,35 $ le 17 septembre 4IFP Énergies nouvelles, *Tableau de bord des marchés pétroliers*, notes hebdomadaires du 2 mars au 14 septembre 2026, ifpenergiesnouvelles.fr11Connaissance des Énergies, cours du Brent ICE au 17 septembre 2026 (104,35 $ par baril), d'après Yahoo Finance), la part du brut ressort à un tiers : le résultat dépend des hypothèses, pas seulement des données.

Ce qu'il suggère. Le reste de la hausse, de l'ordre de 33 centimes aux deux dates, revient au solde. Nous l'interprétons comme étant, pour l'essentiel, de la marge de raffinage, sans pouvoir l'établir. Trois indices vont dans ce sens : le niveau atteint par le solde, 49 à 51 centimes, équivaut à 91 à 93 $ par baril, cohérent avec les cotations relevées par l'IFPEN ; la valeur de départ, 16,5 centimes, s'intercale entre les 13,2 centimes de moyenne 2025 et les 25,7 centimes du 6 mars calculés par la CLCV à partir des données publiques 12CLCV, « Carburants : hausse des marges dans le raffinage et la distribution », mars 2026 (marges brutes de raffinage calculées à partir des données publiques) ; et l'essence, tirée du même brut, a nettement moins augmenté (44 centimes à la pompe contre 65). Les parts de 63 % et 77 % sont donc des estimations sous hypothèses ; la formulation prudente est que plus de la moitié de la hausse hors taxes ne vient pas du brut.

Ce qu'il ne dit pas. Un solde absorbe aussi les erreurs. Les prix à la pompe sont des moyennes arithmétiques, la marge de Bercy est pondérée par les volumes, et elle est ici une moyenne de période aux deux premières dates (janvier-février, puis 1er mars-13 septembre) et une valeur hebdomadaire à la troisième. Le 28 août, la moyenne pondérée de la DGEC (2,2085 €) était inférieure de 2,4 centimes toutes taxes comprises, soit environ 2 centimes hors TVA, à la moyenne arithmétique utilisée ici 13Direction générale de l'énergie et du climat, prix moyens hebdomadaires du vendredi (28 août 2026 : gazole 2,2085 €, SP95-E10 2,0254 € ; 4 septembre : 2,2571 € et 2,0869 €), repris par La Voix de France, septembre 2026 : le niveau du solde est probablement surestimé de cet ordre, sa variation l'étant moins si ce biais est stable, ce que nous ne pouvons pas vérifier ; les trois séries ne sont pas relevées le même jour à la mi-septembre ; la pompe suit le marché de gros avec retard ; le fret et les primes de qualité sont confondus avec le raffinage. L'ordre de grandeur est solide, la décimale ne l'est pas, et l'écart entre gazole et essence corrobore le raisonnement sans démontrer à lui seul cette répartition.

Un litre de gazole à trois dates : décomposition estimée (euros par litre)

Calcul SensPo d'après AFP et Supercarbu (prix), IFPEN (Brent spot hebdomadaire), BCE (change), ministère de l'Économie (marge de transport-distribution). Le solde approche la marge de raffinage mais inclut fret, primes et écarts de méthode.

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Un litre de gazole à trois dates : décomposition estimée (euros par litre) »
BrutSolde hors brut et distribution (approx. marge de raffinage)Transport-distributionAcciseTVA
27 février (1,72 €)0.380.1650.2810.6080.287
28 août (2,23 €)0.4880.4940.270.6080.372
Mi-septembre (2,37 €)0.6170.5060.2450.6080.395

Quatre idées reçues, et un récapitulatif

« Les taxes font 60 % du prix » : faux aujourd'hui

Au 24 août, selon le bulletin pétrolier de la Commission européenne, les taxes pesaient 43,9 % du gazole et 50,1 % du SP95 14Commission européenne, *Weekly Oil Bulletin*, semaine du 24 août 2026, retraité dans Connaissance des Énergies, « Carburants : prix de l'essence et du gazole en France », fiche mise à jour le 31 août 2026. L'accise est un montant fixe par litre, inscrit au code des impositions sur les biens et services 15Code des impositions sur les biens et services, tarifs de l'accise sur les carburants routiers, Légifrance, barème applicable en 2026 ; sa part recule quand le produit renchérit. Les 55 à 60 % qui circulent décrivent un litre à 1,70 €. En valeur absolue, l'État prélève toujours environ un euro par litre.

