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Le Millénaire

Divers / indépendants

Ce qu'il faut retenir

L'essentiel sur Le Millénaire en un coup d'œil.

Orientation
Se dit gaulliste et réformateur
Le Millénaire se présente comme un « Think Tank gaulliste, réformateur et guidé par l'intérêt national » et se réclame de l'action du général de Gaulle à partir de 1958.
Origine
Autour de la présidentielle 2017
Selon sa page de présentation, ses membres se sont « rassemblés à partir de l'élection présidentielle de 2017 ».
Direction
William Thay, président
William Thay préside le think tank. Marion Pariset en est la secrétaire générale et Clément Perrin le trésorier ainsi que le directeur des études.
Thèmes
Politiques publiques
Le think tank analyse les politiques publiques françaises, européennes et internationales, notamment en économie, fiscalité, santé, politique sociale, droit international et culture.
Contributeurs
Une cinquantaine revendiquée
Le site revendique « une cinquantaine de contributeurs provenant d'horizons différents », organisés en bureau, direction des études, experts et analystes.
Observatoire
Projections électorales
Le site propose un « Observatoire électoral » avec des modèles de projection, dont un forecast de l'élection présidentielle de 2027.

Positionnement politique

Lecture rapide de l'organisation.

Divers / indépendantsThink tank

Présentation

Origines, positionnement et grandes orientations.

Présentation

Le Millénaire est un think tank français qui se décrit sur son site comme « spécialisé en politiques publiques ». Selon sa page de présentation, ses membres se sont « rassemblés à partir de l'élection présidentielle de 2017 ». Il est présidé par William Thay. Son bureau comprend également Marion Pariset (secrétaire générale), Gilles Bösiger et Olivier Bodo (vice-présidents), Matthieu Hocque (secrétaire général adjoint chargé de la coordination et des études) et Clément Perrin (trésorier), qui occupe aussi la fonction de directeur des études.

Positionnement et thèmes

L'organisation se présente comme un « Think Tank gaulliste, réformateur et guidé par l'intérêt national » et revendique un projet « disruptif ». Elle dit vouloir « promouvoir une révolution en France à l'image de celle entamée par le général De Gaulle en 1958 ». Son rapport « Pour un Gaullisme du XXIème siècle » s'articule, selon le site, autour de deux axes : « faire de la France une nation d'industriels et de savants » et « préserver l'art de vie à la française face aux nouveaux sectaires ».

Sur le plan international, le think tank souhaite faire évoluer l'Union européenne vers « un nouvel acteur stratégique », proposer « une troisième voie entre la Chine et les États-Unis » et promouvoir un modèle fondé sur « la démocratie libérale et le libre marché ». Il se déclare indépendant et analyse les politiques publiques françaises, européennes et internationales. Ses experts couvrent notamment l'économie et la fiscalité, les entreprises, le droit international, la santé, la politique sociale, les affaires publiques et la culture. Le site héberge aussi un « Observatoire électoral » proposant des projections, dont une consacrée à l'élection présidentielle de 2027.

Organisation et financement

Le Millénaire revendique « une cinquantaine de contributeurs provenant d'horizons différents », répartis entre un bureau, une direction des études, des experts et des analystes. Son site invite le public à adhérer et à soutenir l'organisation.

Sources : [site officiel](https://lemillenaire.org/qui-sommes-nous).

Propositions de programme

Les mesures portées par l'organisation. Leur analyse par SensPo est à venir.

Communications de l'organisation

Actualités, communiqués et annonces publiés par Le Millénaire sur son site officiel lemillenaire.org.

23 sept. 2026Redaction Le Millénaire

Matthieu Hocque et Thibault Arondel pour Marianne : « Terrorisme : « Les pays européens, devenus vulnérables, payent les erreurs américaines » »

[Coauteurs du rapport « 25 ans après le 11 septembre 2001, éradiquer une menace qui a évolué », pour le think tank Le Millénaire, Matthieu Hocque et Thibault Arondel dressent le bilan de la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis.](https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/terrorisme-les-pays-europeens-devenus-vulnerables-payent-les-erreurs-americaines)

Il y a 25 ans, les Etats-Unis de Georges W. Bush déclarent la « _War on Terror_ » en réponse aux attentats du 11 septembre : une guerre totale sur le plan intérieur et extérieur. En France, cette réponse a souvent été simplifiée par mépris intellectuel à l’égard du néo-conservatisme américain en considérant que le _USA Patriot Act_ avait considérablement réduit les libertés publiques et que les guerres au Moyen-Orient avaient été des fiascos. Et si, pour reprendre une expression du football « à la fin, c’étaient toujours les Etats-Unis qui gagnaient ? ».

