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Portrait de Alain Peyrefitte

Parlement

Alain Peyrefitte

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.
  • 9 mandats recensés : sénateur, député.

Biographie

Alain Peyrefitte, né le 26 août 1925 à Najac (Aveyron) et mort le 27 novembre 1999 à Paris, dans le 16e arrondissement, est un diplomate, homme politique, académicien et écrivain français. Ministre à sept reprises sous la Ve République, notamment garde des Sceaux de 1977 à 1981, académicien élu en 1977, et auteur de best-sellers comme "Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera" et "Le Mal français", il fut l'un des interlocuteurs privilégiés du général de Gaulle, dont il tira la matière de ses mémoires en trois volumes, "C'était de Gaulle". Marié en 1948 avec la romancière Monique Luton, qui publiait sous le pseudonyme de Claude Orcival, il eut cinq enfants.

Formation et débuts dans la diplomatie

Alain Peyrefitte suit sa scolarité à l'École normale supérieure avant d'intégrer, dès sa création, la toute première promotion de l'École nationale d'administration, dite promotion "France Combattante" (1946-1947). Cette formation le destine naturellement à une carrière dans la haute fonction publique et la diplomatie.

De 1948 à 1956, il occupe plusieurs postes au sein du corps diplomatique. Il est d'abord affecté en Allemagne de l'Ouest, où il travaille sous l'autorité de l'ambassadeur André François-Poncet et observe de près la reconstruction économique du pays au sortir de la guerre. Il est ensuite nommé consul général de France à Cracovie, en Pologne, de 1954 à 1956, avant de revenir au Quai d'Orsay pour y traiter des affaires européennes.

Entrée en politique et ancrage local en Seine-et-Marne

Alain Peyrefitte fait le choix de la politique en se présentant aux élections législatives de 1958, où il est élu député de Seine-et-Marne sous l'étiquette de l'Union pour la nouvelle République (UNR), le parti gaulliste. Il sera réélu sans interruption à ce siège jusqu'en 1995, traversant ainsi près de quatre décennies de vie parlementaire.

Il construit en parallèle un solide ancrage local dans le département : conseiller général du canton de Bray-sur-Seine de 1964 à 1988, puis maire de Provins de 1965 à 1997, ville dont il façonne durablement la vie municipale pendant plus de trente ans. Après avoir quitté l'Assemblée nationale, il termine sa carrière parlementaire comme sénateur de Seine-et-Marne, de 1995 jusqu'à sa mort en 1999.

Ministre de l'Information et porte-parole officieux du général de Gaulle

Alain Peyrefitte accède pour la première fois à des fonctions ministérielles en avril 1962, comme secrétaire d'État à l'Information, poste qu'il occupe jusqu'en septembre de la même année. Il est ensuite nommé ministre chargé des Rapatriés, de septembre à novembre 1962, dans le contexte de l'arrivée massive des rapatriés d'Algérie, avant de retrouver le portefeuille de l'Information, cette fois comme ministre de plein exercice, de novembre 1962 à janvier 1966.

Ce passage à l'Information fait de lui l'un des visages du pouvoir gaulliste : il entretient des relations privilégiées avec les journalistes et devient une sorte de porte-parole officieux du gouvernement. C'est à ce titre qu'il modifie en 1963 le format du journal télévisé, présentant lui-même les changements à l'antenne à l'animateur historique Léon Zitrone.

Son passage au gouvernement lui permet surtout de nouer une relation de proximité exceptionnelle avec le général de Gaulle, qu'il rencontre en tête-à-tête à environ trois cents reprises au cours de sa carrière. Peyrefitte prend soin de noter méticuleusement le contenu de ces entretiens, une matière qu'il exploitera bien plus tard pour rédiger ses mémoires.

Ministre de la Recherche puis de l'Éducation nationale

Alain Peyrefitte est ensuite nommé ministre chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales, de janvier 1966 à avril 1967, puis ministre de l'Éducation nationale, d'avril 1967 à mai 1968. Il quitte ce portefeuille au moment le plus aigu de la crise de mai 1968, qui touche directement le système éducatif dont il a la charge.

Il retrouve des fonctions ministérielles plusieurs années plus tard, comme ministre de la Réforme administrative, d'avril 1973 à février 1974, puis comme ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement, de mars à mai 1974, dans les derniers mois de la présidence de Georges Pompidou.

Garde des Sceaux : les réformes de la justice (1977-1981)

Le point culminant de sa carrière ministérielle est son passage place Vendôme, comme garde des Sceaux, ministre de la Justice, de mars 1977 à mai 1981, dans les gouvernements de Raymond Barre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Il y engage plusieurs réformes marquantes : l'informatisation du casier judiciaire, la création des conciliateurs de justice, chargés de désengorger les tribunaux en favorisant le règlement amiable des litiges, ainsi qu'une réduction des frais de justice.

Son nom reste toutefois surtout attaché à la loi dite "Sécurité et Liberté", votée en février 1981, qui étend les pouvoirs de la police et durcit la répression de certaines infractions. Ce texte, très controversé, sera partiellement abrogé par la majorité socialiste qui accède au pouvoir quelques mois plus tard, après l'élection de François Mitterrand.

Positionnement politique : du gaullisme historique au soutien à Valéry Giscard d'Estaing

Alain Peyrefitte est de toutes les mutations du mouvement gaulliste au fil des décennies : élu sous l'étiquette UNR en 1958, il en suit l'évolution vers l'Union des démocrates pour la République (UDR) en 1967, puis vers le Rassemblement pour la République (RPR), fondé par Jacques Chirac en 1976.