« L'État s'enrichit sur la crise » : non démontré, et probablement faux

À notre connaissance, aucun solde budgétaire consolidé n'a été publié, et les éléments disponibles ne sont pas comparables entre eux : ils portent sur des périodes différentes et émanent tous du gouvernement. La TVA assise sur le produit a rapporté 120 millions d'euros de plus en mars 2026 qu'en mars 2025 16Franceinfo, « TVA, matière première, marges des distributeurs : comment se décomposent les prix des carburants à la pompe ? », 23 avril 2026 (déclarations du ministre délégué aux Comptes publics et chiffrage gouvernemental de la TVA à 5,5 %). L'accise, elle, suit les volumes : le Premier ministre a fait état de recettes en recul d'environ 300 millions sur les dix premiers jours de mai, pour une consommation en baisse de 30 %, et le ministre de l'Économie d'un recul de 14 % sur l'ensemble du mois 2AFP, « Carburant : le prix moyen du gazole en France proche de son record », 17 septembre 2026 ; « Le prix du gazole a battu un record absolu depuis 1985 en France », 31 mars 2026 ; « Le prix de l'essence, un record depuis le début de la guerre en Iran », 17 mai 2026 (y compris la déclaration du Premier ministre sur les recettes)17AFP, « Carburants : ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement », 21 mai 2026 ; « La consommation de carburants en France a diminué de 14 % en mai sur un an », 22 mai 2026. Le plan de soutien du 21 mai est chiffré à 1,2 milliard 17AFP, « Carburants : ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement », 21 mai 2026 ; « La consommation de carburants en France a diminué de 14 % en mai sur un an », 22 mai 2026. Ces trois indices vont dans le même sens sans constituer un bilan. Le projet de loi de finances pour 2027, attendu en octobre, fournira le premier chiffrage vérifiable des recettes de 2026.

« Les distributeurs se gavent » : l'estimation publique ne le montre pas

Selon l'estimation de Bercy, fondée sur les prix déclarés et sur ses échanges avec les distributeurs, la marge brute de transport-distribution du gazole est passée de 28,1 centimes en janvier-février à 27,0 centimes en moyenne du 1er mars au 13 septembre, et à 24,5 centimes la dernière semaine ; celle des majors, TotalEnergies en tête, a reculé de 32,1 à 26,8 centimes 8Ministère de l'Économie, « Carburants en métropole : évolution des moyennes de marges brutes de transport-distribution en France métropolitaine entre le 1er janvier et le 13 septembre 2026 », document hebdomadaire, economie.gouv.fr. Bercy précise que les contrôles de la DGCCRF n'ont pas relevé d'augmentation des anomalies 8Ministère de l'Économie, « Carburants en métropole : évolution des moyennes de marges brutes de transport-distribution en France métropolitaine entre le 1er janvier et le 13 septembre 2026 », document hebdomadaire, economie.gouv.fr. C'est une moyenne, produite par une seule source ; elle n'exclut pas des abus locaux.

« La France va manquer de carburant » : des ruptures, pas de pénurie à ce jour

Le 14 septembre, 13 % des stations déclaraient une indisponibilité, contre 8 % deux jours plus tôt 18AFP repris par Batirama, « Carburants : pas de pénurie, mais des ruptures dans les stations », 16 septembre 2026. Mais 90,8 % d'entre elles appartenaient au réseau TotalEnergies, qui plafonne depuis le 22 juillet l'essence à 1,99 € et le gazole à 2,25 € 9Supercarbu, « Prix carburant septembre 2026 », relevé au 28 août 2026 d'après les données ouvertes du ministère de l'Économie19*Le Figaro*, décompte des stations en difficulté par enseigne, 14 septembre 2026, cité par Presse-citron, 15 septembre 2026, et les ruptures touchaient surtout l'essence : 21 % des stations sans SP95 le 11 septembre, 2 % sans gazole 20Enerzine, « Pénurie d'essence : 21 % des stations à sec en SP95 », relevés du 6 au 11 septembre 2026. Cette concentration est compatible avec un effet de file d'attente devant un prix inférieur au marché plutôt qu'avec un défaut général d'approvisionnement ; elle ne l'établit pas.

