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Portrait de Christiane Taubira

Mandat

Christiane Taubira

Non documenté

Ce qu'il faut retenir

Groupe PRG Élue en 2002
  • Non documenté.
  • Rattachée au parti Parti radical de gauche, groupe PRG.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
  • 5 mandats recensés : non documenté, député.

Biographie

Christiane Taubira, née le 2 février 1952 à Cayenne, en Guyane, est une femme politique française. Ancienne garde des Sceaux, ministre de la Justice de 2012 à 2016, elle est notamment l'auteure de la loi reconnaissant la traite négrière transatlantique et l'esclavage comme crimes contre l'humanité et a porté, au gouvernement, l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Figure de la gauche antillaise puis nationale, elle a également été à deux reprises candidate à l'élection présidentielle. Elle est issue d'une famille modeste de onze enfants : sa mère, Bertille, aide-soignante puis infirmière, meurt à 49 ans ; son père, Georges Taubira, épicier à Cayenne, quitte le foyer familial. Son frère, Jean-Marie Taubira, est également une figure publique guyanaise.

Formation

Après un baccalauréat série B obtenu à Cayenne, Christiane Taubira poursuit des études supérieures à Paris. Elle obtient un DEA de sciences économiques à l'université Panthéon-Assas en 1977, une licence de sociologie à l'université Paris-Sorbonne, un diplôme d'études supérieures d'ethnologie afro-américaine à l'université Paris-Diderot, ainsi qu'un troisième cycle en agroalimentaire au Centre français de la coopération agricole.

Débuts professionnels et engagement indépendantiste

De retour en Guyane, elle enseigne les sciences économiques à partir de 1978, avant de diriger la Coopération agricole Antilles-Guyane et Caricoop de 1982 à 1985, puis d'exercer au Centre national des arts et métiers de Guyane (1983-1988), dans l'assistance technique à la pêche artisanale (1985-1990) et à l'Office de coopération et du commerce extérieur de la Guyane (1990-1993). Elle tient également une chronique économique sur RFO-Guyane.

Dans les années 1970, elle milite au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (Moguyde), dont elle dirige la revue indépendantiste Mawina, et revendique une période de clandestinité après l'arrestation, en décembre 1974, de celui qui deviendra son mari, Roland Delannon, dirigeant indépendantiste et fondateur du même mouvement. Le couple se marie en 1987 et a quatre enfants nés entre 1979 et 1988 ; ils se séparent en 2002, à la suite de divergences politiques apparues lors des élections régionales de 1998.

En 1992, Christiane Taubira cofonde avec Roland Delannon le parti guyanais Walwari, qu'elle préside.

Une carrière parlementaire guyanaise de près de vingt ans

Christiane Taubira est élue députée de la première circonscription de Guyane le 28 mars 1993, d'abord sans étiquette puis apparentée au groupe République et liberté. Réélue le 1er juin 1997 (apparentée au groupe socialiste), le 16 juin 2002 avec 65,3% des voix, puis le 17 juin 2007 avec 63,41% des voix, elle siège à l'Assemblée nationale sans discontinuer du 2 avril 1993 au 16 juin 2012, soit plus de dix-neuf ans. Elle est membre de la commission des Affaires étrangères (1993-2002 puis 2007-2012) et de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République (2002-2007), et préside le groupe d'amitié France-Jamaïque de 2007 à 2012.

Parallèlement, elle est élue au Parlement européen en juin 1994, quatrième de la liste Énergie radicale, et y siège du 19 juillet 1994 au 19 juillet 1999 au sein du groupe Alliance radicale européenne, membre successivement des commissions du développement et de la coopération, de la politique régionale, puis de la culture, de la jeunesse, de l'éducation et des médias. En avril 1994, elle participe comme observatrice aux premières élections non raciales d'Afrique du Sud.

La loi Taubira sur la reconnaissance de la traite et de l'esclavage

Le fait législatif qui attache durablement son nom à l'histoire parlementaire française est la loi du 21 mai 2001 (n°2001-434), dite loi Taubira, qu'elle dépose le 22 décembre 1998 et qui est adoptée définitivement le 10 mai 2001. Ce texte reconnaît la traite négrière transatlantique et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité, impose l'inscription de ces faits dans les programmes scolaires et crée la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, fixée au 10 mai.

Première candidature à l'élection présidentielle (2002)

En 2002, Christiane Taubira se présente à l'élection présidentielle sous les couleurs du Parti radical de gauche. Elle recueille 2,32% des suffrages exprimés au niveau national, soit environ 660 000 voix, ce qui la place en treizième position, mais réalise un score très supérieur en Guyane, où elle rassemble 52,7% des suffrages. À la suite de cette candidature, elle adhère au PRG lors du congrès de Toulouse, en octobre 2002, et se voit confier une vice-présidence créée pour elle, qu'elle occupe du 6 octobre 2002 au 12 décembre 2004, avant de quitter le parti fin 2006.