25 ans de « _War on Terror_ » sur le sol américain

Sur le plan intérieur, la réponse au terrorisme islamiste des Etats-Unis fut implacable. L’_USA Patriot Act _constitue une refonte d’exception du cadre juridique de la sécurité intérieure des Etats-Unis autour de 4 paramètres : un assouplissement des conditions d’inquisition judiciaire pour les agences de renseignement, la surveillance des communications de tout suspect, un contrôle renforcé des flux d’argent clandestins et des pouvoirs d’expulsion et de détention indéfinis pour tous les étrangers soupçonnés de menacer la sécurité nationale.

A la différence des lois anti-terroristes des pays européens, les principes sont suivis de moyens aux Etats-Unis. La rétention judiciaire est rendue possible par la construction du centre de Guantanamo après jugement par les tribunaux militaires et non civils. De même, 1 300 milliards de dollars sur la période 2003-2026 ont été dépensés tant par des administrations républicaines que démocrates. Enfin, la création du _Department of Homeland Security _en 2002 centralise 22 agences fédérales pour un commandement unique de la lutte anti-terroriste.

25 ans de guerre, mais quel bilan ?

Structurellement, les Etats-Unis subissent de moins en moins d’attentats terroristes islamistes. Selon le CSIS, entre 2020 et le 1er janvier 2025, les États-Unis ont connu 18 incidents djihadistes, dont 8 attaques réalisées et 10 projets déjoués, contre 73 incidents entre 2013 et 2019. Mieux, le CSIS estime ainsi que seuls 18 % des incidents djihadistes des 20 dernières années impliquent un contact direct avec une organisation terroriste étrangère.

Mais le meilleur bilan de cette politique est que désormais, l’« Américain moyen » ne pense plus au régime de surveillance. En effet, Barack Obama et Joe Biden ne sont jamais revenus sur cette doctrine. Les réformes de janvier 2009 ont porté sur les techniques d’interrogatoire renforcées et celles de juin 2015 sur des ajustements techniques concernant la collecte et le stockage des métadonnées téléphoniques après l’affaire _Snowden_ de 2013. De même, Joe Biden n’est jamais revenu sur les réformes de Donald Trump sur la réduction des visas pour les ressortissants issus des foyers du terrorisme.

Et, si à la fin, c’étaient toujours les Etats-Unis qui gagnaient ?

La guerre contre le terrorisme a bénéficié aux Etats-Unis pour deux raisons. La première est que la lutte acharnée américaine couplée aux difficultés des pays européens à redéfinir une doctrine de sécurité intérieure anti-terroriste ont transféré la menace sur le sol européen. Si l’on retire le 11 septembre qui concentre près environ 96,5% des victimes du terrorisme aux Etats-Unis, le terrorisme islamiste a fait environ 120 victimes aux Etats-Unis depuis 2001 contre près de 800 victimes dans les pays de l’Union européenne, soit 66,5 fois plus de victimes dans les pays européens. En 2025, il y a eu 3 attentats aux Etats-Unis contre 10 en France, premier pays européen touché par le terrorisme islamiste.

Deuxièmement, sur le plan extérieur, les interventions américaines de 2001 en Afghanistan et de 2003 en Irak ont détérioré non seulement l’image américaine, mais aussi du reste du monde occidental. Ce ressort anti-occidental constitue l’un des carburants pour les groupes terroristes qui inversent la logique accusatoire : l’Occident agresse le monde musulman que les terroristes islamistes prétendent défendre. Seulement, 25 ans après, même si la menace des groupes terroristes de Al Qaeda et de Daesh est moins importante, de nombreux groupes et filiales sont toujours actifs avec AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique) ou bien AQPA (Al Qaeda à la Péninsule Arabique).