Les stocks stratégiques constituent l'autre filet de sécurité. La France doit détenir l'équivalent de 90 jours d'importations nettes, dont un tiers au moins en produits finis, obligation qui remonte aux lois de 1925 et 1928 21Directive 2009/119/CE du Conseil sur les stocks pétroliers, synthèse EUR-Lex ; SAGESS, présentation institutionnelle ; AFP, « Les membres de l'AIE, dont la France, débloquent 400 millions de barils », 11 mars 2026. C'est un amortisseur, pas une source : l'AIE compte 507 millions de barils prélevés sur les stocks mondiaux depuis février, dont 95 millions en août 7Agence internationale de l'énergie, *Oil Market Report*, septembre 2026, synthèse publique du 11 septembre 2026, iea.org.

Le tableau reprend ces verdicts et ceux établis dans les autres sections.

AffirmationVerdictDonnée clé
Les taxes font 60 % du prixFaux en septembre 202643,9 % du gazole, 50,1 % du SP95
L'État s'enrichit sur la criseNon démontré, probablement fauxPas de bilan publié ; TVA en hausse, accise et volumes en baisse, 1,2 Md€ d'aides
Les distributeurs se gaventNon étayé par l'estimation publiqueMarge brute estimée : 28,1 puis 27,0 centimes
Le baril explique toutInsuffisantLe brut expliquerait d'un quart à moins de la moitié de la hausse hors taxes, selon les hypothèses
La France va manquer de carburantExagéré à ce jour90,8 % des stations en difficulté chez TotalEnergies
La France ne dépend pas du GolfeVrai pour le brut, faux pour le gazole en 202428 % du gazole importé ; flux 2026 non publiés

Le goulot : un outil de raffinage qui a rétréci

La France comptait 24 raffineries en 1975 22Connaissance des Énergies, « Raffineries de pétrole en France : combien en reste-t-il et où sont-elles situées ? », 25 septembre 2025 (capacités d'après l'Ufip). Six traitent encore du brut en métropole, pour 57 millions de tonnes contre 98 en 2009, plus celle de la SARA en Martinique. Quatre sites ont été arrêtés entre 2010 et 2013 (Dunkerque, Reichstett, Berre, Petit-Couronne) ; La Mède et Grandpuits ont été convertis 22Connaissance des Énergies, « Raffineries de pétrole en France : combien en reste-t-il et où sont-elles situées ? », 25 septembre 2025 (capacités d'après l'Ufip)23Ufip Énergies et Mobilités, données 2024 sur le raffinage et les importations, présentées par News Tank Énergies, 24 mars 2026 (y compris la demande ministérielle du 23 mars 2026 aux raffineurs). Aucune des six raffineries restantes n'est signalée à l'arrêt dans les sources consultées.

Raffineries de pétrole brut en service : capacité par département (millions de tonnes par an)

Capacités nominales de traitement de pétrole brut, sources Ufip Énergies et Mobilités et Connaissance des Énergies ; aucun arrêt signalé dans les sources consultées au 17 septembre 2026. Quatre départements concentrent les 57,1 millions de tonnes en service, contre 98 millions de tonnes réparties sur neuf départements en 2009. Sites convertis exclus (La Mède, Grandpuits). La raffinerie de la SARA, en Martinique (0,8 Mt), ne figure pas sur ce fond de carte.

