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Portrait de André MARIE

Collectivité

André MARIE

Maire · Saint-Vaast-sur-Seulles

Ce qu'il faut retenir

Mairie Élu en 2020
  • Maire · Mairie, Saint-Vaast-sur-Seulles.
  • Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
  • Maire de Saint-Vaast-sur-Seulles depuis le 18 mai 2020.
  • 3 mandats recensés : maire, conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Saint-Vaast-sur-Seulles, département Calvados.
  • Fiche de la commune : Saint-Vaast-sur-Seulles.

Biographie

André Désiré Paul Marie, né le 3 décembre 1897 à Honfleur, dans le Calvados, et mort le 12 juin 1974 à Rouen, en Seine-Maritime, est un avocat et homme d'État français, plusieurs fois ministre sous la Quatrième République et président du Conseil pendant l'été 1948. Ancien combattant des deux guerres mondiales, résistant déporté à Buchenwald, il incarne, avec son long passage au Parti radical puis au Centre républicain, l'une des figures centrales du régime parlementaire français de l'entre-deux-guerres et de l'après-guerre, avant que son nom ne reste attaché aux lois d'aide à l'enseignement privé qui portent le sien.

Une enfance normande et une vocation littéraire interrompue par la guerre

Fils de deux instituteurs, André Marie effectue ses études primaires à Honfleur avant que ses parents ne s'installent à Rouen en 1908, où il poursuit sa scolarité au collège de Honfleur puis au lycée Corneille. Il se destine alors à des études de lettres classiques et prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure, section lettres, lorsque la Première Guerre mondiale interrompt son parcours : il est mobilisé fin 1916. Il termine le conflit comme commandant d'une batterie de 75 millimètres, est blessé légèrement à deux reprises et reçoit de nombreuses citations, qui lui valent la croix de guerre 1914-1918 avec palmes.

L'avocat et l'élu municipal rouennais

Au sortir de la guerre, André Marie renonce à la carrière universitaire à laquelle il se préparait et s'oriente vers le barreau : il devient avocat en 1922. Il entame parallèlement une carrière politique locale en Normandie, d'abord comme conseiller municipal de Rouen, où il est élu le 10 mai 1925. À partir de 1945 et jusqu'à sa mort en 1974, il est également maire de Barentin, petite ville de la vallée du Cailly proche de Rouen, où il laisse notamment son empreinte en dotant la commune d'un ensemble de statues en plein air resté connu localement sous le nom de « musée dans la rue ». Il préside par ailleurs l'Aéro Club de Normandie à partir de 1945.

L'entrée au Parlement et les premières responsabilités ministérielles (1928-1942)

André Marie est élu pour la première fois député radical-socialiste de Seine-Inférieure le 29 avril 1928, dans une circonscription nouvellement créée. Il est réélu le 1er mai 1932 puis le 3 mai 1936, siégeant ainsi sans interruption aux XIVe, XVe et XVIe législatures de la Troisième République. Sa carrière ministérielle débute dès 1933 : il est sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil, chargé des affaires d'Alsace-Lorraine, du 26 octobre au 26 novembre 1933, dans le premier gouvernement d'Albert Sarraut, puis sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du 30 janvier au 9 février 1934, dans le deuxième gouvernement d'Édouard Daladier, au moment même de la crise du 6 février 1934. Il représente également la France auprès de la Société des Nations au cours de cette période.

La guerre, la captivité, puis la Résistance et la déportation

Rappelé sous les drapeaux en 1939 comme capitaine d'artillerie au 43e régiment d'artillerie divisionnaire, André Marie est de nouveau décoré de la croix de guerre, cette fois au titre du conflit 1939-1945, avant d'être fait prisonnier et interné à l'Oflag de Sarrebourg. Il est libéré en 1941 en tant qu'officier ayant combattu lors des deux guerres mondiales. À son retour, il refuse de se rallier au régime de Vichy et se démet de l'ensemble de ses mandats électifs, expliquant publiquement à ses électeurs qu'il ne pouvait continuer à les exercer tant que le peuple français n'aurait pas été de nouveau consulté librement. Son mandat de député, resté vacant du fait de cette démission de principe, s'éteint formellement le 31 mai 1942.

Il rejoint ensuite la Résistance au sein du réseau Georges-France. Dénoncé, il est arrêté le 12 septembre 1943, interné au camp de Compiègne, puis déporté à Buchenwald le 16 décembre 1943. Il n'est libéré que le 11 avril 1945, à l'issue de dix-huit mois de détention qui le laissent physiquement très affaibli : il perd trente kilogrammes et conserve des séquelles pulmonaires et hépatiques durables. Cet engagement lui vaut la médaille de la Résistance française avec rosette, en complément de ses décorations militaires.

