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Portrait de Alain CARIGNON

Collectivité

Alain CARIGNON

Conseiller municipal · Grenoble

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Grenoble.
  • Conseiller municipal de Grenoble depuis le 28 juin 2020.
  • 4 mandats recensés : conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Grenoble, département Isère.
  • Fiche de la commune : Grenoble.

Biographie

Alain Carignon, né le 23 février 1949 à Vizille (Isère), est un homme politique français, ancien ministre et ancien maire de Grenoble, dont la carrière a été marquée par une condamnation pénale pour corruption au milieu des années 1990, suivie d'un retour progressif à la vie politique locale.

Formation et débuts

Diplômé de l'Institut d'administration des entreprises de Grenoble, Alain Carignon s'engage très jeune, dès l'âge de dix-sept ans, dans le mouvement des jeunes gaullistes ; il se situe alors du côté des opposants aux manifestations de mai 1968. Il débute sa carrière professionnelle comme attaché de presse à la chambre de commerce de Grenoble, avant d'entrer au conseil général de l'Isère en 1976.

Maire de Grenoble (1983-1995)

En 1983, Alain Carignon remporte la mairie de Grenoble face au maire socialiste sortant Hubert Dubedout. Il fait approuver par référendum municipal, le 22 juin 1983, la création du tramway de l'agglomération grenobloise. Sa mandature est marquée par plusieurs opérations d'aménagement et de développement économique et culturel de la ville : inauguration du Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information (LETI) en présence du président François Mitterrand le 23 janvier 1985, ouverture du Magasin, centre national d'art contemporain, en 1986, réhabilitation de la Halle Sainte-Claire en 1991, création du quartier d'affaires Europole et du World Trade Center de Grenoble en 1993.

En parallèle de la mairie, il préside le conseil général de l'Isère du 22 mars 1985 au 28 octobre 1997.

Mandats nationaux et européens

Alain Carignon est élu député européen de juillet 1984 à mars 1986. Il siège par ailleurs comme député à l'Assemblée nationale à l'occasion de trois législatures distinctes, en 1986, 1988 et 1993.

Carrière ministérielle

Membre du gouvernement de Jacques Chirac lors de la deuxième cohabitation, Alain Carignon est ministre délégué chargé de l'Environnement du 20 mars 1986 au 12 mai 1988. À ce poste, il fait adopter une loi, votée à l'unanimité, sur la prévention des risques majeurs. Le 11 mai 1986, interrogé sur les retombées en France de la catastrophe de Tchernobyl, il déclare que « les taux de radioactivité [en France] les plus élevés sont en dessous des seuils à partir desquels il y a danger », propos qui seront ensuite fréquemment rappelés dans le débat public sur la gestion de cet épisode par les autorités françaises.

Il devient ensuite ministre de la Communication dans le gouvernement d'Édouard Balladur, du 30 mars 1993 au 19 juillet 1994. Il y fait adopter, en décembre 1993, une loi dite « loi Carignon », qui institue la chaîne de télévision La Cinquième (devenue France 5) et impose un quota de 40 % de chansons francophones à la diffusion radiophonique. Il démissionne de ses fonctions ministérielles le 19 juillet 1994, alors que sa mise en examen apparaît imminente.

L'affaire judiciaire de Grenoble

Une information judiciaire est ouverte le 9 février 1994 par le juge Philippe Courroye, portant notamment sur le financement des journaux Dauphiné News puis News, lancés avant les élections municipales de 1989 et dont la disparition, après la réélection d'Alain Carignon, laisse un passif évalué à 10 millions de francs. L'enquête met également en évidence des avantages personnels dont il a bénéficié : une croisière en Méditerranée, un voyage en Australie, des vols en avion-taxi et la mise à disposition d'un appartement parisien de 280 m².

Alain Carignon démissionne de ses fonctions ministérielles le 19 juillet 1994 et est incarcéré à la prison Saint-Joseph de Lyon le 12 octobre 1994. Sa condamnation devient définitive le 9 juillet 1996, par un arrêt de la cour d'appel de Lyon, qui le condamne à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, à 400 000 francs d'amende et à cinq ans d'inéligibilité, assortis d'une interdiction des droits de vote et d'éligibilité. L'arrêt relève que « Monsieur Alain Carignon, élu du peuple depuis vingt ans, a (...) monnayé le pouvoir de maire qu'il tenait du suffrage universel, afin de bénéficier d'avantages matériels qui se sont élevés à 19 073 150 francs ». Il est libéré le 5 mai 1998, après vingt-neuf mois de détention, une durée alors présentée comme la plus longue subie par un responsable politique français.