Valeurs par territoire · Raffineries de pétrole brut en service : capacité par département (millions de tonnes par an)
TerritoireValeur
Aube0 Mt/an
Aude0 Mt/an
Aveyron0 Mt/an
Bouches-du-Rhône16.5 Mt/an
Calvados0 Mt/an
Cantal0 Mt/an
Charente0 Mt/an
Charente-Maritime0 Mt/an
Cher0 Mt/an
Corrèze0 Mt/an
Côte-d'Or0 Mt/an
Côtes-d'Armor0 Mt/an
Creuse0 Mt/an
Dordogne0 Mt/an
Doubs0 Mt/an
Drôme0 Mt/an
Eure0 Mt/an
Eure-et-Loir0 Mt/an
Finistère0 Mt/an
Gard0 Mt/an
Haute-Garonne0 Mt/an
Gers0 Mt/an
Gironde0 Mt/an
Hérault0 Mt/an
Ille-et-Vilaine0 Mt/an
Indre0 Mt/an
Indre-et-Loire0 Mt/an
Isère0 Mt/an
Jura0 Mt/an
Landes0 Mt/an
Loir-et-Cher0 Mt/an
Loire0 Mt/an
Haute-Loire0 Mt/an
Loire-Atlantique11 Mt/an
Loiret0 Mt/an
Lot0 Mt/an
Lot-et-Garonne0 Mt/an
Lozère0 Mt/an
Maine-et-Loire0 Mt/an
Manche0 Mt/an
Marne0 Mt/an
Haute-Marne0 Mt/an
Mayenne0 Mt/an
Meurthe-et-Moselle0 Mt/an
Meuse0 Mt/an
Morbihan0 Mt/an
Moselle0 Mt/an
Nièvre0 Mt/an
Nord0 Mt/an
Oise0 Mt/an
Orne0 Mt/an
Pas-de-Calais0 Mt/an
Puy-de-Dôme0 Mt/an
Pyrénées-Atlantiques0 Mt/an
Hautes-Pyrénées0 Mt/an
Pyrénées-Orientales0 Mt/an
Bas-Rhin0 Mt/an
Haut-Rhin0 Mt/an
Rhône5.6 Mt/an
Haute-Saône0 Mt/an
Saône-et-Loire0 Mt/an
Sarthe0 Mt/an
Savoie0 Mt/an
Haute-Savoie0 Mt/an
Paris0 Mt/an
Seine-Maritime24 Mt/an
Seine-et-Marne0 Mt/an
Yvelines0 Mt/an
Deux-Sèvres0 Mt/an
Somme0 Mt/an
Tarn0 Mt/an
Tarn-et-Garonne0 Mt/an
Var0 Mt/an
Vaucluse0 Mt/an
Vendée0 Mt/an
Vienne0 Mt/an
Haute-Vienne0 Mt/an
Vosges0 Mt/an
Yonne0 Mt/an
Territoire de Belfort0 Mt/an
Essonne0 Mt/an
Hauts-de-Seine0 Mt/an
Seine-Saint-Denis0 Mt/an
Val-de-Marne0 Mt/an
Val-d'Oise0 Mt/an
Ain0 Mt/an
Aisne0 Mt/an
Allier0 Mt/an
Alpes-de-Haute-Provence0 Mt/an
Hautes-Alpes0 Mt/an
Alpes-Maritimes0 Mt/an
Ardèche0 Mt/an
Ardennes0 Mt/an
Ariège0 Mt/an
Corse-du-Sud0 Mt/an
Haute-Corse0 Mt/an

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Sources

[1] Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Prix des carburants en France, flux quotidien des prix déclarés par les stations, prix-carburants.gouv.fr, consulté le 18 septembre 2026.

[2] AFP, « Carburant : le prix moyen du gazole en France proche de son record », 17 septembre 2026 ; « Le prix du gazole a battu un record absolu depuis 1985 en France », 31 mars 2026 ; « Le prix de l'essence, un record depuis le début de la guerre en Iran », 17 mai 2026 (y compris la déclaration du Premier ministre sur les recettes).

[3] Insee, « En août 2026, les prix à la consommation augmentent de 2,4 % sur un an », Informations rapides n° 218, résultats définitifs, 15 septembre 2026.

[4] IFP Énergies nouvelles, Tableau de bord des marchés pétroliers, notes hebdomadaires du 2 mars au 14 septembre 2026, ifpenergiesnouvelles.fr.

[5] Direction générale de l'énergie et du climat, prix moyens mensuels des carburants en 2026, repris par Le Mag Auto Moto, « Prix du carburant en 2026 : où en sont essence et gazole ? », 13 août 2026. Source secondaire.

[6] Actu Alt Plus, « 2,275 € le litre : le gazole repart à la hausse », 10 septembre 2026 : relevés hebdomadaires calculés sur le flux ouvert de prix-carburants.gouv.fr. Source secondaire.

[7] Agence internationale de l'énergie, Oil Market Report, septembre 2026, synthèse publique du 11 septembre 2026, iea.org.

[8] Ministère de l'Économie, « Carburants en métropole : évolution des moyennes de marges brutes de transport-distribution en France métropolitaine entre le 1er janvier et le 13 septembre 2026 », document hebdomadaire, economie.gouv.fr.

[9] Supercarbu, « Prix carburant septembre 2026 », relevé au 28 août 2026 d'après les données ouvertes du ministère de l'Économie.

[10] Banque centrale européenne, cours de référence de l'euro : 1,1805 dollar le 27 février 2026, 1,1605 le 19 août, 1,1590 le 1er septembre (ce dernier publié au Boletín Oficial del Estado du 2 septembre 2026).

