Ce qu'il faut retenir
- Maire · Mairie, Pirae.
- Rattaché au parti Divers Droite.
- Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
- Maire de Pirae depuis le 18 mai 2020.
- 4 mandats recensés : maire, conseiller municipal, député.
- Commune de rattachement : Pirae, département Polynésie Française.
- Fiche de la commune : Pirae.
Biographie
Winfred Édouard Tereori Fritch, dit Édouard Fritch, né le 4 janvier 1952 à Papeete, en Polynésie française, est un ingénieur et homme politique français, président de la Polynésie française de 2014 à 2023 et maire de Pirae, figure majeure de la vie politique polynésienne depuis le milieu des années 1980. Catholique, il est le père de trois enfants, Marc Manuarii, Pamela et Joan, nés de son mariage avec Joan Flosse, fille de Gaston Flosse, célébré le 12 février 1972 ; il est aujourd'hui l'époux d'Angéline Lehartel.
Formation et débuts d'ingénieur
Élève du lycée-collège La Mennais, à Papeete, Édouard Fritch part ensuite étudier à Paris, où il obtient son diplôme à l'École des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP). De retour en métropole, il intègre en 1979 la sous-direction de l'architecture de la Ville de Paris, avant de rentrer à Tahiti dès 1980 pour diriger les travaux municipaux de la commune de Pirae. Il prend ensuite la direction de l'office territorial de l'habitat social, en 1982, puis celle de l'Agence territoriale de la reconstruction en Polynésie française, jusqu'en 1984.
L'entrée en politique aux côtés de Gaston Flosse
Sa carrière politique débute en 1984, lorsqu'il devient ministre de l'Équipement du gouvernement de la Polynésie française sous la présidence de Gaston Flosse, alors chef de file du Tahoera'a huiraatira, parti autonomiste d'inspiration gaulliste. Fritch demeure fidèle à cette formation pendant plus de trente ans, jusqu'en 2015.
Deux passages à l'Assemblée nationale
Édouard Fritch est élu député de la Polynésie française le 2 avril 1986, à la faveur de l'entrée au gouvernement de Gaston Flosse comme secrétaire d'État, et siège au groupe RPR jusqu'à la fin de la VIIIe législature, le 14 mai 1988, année où il est battu. Il revient à l'Assemblée nationale bien plus tard, le 20 juin 2012, en remportant l'élection dans la première circonscription de la Polynésie française avec 63,22% des voix face au candidat indépendantiste Pierre Frébault, et siège au sein du groupe Union des démocrates et indépendants (UDI). Il démissionne de son mandat le 22 avril 2014, en application des règles de non-cumul, à la suite de son élection comme maire de Pirae.
Une longue carrière territoriale
Élu représentant à l'Assemblée de la Polynésie française pour la première fois en 1986, Édouard Fritch y est réélu sans discontinuité lors de tous les scrutins territoriaux suivants, en 1991, 1996, 2001, 2004, 2008, 2013, 2018 et 2023. Il en préside l'institution à trois reprises : du 12 avril 2007 au 29 février 2008, du 12 février au 9 avril 2009, puis du 16 mai 2013 au 12 septembre 2014. Il occupe également, sous les présidences de Gaston Flosse puis de Gaston Tong Sang, la vice-présidence du gouvernement de la Polynésie française, du 30 mai 1996 au 14 juin 2004, du 23 octobre 2004 au 3 mars 2005, du 23 février au 15 avril 2008, puis du 25 novembre 2009 au 1er mars 2011. Sur le plan municipal, il est élu maire de Pirae une première fois du 10 mars 2000 au 16 mars 2008, puis de nouveau à partir du 28 mars 2014, mandat qu'il conserve après sa réélection du 26 mai 2020, jusqu'en mars 2026.
La rupture avec Gaston Flosse et la fondation du Tapura huiraatira
Bien que marié pendant plus de quarante ans à la fille de Gaston Flosse, Édouard Fritch se distancie progressivement de son mentor politique après 2014. La rupture se cristallise à l'occasion d'une élection sénatoriale partielle en mai 2015, lorsque Fritch apporte son soutien à Nuihau Laurey et Lana Tetuanui contre les candidats officiels du Tahoera'a huiraatira. Les deux dissidents sont exclus du parti, ce qui conduit à la formation d'un nouveau courant autonomiste. Le 20 février 2016, lors d'un congrès tenu à Pirae devant environ 8 000 personnes, Fritch est élu président d'un nouveau parti, le Tapura huiraatira, né de la fusion des groupes Tapura et A Ti'a Porinetia, et qu'il préside depuis lors.