Il préside par ailleurs la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale de 1968 à 1972.

Sa position au sein du septennat giscardien est cependant singulière : comme garde des Sceaux du gouvernement de Raymond Barre, il en devient l'un des relais les plus visibles, défendant publiquement l'action gouvernementale et prenant ses distances avec l'aile chiraquienne du RPR. Fin 1978, il se désolidarise ainsi de "l'appel de Cochin", texte dans lequel Jacques Chirac dénonçait le "parti de l'étranger" à propos des partisans de l'intégration européenne. Lors de l'élection présidentielle de 1981, Alain Peyrefitte se déclare en faveur de la réélection de Valéry Giscard d'Estaing dès le premier tour, confirmant sa proximité avec le président sortant plutôt qu'avec le candidat issu de sa propre famille gaulliste.

L'Académie française

Reconnu pour son œuvre d'écrivain autant que pour son parcours politique, Alain Peyrefitte est élu à l'Académie française le 10 février 1977, où il occupe le fauteuil numéro 11, en succession de l'écrivain Paul Morand.

L'œuvre écrite : de "Quand la Chine s'éveillera..." à "C'était de Gaulle"

Alain Peyrefitte est l'auteur d'une œuvre abondante, mêlant essais politiques et travaux d'historien engagé dans son propre temps.

Son ouvrage le plus retentissant à l'international, "Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera", paraît en 1973. Il en adapte le titre d'une formule apocryphe attribuée à Napoléon Ier, pour développer une thèse prophétique sur l'irrésistible montée en puissance de la Chine dès lors que celle-ci se doterait des moyens techniques de sa puissance potentielle. L'ouvrage rencontre un succès considérable, avec plus de 885 000 exemplaires vendus.

En 1976, il publie "Le Mal français", un essai qui devient également un best-seller, consacré à l'analyse des blocages et des résistances au changement propres à la société et à l'administration françaises.

Après sa sortie de la vie ministérielle active, Alain Peyrefitte se consacre à la rédaction de ses mémoires politiques, en s'appuyant sur les notes prises lors de ses centaines d'entretiens avec le général de Gaulle. Il en tire une trilogie, "C'était de Gaulle", publiée en trois volumes, en 1994, 1997 puis 2000 - ce dernier tome paraissant après sa mort. Cet ouvrage est considéré comme l'une des sources de première main les plus précieuses sur la pensée et la parole privée du fondateur de la Ve République.

En 1995, il publie encore "La Société de confiance", un essai qui prolonge sa réflexion sur les ressorts du fonctionnement, ou du dysfonctionnement, de la société française.

Vie personnelle

Alain Peyrefitte épouse le 14 décembre 1948 Monique Luton, née en 1924 et morte en 2005, qui mène en parallèle une carrière de romancière sous le pseudonyme de Claude Orcival. Le couple a cinq enfants, quatre filles et un fils, Benoît.

Dernières années et mort

Alain Peyrefitte meurt le 27 novembre 1999 à Paris, dans le 16e arrondissement, des suites d'un cancer, à l'âge de 74 ans. Ses obsèques sont célébrées à l'église Saint-Louis des Invalides, en présence du président de la République Jacques Chirac, et sont marquées par des honneurs militaires, en hommage à une carrière qui aura traversé, aux côtés du général de Gaulle puis dans son sillage, l'ensemble des grandes étapes de la Ve République naissante.

Chronologie

  • 1925 - Naissance à Najac (Aveyron), le 26 août
  • 1946 - Entrée à l'École nationale d'administration, promotion "France Combattante"
  • 1948 - Mariage avec Monique Luton, le 14 décembre
  • 1954 - Nomination comme consul général de France à Cracovie
  • 1958 - Élection comme député UNR de Seine-et-Marne
  • 1962 - Secrétaire d'État à l'Information (avril-septembre) ; ministre des Rapatriés (septembre-novembre) ; ministre de l'Information (à partir de novembre)
  • 1963 - Réforme du format du journal télévisé
  • 1964 - Élection comme conseiller général du canton de Bray-sur-Seine
  • 1965 - Élection comme maire de Provins
  • 1966 - Ministre de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales
  • 1967 - Ministre de l'Éducation nationale
  • 1968 - Sortie du gouvernement au moment de la crise de mai ; présidence de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale (jusqu'en 1972)
  • 1973 - Ministre de la Réforme administrative ; publication de "Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera"
  • 1974 - Ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement
  • 1976 - Publication du "Mal français"
  • 1977 - Garde des Sceaux, ministre de la Justice ; élection à l'Académie française, fauteuil 11, le 10 février
  • 1978 - Prise de distance avec l'appel de Cochin de Jacques Chirac
  • 1981 - Soutien à Valéry Giscard d'Estaing pour l'élection présidentielle ; adoption de la loi Sécurité et Liberté, en février ; fin des fonctions de garde des Sceaux, en mai
  • 1988 - Fin du mandat de conseiller général de Bray-sur-Seine
  • 1994 - Publication du premier tome de "C'était de Gaulle"
  • 1995 - Fin du mandat de député de Seine-et-Marne ; élection comme sénateur de Seine-et-Marne ; publication de "La Société de confiance"
  • 1997 - Fin du mandat de maire de Provins ; publication du deuxième tome de "C'était de Gaulle"
  • 1999 - Mort à Paris, le 27 novembre, des suites d'un cancer ; obsèques à Saint-Louis des Invalides en présence de Jacques Chirac
  • 2000 - Publication posthume du troisième tome de "C'était de Gaulle"

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