Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant

Souverainisme républicain

République Souveraine

Ce que défend République Souveraine, axe par axe : positions, principes, contraintes factuelles et tensions internes.

Toutes les doctrines · Gauche · La fiche du parti

Aller au sommaire — 13 sections ↓

Tensions internes

  • Sortie de l'euro et de l'UE vs financement des ambitions sociales et écologiquesTension forte

    Le projet conditionne la relance sociale (salaires, sécurité sociale universelle) et la transformation écologique à la reprise de la souveraineté monétaire et budgétaire. Or le document reconnaît lui-même qu'une sortie de l'euro et de l'UE exposerait à la spéculation boursière, au refus de liquidités de la BCE, à la fuite des capitaux et à l'exil fiscal. La redénomination des dettes et le risque d'inflation importée pourraient renchérir le coût des dépenses nouvelles au moment même où elles seraient lancées.

  • Maintien du nucléaire et rejet des renouvelables actuelles vs rythme de décarbonationTension notable

    Le mouvement subordonne toute réduction du nucléaire au développement préalable d'énergies réellement non polluantes et critique l'éolien et le solaire importés. Cette prudence peut entrer en tension avec l'objectif de décarbonation maximale à court terme : sans nouvelles capacités renouvelables déployées rapidement, la marge de réduction des émissions hors électricité (transports, bâtiment, industrie) repose sur des investissements lourds et longs.

  • Relance par la demande (hausse des salaires) vs maîtrise des prix et de l'équilibre extérieurTension notable

    Le choix assumé d'une politique de la demande, avec hausse générale des salaires de 3% et du SMIC de 6%, vise à relancer une production nationale. Hors zone euro et avec une monnaie nationale potentiellement dépréciée, cette relance pourrait alimenter une inflation importée et peser sur la compétitivité si la production nationale ne se substitue pas assez vite aux importations.

  • Référendum d'initiative citoyenne et démocratie directe vs exécutif présidentiel fortTension notable

    Le projet associe l'instauration du RIC et un approfondissement démocratique à un retour à l'esprit premier de la Cinquième République, avec un président arbitre fort, le recours à la dissolution et au référendum, et un report de toute réforme institutionnelle d'ampleur. La coexistence d'une démocratie directe revendiquée et d'un renforcement de l'exécutif relève de deux logiques institutionnelles dont l'articulation reste à préciser.

  • Universalisme et égalité proclamés vs durcissement de la politique migratoireTension notable

    Le mouvement se déclare universaliste et attaché à l'égalité devant la loi et au droit d'asile, tout en proposant une pause migratoire, la restriction de l'immigration économique et du regroupement familial, un serment d'allégeance pour la nationalité et la révocation d'agents publics. La mise en œuvre de ces restrictions se heurte au droit de l'UE et aux engagements internationaux (CEDH), et l'équilibre entre universalisme affirmé et restrictions assumées doit être arbitré au cas par cas.

  • Audit et récusation partielle de la dette vs accès au financement des services publicsTension mineure

    Le mouvement propose un audit de la dette et la récusation d'une partie si l'intérêt de la Nation l'exige. Une telle décision, même partielle, pourrait dégrader l'accès de l'État aux marchés et renchérir les emprunts futurs, alors que le projet repose par ailleurs sur un fort investissement public dans la santé, l'éducation, l'industrie et la transition écologique.

Position par axe

Énergie

Le mouvement défend la souveraineté énergétique et considère le nucléaire comme un atout, l'électricité française étant très peu carbonée. Il refuse de planifier sa disparition, propose d'investir pour réduire les déchets et de conserver un parc sûr sous contrôle de l'État, tout en développant des énergies renouvelables réellement non polluantes avant d'en réduire la part. Il revendique une renationalisation partielle ou totale du secteur électrique, présentée comme aujourd'hui empêchée par l'Union européenne.

souveraineté énergétiquemaintien du nucléaire sûr sous contrôle de l'Étatrenationalisation du secteur électriquedéveloppement d'énergies renouvelables réellement non polluanteséconomies d'énergie et isolation des bâtiments comme priorité

Contraintes factuelles

  • Le nucléaire fournit de l'ordre de 65% de la production électrique française en 2024 : la position pro-nucléaire est explicite, mais aucune trajectoire d'investissement (grand carénage, EPR2) n'est chiffrée
  • La renationalisation du secteur électrique et la sortie de la logique de marché supposent une rupture avec le droit de l'UE, non acquise unilatéralement
  • Le critère d'énergies renouvelables réellement non polluantes conditionne tout déploiement éolien ou solaire à des arbitrages non précisés