La menace terroriste islamiste est existentielle pour le monde occidental. Seulement, par son changement de doctrine, les Etats-Unis sont devenus une cible moins atteignable des groupes terroristes. A l’inverse, les pays européens, devenus vulnérables, payent les erreurs américaines.

Matthieu Hocque, Directeur Général du Think-Tank _Le Millénaire_, spécialiste en politiques publiques, co-auteur du rapport « 25 ans après le 11 septembre 2001, éradiquer une menace qui a évolué »

Thibault Arondel, Analyste international au Millénaire, co-auteur du rapport « 25 ans après le 11 septembre 2001, éradiquer une menace qui a évolué »

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Crédit photo : [911: President George W. Bush and Address to the Nation, 09/11/2001, ](https://nara.getarchive.net/search?q=911%3A+President+George+W.+Bush+and+Address+to+the+Nation%2C+09%2F11%2F2001.)de The U.S. National Archives, via NARA and Divids Public Domain Archives, sous licence [Public Domain](https://nara.getarchive.net/media/911-president-george-w-bush-and-address-to-the-nation-09112001-343e25).

Source : lemillenaire.org

22 sept. 2026Redaction Le Millénaire

10 ans après la COP 21, la transition énergétique mondiale n’a pas commencé

La sortie, fin juin, du _Statistical Review of World Energy_ qui remplace depuis 4 ans l’ancien _BP Statistical Review_ est un évènement annuel très attendu par les spécialistes de l’énergie. Il permet, grâce à des données historiques remontant à 1965 et présentées pays par pays, d’analyser l’évolution des consommations d’énergie ainsi que leurs parts évolutives dans le mix mondial. 10 ans après la COP 21, nous proposons un bilan de la décennie 2015 – 2025 pour 7 entités géographiques : Monde, OCDE, pays émergents (i.e. non OCDE), Chine, Etats-Unis, Union Européenne et France.

L’évolution des chiffres mondiaux sur la période 2015 à 2025 atteste sans aucune ambiguïté de l’échec dramatique d’une transition énergétique mondiale qui n’a pas vraiment commencé. En effet, depuis 2015, la consommation mondiale d’énergie finale a augmenté de 15%. Elle alimente la croissance économique mondiale qui a progressé sur la même période de près de 34% selon les données de la Banque Mondiale. Or, cet accroissement a été porté à 60% par les énergies fossiles, et seulement à 40% par les énergies décarbonées (35% par les EnR et 5% par le nucléaire et l’hydro). Par conséquent, contrairement aux espoirs de la COP21, les énergies fossiles demeurent le socle écrasant du mix énergétique mondial. Sur cette décennie, leur part relative est passée de 90 % en 2015 à 86% en 2025.

La cause principale de cet échec est le développement des pays émergents. Au cours de la dernière décennie, ces derniers (dont la Chine et l’Inde sont les fers de lance) ont accru leur consommation d’énergie finale de 25% (+32% pour la Chine). 70% de cet accroissement repose sur les fossiles et seulement 30% sur les énergies décarbonées. Malgré une progression spectaculaire des EnR dans le Monde (+138%), dans les pays de l’OCDE (+78%) et les émergents (+275% dont +640% en Chine) l’ancien monde des fossiles continue de progresser.

Ces conclusions sont renforcées par la faible percée de l’électricité, qui malgré sa progression (+32% au cours de la dernière décennie) ne comptait en 2025 que pour 25% de l’énergie finale. Dans les faits la progression n’est pas due à l’électrification des usages mais à l’électrification de régions (en Afrique notamment) non auparavant électrifiées. En Europe, la consommation électrique stagne tandis qu’en France elle s’est contractée de 10% revenant à la consommation de 2005.

Il n’est donc pas surprenant que les émissions de GES aient continué de progresser. En 10 ans elles ont augmenté de 9%. La baisse dans les pays de l’OCDE (-10,5%, -18,5% en Europe) ont été compensées par la croissance des pays émergents (+21%) dont la Chine (+23%) reste le champion incontesté.

Contrairement aux attentes, l’année 2025 que certains annonçaient comme un grand tournant historique reste dans la droite ligne des précédentes :

  • Energie primaire +1,3% (contre 1,4% par an sur la période 2015 à 2025)

  • Pétrole +1% (0,9%), gaz +1,3% (2 %), charbon +0,4% (0,5%)

  • Renouvelables +10% (13,8%)

  • Émissions +0,9% (0,9%)

On assiste donc, de surcroît, à un tassement de la croissance des renouvelables par rapport à la tendance décennale que nous étudierons dans cette étude.