Retour au Parlement sous la Quatrième République (1945-1958)

Dès la Libération, André Marie retrouve un mandat parlementaire : il est élu à l'Assemblée nationale constituante le 21 octobre 1945, puis réélu à la seconde Constituante le 2 juin 1946, avant d'être reconduit comme député de Seine-Maritime lors des élections législatives du 10 novembre 1946, du 17 juin 1951 et du 2 janvier 1956. Il siège ainsi, au sein du groupe radical-socialiste, sans discontinuer jusqu'au 5 décembre 1958, traversant les deux Assemblées constituantes puis les trois premières législatures de la Quatrième République.

Garde des Sceaux dans les gouvernements Ramadier et Schuman (1947-1948)

André Marie devient ministre de la Justice le 22 janvier 1947 dans le premier gouvernement de Paul Ramadier, fonction qu'il conserve dans le second gouvernement Ramadier à partir du 22 octobre 1947, puis dans le premier gouvernement de Robert Schuman à compter du 24 novembre 1947, jusqu'au 26 juillet 1948. Place des Vosges, il a alors la responsabilité de la fin des procès en Haute Cour de justice engagés contre les responsables de la collaboration avec l'Allemagne nazie.

La présidence du Conseil, à l'été 1948

Le 27 juillet 1948, André Marie est appelé par le président de la République Vincent Auriol pour succéder à Robert Schuman à la tête du gouvernement. Son cabinet, formé le 26 juillet 1948, rassemble une coalition dite de Troisième Force associant le Parti radical, la SFIO, le Mouvement républicain populaire, des dissidents du Parti paysan d'union sociale et du Parti républicain de la liberté, ainsi que l'Union démocratique et socialiste de la Résistance, et dispose d'une large majorité de 352 sièges sur 618 à l'Assemblée nationale. Léon Blum et Pierre-Henri Teitgen en sont les vice-présidents, Paul Ramadier et Henri Queuille des ministres d'État, Robert Schuman occupe les Affaires étrangères et Paul Reynaud les Finances.

Le gouvernement André Marie ne dure toutefois qu'un mois et deux jours : il se heurte rapidement à un désaccord entre l'orthodoxie financière défendue par Paul Reynaud et les orientations plus sociales soutenues par la SFIO, incompatibilité qui provoque sa chute. André Marie présente sa démission le 28 août 1948, cédant la place, une semaine plus tard, au deuxième gouvernement de Robert Schuman.

Vice-président du Conseil et de nouveau garde des Sceaux sous Queuille (1948-1949)

André Marie demeure vice-président du Conseil du 5 septembre 1948 au 13 février 1949, d'abord dans le second gouvernement Schuman, très éphémère, puis dans le premier gouvernement d'Henri Queuille, formé le 11 septembre 1948, où il retrouve également le portefeuille de la Justice. C'est dans ce cadre qu'il joue un rôle marquant dans la répression de la grève des mineurs de l'automne 1948, en adressant aux parquets des instructions appelant à la plus grande sévérité à l'encontre des grévistes ; le procureur de Béthune, jugé trop conciliant, fait à ce titre l'objet de poursuites disciplinaires, engagées le 22 octobre 1948.

Le 3 février 1949, André Marie est vivement mis en cause à l'Assemblée nationale à l'occasion de l'affaire dite de la collaboration économique de Pierre Brice, le député progressiste Emmanuel d'Astier de la Vigerie dénonçant devant l'hémicycle un gouvernement qui, selon lui, épargnait les profiteurs de la collaboration tout en réprimant durement le monde ouvrier. Affaibli par cette controverse, André Marie démissionne de ses fonctions de vice-président du Conseil et de garde des Sceaux le 13 février 1949.

Ministre de l'Éducation nationale et les lois Marie-Barangé (1951-1954)

André Marie retrouve un portefeuille ministériel important en devenant ministre de l'Éducation nationale le 11 août 1951, dans le deuxième gouvernement de René Pleven, fonction qu'il conserve ensuite sans interruption dans le gouvernement d'Edgar Faure à partir du 20 janvier 1952, dans celui d'Antoine Pinay à partir du 8 mars 1952, dans celui de René Mayer à partir du 8 janvier 1953, puis dans le premier gouvernement de Joseph Laniel à compter du 28 juin 1953, jusqu'au 19 juin 1954. Il occupe ainsi la rue de Grenelle pendant près de trois années consécutives, sous cinq présidents du Conseil différents, une longévité inhabituelle pour ce ministère sous la Quatrième République.