Vie politique locale et ambitions présidentielles de 2007

Le 12 juillet 2006, elle annonce une nouvelle candidature à l'élection présidentielle sous l'étiquette du PRG, mais le parti renonce à présenter un candidat le 22 octobre, dans le cadre d'un accord avec le Parti socialiste. Le 20 janvier 2007, elle rallie l'équipe de campagne de Ségolène Royal comme déléguée à l'expression républicaine, après avoir décliné une approche de l'équipe de Nicolas Sarkozy.

En 2010, elle conduit une liste divers gauche aux élections régionales en Guyane, battue par le sortant Rodolphe Alexandre (43,9% contre 56,1%). Elle siège néanmoins comme conseillère régionale et préside le groupe Démocratie et Probité du 26 mars 2010 au 31 août 2012, date à laquelle elle démissionne de ce mandat après son entrée au gouvernement.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice (2012-2016)

Nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 16 mai 2012 dans le gouvernement Ayrault I sous la présidence de François Hollande, Christiane Taubira renonce alors à briguer un mandat parlementaire. Elle succède à Michel Mercier et conserve le portefeuille de la Justice à travers les gouvernements Ayrault II puis Valls I et II, jusqu'au 27 janvier 2016, soit un peu plus de trois ans et huit mois, l'une des plus longues durées à ce poste sous la Ve République. Jean-Jacques Urvoas lui succède.

Son passage place Vendôme est marqué par plusieurs réformes significatives : une loi contre le harcèlement sexuel portée avec Najat Vallaud-Belkacem, la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, la loi de réforme pénale du 15 août 2014 qui crée la contrainte pénale (mesure utilisée 813 fois entre le 1er octobre 2014 et le 30 juin 2015, puis 2 287 fois sur deux ans) et l'instauration de la justice restaurative en 2014. Elle porte également le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, dit mariage pour tous, dont l'adoption solennelle est votée par 331 voix pour, 225 contre et 10 abstentions ; elle défend le texte devant l'Assemblée nationale par une tirade restée célèbre, réfutant les accusations d'humiliation portées contre les enfants et les parents des futurs couples mariés, et qualifie la réforme de "réforme de civilisation". Une loi relative à l'adaptation de la procédure pénale au droit de l'Union européenne, portée sous son autorité, voit 27 de ses 39 articles censurés par le Conseil constitutionnel le 13 août 2015.

Confrontée à une surpopulation carcérale d'environ 11 000 détenus au début de son mandat, elle fait construire de nouvelles places de prison, notamment à Mayotte, en Martinique et en Polynésie française (700 places nouvelles).

Elle démissionne du gouvernement le 27 janvier 2016, après avoir annoncé son malaise, quelques semaines plus tôt sur une radio algérienne, à propos du projet de déchéance de nationalité française pour les binationaux condamnés pour terrorisme, projet auquel elle s'oppose frontalement.

Attaques racistes et sexistes durant le débat sur le mariage pour tous

Le débat sur le mariage pour tous s'accompagne d'un déchaînement d'insultes racistes visant Christiane Taubira ("macaque", "guenon", appels à "retourner dans son arbre") ainsi que de menaces de mort, en 2013. Une caricature raciste la représentant en guenon, diffusée sur Facebook en octobre 2013 par Anne-Sophie Leclère, alors candidate du Front national, vaut à cette dernière une condamnation en première instance à neuf mois de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 50 000 euros d'amende ; en appel, le 22 juin, la condamnation est annulée pour irrecevabilité de l'action, avant qu'un jugement du tribunal correctionnel de Paris ne prononce, en septembre 2016, une amende de 3 000 euros avec sursis. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme condamne ces violences en novembre 2013.

Après le gouvernement

À la présidentielle de 2017, elle apporte son soutien à Benoît Hamon dès février, puis appelle, au second tour, à voter pour Emmanuel Macron, présenté comme un choix de raison plus que d'adhésion. Aux élections européennes de 2019, elle soutient la liste "Envie d'Europe écologique et sociale" conduite par Raphaël Glucksmann, qui obtient 6,2% des voix et six élus. Elle préside en 2018 le jury du prix Gisèle-Halimi et soutient la candidature d'Audrey Pulvar aux élections régionales d'Île-de-France de 2021.