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Climat & environnement

La préservation de l'environnement et de la biodiversité est présentée comme un combat central. Le mouvement fait de la lutte contre le changement climatique une grande cause nationale via la décarbonation, la transition écologique, la résilience face aux événements extrêmes et l'arrêt de la perte de biodiversité. Il privilégie circuits courts, ferroviaire, rénovation thermique, encadrement de l'étalement urbain et préservation des surfaces agricoles, et critique le recours aux éoliennes et panneaux importés ainsi qu'à l'électricité thermique étrangère.

décarbonation maximale de l'économietransition écologique planifiéerésilience et audit du territoire (montée des eaux, sécheresses)arrêt de la perte de biodiversitécircuits courts et report modal vers le ferroviaire

Contraintes factuelles

  • La trajectoire bas-carbone française (SNBC) impose un rythme de réduction soutenu : le texte fixe des objectifs sans cible annuelle chiffrée ni budget carbone
  • Le rejet des renouvelables actuelles au profit d'énergies réellement propres peut ralentir le déploiement nécessaire à la décarbonation à court terme
  • L'interdiction de la pêche industrielle et la renationalisation de la PAC supposent une renégociation du droit européen

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Économie & fiscal

Le mouvement promeut un État stratège planificateur, capable de nationaliser des secteurs jugés stratégiques (transports, énergie, eau, télécommunications), de préempter des entreprises menacées, de réserver les marchés publics aux productions nationales et aux PME et de bâtir des filières souveraines sur le modèle Airbus. Il choisit une politique de la demande (hausse générale des salaires, SMIC revalorisé) et défend une réforme fiscale d'ampleur favorisant le travail plutôt que le capital, avec lutte renforcée contre l'évasion. Il propose un audit de la dette et la récusation d'une partie si l'intérêt de la Nation l'exige.

État stratège et planification industriellenationalisations et préemption d'entreprises stratégiquesmarchés publics réservés aux productions nationales et aux PMEpolitique de la demande, hausse des salaires et du SMICréforme fiscale favorisant le travail, audit et récusation partielle de la dette

Contraintes factuelles

  • La hausse générale des salaires de 3% et du SMIC de 6%, compensée par une aide aux TPE-PME, a un coût budgétaire non chiffré dans le texte
  • La préférence nationale dans les marchés publics et le contrôle des capitaux supposent une sortie des règles européennes de concurrence et de libre circulation
  • La récusation partielle de la dette publique exposerait au risque de hausse des taux et de perte d'accès aux marchés financiers

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Social & travail

Se réclamant du Conseil national de la Résistance et du Préambule de 1946, le mouvement défend une République sociale : sécurité sociale universelle absorbant les régimes santé et retraites et les mutuelles, agences dédiées au logement des sans-abri et à la petite enfance. Il veut abroger les mesures jugées antisociales du code du travail, restaurer la hiérarchie des normes et renforcer l'inspection du travail. Il propose une réserve citoyenne pour les chômeurs de longue durée en remplacement de l'indemnisation et du RSA, et l'association des salariés à la gestion des entreprises.

République sociale héritée du CNR et du Préambule de 1946sécurité sociale universelle absorbant santé, retraites et mutuellesrestauration de la hiérarchie des normes et renforcement de l'inspection du travailréserve citoyenne pour les chômeurs de longue duréeassociation des salariés à la gestion des entreprises

Contraintes factuelles

  • L'absorption de tous les régimes et mutuelles dans un système universel représente une réforme structurelle massive sans calendrier de financement précisé
  • La réserve citoyenne remplaçant l'assurance chômage et le RSA est inspirée des territoires zéro chômeur, dispositif encore expérimental et au coût par emploi élevé
  • La fin du dumping social présentée comme automatique dépend d'une sortie effective du cadre européen

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Santé & retraites

Le mouvement veut refinancer l'hôpital à hauteur des besoins, mettre fin aux fermetures d'établissements et déployer un maillage de dispensaires assurant petites urgences et prévention sur tout le territoire. Il propose de doubler le nombre d'étudiants en médecine en dix ans. La protection vieillesse est intégrée à une sécurité sociale universelle couvrant l'ensemble des soins, y compris dentaires, auditifs et visuels, ainsi que les dépenses liées au handicap.

