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Incendies 2026 : le combustible, le tabou français

Analyse

Incendies 2026 : le combustible, le tabou français

La France accuse les pyromanes et le dérèglement climatique. Mais entre l’étincelle et la canicule, un troisième facteur reste largement ignoré : des forêts mal préparées, des obligations de débroussaillement peu appliquées, un ONF affaibli et une flotte de Canadair sous tension. L’été 2026 révèle les conséquences d’une politique qui finance la lutte contre les flammes sans gouverner suffisamment le combustible qui les nourrit.

Par Rédaction SensPo · 26 juillet 2026 · 42 min de lecture

L'essentiel

Le bilan, à mi-saison. Plus de 50 000 hectares brûlés au 24 juillet 2026, près de trois fois la surface d'une année ordinaire à la même date ; le record annuel de 2022 est en passe d'être dépassé alors que le cœur de l'été commence à peine. Trois foyers majeurs, Gironde et Landes (de l'ordre de 30 000 hectares, 140 000 évacués), le Diois et Fontainebleau (2 050 hectares, incendie le plus grave depuis 1863), auxquels s'ajoutent le centre Var, l'arc Aude-Hérault et la Corse.

Le diagnostic. Neuf départs de feu sur dix sont d'origine humaine : la question n'est pas celle de l'étincelle mais celle du combustible, le terme du triangle du feu sur lequel une politique publique peut agir le plus directement à l'échelle de quelques années. Trois problèmes distincts s'y superposent : des obligations de débroussaillement dont la dernière estimation nationale situait l'application sous les 30 %, la disparition des mosaïques agricoles, et le pari non évalué de la non-intervention dans les espaces protégés.

Les responsabilités. La responsabilité première relève de l'État, qui connaissait le diagnostic et n'a organisé ni le contrôle, ni le financement, ni la disponibilité des moyens : cinq Canadair opérationnels sur douze fin juillet. Les partis écologistes ont voté la loi de prévention de 2023 ; les recours associatifs ont produit une clarification juridictionnelle qui accroît l'incertitude pesant sur le débroussaillement, sans qu'aucune entrave matérielle soit documentée.

Les propositions. Faire appliquer le droit existant, restaurer les coupures de combustible, financer les études manquantes, réarmer l'opérateur public et la filière industrielle, et surtout sécuriser juridiquement le cap : reconnaissance d'une raison impérative d'intérêt public majeur pour les ouvrages de défense contre l'incendie, dérogations-cadres par massif, loi de programmation pluriannuelle et contentieux encadré.

« On a tous chialé en arrivant. » Le mot est d'une agente de l'Office national des forêts, de retour le 16 juillet dans la réserve biologique de la Haute-Borne, en forêt de Fontainebleau 4Office national des forêts, « Incendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point », onf.fr, juillet 2026 ; préfecture de Seine-et-Marne, bilan du 24 juillet 2026 ; franceinfo, reportage du 17 juillet 2026. À mi-saison, l'été 2026 est déjà celui où le feu cesse d'être un phénomène méridional pour devenir un fait national : plus de 50 000 hectares partis en fumée au 24 juillet 2Ministère de l'Intérieur, bilan communiqué par Laurent Nuñez, 24 juillet 2026, la presqu'île du cap Ferret évacuée par la mer, Fontainebleau calcinée à une heure de Paris, alors que la saison de risque élevé est loin d'être terminée. Le débat public s'est aussitôt polarisé entre la chasse aux pyromanes et l'invocation du dérèglement climatique 13franceinfo, « Pourquoi la gauche et les écologistes s'inquiètent de la focalisation sur les pyromanes à propos des incendies », juillet 2026. Les deux termes sont réels et insuffisants : ils portent sur les deux seuls facteurs qu'une politique publique ne maîtrise pas à l'échelle d'une saison. Reste le troisième terme du triangle du feu, celui que la France a laissé s'aggraver pendant trente ans : le combustible.