Une seconde procédure, ouverte en septembre 1997 pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux, concerne son rôle dans la société d'économie mixte Grenoble Isère Développement (GID). Il est condamné le 13 juillet 1999 à dix-huit mois de prison avec sursis et à 80 000 francs d'amende. En 2004, la chambre régionale des comptes le condamne également à rembourser 253 126,36 euros, assortis d'une amende de 25 000 euros, décision confirmée par la Cour des comptes le 29 janvier 2009 ; en février 2011, le ministère du Budget rejette sa demande de remise gracieuse.

Retour en politique

Après sa libération, Alain Carignon renoue avec l'activité politique. Son intégration à l'UMP en 2002 est soutenue par Nicolas Sarkozy malgré l'opposition d'Alain Juppé ; il préside la fédération UMP de l'Isère à partir de 2003. Il se présente aux élections législatives de 2007 dans la 1re circonscription de l'Isère, où il obtient 21,45 % des voix au premier tour avant d'être battu au second tour par Geneviève Fioraso, créditée de 63,03 % des suffrages.

Entre 2007 et 2019, il demeure actif dans le débat public sans exercer de mandat, présidant notamment un comité de soutien local des Républicains à partir de mars 2016 et invitant Éric Zemmour à une conférence le 8 décembre 2016.

Retour au conseil municipal et retrait de la vie politique

Alain Carignon redevient conseiller municipal de Grenoble en novembre 2019, à la faveur de la démission de deux colistières. Il conduit une liste aux élections municipales de mars 2020, qui recueille 19,8 % des voix au premier tour et 23,4 % au second, permettant l'élection de six conseillers, dont lui-même et trois conseillers métropolitains.

Il se représente aux élections municipales de 2026 : sa liste arrive en tête du premier tour avec 27,04 % des suffrages, mais s'incline au second tour face à la liste de Laurence Ruffin, créditée de 56,59 % des voix. Alain Carignon annonce sa retraite de la vie politique le 23 mars 2026.

En octobre 2023, il avait par ailleurs participé à une mission sur l'avenir de l'audiovisuel public confiée par Éric Ciotti, alors président des Républicains.

Publications

Alain Carignon est l'auteur d'Une saison dans la nuit (Grasset, 1995), écrit après son incarcération, et de Demain nous appartient (Éditions Numeris, 2011).

Chronologie

  • 1949 - Naissance à Vizille (Isère), le 23 février
  • 1976 - Entrée au conseil général de l'Isère
  • 1983 - Élu maire de Grenoble ; référendum municipal sur le tramway, le 22 juin
  • 1984 - Élu député européen
  • 1985 - Président du conseil général de l'Isère
  • 1986 - Ministre délégué à l'Environnement dans le gouvernement Chirac, à partir du 20 mars ; élu député
  • 1988 - Fin de ses fonctions ministérielles ; réélu député
  • 1993 - Réélu député ; ministre de la Communication dans le gouvernement Balladur, à partir du 30 mars ; adoption de la « loi Carignon » créant La Cinquième
  • 1994 - Démission du gouvernement le 19 juillet ; incarcération le 12 octobre
  • 1995 - Fin de son mandat de maire de Grenoble ; publication d'Une saison dans la nuit
  • 1996 - Condamnation définitive par la cour d'appel de Lyon, le 9 juillet, à cinq ans de prison dont un avec sursis
  • 1997 - Fin de la présidence du conseil général de l'Isère ; mise en examen dans l'affaire Grenoble Isère Développement
  • 1998 - Libération, le 5 mai, après vingt-neuf mois de détention
  • 1999 - Condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis dans l'affaire GID
  • 2002 - Intégration à l'UMP
  • 2003 - Président de la fédération UMP de l'Isère
  • 2004 - Condamnation par la chambre régionale des comptes à rembourser 253 126,36 euros
  • 2007 - Candidat battu aux élections législatives dans la 1re circonscription de l'Isère
  • 2009 - Confirmation de la condamnation par la Cour des comptes
  • 2011 - Rejet de sa demande de remise gracieuse ; publication de Demain nous appartient
  • 2019 - Retour au conseil municipal de Grenoble, en novembre
  • 2020 - Élu conseiller municipal aux élections municipales de mars
  • 2023 - Mission sur l'avenir de l'audiovisuel confiée par Éric Ciotti
  • 2026 - Liste arrivée en tête au premier tour des municipales, battue au second ; annonce de sa retraite de la vie politique, le 23 mars

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