Par, Philippe Charlez, Expert des questions énergétiques associé au Millénaire,

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Crédit photo : [Pompe à huile Jack](https://www.publicdomainpictures.net/fr/view-image.php?image=177469&picture=pompe-a-huile-jack), de [Jean Beaufort](https://www.publicdomainpictures.net/fr/browse-author.php?a=113726), sous licence [Public Domain Pictures](https://www.publicdomainpictures.net/fr/view-image.php?image=177469&picture=pompe-a-huile-jack).

Source : lemillenaire.org

21 sept. 2026Redaction Le Millénaire

William Thay pour le New York Times « Germans Are Voting Again, Amid a Far-Right Surge. Here’s what to watch »

Elections in eastern Germany on Sunday could galvanize the Alternative for Germany, an ascendant far-right party, or spur a backlash.

Just two weeks after the far-right Alternative for Germany party, or AfD, scored a stunning victory in the small eastern state of Saxony-Anhalt, German voters in two other regions are voting on Sunday and will deliver a new gauge of [the AfD’s national prospects](https://archive.ph/o/N1bSR/https://www.nytimes.com/2026/09/07/world/europe/germany-afd-election-saxony-anhalt-election.html).

Voters in Berlin and in a lightly populated coastal corner of the former East Germany, Mecklenburg-West Pomerania, will elect new state Parliaments on Sunday. The AfD is poised to gain significantly in both elections, even if polls suggest it will fall well short of its performance in Saxony-Anhalt, where it won 44 percent of the vote and could soon form a government.

The AfD’s leaders have used Nazi slogans and played down the significance of the Holocaust, and German intelligence has classified the party as a “suspected extremist” group. Yet it has harnessed voter anxiety over the economy and immigration, as well as the widespread unpopularity of Chancellor Friedrich Merz, a mainstream conservative.

But surveys in the waning days of the campaign suggest Sunday’s vote could yet result in a backlash to the AfD’s rise. After leading in Mecklenburg-West Pomerania throughout the year, the AfD has now fallen into a virtual tie with the center-left Social Democrats.

In liberal Berlin, the AfD looks set to finish behind both Mr. Merz’s center-right Christian Democrats and the far-left party Die Linke.

Polls close at 6 p.m. in both areas. Here’s what to know.

What’s driving the AfD’s rise?

Much of what fueled the AfD’s victory in Saxony-Anhalt is also present in Mecklenburg-West Pomerania, a state of 1.5 million residents. Unemployment there is higher than the national average, as in Saxony-Anhalt. Residents still resent how eastern Germany struggled after the reunification of Germany in 1990. And many are sympathetic to Russia and wary of immigration, which surged in Germany during the European migration a decade ago.

Goldie Nickel, a young voter in the city of Neubrandenburg, said this past week that she supported the AfD because she felt the government wasn’t tough enough on immigrants.

“Migrants and refugees that either break the law or misbehave should be sent back to their home countries,” she said.

Will the AfD surprise again?

The AfD is only a co-favorite in Mecklenburg-West Pomerania because the state has a rarity for eastern Germany today: a popular leader from a mainstream party.

Manuela Schwesig, a Social Democrat, has governed the state since 2017 and has campaigned vigorously to keep her job. She has at times distanced herself from her national party leaders, who are the junior partners in Mr. Merz’s federal coalition government, and built an independent brand with voters.

As the state premier, Ms. Schwesig has said clearly what she intends to do — and follows through on those promises, said Bettina Müller, also of Neubrandenburg. Her vote for the Social Democrats on Sunday, she said, would be for Ms. Schwesig personally.

The Social Democrats may be bolstered by center-right voters who hope to deny the AfD first place, said William Thay, the president of Le Millénaire, a French think tank tracking the race. “In Mecklenburg, we believe we have strategic voters,” he said. “They will vote against the AfD.”

Will a socialist campaign carry Berlin?

In Germany’s capital, the far-left Die Linke party is surging after a campaign dominated by the price and scarcity of urban housing.