Seconde candidature à l'élection présidentielle (2022)

Un collectif "Taubira pour 2022" se constitue à partir de juin 2020 et revendique 100 000 soutiens. Elle remporte la primaire populaire organisée en ligne le 30 janvier 2022, obtenant la mention "bien +" au jugement majoritaire, et annonce officiellement sa candidature le 15 janvier 2022 à Lyon. Sa campagne défend notamment un revenu mensuel de 800 euros pendant cinq ans pour les jeunes en études, une revalorisation du SMIC à 1 400 euros net mensuels, une taxation du patrimoine à partir de dix millions d'euros, le recrutement de 100 000 soignants, un bonus écologique sous conditions de ressources, une TVA à taux zéro sur les produits biologiques et un référendum d'initiative citoyenne. Son équipe de campagne réunit notamment Axel Urgin comme directeur de campagne, Christian Paul pour le projet, Guillaume Lacroix, président du PRG, pour la coordination politique, ainsi que Daniel Goldberg et Olivia Fortin comme porte-parole. Faute d'avoir réuni les 500 parrainages d'élus nécessaires (elle n'en obtient que 181 validés), elle retire sa candidature le 2 mars 2022 et appelle, le 8 avril, à voter pour Jean-Luc Mélenchon ; elle apportera ensuite son soutien à la liste conduite par Manon Aubry pour La France insoumise aux élections européennes de 2024.

Prises de position

Sur la question des réparations liées à l'esclavage, Christiane Taubira privilégie des réparations de nature politique et éthique plutôt que matérielles, appelant notamment à des politiques publiques de valorisation des langues créoles, de recherches archéologiques, de toponymie et de pharmacopée, tout en pointant la responsabilité historique de certaines institutions financières.

Sur l'immigration en Guyane, elle juge en 2006 "dérisoires" les expulsions de 7 500 personnes en situation irrégulière sur un total estimé à 50 000, et affirme en 2007 que "les Guyanais de souche" seraient devenus minoritaires sur leur propre territoire.

Elle vote "non" au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe en 2005, et critique en 2010 la tenue d'un référendum sur le statut de collectivité d'outre-mer de la Guyane, appelant à voter blanc.

Sur la crise sanitaire liée au Covid-19, elle refuse en septembre 2021 de prendre parti dans le débat sur la vaccination, tout en qualifiant les arguments antivaccins de "tissu d'imbécillités" et en précisant être elle-même vaccinée ; elle se dit en décembre 2021 respectueuse du choix du gouvernement concernant le passe sanitaire, avant de se prononcer, en janvier 2022, en faveur de l'obligation vaccinale.

Une figure engagée au-delà de la politique française

Depuis la fin de l'année 2024, Christiane Taubira occupe une chaire universitaire à São Paulo, au Brésil, où elle dirige une équipe d'une soixantaine de chercheurs. Elle prépare, dans ce cadre, la conférence de Belém de 2025 consacrée au changement climatique, et défend la préservation de la forêt amazonienne.

Chronologie

  • 1952 - Naissance à Cayenne, en Guyane, le 2 février
  • 1974 - Arrestation de Roland Delannon, futur époux, engagement dans la clandestinité militante
  • 1977 - DEA de sciences économiques à l'université Panthéon-Assas
  • 1978 - Débuts comme professeure de sciences économiques en Guyane
  • 1987 - Mariage avec Roland Delannon
  • 1992 - Cofondation du parti guyanais Walwari, dont elle assure la présidence
  • 1993 - Élection comme députée de la 1re circonscription de Guyane, le 28 mars
  • 1994 - Élection au Parlement européen (liste Énergie radicale) ; observatrice des premières élections non raciales d'Afrique du Sud
  • 1997 - Réélection comme députée de Guyane
  • 1998 - Dépôt de la proposition de loi sur la reconnaissance de la traite négrière et de l'esclavage comme crimes contre l'humanité, le 22 décembre
  • 2001 - Adoption définitive de la loi Taubira, le 10 mai
  • 2002 - Candidature à l'élection présidentielle (2,32% des voix) ; adhésion au Parti radical de gauche ; réélection comme députée de Guyane
  • 2006 - Annonce d'une nouvelle candidature présidentielle, retirée en faveur d'un accord avec le Parti socialiste
  • 2007 - Ralliement à la campagne de Ségolène Royal ; réélection comme députée de Guyane
  • 2010 - Élection régionale en Guyane (liste battue) ; conseillère régionale et présidente de groupe
  • 2012 - Nomination comme garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 16 mai ; fin du mandat de conseillère régionale
  • 2013 - Adoption du mariage pour tous ; vague d'insultes racistes et affaire de la caricature d'Anne-Sophie Leclère
  • 2014 - Loi de réforme pénale créant la contrainte pénale, le 15 août ; instauration de la justice restaurative
  • 2015 - Censure partielle d'une loi de procédure pénale par le Conseil constitutionnel, le 13 août
  • 2016 - Démission du gouvernement, le 27 janvier, sur le projet de déchéance de nationalité
  • 2017 - Soutien à Benoît Hamon puis à Emmanuel Macron à l'élection présidentielle
  • 2019 - Soutien à la liste de Raphaël Glucksmann aux élections européennes
  • 2020 - Lancement du collectif "Taubira pour 2022"
  • 2022 - Victoire à la primaire populaire (30 janvier) ; annonce de candidature à Lyon (15 janvier) ; retrait de la candidature faute de parrainages suffisants (2 mars) ; soutien à Jean-Luc Mélenchon
  • 2024 - Prise de fonction d'une chaire universitaire à São Paulo, au Brésil

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