[11] Connaissance des Énergies, cours du Brent ICE au 17 septembre 2026 (104,35 $ par baril), d'après Yahoo Finance.

[12] CLCV, « Carburants : hausse des marges dans le raffinage et la distribution », mars 2026 (marges brutes de raffinage calculées à partir des données publiques).

[13] Direction générale de l'énergie et du climat, prix moyens hebdomadaires du vendredi (28 août 2026 : gazole 2,2085 €, SP95-E10 2,0254 € ; 4 septembre : 2,2571 € et 2,0869 €), repris par La Voix de France, septembre 2026.

[14] Commission européenne, Weekly Oil Bulletin, semaine du 24 août 2026, retraité dans Connaissance des Énergies, « Carburants : prix de l'essence et du gazole en France », fiche mise à jour le 31 août 2026.

[15] Code des impositions sur les biens et services, tarifs de l'accise sur les carburants routiers, Légifrance, barème applicable en 2026.

[16] Franceinfo, « TVA, matière première, marges des distributeurs : comment se décomposent les prix des carburants à la pompe ? », 23 avril 2026 (déclarations du ministre délégué aux Comptes publics et chiffrage gouvernemental de la TVA à 5,5 %).

[17] AFP, « Carburants : ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement », 21 mai 2026 ; « La consommation de carburants en France a diminué de 14 % en mai sur un an », 22 mai 2026.

[18] AFP repris par Batirama, « Carburants : pas de pénurie, mais des ruptures dans les stations », 16 septembre 2026.

[19] Le Figaro, décompte des stations en difficulté par enseigne, 14 septembre 2026, cité par Presse-citron, 15 septembre 2026.

[20] Enerzine, « Pénurie d'essence : 21 % des stations à sec en SP95 », relevés du 6 au 11 septembre 2026.

[21] Directive 2009/119/CE du Conseil sur les stocks pétroliers, synthèse EUR-Lex ; SAGESS, présentation institutionnelle ; AFP, « Les membres de l'AIE, dont la France, débloquent 400 millions de barils », 11 mars 2026.

[22] Connaissance des Énergies, « Raffineries de pétrole en France : combien en reste-t-il et où sont-elles situées ? », 25 septembre 2025 (capacités d'après l'Ufip).

[23] Ufip Énergies et Mobilités, données 2024 sur le raffinage et les importations, présentées par News Tank Énergies, 24 mars 2026 (y compris la demande ministérielle du 23 mars 2026 aux raffineurs).

[24] Ministère de la Transition écologique, « La chaîne pétrolière », ecologie.gouv.fr.

[25] Service des données et études statistiques (SDES), Bilan énergétique de la France en 2025, données provisoires, avril 2026, version modifiée en mai 2026.

[26] SDES, Chiffres clés de l'énergie, édition 2025, chapitre Pétrole.

[27] Argus Media, « Viewpoint: Europe's refiners eye support from closures », 31 décembre 2024 ; « UK's Grangemouth refinery stops processing crude », 30 avril 2025.

[28] AFP, « Pétrole : l'étau se resserre sur les exportations saoudiennes », 15 septembre 2026 (données Kpler).

[29] Le Grand Continent, « Économie russe : 50 % des capacités de raffinage ont été ciblées par l'Ukraine en 2026 », 9 juillet 2026.

[30] Reuters, « Half of Russia's top diesel-producing refineries cut back output after drone strikes », 15 septembre 2026, repris par Kyiv Post ; Reuters repris par The Moscow Times, « Syzran and Saratov Oil Refineries Halt Operations After Drone Attacks », 16 septembre 2026, et « Ukraine Strikes Russia's Largest Oil Refinery in Western Siberia », 6 juillet 2026.

[31] Capacités nominales des raffineries russes : RBC-Ukraine, 20 mai 2026 (Kirichi, Kstovo) ; United24 Media, 7 juillet 2026 (Riazan, Volgograd, Perm, Moscou) ; Reuters pour Touapsé, Saratov et Syzran. United24 Media est un média public ukrainien : ses chiffres de capacité sont repris, ses évaluations de dommages ne le sont qu'en le signalant. La capacité de Nijnekamsk (Taneco) est un ordre de grandeur non recoupé.