Note. Ce texte sépare ce qui est établi, ce qui relève d'un mécanisme plausible et ce qui reste à mesurer. Aucune donnée disponible ne permet d'attribuer au climat, à l'ignition et au combustible leur part respective dans un incendie donné.

Un été hors normes : les faits

À la mi-juillet, le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS) recensait plus de 42 000 hectares brûlés en France depuis le début de l'année, niveau jamais observé à cette date 1Touteleurope.eu, « Feux de forêt : plus de 42 000 hectares déjà brûlés en France en 2026, un record à la mi-juillet », d'après les données EFFIS, 22 juillet 2026. Le 24 juillet, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez évoquait plus de 50 000 hectares, près de trois fois la surface brûlée à la même date une année ordinaire 2Ministère de l'Intérieur, bilan communiqué par Laurent Nuñez, 24 juillet 2026. Le record de 2022, 66 300 hectares sur l'année entière, sera vraisemblablement dépassé alors que le cœur de la saison commence à peine 1Touteleurope.eu, « Feux de forêt : plus de 42 000 hectares déjà brûlés en France en 2026, un record à la mi-juillet », d'après les données EFFIS, 22 juillet 2026. Trois sapeurs-pompiers ont perdu la vie depuis le début de l'été 1Touteleurope.eu, « Feux de forêt : plus de 42 000 hectares déjà brûlés en France en 2026, un record à la mi-juillet », d'après les données EFFIS, 22 juillet 2026. La série est installée : l'été 2025 avait déjà vu les Corbières perdre plus de 16 000 hectares en quelques heures 21franceinfo, « Lutte contre les incendies : la France joue-t-elle avec le feu en tardant à renouveler sa flotte de bombardiers d'eau ? », 6 août 2025.

Surfaces brûlées dans l'Union européenne en 2026 (mi-juillet)

Source : EFFIS, Système européen d'information sur les feux de forêt, relevé du 21 juillet 2026. En hectares.

Graphique interactif. Les données sont détaillées dans le tableau ci-dessous.

Données

Données du graphique « Surfaces brûlées dans l'Union européenne en 2026 (mi-juillet) »
Hectares brûlés depuis le 1er janvier 2026
Espagne119458
France42000
Italie36600

Trois foyers concentrent le bilan français. En Gironde et dans les Landes, les incendies de la mi-juillet ont détruit de l'ordre de 30 000 hectares, entraîné l'évacuation de 140 000 personnes et blessé 42 sapeurs-pompiers : le sinistre le plus dévastateur du massif depuis plus de cinquante ans 3Charles Lescurier, « Feux de forêt : l'incendie en Gironde est désormais le plus dévastateur des 50 dernières années en France », Le Figaro, 24 juillet 2026 ; franceinfo, direct du 24 juillet 2026. Dans le Diois, plus de 4 200 hectares ont brûlé 10Office national des forêts, « Incendie des forêts du Diois : plus de 4 200 hectares parcourus par le feu », onf.fr, juillet 2026. À Fontainebleau, à partir du 12 juillet, le feu a parcouru 2 050 hectares, environ 10 % du massif 4Office national des forêts, « Incendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point », onf.fr, juillet 2026 ; préfecture de Seine-et-Marne, bilan du 24 juillet 2026 ; franceinfo, reportage du 17 juillet 2026, incendie le plus grave enregistré depuis le début des relevés en 1863 15Institut Paris Region, « Comment concilier biodiversité et défense des forêts contre les incendies en Île-de-France ? », Note rapide n° 1064, juillet 2026. L'arc méditerranéen, lui, cumule les foyers : dans le centre Var, le feu parti de Pontevès le 21 juillet a dépassé les 2 700 hectares, détruisant dix maisons et forçant l'évacuation de 500 personnes 35Préfecture du Var, points de situation des 22 et 23 juillet 2026 sur l'incendie du Gros Bessillon (Pontevès, Cotignac, Correns, Montfort-sur-Argens) ; franceinfo, direct du 21 juillet 2026 ; Euronews, « Incendie dans le Var : plus de 2 700 hectares brûlés, 500 personnes évacuées », 23 juillet 2026 ; entre l'Hérault et l'Aude, l'incendie de Pouzols-Minervois a parcouru environ 950 hectares avant d'être fixé le 3 juillet 36Préfecture de l'Aude, points de situation des 2 et 3 juillet 2026 ; France 3 Occitanie, « Incendie entre l'Hérault et l'Aude : 950 hectares parcourus, 500 pompiers mobilisés, le feu a été fixé », 3 juillet 2026 ; en Corse, le feu de Corte et les départs de Biguglia et Furiani totalisent plus de 1 000 hectares au 26 juillet 37Service d'incendie et de secours de la Haute-Corse (SIS 2B) et préfecture de la Haute-Corse, bilans des 24 et 25 juillet 2026 sur le feu de Corte ; CNews, « Plus de 1 000 hectares ravagés : la Corse confrontée aussi à plusieurs incendies », 26 juillet 2026.

