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Portrait de Alain Rousset

Collectivité

Alain Rousset

Conseiller régional · Gironde

Ce qu'il faut retenir

Conseil régional Élu en 2021
  • Conseiller régional · Conseil régional, Gironde.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Alain Rousset est né le 16 février 1951 à Chazelles-sur-Lyon, dans la Loire, dans une famille d'ouvriers de la chapellerie ; son père, militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne, a été résistant durant la Seconde Guerre mondiale, engagement qui inscrit la famille dans une tradition gaulliste. Marié à Marielle Rousset, professeure d'allemand, il a fait ses études secondaires chez les frères maristes de Chazelles puis, à partir de 1966, comme interne au lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne, en section littéraire, où il obtient son baccalauréat en juin 1969.

Formation

Après une année de droit et de sciences économiques à l'université de Lyon, Alain Rousset intègre en 1970 l'Institut d'études politiques de Paris, où il choisit la section service public et obtient son diplôme en 1974. Il y côtoie plusieurs personnalités qui feront elles aussi carrière en politique, dont François Hollande, Alain Anziani, Jean-Maurice Ripert et Dominique Bussereau. Il complète ce parcours par une licence de droit obtenue en 1972 et un diplôme d'études supérieures juridiques, tout en échouant aux concours de l'École nationale d'administration, d'administrateur des services de l'Assemblée nationale et d'administrateur du Sénat.

Débuts professionnels

Sa carrière débute dans l'enseignement, où il donne des cours d'économie et d'histoire-géographie en lycée, avant de travailler pour le ministère de l'Industrie dans les années 1970 sur des questions de récupération de la chaleur des centrales nucléaires. Il devient ensuite directeur de cabinet d'André Labarrère au sein de la région Aquitaine, puis, de 1979 à 1985, directeur de cabinet de Philippe Madrelle, président du conseil général de la Gironde. À partir de 1986, il rejoint le groupe Elf Aquitaine, où il est chargé, jusqu'en 1998, d'une mission de reconversion industrielle du bassin de Lacq, poursuivant cette activité à mi-temps à compter de 1989 à mesure que ses responsabilités électives s'étoffent.

Adhésion au Parti socialiste et premiers mandats locaux

Alain Rousset adhère au Parti socialiste en 1973 et 1974, fondant avec Alain Anziani une section socialiste à Châtenay-Malabry. Il devient conseiller général du canton de Pessac-2, en Gironde, en 1988, en battant le candidat RPR Robert Sicre, mandat qu'il conserve jusqu'en 1998, en exerçant à partir de 1994 la fonction de premier vice-président du conseil général sous la présidence de Philippe Madrelle.

C'est également en 1989 qu'il devient maire de Pessac, élu au second tour avec 53,6% des voix, succédant à Jean-Claude Dalbos (RPR). Il est réélu dès le premier tour en juin 1995, avec 65,51% des suffrages, puis en mars 2001, avec 70,73%, avant de céder son fauteuil à Pierre Auger et de rester premier adjoint chargé des grands projets, du développement économique et de l'emploi jusqu'en 2007. Parallèlement, il est vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux à partir de 1989, avant d'en devenir le président du 2 décembre 2004 au 1er juillet 2007, succédant à Alain Juppé et cédant la place à Vincent Feltesse.

Président de la région Aquitaine (1998-2015)

Le 20 mars 1998, Alain Rousset est élu président du conseil régional d'Aquitaine, au troisième tour de scrutin, avec 40 voix contre 28 à Jacques Valade (RPR-UDF), 9 au Front national et 8 à Chasse, pêche, nature et traditions ; il succède à Henri Emmanuelli, alors condamné dans l'affaire Urba. Il conduisait la liste du Parti socialiste en Gironde, alliée au Parti radical de gauche et au Mouvement des citoyens, face à l'opposition de Noël Mamère pour les Verts et de Pierre Augey pour le Parti communiste.

Réélu en 2004 avec 54,87% des voix au second tour, en alliance avec les Verts et le Parti radical de gauche, il obtient 57 sièges sur 85 au conseil régional. Il préside dans le même temps l'Association des régions de France, du 28 avril 2004 au 26 janvier 2016, fédération alors majoritairement acquise à la gauche, qui s'oppose notamment à l'acte II de la décentralisation porté par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il est réélu une troisième fois en 2010, avec 56,33% des voix au second tour, à la tête d'une liste unissant le Parti socialiste, Europe Écologie et le Front de gauche, obtenant 58 sièges.

Sa présidence en Aquitaine est marquée par d'importants investissements en matière d'infrastructures de transport, avec près d'un milliard d'euros consacrés à ce secteur lors de son premier mandat, le soutien au projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique et aux liaisons vers l'Espagne et Toulouse, la construction de l'autoroute Bordeaux-Pau (A65) et le cadencement du réseau TER Aquitaine à partir de juillet 2008. Il porte également le schéma régional d'aménagement et de développement du territoire "Aquitaine Horizon 2020", adopté en 2003 puis complété en 2006, ainsi que la création du pôle de compétitivité aéronautique et spatial Aerospace Valley en 2005, aux côtés de Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées. Ces choix, en particulier le soutien aux grandes infrastructures routières et ferroviaires, suscitent des tensions récurrentes avec les élus écologistes de sa majorité, qui dénoncent notamment en 2009 un projet de "fonds carbone" régional qu'ils jugent peu ambitieux.

