Ce qu'il faut retenir
- Ancienne Député · Assemblée nationale.
Biographie
Danielle Bousquet, née le 10 mai 1945 à Plœuc-sur-Lié (Côtes-d'Armor), est une femme politique française, figure de proue du combat pour les droits des femmes au sein du Parti socialiste. Députée des Côtes-d'Armor pendant quinze ans, elle est notamment à l'origine, comme rapporteure, des lois sur la contraception d'urgence et sur l'interruption volontaire de grossesse du début des années 2000, avant de présider le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.
Formation et débuts professionnels
Après des études secondaires au lycée Renan de Saint-Brieuc, Danielle Bousquet est diplômée de l'école HEC Jeunes Filles, à Paris. Elle débute sa carrière comme directrice commerciale d'une PME parisienne de cinq cents salariés, avant de se tourner vers l'enseignement en Bretagne, comme professeure d'économie et de sciences sociales. En 1987, elle est nommée principale du collège de Moncontour, dans les Côtes-d'Armor, puis exerce comme censeure (proviseure adjointe) du lycée Ernest-Renan de Saint-Brieuc, jusqu'en 1997. Elle préside par ailleurs l'association l'Ecloserie d'Armor, dédiée à l'accompagnement de jeunes porteurs de projets entrepreneuriaux.
Un engagement féministe de longue date
Adhérente du Parti socialiste depuis 1978, Danielle Bousquet s'investit très tôt dans les combats pour les droits des femmes. Elle préside la section des Côtes-d'Armor du Mouvement français pour le planning familial jusqu'en 1980, puis le Centre d'information sur les droits des femmes du département. À partir de 1982, elle est chargée de mission départementale aux droits des femmes, sous l'autorité de la préfecture. Elle devient ensuite vice-présidente, puis, à partir de 2011, présidente de l'Assemblée des femmes, organisation féministe fondée en 1992 par l'ancienne ministre Yvette Roudy.
Une élue locale à Saint-Brieuc
Danielle Bousquet est élue conseillère municipale de Saint-Brieuc le 13 mars 1983, mandat qu'elle exerce jusqu'en 2008. Elle est d'abord adjointe au maire Claude Saunier, chargée des services publics, de l'éducation et des finances, jusqu'en 1996, puis siège comme conseillère d'opposition à partir de 2001. Elle conduit la liste socialiste aux élections municipales de 2008, battue par le candidat centriste Bruno Joncour, ce qui met fin à son engagement dans la vie politique locale briochine.
Députée des Côtes-d'Armor (1997-2012)
Élue députée de la 1re circonscription des Côtes-d'Armor le 1er juin 1997, elle est réélue les 16 juin 2002 et 17 juin 2007, siégeant sans interruption jusqu'au 20 juin 2012, au sein des XIe, XIIe et XIIIe législatures. Elle appartient au groupe socialiste jusqu'en 2007, puis au groupe Socialiste, radical et citoyen. Elle exerce les fonctions de secrétaire de l'Assemblée nationale du 1er octobre 2008 au 6 octobre 2009, puis de vice-présidente du 6 octobre 2009 au 5 octobre 2010, avant de redevenir secrétaire jusqu'à la fin de son mandat, en juin 2012. Elle est également vice-présidente du groupe d'étude sur la démographie et la population, membre de la commission des Affaires étrangères, et s'investit dans plusieurs instances internationales consacrées aux questions de population, dont le forum parlementaire intereuropéen sur la population, le suivi du Programme d'action du Caire et l'Union interparlementaire. Elle est vice-présidente des groupes d'amitié avec le Costa Rica, le Danemark, Madagascar et l'île Maurice, secrétaire du groupe d'amitié avec l'Algérie, et participe aux groupes d'étude consacrés au Tibet, à l'Érythrée, à l'Islande, au Népal, à la Suisse et à Taïwan.
L'artisane des lois sur la contraception et l'IVG
Rapporteure de la loi du 13 décembre 2000 relative à la contraception d'urgence, elle obtient l'accès gratuit des mineures à la pilule du lendemain, en pharmacie comme dans les infirmeries scolaires. L'année suivante, elle est rapporteure de la loi du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception, qui supprime l'obligation d'autorisation parentale pour les mineures souhaitant avorter (l'accompagnement d'un adulte devenant suffisant), supprime l'entretien préalable obligatoire, autorise la délivrance de la pilule du lendemain sans ordonnance et impose trois séances annuelles d'éducation à la sexualité dans les établissements scolaires.
Elle préside en 2008-2009 une mission d'évaluation sur les violences faites aux femmes, dont les travaux nourrissent la loi du 9 juillet 2010, qui institue l'ordonnance de protection et érige les violences psychologiques au sein du couple en infraction pénale. En 2010-2011, elle préside une mission d'information sur la prostitution, où elle défend une position abolitionniste ; ses travaux débouchent, le 6 décembre 2011, sur l'adoption à l'unanimité d'une résolution de l'Assemblée nationale reconnaissant la prostitution comme une violence en soi. Elle conduit par ailleurs, en 2004, une mission d'évaluation de la politique de fin de vie.
Campagne présidentielle et responsabilités nationales
Danielle Bousquet soutient la candidature de Ségolène Royal à l'élection présidentielle de 2007, dont elle est directrice adjointe de campagne au plan national, tout en coprésidant le comité de soutien départemental des Côtes-d'Armor.
À l'issue de son mandat parlementaire, elle est nommée le 7 janvier 2013 présidente du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, instance créée par la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem. Elle occupe cette fonction jusqu'au 24 juin 2019, où lui succède Brigitte Grésy.
Décorations
Danielle Bousquet est chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre national du Mérite, distinction reçue en 2020.
Chronologie
- 1945 - Naissance à Plœuc-sur-Lié, le 10 mai
- 1978 - Adhésion au Parti socialiste
- 1980 - Fin de la présidence de la section costarmoricaine du Mouvement français pour le planning familial
- 1982 - Nomination comme chargée de mission départementale aux droits des femmes
- 1983 - Élection comme conseillère municipale de Saint-Brieuc, le 13 mars
- 1987 - Nomination comme principale du collège de Moncontour
- 1997 - Élection comme députée de la 1re circonscription des Côtes-d'Armor, le 1er juin
- 2000 - Loi sur la contraception d'urgence, dont elle est rapporteure, le 13 décembre
- 2001 - Loi relative à l'IVG et à la contraception, dont elle est rapporteure, le 4 juillet
- 2002 - Réélection comme députée, le 16 juin
- 2007 - Réélection comme députée, le 17 juin ; soutien à la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle
- 2008 - Fin du mandat de conseillère municipale de Saint-Brieuc ; élection comme secrétaire de l'Assemblée nationale, le 1er octobre
- 2009 - Élection comme vice-présidente de l'Assemblée nationale, le 6 octobre
- 2010 - Loi sur les violences faites aux femmes, le 9 juillet
- 2011 - Adoption de la résolution sur la prostitution, le 6 décembre ; élection à la présidence de l'Assemblée des femmes
- 2012 - Fin de son mandat de députée, le 20 juin
- 2013 - Nomination à la présidence du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, le 7 janvier
- 2019 - Fin de la présidence du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, le 24 juin
- 2020 - Faite officier de l'ordre national du Mérite
Mandats et responsabilités
En cours
- Parti socialistePartiLe parti
Mandats passés
- 2007 – 2012Député13ᵉ législature
- 2002 – 2007Député12ᵉ législature
Mandats sans date connue
- Député11ᵉ législature