La présidence de la Polynésie française (2014-2023)
Édouard Fritch accède à la présidence de la Polynésie française le 12 septembre 2014 et y accomplit deux mandats consécutifs, jusqu'au 12 mai 2023. En 2022, il rejoint le parti Renaissance au niveau national, tout en conservant la présidence du Tapura huiraatira en Polynésie.
Sa dernière campagne, en 2023, intervient après que le Conseil d'État a validé son droit à briguer un troisième mandat consécutif. Son bilan pâtit alors de la forte inflation et d'une gestion contestée de la crise sanitaire de Covid-19, sa participation à des rassemblements publics en août 2021, alors qu'il en avait lui-même interdit la tenue, lui étant particulièrement reprochée. Bien que soutenu par 42 des 48 maires de Polynésie française, il est devancé au premier tour par le parti indépendantiste Tavini huiraatira, une première depuis 2004. Une fusion entre le Tapura huiraatira et l'Amuitahiraa o te nuna'a Maohi, entre les deux tours, ne suffit pas à inverser la tendance. Moetai Brotherson, candidat indépendantiste, lui succède à la présidence de la Polynésie française le 12 mai 2023, après plus de huit années d'exercice de la fonction par Édouard Fritch.
Deux condamnations judiciaires
La carrière d'Édouard Fritch est marquée par deux condamnations pénales. Dans l'affaire dite de Radio Maohi, il est condamné le 24 mai 2016 pour prise illégale d'intérêts, à une amende de deux millions de francs CFP, pour avoir, alors qu'il était maire de Pirae, fait subventionner en 2007 cette radio locale ; il ne fait pas appel de cette décision. Dans l'affaire dite de la citerne d'Erima, il est condamné en décembre 2020 pour détournement de fonds publics, à une amende d'un million de francs CFP, condamnation confirmée en janvier 2022 après le rejet de son pourvoi en cassation.
Positionnement politique
Édouard Fritch se situe dans la tradition autonomiste et gaulliste incarnée historiquement par le Tahoera'a huiraatira, favorable au maintien de la Polynésie française au sein de la République tout en défendant une large autonomie institutionnelle du territoire. Sur le plan national, son adhésion successive à l'UDI puis à Renaissance le place au centre de l'échiquier politique métropolitain. Il demeure, à l'issue de sa présidence, maire de Pirae et président du Tapura huiraatira, poursuivant son engagement dans la vie politique locale.
Chronologie
- 1952 - Naissance à Papeete, le 4 janvier
- 1972 - Mariage avec Joan Flosse, le 12 février
- 1979 - Intégration à la sous-direction de l'architecture de la Ville de Paris
- 1980 - Retour à Tahiti pour diriger les travaux municipaux de Pirae
- 1984 - Nomination comme ministre de l'Équipement du gouvernement de la Polynésie française
- 1986 - Élection comme représentant à l'Assemblée de la Polynésie française ; élection comme député de la Polynésie française, le 2 avril
- 1988 - Fin de son premier mandat de député, le 14 mai
- 1996 - Vice-présidence du gouvernement de la Polynésie française sous Gaston Flosse
- 2000 - Élection comme maire de Pirae
- 2007 - Première présidence de l'Assemblée de la Polynésie française
- 2012 - Élection comme député de la première circonscription de la Polynésie française, le 20 juin
- 2014 - Démission de son mandat de député le 22 avril ; réélection comme maire de Pirae le 28 mars ; accession à la présidence de la Polynésie française, le 12 septembre
- 2015 - Rupture avec Gaston Flosse à l'occasion d'une élection sénatoriale partielle
- 2016 - Condamnation dans l'affaire Radio Maohi, le 24 mai ; élection à la présidence du nouveau parti Tapura huiraatira, le 20 février
- 2020 - Condamnation dans l'affaire de la citerne d'Erima ; réélection comme maire de Pirae, le 26 mai
- 2022 - Rejoint le parti Renaissance
- 2023 - Défaite aux élections territoriales et fin de sa présidence de la Polynésie française, le 12 mai, au profit de Moetai Brotherson