[32] Info.fr, « Raffineries russes en feu : Moscou interdit ses exports de diesel », 9 juillet 2026, et « Russie : la crise du carburant frappe 50 millions de personnes », 14 juillet 2026 (fourchette de 20 à 40 %) ; L'EnerGeek, « Carburant : le prix du diesel atteint un niveau jamais vu aux US », 4 septembre 2026 (suspension jusqu'au 30 septembre) ; Energy News Beat, 16 septembre 2026, citant Vedomosti du 15 septembre (prolongation jusqu'au 31 octobre).

[33] Financial Times, estimation citée par Slate.fr, « Des semaines après les frappes ukrainiennes, les raffineries russes sont toujours hors service », 31 juillet 2026.

[34] Bloomberg, données EA Analytics, repris par The Moscow Times, « Russian Oil Refining Falls to 24-Year Low After Ukrainian Drone Strikes », 3 août 2026.

[35] Associated Press, « Trump calls on Ukraine to halt strikes on Russian diesel fuel, citing a global shortage », 13 septembre 2026 ; Reuters, même date.

[36] Argus Media, « Bahrain's Bapco issues force majeure after refinery hit », 13 mars 2026 ; Bloomberg repris par gCaptain, « Here's a List of Gulf Energy Infrastructure Damaged in Iran War », 27 mai 2026 ; The National, « Six months of war leaves Gulf oil trapped between two chokepoints », 28 août 2026.

[37] Energy Institute, Statistical Review of World Energy, capacité de distillation atmosphérique par pays fin 2024, reprise par energtx, et total mondial fin 2025 (103,76 millions de barils par jour), repris par Statbase, juillet 2026.

[38] Agence internationale de l'énergie, Oil Market Report, synthèses publiques de janvier 2026 (débits de décembre 2025), de juin 2026 (importations chinoises et japonaises) et d'août 2026 (débits de juillet).

[39] U.S. Energy Information Administration, Weekly Petroleum Status Report, semaine se terminant le 4 septembre 2026, publié le 10 septembre 2026.

[40] Bureau national des statistiques de Chine, débits de raffinage d'août 2026, cités par Reuters, « China draws on crude inventories in August as refinery runs rise », 15 septembre 2026 (repris par BOE Report) ; Energy Intelligence, « Chinese Refinery Runs Surge in August », septembre 2026.

[41] Reuters, chroniques de Clyde Russell d'après les données Kpler : « Asia's crude oil imports stay soft in August », 26 août 2026 (repris par BOE Report) ; « Asia crude and fuel imports recover, still shy of pre-Iran war levels », 4 août 2026, et « China's crude oil imports stayed weak in August », septembre 2026 (repris par EnergyNow).

[42] Vortexa, « Europe's transport fuels supply is resilient but vulnerable », juin 2026, et « Europe's diesel options narrow », août 2026 ; données Vortexa reprises par Business Standard, « India emerges as key diesel supplier to Europe as Russian, US flows falter », 6 septembre 2026.

[43] Offshore Technology, d'après GlobalData, « Rankings and Analysis: Largest Refining Companies in the World », 9 mai 2024 ; Boursedirect, fiche société TotalEnergies (quatorze raffineries fin 2025).

[44] TotalEnergies, communiqué de résultats du deuxième trimestre 2026, 23 juillet 2026 ; « Déclaration sur les prétendus superprofits de TotalEnergies », 4 juin 2026.

[45] AFP repris par Euronews, « Six pays de l'UE réclament une taxe exceptionnelle sur les pétrolières », 23 août 2026.

[46] Union internationale des transports routiers (IRU), recensement des allègements fiscaux nationaux, repris par Trans.info, mai 2026.

[47] Commission européenne, Weekly Oil Bulletin, fichiers de prix et de taxes au 3 août 2026, retraités par Parlorama, 6 août 2026.

[48] EU Perspectives, « Refining margins soar while Europe's fuel capacity shrinks », août 2026 (communication AccelerateEU de la Commission européenne du 22 avril 2026).

[49] Loi du 30 mars 1928 relative au régime d'importation du pétrole, abrogée par la loi n° 92-1443 du 31 décembre 1992 portant réforme du régime pétrolier, Légifrance.

[50] Comité professionnel du pétrole (CPDP), « Le régime pétrolier français » ; Institut de la gestion publique et du développement économique, « Les lois de 1928, leur application et leur efficacité pour créer et maintenir une industrie pétrolière nationale », dans État et énergie, XIXe-XXe siècle.

[51] U.S. Energy Information Administration, Short-Term Energy Outlook, 9 septembre 2026, section produits pétroliers.

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