refinancement de l'hôpital et arrêt des fermeturesmaillage de dispensaires de proximitédoublement des étudiants en médecine sur dix anscouverture universelle des soins (dentaire, auditif, visuel, handicap)intégration des retraites dans un système universel

Contraintes factuelles

  • Le doublement des étudiants en médecine ne produit des effectifs supplémentaires qu'à un horizon de dix à douze ans (durée des études)
  • Une couverture intégrale des soins par la sécurité sociale suppose une hausse durable des prélèvements ou une réaffectation non détaillée
  • Le texte ne précise pas l'âge de départ ni le mode de financement du volet retraites

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine

Sécurité & défense

Le mouvement affirme un droit inaliénable à la sécurité, veut faire disparaître les zones de non-droit, renforcer les moyens humains et matériels des forces de l'ordre et porter le budget de la justice au niveau des nations comparables, en luttant contre l'insécurité et ses causes. Il fait de la lutte contre l'islamisme une priorité (circonstance aggravante pénale, dissolution des organisations fréro-salafistes, réduction des liens avec les États qui le soutiennent) et propose un service national obligatoire d'un an. En matière de défense, il prône la sortie de l'OTAN, une politique indépendante, le multilatéralisme et une relation apaisée avec la Russie.

renforcement des forces de l'ordre et mise à niveau du budget de la justicedisparition des zones de non-droitlutte contre l'islamisme et révocation des agents publics hostiles aux principes républicainsservice national obligatoire d'un an, mixte et rémunérésortie de l'OTAN et politique de défense indépendante

Contraintes factuelles

  • Un service national obligatoire pour une classe d'âge entière représente un coût logistique et budgétaire de plusieurs milliards d'euros par an
  • L'islamisme comme circonstance aggravante en droit pénal soulève des questions de définition juridique et de conformité constitutionnelle
  • La sortie de l'OTAN modifierait en profondeur le format et le financement de l'outil de défense français

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

International & UE

La souveraineté, définie comme la primauté des décisions démocratiques, est au cœur du projet. Le mouvement considère le droit national comme supérieur par principe à tout règlement supranational contraire à l'intérêt du peuple, veut abroger les traités défavorables et remplacer l'Union européenne par une Europe de coopération entre États souverains. Sa séquence prévoit la dénonciation du traité de Lisbonne, la suspension de la directive sur les travailleurs détachés, un contrôle temporaire des capitaux, puis un référendum sur la sortie de l'euro et de l'UE. Il défend l'universalisme, le rôle de l'ONU, le respect de la souveraineté des États et la sortie de l'OTAN.

primauté du droit national sur le droit supranational contraireabrogation des traités européens défavorablesréférendum sur la sortie de l'euro et de l'UErétablissement des souverainetés monétaire, budgétaire et commercialeEurope de coopération entre États souverains, multilatéralisme et ONU

Contraintes factuelles

  • Le texte écarte l'article 50 du TFUE au profit d'une rupture unilatérale puis d'un référendum, scénario juridiquement et financièrement plus exposé (spéculation, liquidités BCE, fuite de capitaux) reconnu par le document lui-même
  • La sortie de l'euro impliquerait la redénomination des dettes et un risque d'inflation importée et d'instabilité de change
  • Le rétablissement de la souveraineté monétaire suppose la sortie d'un système dont la France est membre fondateur

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Institutions & démocratie

Le mouvement affirme que la souveraineté nationale appartient au peuple et veut instituer le référendum d'initiative citoyenne. Il inscrit son action dans la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Constitution de 1958, et prône un retour à l'esprit premier de la Cinquième République : un président arbitre fort qui démissionne en cas de perte de confiance, dissout l'Assemblée et recourt régulièrement au référendum, une éventuelle Sixième République n'étant envisagée qu'après le redressement et par référendum. Il veut rétablir des limites au pouvoir d'interprétation des juridictions suprêmes et combattre la corruption au nom d'un État fort.

souveraineté du peuple et référendum d'initiative citoyenneretour à l'esprit premier de la Cinquième Républiquelimitation du pouvoir d'interprétation des juges suprêmesorganisation administrative nationale, départementale et communalelutte contre la corruption et exigence d'exemplarité

Contraintes factuelles

  • L'instauration du RIC et la limitation des juridictions suprêmes (Conseil constitutionnel, Conseil d'État, CEDH, CJUE) supposent des révisions constitutionnelles et des sorties partielles de conventions internationales
  • Le renforcement présidentialiste coexiste avec une revendication de démocratie directe, deux logiques institutionnelles distinctes
  • Le recentrage administratif sur le communal et le départemental implique une réforme du rôle des régions