Die Linke has campaigned on an initiative to take public ownership of 270,000 apartments owned by private real estate giants, in a bid to make housing more plentiful and affordable. “We want an end to speculation with our homes,” said Elif Eralp, the party’s mayoral candidate, on her Instagram.

Pre-election polls show Die Linke could win the election, in what would be a first for Berlin. Die Linke supporters see parallels between Ms. Eralp, born in Munich to two left-wing activists from Turkey, and Zohran Mamdani, the leftist mayor of New York.

Yet even if Die Linke comes first, it could struggle to form a coalition government. The Social Democrats and the center-left Greens may decide to partner with the Christian Democrats, who are Die Linke’s closest rivals in the race.

The AfD is projected to come in third in Berlin, a result that would keep it from joining the city’s coalition government because the other parties consider it extremist.

Will the results buoy Merz, or sink him?

Bad results for the Christian Democrats in both elections [could further imperil](https://archive.ph/o/N1bSR/https://www.nytimes.com/2026/09/08/world/europe/germany-merz-pressure-afd.html) the unpopular chancellor, particularly in Mecklenburg-West Pomerania, which is being more closely watched. Many in his party blamed Mr. Merz for the size of the AfD win in Saxony-Anhalt.

Mr. Merz’s party is polling in single digits in Mecklenburg-West Pomerania. If it fails to reach the 5 percent threshold for representation in the state Parliament, it would notch a postwar low for the party and amplify calls in Berlin for Mr. Merz to step aside.

The odds of that scenario are low, Mr. Thay said, but not impossible.

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Source : lemillenaire.org

18 sept. 2026Redaction Le Millénaire

Rétablir la peine de mort ou généraliser la perpétuité réelle: quelle stratégie pour durcir la réponse pénale aux crimes les plus graves?

Comme à chaque fait divers tragique, le meurtre et le viol de la jeune Lyhanna en mai 2026 a relancé dans l’opinion la question de la peine de mort pour les crimes les plus graves. En effet, le profil de Jérome Barella, pédocriminel (présumé) aux multiples victimes, conduit l’intuition populaire à dire qu’il “mériterait la peine de mort”.

Face au retour régulier de ce débat, et à une opinion publique qui reste particulièrement partagée sur le sujet, bien qu’elle soit majoritairement en faveur de poser la question dans un référendum (68% des Français en faveur d’un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, sondage CSA de juin 2026) cette note vise à répondre à la question “faut-il rétablir la peine de mort?” En examinant les arguments les plus souvent cités en sa faveur.

Parmi les cinq arguments principaux en faveur d’un rétablissement de la peine de mort, deux sont d’ordre moraux, à savoir que certains crimes sont si graves que seule la peine de mort 1) pourrait être à la hauteur du crime, 2) pourrait permettre aux victimes et à leur famille de se reconstruire. Ces arguments sont légitimes, et toute alternative à la peine de mort se devrait de prendre en compte ces aspirations. En effet, l’opinion publique semble claire sur le fait que la réponse pénale est insuffisante: environ 80% des Français sont en accord avec l’idée que “la justice est trop laxiste”, de manière stable à travers les vagues de sondages posant cette question.

Restent donc trois questions principales ayant trait à la question de l’efficacité de la peine de mort en tant qu’outil de la justice pénale:

  • La peine de mort est-elle dissuasive, au sens qu’elle permettrait de réduire la fréquence des crimes qu’elle punit?

  • La peine de mort est-elle économique, au sens qu’elle permettrait des économies en comparaison de la réclusion à perpétuité?

  • La peine de mort permet par construction d’éviter toute récidive, mais au regard de son coût en innocents exécutés à tort, la peine de mort vaudrait-elle vraiment mieux qu’une alternative comme la perpétuité réelle?

Pour chacune de ces questions, cette note mènera une analyse de la littérature scientifique et des comparaisons internationales, pour apporter des éléments de réponses. L’analyse comparera notamment la peine de mort au système pénal actuel, ainsi qu’au régime de la perpétuité réelle. Elle fera la distinction entre la peine de mort appliquée dans le droit civil, de celle appliqué dans le droit militaire, distinction qui a existé à travers l’histoire de la peine de mort en France. Elle se focalisera sur trois catégories de crimes correspondant aux parquets nationaux spécialisés existants ou en débat en France, à savoir le terrorisme (PNAT, 2019), le narcotrafic et la criminalité organisée (PNACO, janvier 2026) et la pédocriminalité (parquet spécialisé en discussion depuis l’affaire Lyhanna), ainsi que pour le viol, crime le plus souvent visé par les extensions récentes de la peine capitale à l’étranger (Inde, Floride).