Foyers majeurs de juillet 2026 : le feu remonte vers le nord

Surfaces parcourues par les foyers majeurs documentés (seuil de 500 hectares), par région, bilans consolidés au 26 juillet 2026. Sources : préfectures, ONF, SIS 2B, presse nationale et régionale. Recensement non exhaustif : les régions à 0 sont celles où aucun foyer de plus de 500 hectares n'a été identifié dans les sources consultées, ce qui n'exclut ni départs de feux ni surfaces brûlées plus limitées.

Valeurs par territoire · Foyers majeurs de juillet 2026 : le feu remonte vers le nord
TerritoireValeur
Île-de-France2050 ha
Centre-Val de Loire0 ha
Bourgogne-Franche-Comté0 ha
Normandie0 ha
Hauts-de-France0 ha
Grand Est0 ha
Pays de la Loire0 ha
Bretagne0 ha
Nouvelle-Aquitaine30000 ha
Occitanie950 ha
Auvergne-Rhône-Alpes4200 ha
Provence-Alpes-Côte d'Azur2700 ha
Corse1000 ha

Les faits sur l'origine des feux sont têtus : neuf départs sur dix sont d'origine humaine, la moitié par imprudence, et 80 % se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations 9Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dossier de presse « Prévention des feux de forêt et de végétation », campagne nationale. À Fontainebleau, la piste criminelle est privilégiée, avec plusieurs départs simultanés et deux suspects écroués dont un pompier volontaire 4Office national des forêts, « Incendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point », onf.fr, juillet 2026 ; préfecture de Seine-et-Marne, bilan du 24 juillet 2026 ; franceinfo, reportage du 17 juillet 2026. Aucune doctrine forestière n'allume un incendie ; la question posée par cet été n'est pas celle de l'étincelle.

Quatre combustibles, pas un seul

Le débat français traite le combustible comme une masse indifférenciée, où bois mort, broussailles et absence de sylviculture seraient interchangeables. Les référentiels opérationnels des services d'incendie distinguent au contraire quatre catégories aux comportements très différents 26Ministère de l'Intérieur, référentiel de formation des sapeurs-pompiers « FDF 1 : le milieu forestier, les différents types de feux de forêt », sur les continuités verticale et horizontale du combustible27Réseau AFORCE, « Synthèse sur la vulnérabilité des peuplements forestiers au feu », rapport Vulnefeu, 2025, sur la biomasse fine et la teneur en eau des combustibles morts et vivants.