C'est à ce poste qu'il attache durablement son nom à l'histoire scolaire française, en faisant voter les lois dites Marie et Barangé, qui organisent une aide financière de l'État aux élèves de l'enseignement privé comme de l'enseignement public, au terme d'un débat très vif sur la place de l'école libre dans la société française. Se présentant lui-même comme un défenseur résolu de l'école publique, il veille dans le même temps à l'application de la loi du 26 août 1948 accordant la qualité de fonctionnaires stagiaires aux élèves des écoles normales supérieures, consolidant ainsi le statut du corps enseignant.

Rupture avec le Parti radical et dernier mandat, sous la Cinquième République

En 1957, André Marie quitte le Parti radical pour rejoindre le Centre républicain, formation regroupant les éléments les plus à droite de la mouvance radicale. Avec l'avènement de la Cinquième République, il est élu une dernière fois député, le 30 novembre 1958, dans la 4e circonscription de la Seine-Maritime, alors nouvellement créée, mais siège désormais comme non-inscrit, à l'écart des groupes constitués. Il occupe ce siège durant la Ire législature, jusqu'au 9 octobre 1962, où il cède sa place à André Chérasse, achevant ainsi une présence quasi ininterrompue au Palais-Bourbon depuis 1928, longue de plus de trente ans si l'on excepte la parenthèse de la guerre et de la captivité.

Dernières années et reconnaissance

Resté maire de Barentin jusqu'à la fin de sa vie, André Marie est fait commandeur de la Légion d'honneur en 1957, distinction qui vient couronner un itinéraire marqué à la fois par l'exercice du pouvoir, l'épreuve de la captivité et de la déportation, et un long attachement à sa ville d'adoption. Il meurt le 12 juin 1974 à Rouen, à l'âge de 76 ans, et est inhumé au cimetière de Barentin. Il avait épousé Simone Delabost, avec laquelle il eut plusieurs enfants, dont Claude Marie.

Chronologie

  • 1897 - Naissance le 3 décembre à Honfleur (Calvados)
  • 1916 - Mobilisation dans l'armée française à la fin de l'année
  • 1918 - Croix de guerre 1914-1918 avec palmes, à l'issue de la Première Guerre mondiale
  • 1922 - Devient avocat
  • 1925 - Élu conseiller municipal de Rouen, le 10 mai
  • 1928 - Élu député radical-socialiste de Seine-Inférieure, le 29 avril
  • 1932 - Réélu député, le 1er mai
  • 1933 - Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil, chargé des affaires d'Alsace-Lorraine
  • 1934 - Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères
  • 1936 - Réélu député, le 3 mai
  • 1939 - Rappelé comme capitaine d'artillerie; fait prisonnier et interné à l'Oflag de Sarrebourg
  • 1941 - Libéré de captivité; refuse Vichy et démissionne de ses mandats
  • 1942 - Fin officielle de son mandat de député, le 31 mai
  • 1943 - Arrêté le 12 septembre pour faits de résistance; déporté à Buchenwald le 16 décembre
  • 1945 - Libéré du camp de Buchenwald le 11 avril; élu à l'Assemblée constituante le 21 octobre; devient maire de Barentin et président de l'Aéro Club de Normandie
  • 1946 - Réélu à la seconde Assemblée constituante puis député de Seine-Maritime
  • 1947 - Ministre de la Justice, à partir du 22 janvier
  • 1948 - Président du Conseil, du 26 juillet au 28 août; vice-président du Conseil et de nouveau ministre de la Justice, à partir du 5 septembre; répression de la grève des mineurs
  • 1949 - Démission de ses fonctions gouvernementales, le 13 février, après l'affaire Pierre Brice
  • 1951 - Réélu député; ministre de l'Éducation nationale, à partir du 11 août
  • 1954 - Fin de ses fonctions au ministère de l'Éducation nationale, le 19 juin
  • 1956 - Réélu député, le 2 janvier
  • 1957 - Quitte le Parti radical pour le Centre républicain; commandeur de la Légion d'honneur
  • 1958 - Élu député de la 4e circonscription de la Seine-Maritime, le 30 novembre, sous la Cinquième République
  • 1962 - Fin de son dernier mandat de député, le 9 octobre
  • 1974 - Mort à Rouen, le 12 juin, à l'âge de 76 ans

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