En conclusion, des propositions de réformes de notre politique pénale seront formulées. Ces propositions visent à apporter une réponse systémique à la demande du peuple Français de plus de fermeté pénale, et ainsi d’apporter une réponse politique à la question du rétablissement de la peine de mort.

Par Florian Gerard-Mercier, Directeur adjoint des études du Millénaire

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Crédit photo : [Statue de la Justice](https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/96/Justice-2060093_1920.jpg?utm_source=commons.wikimedia.org&utm_campaign=index&utm_content=thumbnail_unscaled) via Wikimedia Commons, sous licence « Public Domain »

Source : lemillenaire.org

16 sept. 2026Redaction Le Millénaire

Sean Scull pour la Nouvelle Revue Politique : « Elections en Suède : la droite a perdu mais la gauche n’a pas vraiment gagné »

Seulement [3 sièges](https://valresultat.svt.se/2026/) et [32 700 voix](https://www.svt.se/nyheter/inrikes/senaste-nytt-om-val-2026?inlagg=19c3e955e09f965d49c2b0d39d6adbac) séparent le bloc de droite du bloc de gauche, dans les élections parlementaires suédoises. Elles doivent désigner une majorité sensée gouverner pour les 4 prochaines années. Bien que les résultats définitifs ne seront pas connus avant le week-end prochain, le dépouillement des votes de l’étranger débutant mercredi, une tendance se dessine avec le bloc de centre gauche donné légèrement en tête des élections législatives. La droite était arrivée au pouvoir en 2022 en héritant d’une situation sécuritaire difficile et de problèmes structurels liés à l’immigration de masse. La coalition de droite a tenu ses promesses, mais cela n’était pas suffisant pour les électeurs qui en attendaient davantage sur le thème de l’État-providence. Et si la coalition de droite semble avoir perdu, la victoire de la coalition de gauche n’est pas éclatante ou même assurée.

Un bilan de la droite solide mais que les urnes n’ont pas plébiscité

Le bilan de la coalition de droite au pouvoir depuis 2022 est objectivement positif. Cette dernière regroupe ce que les Suédois surnomment _Tidöpartierna _(les partis de Tidö). Il s’agit de 4 partis politiques regroupant Les Modérés, Les Chrétiens-démocrates, Les Libéraux et les Démocrates de Suède qui, en 2022, ont signé l’accord de Tidö. Cet accord stipulait que les Démocrates de Suède soutiennent un gouvernement de droite sans occuper de postes de ministres dans le gouvernement. Il devait sauver un pays ayant été gouverné par une coalition de gauche depuis 2014. Aujourd’hui les résultats sont concrets : la Suède prévoit une croissance de [2,8 %](https://www.svt.se/nyheter/ekonomi/elisabeth-svantesson-m-haller-presstraff-om-ekonomin) sur l’année 2026, les fusillades liées aux gangs en Suède ont chuté de [60 % ](https://polisen.se/aktuellt/nyheter/nationell/2026/juli/skjutningarna-pa-historiskt-laga-nivaer/)par rapport au pic de 2022, et l’inflation se trouve quant à elle sous la barre des [2 %](https://www.ekonomifakta.se/sakomraden/makroekonomi/inflation-och-styrrantor/inflation_1208879.html) en août 2026. De plus, les demandes d’asile se trouvent au plus bas depuis 1985. Mais cette élection de 2026 ne s’est pas jouée sur les thèmes qui ont porté la droite au pouvoir, mais sur la préservation de l’État providence (éducation, santé et aide aux personnes âgées, etc.). Ainsi, les Démocrates de Suède ont enregistré leur premier recul dans des élections parlementaires depuis 2010.