Les combustibles fins morts, litière d'aiguilles et de feuilles, herbes sèches, brindilles, sont le principal moteur de l'éclosion et de la vitesse de propagation. Leur teneur en eau varie en quelques heures avec la température et l'hygrométrie, ce qui les rend directement sensibles aux canicules 27Réseau AFORCE, « Synthèse sur la vulnérabilité des peuplements forestiers au feu », rapport Vulnefeu, 2025, sur la biomasse fine et la teneur en eau des combustibles morts et vivants. Les bois morts de fort diamètre au sol, troncs et grosses branches, se dessèchent lentement et pèsent peu sur la vitesse d'un front de flammes ; ils augmentent en revanche la durée de combustion, la difficulté d'extinction et le risque de reprise. Assimiler le bois mort au sol à un accélérateur d'incendie est une simplification que les référentiels ne valident pas, et la Ligue pour la protection des oiseaux a raison de la contester 18Ligue pour la protection des oiseaux, communiqué « Obligations légales de débroussaillement : le Conseil d'État rappelle que la protection des espèces ne peut pas être contournée », février 2026, et fiche « Débroussaillement obligatoire et Refuges », lpo.fr ; ASPAS, « Débroussaillement obligatoire : les préfets ne sauraient faire l'impasse sur les espèces protégées », 24 février 2026. La strate arbustive vivante joue un rôle distinct et décisif : en comblant l'espace entre le sol et les houppiers, elle constitue l'échelle par laquelle un feu de surface devient feu de cimes, forme d'incendie qui libère le plus d'énergie et échappe le plus vite aux moyens de lutte 28Géorisques, ministère de la Transition écologique, « Dossier expert sur les feux de forêt », sur la distinction entre feux de surface et feux de cimes. La continuité horizontale du couvert enfin, à l'échelle du paysage, détermine la distance qu'un feu peut parcourir sans rencontrer d'obstacle ; rompre cette continuité est la technique de lutte la plus ancienne et la mieux établie 26Ministère de l'Intérieur, référentiel de formation des sapeurs-pompiers « FDF 1 : le milieu forestier, les différents types de feux de forêt », sur les continuités verticale et horizontale du combustible.

Conséquence décisive : les trois problèmes français couramment amalgamés, débroussaillement inappliqué autour des maisons, disparition des mosaïques agricoles, non-intervention dans les espaces protégés, ne portent pas sur les mêmes combustibles et n'appellent pas les mêmes remèdes. Les confondre, c'est se condamner à des réponses inefficaces.

Trois problèmes distincts, trois mécanismes, trois remèdes

Graphique interactif.

Premier problème : l'interface habitat-forêt

Le débroussaillement réglementaire ne protège pas la forêt. Il protège les maisons de la forêt et la forêt des maisons : c'est un problème de sécurité civile avant d'être un problème forestier. Les obligations légales de débroussaillement (OLD) imposent aux propriétaires de constructions situées à moins de 200 mètres des bois de traiter 50 mètres autour de leurs bâtiments, en réduisant les combustibles fins et en interrompant la continuité verticale des strates 12Code forestier, articles L.131-10 et L.134-6 relatifs aux obligations légales de débroussaillement18Ligue pour la protection des oiseaux, communiqué « Obligations légales de débroussaillement : le Conseil d'État rappelle que la protection des espèces ne peut pas être contournée », février 2026, et fiche « Débroussaillement obligatoire et Refuges », lpo.fr ; ASPAS, « Débroussaillement obligatoire : les préfets ne sauraient faire l'impasse sur les espèces protégées », 24 février 2026. Que 80 % des départs surviennent à moins de 50 mètres des habitations 9Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dossier de presse « Prévention des feux de forêt et de végétation », campagne nationale établit la centralité de cette zone d'interface.