Député de la Gironde (2007-2017)

Alain Rousset est élu député de la 7e circonscription de la Gironde lors des élections législatives de juin 2007, avec 60,46% des voix au second tour face à la candidate UMP Sylvie Dufranc, succédant à Pierre Ducout. Il siège à l'Assemblée nationale durant la XIIIe législature au sein du groupe socialiste, radical, citoyen, puis du groupe socialiste, écologiste et républicain après 2016. Il y est membre de la commission de la défense nationale et des forces armées, préside le groupe d'études sur l'aéronautique, et exerce des fonctions de vice-président du groupe d'études sur la défense et du groupe d'amitié France-Québec. Réélu le 10 juin 2012 dès le premier tour avec 55,51% des voix, il choisit de ne pas se représenter en 2017, en raison des règles limitant le cumul des mandats.

Président de la région Nouvelle-Aquitaine (depuis 2016)

À la suite de la fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, effective au 1er janvier 2016, Alain Rousset est élu, le 4 janvier 2016, premier président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, à la tête d'une majorité rassemblant le Parti socialiste, le Parti communiste, le Parti progressiste et le Parti radical de gauche, avec 107 sièges sur 183 à l'issue des élections régionales de décembre 2015, où sa liste avait recueilli 44,27% des voix au second tour. Il est réélu le 2 juillet 2021, sa liste ayant obtenu 101 sièges sur 183.

Positionnement politique

Membre du Parti socialiste depuis le début des années 1970, Alain Rousset s'inscrit dans la tradition de la gauche plurielle qui domine la vie politique régionale française à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Défenseur constant des compétences et des moyens financiers des régions face à l'État, il s'est opposé à plusieurs réformes de la décentralisation qu'il jugeait insuffisamment favorables aux collectivités territoriales. Il a soutenu Manuel Valls lors de la primaire socialiste de 2017, avant de voter pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle de la même année, tout en demeurant membre du Parti socialiste et en conservant la présidence de la région dans le cadre d'une majorité de gauche plurielle.

Procédures judiciaires

À partir de mars 2021, le Parquet national financier ouvre une enquête faisant suite à une plainte de David Angevin, qui avait été sa plume entre 2015 et 2018, portant sur des soupçons de financement irrégulier de la campagne régionale de 2015 par des fonds publics. Une perquisition est menée à l'hôtel de région en mai 2021, suivie de gardes à vue de proches collaborateurs d'Alain Rousset en mai 2022. Il est mis en examen pour détournement de fonds publics en septembre 2024, tout en se voyant accorder par la région, en mai 2024, la protection fonctionnelle. En juillet 2025, l'association Anticor dépose une plainte visant l'obtention de cette protection fonctionnelle, ce qui conduit le parquet de Bordeaux à ouvrir une enquête pour trafic d'influence et corruption. Ces procédures, à la date des dernières informations disponibles, sont toujours en cours.

Chronologie

  • 1951 - Naissance à Chazelles-sur-Lyon (Loire), le 16 février
  • 1969 - Baccalauréat au lycée Claude-Fauriel de Saint-Étienne
  • 1973 - Adhésion au Parti socialiste
  • 1974 - Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris
  • 1979 - Directeur de cabinet de Philippe Madrelle, président du conseil général de la Gironde
  • 1986 - Entrée chez Elf Aquitaine, mission de reconversion industrielle du bassin de Lacq
  • 1988 - Élu conseiller général du canton de Pessac-2
  • 1989 - Élu maire de Pessac ; vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux
  • 1994 - Premier vice-président du conseil général de la Gironde
  • 1998 - Élu président du conseil régional d'Aquitaine, le 20 mars, succédant à Henri Emmanuelli
  • 2001 - Réélu maire de Pessac
  • 2004 - Réélu président du conseil régional d'Aquitaine ; président de l'Association des régions de France ; président de la communauté urbaine de Bordeaux
  • 2007 - Élu député de la 7e circonscription de la Gironde ; quitte la mairie de Pessac pour le poste de premier adjoint
  • 2010 - Réélu président du conseil régional d'Aquitaine pour un troisième mandat
  • 2012 - Réélu député de la Gironde
  • 2016 - Élu président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le 4 janvier, à la suite de la fusion des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes
  • 2017 - Ne se représente pas aux élections législatives, en raison des règles de non-cumul des mandats
  • 2021 - Réélu président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le 2 juillet
  • 2024 - Mise en examen pour détournement de fonds publics, en septembre, après une enquête ouverte en 2021 sur le financement de la campagne régionale de 2015
  • 2025 - Une plainte d'Anticor conduit le parquet de Bordeaux à ouvrir une enquête pour trafic d'influence et corruption, en juillet

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