Si la coalition de Tidö semble avoir perdu l’élection, la victoire de la gauche n’en est pas vraiment une. Il s’agit d’abord d’un retour à la normale dans un pays historiquement ancré dans la tradition sociale-démocrate. Le Parti socialiste arrive en tête des élections parlementaires depuis 1917 avec notamment un règne sans partage du pouvoir pendant 40 ans entre 1936 et 1976. Donc l’anomalie n’est pas une victoire de la gauche en 2026, mais plutôt celle de la droite appuyée par l’extrême droite en 2022. De plus, le Parti socialiste suédois a réalisé sa pire élection depuis [1928](https://www.dn.se/direkt/2026-09-13/s-gar-mot-samsta-valet-sedan-1928/) et n’obtiendrait que 100 sièges. L’enjeu maintenant sera d’être capable de former un gouvernement avec assez de soutien dans le _riksdag_ (parlement) pour se maintenir au pouvoir jusqu’en 2030. Et les Socialistes, pourtant habitués à être tout-puissants, sont tributaires de la Gauche radicale, ce qui donne à cette pseudo-victoire un goût amer.

Deux blocs qui traitent différemment avec leurs extrêmes

Le bloc de droite a décidé en 2022, face à la montée de l’extrême droite, de poursuivre une politique de normalisation avec les Démocrates de Suède. Il s’agit du seul chemin pour avoir une majorité nécessaire au parlement pour gouverner. C’était l’esprit de Tidö, celui de la fin du cordon sanitaire depuis l’entrée des Démocrates de Suède au parlement en 2010. Les progressistes promettaient la ruine du pays en 2022, mais elle n’a pas eu lieu. Au contraire, Ulf Kristersson a été en mesure de gouverner le royaume avec stabilité. L’entente fut si bonne qu’il promettait de nommer des ministres issus des Démocrates de Suède si la coalition gagnait une nouvelle fois en 2026. Or, pour l’extrême droite, les gages de normalisation et la collaboration avec la droite modérée semblent avoir terni leur image auprès de leur électorat. Avec un recul de 3 points par rapport à 2022, le manque de radicalité semble avoir fait perdre des voix aux Démocrates de Suède. Les électeurs leur reprochent de s’être trahis, notamment quand la nationalité suédoise fut octroyée à 200 000 étrangers entre 2022 et 2026.

De son côté, la coalition de gauche doit aussi gérer ses extrêmes avec une radicalisation du Parti de gauche qui menace la coalition entre les sociaux-démocrates, le Parti du centre et les Verts. À l’inverse de l’extrême droite, le Parti de gauche n’a pas pris le chemin de la normalisation bien au contraire. [Une trentaine de candidats retirés des listes pour antisémitisme](https://theconversation.com/elections-legislatives-en-suede-un-vote-sur-la-normalisation-de-lextreme-droite-291067), des rumeurs d’éloges du Hamas, d’Hitler, de Poutine, ou une lettre collective de soutien à des détenus terroristes en Israël ont fait parler. Ces scandales à répétition compromettent les possibilités de coopération avec les sociaux-démocrates. Ces derniers en sont bien conscients que le Parti de gauche n’est pas un allié fiable mais ils ne peuvent pas se passer d’un parti qui bénéficie d’un vote communautaire massif dans les quartiers, échos au vote populaire qu’ils ont perdu et dont ils ont besoin. Pour tout dire, les électeurs non européens sont [surreprésentés](https://kvartal.se/nyheter/artiklar/v-och-s-far-egen-majoritet-hos-invandrarna/cG9zdDoxOTM0NjQ) au sein des trois partis de gauche suédois, entre le Parti de gauche (21 %), les Sociaux-démocrates (38 %) et les Verts (7 %). C’est la nouvelle réalité suédoise, et illustre bien l’impasse actuelle.

Suède, nouveau pays européen basculant dans le camp des ingouvernables ?

Dans cette élection où les deux blocs sont au coude à coude, le Parti du centre s’impose en faiseur de rois. Pour que la Suède bascule à gauche, il faudra former un gouvernement de coalition allant du Parti de gauche au centre. Mathématiquement, cette solution coule de source, ces partis recueillant 176 sièges, mais politiquement cela n’est pas aussi simple. Le Parti du centre a indiqué qu’il ne souhaitait pas former de gouvernement avec le Parti de gauche car jugé trop extrême. Or, ce dernier exige une influence et des postes ministériels si ses sièges devaient être nécessaires pour permettre à la socialiste Magdalena Andersson de gouverner. Si le Parti du centre refuse d’intégrer le Parti de gauche, il n’existe pas de voie évidente permettant aux 4 partis de gauche de former une coalition gouvernementale.