La dernière estimation nationale documentée reste celle du rapport de la mission conjointe de contrôle du Sénat d'août 2022, qui situe le taux de réalisation des OLD à un niveau souvent inférieur à 30 %, ordre de grandeur déjà établi par la mission flash de l'Assemblée nationale en 2021 6Sénat, rapport d'information n° 856 de MM. Jean Bacci, Pascal Martin, Olivier Rietmann et Mme Anne-Catherine Loisier, mission conjointe de contrôle sur la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie, août 2022 ; Assemblée nationale, mission d'information flash sur la prévention des incendies de forêt et de végétation, MM. Alain Perea et François-Michel Lambert, 2021. Aucune évaluation nationale n'a été publiée depuis : affirmer que le taux demeure à ce niveau serait inexact, supposer une amélioration significative serait imprudent. L'hypothèse d'une progression insuffisante est plausible sans être démontrée, faute de mesure, et les communes forestières décrivaient encore en mai 2025 des procédures d'exécution d'office trop lourdes pour être engagées 14Sénat, question orale sur les difficultés d'application des obligations légales de débroussaillement pour les communes forestières (Alpes-de-Haute-Provence), séance publique, mai 2025. Le périmètre, lui, s'étend : après la loi du 10 juillet 2023 7Loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie, Journal officiel du 11 juillet 2023, un arrêté du 13 avril 2026 a porté de 48 à 52 le nombre de départements concernés, avec l'entrée de la Corrèze, de la Haute-Loire, de l'Essonne et de la Seine-et-Marne 8Arrêté du 13 avril 2026 relatif aux territoires réputés particulièrement exposés au risque d'incendie, portant à 52 le nombre de départements concernés par les obligations légales de débroussaillement.

Ce premier problème n'est pas doctrinal, il est administratif : défaut de contrôle, de financement et d'incitation. Aucune association environnementale ne demande la suppression des OLD, la LPO les qualifiant elle-même d'indispensables 18Ligue pour la protection des oiseaux, communiqué « Obligations légales de débroussaillement : le Conseil d'État rappelle que la protection des espèces ne peut pas être contournée », février 2026, et fiche « Débroussaillement obligatoire et Refuges », lpo.fr ; ASPAS, « Débroussaillement obligatoire : les préfets ne sauraient faire l'impasse sur les espèces protégées », 24 février 2026. Sur ce terrain, la responsabilité incombe à l'État et aux propriétaires.

Deuxième problème : la disparition des mosaïques

Le deuxième problème se joue à l'échelle du paysage et relève d'une évolution économique, non d'une décision. La déprise agricole et pastorale a rendu à la friche puis au boisement spontané des surfaces considérables qui constituaient autant de ruptures dans la continuité horizontale du couvert : cultures, vignes, parcours de troupeaux, en particulier sur l'arc méditerranéen 9Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dossier de presse « Prévention des feux de forêt et de végétation », campagne nationale. France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée le formule sans ambiguïté : la continuité du couvert est une vulnérabilité, et les activités agricoles ralentissent le feu et facilitent l'intervention des secours 16France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée, « Incendies : le vrai-faux », 2026.

Sur ce point, le désaccord de principe entre écologistes et gestionnaires du feu est faible, voire inexistant. Le problème est que la reconquête pastorale coûte cher, mobilise une main-d'œuvre rare et se heurte au morcellement de la propriété privée, qui couvre les trois quarts de la surface forestière nationale. La variable décisive est budgétaire et foncière avant d'être idéologique.

Troisième problème : le pari de la non-intervention

Le troisième problème est le seul qui soit proprement doctrinal, et le plus incertain.

Le fait est établi. Fontainebleau n'est pas une forêt abandonnée mais l'un des massifs les plus protégés de France : réserve de biosphère de l'UNESCO depuis 1998, site Natura 2000, 2 500 hectares de réserves biologiques dont 1 000 en réserve intégrale, où toute intervention sylvicole est proscri…

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Sources

1 Touteleurope.eu, « Feux de forêt : plus de 42 000 hectares déjà brûlés en France en 2026, un record à la mi-juillet », d'après les données EFFIS, 22 juillet 2026.

2 Ministère de l'Intérieur, bilan communiqué par Laurent Nuñez, 24 juillet 2026.

3 Charles Lescurier, « Feux de forêt : l'incendie en Gironde est désormais le plus dévastateur des 50 dernières années en France », Le Figaro, 24 juillet 2026 ; franceinfo, direct du 24 juillet 2026.

4 Office national des forêts, « Incendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point », onf.fr, juillet 2026 ; préfecture de Seine-et-Marne, bilan du 24 juillet 2026 ; franceinfo, reportage du 17 juillet 2026.

