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Portrait de Bernard Destremau

Parlement

Bernard Destremau

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.

Biographie

Bernard Jean Yves Destremau, né le 11 février 1917 dans le 16e arrondissement de Paris et mort le 6 juin 2002 à Neuilly-sur-Seine, est un diplomate, homme politique et ancien champion de tennis français. Fils du général Félix Destremau et de Renée Malinet, dont la famille maternelle exploitait des oliveraies en Tunisie, à Sfax, il épouse Diane de Pracomtal, avec qui il a trois enfants. Diplômé d'HEC en 1939 puis de la section générale de l'École libre des sciences politiques en 1942, il mène une existence à trois versants, sportif, militaire puis diplomatique, avant de se tourner vers la vie parlementaire et gouvernementale sous la Ve République.

Une jeunesse de champion de tennis

Membre du Racing Club de France à partir de 1930, Bernard Destremau s'impose très tôt comme l'un des meilleurs joueurs français de sa génération : il est classé numéro un français en décembre 1936, à dix-neuf ans, un rang qu'il occupera à six reprises au cours de sa carrière. Il est demi-finaliste des Internationaux de France à Roland-Garros en 1937 et quart de finaliste l'année suivante. En 1938, associé à Yvon Petra, il remporte le titre de double des Internationaux de France en battant la paire américaine Budge-Mako. Il devient champion de France en simple en 1941 et 1942, dans le contexte particulier de l'Occupation, puis remporte encore les titres nationaux en 1951 et 1953. Il capitaine l'équipe de France de Coupe Davis en 1954 et 1955, avant d'occuper des responsabilités administratives, comme vice-président du Racing Club de France et président de la fédération internationale du tennis sur terre battue (ILTCF).

La guerre : de la cavalerie à l'évasion vers l'Espagne

Élève-officier à Rambouillet en 1939-1940, Bernard Destremau est aspirant en cavalerie mécanisée au moment de la défaite. En 1943, il gagne clandestinement l'Espagne par le Pays basque, dans le cadre d'un réseau d'évasion surnommé « Réseau Margot », pour rejoindre les forces françaises libres. Sous-lieutenant au 5e régiment de chasseurs d'Afrique de 1943 à 1945, il participe au débarquement de Provence en août 1944 au sein de la 1re Armée du général de Lattre de Tassigny, engagé en première ligne. Il prend part aux combats de La Farlède, La Valette-du-Var et Toulon, puis à la campagne de Bourgogne, de Franche-Comté, d'Alsace, de la Forêt-Noire et jusqu'à Constance. Blessé à trois reprises, notamment par un tireur isolé qui l'atteint dans le dos, il est démobilisé en novembre 1945. Ces états de service lui valent le grade de commandeur de la Légion d'honneur au titre militaire, la croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations dont trois à l'ordre de l'Armée, la croix du combattant volontaire, la médaille des évadés, ainsi que des décorations allemande et belge.

Une carrière au Quai d'Orsay

En 1945, Bernard Destremau intègre le corps des secrétaires des Affaires étrangères. Sa carrière diplomatique le conduit successivement en Belgique (1949-1952), au Caire (1955-1956), où il est en poste pendant la crise de Suez, à New York (1957-1958), puis en Afrique du Sud (1959-1962) et de nouveau à Bruxelles (1964-1967). Il achève cette carrière comme ambassadeur de France en Argentine, de 1978 à 1981.

Député des Yvelines et secrétaire d'État aux Affaires étrangères

Bernard Destremau entre au Parlement en 1967 : élu le 12 mars de cette année-là, il représente la 5e circonscription des Yvelines à l'Assemblée nationale de 1967 à 1974, sous l'étiquette des Républicains indépendants, et est réélu en 1968 puis en 1973. Le 8 juin 1974, il entre au gouvernement de Jacques Chirac comme secrétaire d'État aux Affaires étrangères, fonction qu'il occupe jusqu'au 8 août 1976. Il retrouve ensuite son siège de député des Yvelines à la faveur d'une élection partielle, le 21 novembre 1976, sous l'étiquette UDF, jusqu'en avril 1978. Il siège par ailleurs au Parlement européen, représente la France auprès de l'Union de l'Europe occidentale et exerce la vice-présidence de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Il se présente à deux reprises, sans succès, à la mairie de Versailles.

L'écrivain et l'académicien

Bernard Destremau est l'auteur de plusieurs ouvrages qui mêlent souvenirs personnels et travail d'historien : À chacun sa guerre (1984), Le Cinquième Set, du tennis à la diplomatie, 1930-1983 (1986), une biographie du général Weygand (1989), Quai d'Orsay, derrière la façade (1994), consacré à ses années de diplomate, et une biographie du maréchal Jean de Lattre de Tassigny (1999), sous l'autorité duquel il avait combattu. Il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1995, au fauteuil de Pierre-Olivier Lapie. En 2000 est créé, en son honneur, un prix destiné à des athlètes engagés dans des études supérieures.

Positionnement politique

Membre des Républicains indépendants puis de l'UDF, Bernard Destremau est proche de Valéry Giscard d'Estaing et se veut un Européen convaincu. Il est notamment l'auteur d'un amendement relatif à la restitution de décorations à des officiers amnistiés après la guerre d'Algérie, ainsi que de la première proposition de loi visant à affecter une part des paris sportifs au financement du sport.

Chronologie

  • 1917 - Naissance à Paris, le 11 février
  • 1930 - Adhésion au Racing Club de France, débuts au tennis
  • 1936 - Numéro un français de tennis, à dix-neuf ans
  • 1938 - Titre de double des Internationaux de France avec Yvon Petra
  • 1939 - Diplôme d'HEC
  • 1941 - Champion de France de tennis en simple
  • 1942 - Diplôme de l'École libre des sciences politiques ; nouveau titre de champion de France
  • 1943 - Passage clandestin en Espagne ; engagement au 5e régiment de chasseurs d'Afrique
  • 1944 - Débarquement de Provence, blessures au combat
  • 1945 - Démobilisation ; entrée au corps diplomatique des Affaires étrangères
  • 1954 - Capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis
  • 1955 - Poste diplomatique au Caire pendant la crise de Suez
  • 1967 - Élection comme député de la 5e circonscription des Yvelines
  • 1974 - Secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Jacques Chirac
  • 1976 - Fin de ses fonctions ministérielles ; réélection comme député des Yvelines
  • 1978 - Ambassadeur de France en Argentine
  • 1984 - Publication d'À chacun sa guerre
  • 1995 - Élection à l'Académie des sciences morales et politiques
  • 2002 - Mort à Neuilly-sur-Seine, le 6 juin

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