A droite, la formation d’un gouvernement minoritaire serait possible en cas d’impasse. La Suède pratique un parlementarisme négatif et un Premier ministre n’a pas besoin d’obtenir une majorité de voix en sa faveur pour former un gouvernement ou mener une politique, il suffit qu’au moins 175 députés ne votent pas contre. De ce fait, la droite modérée, les libéraux et les chrétiens-démocrates pourraient s’allier avec le Parti du centre pour former un gouvernement minoritaire avec un appui implicite de l’extrême droite qui ne voterait pas contre le gouvernement et ses propositions politiques. Néanmoins, il ne sera pas facile de convaincre les Démocrates de Suède de ne pas voter contre un gouvernement qui l’exclurait au profit du centre alors même que les Démocrates de Suède souffrent d’une dévitalisation de sa base électorale par manque de radicalité depuis 2022.

Après l’Allemagne et la France, la Suède montre lorsque le discours se radicalise, tant à droite qu’à gauche, et que les partis de gouvernements échouent, un vide se crée. Ce vide s’appelle l’ingouvernabilité…

Sean Scull est géopolitologue, chargé d’études États-Unis du Millénaire et auteur de « Le populisme, symptôme d’une crise de la démocratie, comment le néolibéralisme a triomphé en France et en Suède » aux éditions L’Harmattan.

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Crédit photo : [Suède Drapeau peint sur le mur de brique](https://www.publicdomainpictures.net/fr/view-image.php?image=181668&picture=suede-drapeau-peint-sur-le-mur-de-brique), sous Licence Public Domain.

Source : lemillenaire.org

13 sept. 2026Redaction Le Millénaire

25 ans après le 11 septembre, quel bilan pour la « War on Terrorism » ?

Il y a 25 ans, les Etats-Unis de Georges W. Bush après les attentats historiques et spectaculaires du 11 septembre, se sont dans une guerre totale contre le terrorisme islamiste.

Cet événement marque un tournant géopolitique sans précédent en mettant fin à l’unipolarité américaine consécutive à l’effondrement de l’Union soviétique en décembre 1991. En effet, les Etats-Unis enregistrent plus de 3 000 victimes dans les attentats terroristes les plus meurtriers de l’Histoire démontrant qu’aucune puissance n’est désormais à l’abris de menaces qui sont davantage transnationales et globales.

Si en termes de victimes et de portée géographique, le terrorisme islamiste demeure un facteur majeur des nouvelles mutations mondiales. Au point que même des grandes puissances aux intérêts divergents et concurrents comme les Etats-Unis, la Russie ou la Chine ont été amenés à collaborer pour y faire face. Cette capacité à unir contre soi est presque un seul motif pour se plonger dans le bilan des 25 ans de guerre menée par les Etats-Unis pour y faire face. De plus, celle-ci a été longtemps réduite et simplifiée au regard des conséquences notamment internationales de celle-ci, mais aussi par mépris intellectuel pour le néoconservatisme américain. Elle n’en demeure pas moins une doctrine nationale et internationale qui a profondément marquée le premier quart de siècle des pays occidentaux. En effet, celle-ci s’est déclinée tant sur le plan national qu’international.

C’est pourquoi, notre étude entend tirer les quatre grands enseignements de la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis. Ceux-ci permettent dans le cadre d’un dossier plus globale d’imaginer une réponse européenne et française pour la prochaine décennie.

Par, Matthieu Hocque, Directeur Général du Millénaire,

Thibault Arondel, Analyste au Millénaire

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Crédit photo : [911: President George W. Bush and Address to the Nation, 09/11/2001, ](https://nara.getarchive.net/search?q=911%3A+President+George+W.+Bush+and+Address+to+the+Nation%2C+09%2F11%2F2001.)de The U.S. National Archives, via NARA and Divids Public Domain Archives, sous licence [Public Domain](https://nara.getarchive.net/media/911-president-george-w-bush-and-address-to-the-nation-09112001-343e25).

Source : lemillenaire.org

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