5 France 24, « Forêt de Fontainebleau : ce joyau naturel frappé par un des pires incendies de son histoire », 16 juillet 2026.

6 Sénat, rapport d'information n° 856 de MM. Jean Bacci, Pascal Martin, Olivier Rietmann et Mme Anne-Catherine Loisier, mission conjointe de contrôle sur la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie, août 2022 ; Assemblée nationale, mission d'information flash sur la prévention des incendies de forêt et de végétation, MM. Alain Perea et François-Michel Lambert, 2021.

7 Loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie, Journal officiel du 11 juillet 2023.

8 Arrêté du 13 avril 2026 relatif aux territoires réputés particulièrement exposés au risque d'incendie, portant à 52 le nombre de départements concernés par les obligations légales de débroussaillement.

9 Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, dossier de presse « Prévention des feux de forêt et de végétation », campagne nationale.

10 Office national des forêts, « Incendie des forêts du Diois : plus de 4 200 hectares parcourus par le feu », onf.fr, juillet 2026.

11 Philippe Deuffic, Damien Marage, Elsa Richou, « Coupe rase, histoire d'une pratique sylvicole controversée », Revue Forestière Française, vol. 75, n° 1, mars 2024.

12 Code forestier, articles L.131-10 et L.134-6 relatifs aux obligations légales de débroussaillement.

13 franceinfo, « Pourquoi la gauche et les écologistes s'inquiètent de la focalisation sur les pyromanes à propos des incendies », juillet 2026.

14 Sénat, question orale sur les difficultés d'application des obligations légales de débroussaillement pour les communes forestières (Alpes-de-Haute-Provence), séance publique, mai 2025.

15 Institut Paris Region, « Comment concilier biodiversité et défense des forêts contre les incendies en Île-de-France ? », Note rapide n° 1064, juillet 2026.

16 France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée, « Incendies : le vrai-faux », 2026.

17 Conseil d'État, 6e et 5e chambres réunies, 6 février 2026, n° 494669, sur l'arrêté du 29 mars 2024 relatif aux obligations légales de débroussaillement.

18 Ligue pour la protection des oiseaux, communiqué « Obligations légales de débroussaillement : le Conseil d'État rappelle que la protection des espèces ne peut pas être contournée », février 2026, et fiche « Débroussaillement obligatoire et Refuges », lpo.fr ; ASPAS, « Débroussaillement obligatoire : les préfets ne sauraient faire l'impasse sur les espèces protégées », 24 février 2026.

19 Sénat, rapport spécial « Sécurités : Sécurité civile », annexes aux projets de loi de finances pour 2025 (coût unitaire d'un DHC-515 évalué à environ 62 millions d'euros TTC) et pour 2026 (209 millions d'euros d'autorisations d'engagement pour deux appareils supplémentaires).

20 Mer et Marine, « Sécurité civile : l'État renforce ses moyens aériens avec deux hydravions Canadair supplémentaires », 8 juin 2026, sur le plan national présenté par Laurent Nuñez le 4 juin 2026 à Nîmes.

21 franceinfo, « Lutte contre les incendies : la France joue-t-elle avec le feu en tardant à renouveler sa flotte de bombardiers d'eau ? », 6 août 2025.

22 Assemblée nationale, amendement n° CF62 au projet de loi de finances, exposé sommaire sur le réseau des associations syndicales autorisées de DFCI de Nouvelle-Aquitaine (212 ASA, plus de 2 500 bénévoles), d'après DFCI Aquitaine.

23 Sur l'incendie d'août 1949 parti de Saucats (82 morts), historique du massif des Landes de Gascogne, DFCI Aquitaine, dfci-aquitaine.fr.

24 Commission technique indépendante (Portugal), rapports sur les incendies de Pedrógão Grande (juin 2017) et d'octobre 2017 ; création de l'AGIF (Agência para a Gestão Integrada de Fogos Rurais) par le décret-loi n° 12/2018.