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine · Charte du mouvement, République souveraine

Culture & médias

Le mouvement défend la liberté de pensée, de conscience et d'expression dans les limites de la loi (incitation à la haine, diffamation, injure), et refuse toute censure, directe ou par invocation du blasphème ou de l'offense. Il veut garantir l'indépendance des médias à l'égard des puissances financières et des influences étrangères. La culture figure parmi les droits inaliénables que la République sociale doit rendre effectifs.

liberté d'expression dans le cadre de la loirefus de toute censure, y compris par l'offense ou le blasphèmeindépendance des médias vis-à-vis de la finance et des influences étrangèresaccès à la culture comme droit inaliénable

Contraintes factuelles

  • Garantir l'indépendance des médias face aux concentrations capitalistiques suppose un cadre de régulation de la propriété non détaillé dans le texte
  • La lutte contre les influences étrangères dans les médias touche à la liberté d'investissement et d'établissement

Sources : Charte du mouvement, République souveraine · Orientations programmatiques, République souveraine

Éducation & recherche

Le mouvement veut un égal accès à l'éducation, conçue comme méritocratique et instrument de promotion sociale plutôt que de reproduction, avec une exigence d'excellence du CAP au doctorat. L'école doit redevenir le lieu de fabrication de la citoyenneté et faire de la transmission du savoir sa priorité absolue, avec uniforme, restauration de l'autorité enseignante, rémunération digne et formation renforcée. La recherche est arrimée à la souveraineté industrielle et sanitaire (agence du médicament, filières de pointe sur le modèle Airbus).

égal accès et méritocratie de l'écoletransmission du savoir comme priorité absoluerestauration de l'autorité et du statut des enseignantsuniforme scolairerecherche au service de la souveraineté industrielle et sanitaire

Contraintes factuelles

  • La revalorisation du statut et de la rémunération des enseignants a un coût budgétaire récurrent significatif non chiffré
  • L'articulation entre méritocratie et lutte contre la reproduction sociale dépend de moyens d'accompagnement non précisés

Sources : Charte du mouvement, République souveraine · Orientations programmatiques, République souveraine

Justice & libertés

Le mouvement affirme l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de religion, de genre ou d'orientation, la laïcité et le combat du communautarisme, et fait de l'égalité femmes-hommes un principe imprescriptible (égalité salariale, congé paternité aligné sur le congé maternité, suivi des violences conjugales et obstétricales, quotient individuel). En matière d'immigration, il veut reprendre le contrôle des frontières, réguler selon les capacités du pays, restreindre l'immigration économique et le regroupement familial, conditionner la nationalité à un serment d'allégeance, tout en maintenant le droit d'asile, dans une logique de droits et devoirs et d'assimilation.

égalité devant la loi et laïcité contre le communautarismeégalité femmes-hommes comme principe imprescriptiblereprise du contrôle des frontières et régulation de l'immigrationrestriction de l'immigration économique et du regroupement familialmaintien du droit d'asile et logique d'assimilation

Contraintes factuelles

  • La régulation des frontières et la restriction du regroupement familial se heurtent au droit de l'UE et aux engagements internationaux de la France (CEDH)
  • Le conditionnement de la nationalité à un serment d'allégeance soulève des questions de mise en œuvre juridique
  • Le quotient individuel en remplacement du quotient familial modifie l'équilibre redistributif de l'impôt et des aides

Sources : Charte du mouvement, République souveraine · Orientations programmatiques, République souveraine

Numérique & innovation

Le mouvement fait de la souveraineté numérique un objectif : impulser des programmes en open source dont les données sont hébergées sur le territoire national pour concurrencer les grandes plateformes étrangères, et créer une filière d'électronique de pointe en partenariat avec d'autres États sur le modèle Airbus. Cette ambition rejoint la garantie d'indépendance des médias et la protection contre les influences étrangères.

souveraineté numérique et hébergement national des donnéeslogiciels et programmes en open sourcefilière d'électronique de pointe sur le modèle Airbusréduction de la dépendance aux grandes plateformes étrangères

Contraintes factuelles

  • Concurrencer les grandes plateformes établies suppose des investissements de long terme et une coordination européenne ou internationale non détaillée
  • La constitution d'une filière électronique de pointe se heurte à la domination industrielle existante en Asie et aux États-Unis

Sources : Orientations programmatiques, République souveraine

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo — pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.