25 CNews, « Incendies : quel est le coût des interventions des sapeurs-pompiers ? », 24 juillet 2026.

26 Ministère de l'Intérieur, référentiel de formation des sapeurs-pompiers « FDF 1 : le milieu forestier, les différents types de feux de forêt », sur les continuités verticale et horizontale du combustible.

27 Réseau AFORCE, « Synthèse sur la vulnérabilité des peuplements forestiers au feu », rapport Vulnefeu, 2025, sur la biomasse fine et la teneur en eau des combustibles morts et vivants.

28 Géorisques, ministère de la Transition écologique, « Dossier expert sur les feux de forêt », sur la distinction entre feux de surface et feux de cimes.

29 Grégory Prats, commandant de bord de Canadair et chef de noria, entretien diffusé sur franceinfo le samedi 25 juillet 2026, article « "C'est scandaleux" d'avoir cinq Canadair disponibles sur 12 pour lutter contre les incendies, déplore un commandant de bord de Canadair », franceinfo.fr. La transcription intégrale de l'entretien, dont sont tirés les développements sur la séquence de largage et sur le tonnage délivré par heure, a été reproduite par le site infos-ouvrieres.fr le 25 juillet 2026 ; ces passages n'apparaissent pas dans la version abrégée publiée par franceinfo et sont donc ici attribués à une reprise secondaire de la source primaire.

30 Assemblée nationale, 16e législature, analyse du scrutin public n° 1588, deuxième séance du mercredi 17 mai 2023, sur l'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie (première lecture) : 227 votants, 197 suffrages exprimés, 197 pour, 0 contre, 30 abstentions ; groupe Écologiste-NUPES, 4 pour. Adoption préalable à l'unanimité par le Sénat le 4 avril 2023 (dossier législatif ppl22-206).

31 Cour des comptes, rapport sur l'Office national des forêts, septembre 2024, sur l'insuffisance des moyens humains de l'établissement au regard de ses missions. Sur la baisse de 95 emplois prévue par le projet de loi de finances pour 2025, réponse du ministère à la question écrite n° 2032 (Assemblée nationale, 17e législature) et à la question écrite n° 01958 (Sénat, JO du 24 octobre 2024). L'ordre de grandeur d'une décrue des effectifs d'environ 12 500 à 7 500 agents en vingt ans est rapporté par la presse des collectivités locales (Maire-Info, octobre 2024) et n'a pas été vérifié ici sur source primaire.

32 Canopée, Observatoire des coupes rases, rapport publié le 25 février 2026, à partir d'une analyse d'imagerie satellitaire couvrant la période mi-2018 à mi-2024 (environ 61 000 hectares par an, dont 40 % en forêts anciennes).

33 Note de position commune de France Nature Environnement, Canopée, WWF France, Ligue pour la protection des oiseaux, Comité français de l'UICN et Réserves naturelles de France sur la stratégie de renouvellement forestier, en réponse au rapport « Objectif Forêt » du ministère de l'Agriculture, 2024.

34 Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, article 19, instituant une présomption de raison impérative d'intérêt public majeur pour certains projets, citée ici comme précédent de technique législative.

35 Préfecture du Var, points de situation des 22 et 23 juillet 2026 sur l'incendie du Gros Bessillon (Pontevès, Cotignac, Correns, Montfort-sur-Argens) ; franceinfo, direct du 21 juillet 2026 ; Euronews, « Incendie dans le Var : plus de 2 700 hectares brûlés, 500 personnes évacuées », 23 juillet 2026.

36 Préfecture de l'Aude, points de situation des 2 et 3 juillet 2026 ; France 3 Occitanie, « Incendie entre l'Hérault et l'Aude : 950 hectares parcourus, 500 pompiers mobilisés, le feu a été fixé », 3 juillet 2026.

37 Service d'incendie et de secours de la Haute-Corse (SIS 2B) et préfecture de la Haute-Corse, bilans des 24 et 25 juillet 2026 sur le feu de Corte ; CNews, « Plus de 1 000 hectares ravagés : la Corse confrontée aussi à plusieurs incendies », 26 juillet 2026.

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