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Émile Muller

Ancien Député

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Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.

Biographie

Émile Muller, né Émile Eugène Muller le 20 avril 1915 à Mulhouse, en Alsace alors annexée à l'Empire allemand, est un homme politique français, ouvrier typographe et journaliste de formation, qui fut maire de Mulhouse pendant vingt-quatre ans et incarna, sous la Cinquième République, une ligne de socialisme réformiste autonome face au Parti communiste. Il meurt dans sa ville natale le 12 novembre 1988, à l'âge de 73 ans, et est inhumé au cimetière central de Mulhouse.

Formation et débuts professionnels

Issu du monde ouvrier alsacien, Émile Muller se forme au métier de typographe, profession qui le conduit naturellement vers le journalisme et l'imprimerie de presse. Il dirige, de 1952 à 1957, l'atelier d'impression du quotidien socialiste "Le Républicain alsacien", activité qui l'ancre dans les réseaux militants de la SFIO alsacienne bien avant son entrée dans la vie politique élective.

La guerre et la captivité

Mobilisé en 1939, Émile Muller est fait prisonnier par les forces allemandes puis déporté. Cette expérience de la captivité, vécue par de nombreux Alsaciens de sa génération pris entre deux nationalités, marque durablement son engagement ultérieur en faveur de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.

Maire de Mulhouse (1956-1981)

Élu maire de Mulhouse le 8 octobre 1956, Émile Muller conserve cette fonction pendant vingt-quatre ans, jusqu'au 12 janvier 1981, date à laquelle il cède la mairie à Joseph Klifa. Il est parallèlement conseiller général du Haut-Rhin, élu dans le canton de Mulhouse-Nord, de 1958 à 1982.

Une première entrée à l'Assemblée nationale sous l'étiquette socialiste

Membre du comité directeur de la SFIO de 1954 à 1956, puis militant du parti jusqu'en 1970, Émile Muller est élu député du Haut-Rhin le 30 novembre 1958, sous l'étiquette du groupe socialiste, mandat qu'il exerce jusqu'au 9 octobre 1962, au cours de la première législature de la Cinquième République.

La rupture avec la SFIO et la fondation de courants socialistes autonomes

En 1970, Émile Muller quitte la SFIO et fonde, avec Auguste Lecœur, le mouvement Démocratie socialiste (PDS), qu'il anime jusqu'en 1973. Ce courant entend maintenir une ligne réformiste et anticommuniste au sein de la famille socialiste, à contre-courant du rapprochement engagé par une partie de la gauche avec le Parti communiste. En décembre 1973, il devient cofondateur et vice-président du Mouvement démocrate socialiste de France (MDSF), qui prolonge cette entreprise de rassemblement d'une gauche non communiste et réformatrice, avant que cette famille politique ne rejoigne la confédération de l'Union pour la démocratie française (UDF) à la fin de la décennie.

Retour à l'Assemblée nationale et candidature présidentielle

Émile Muller retrouve un siège de député de la 4e circonscription du Haut-Rhin le 11 mars 1973, sous l'étiquette du groupe des Réformateurs démocrates sociaux (RDS), mandat qu'il exerce jusqu'au 2 avril 1978. Réélu le 19 mars 1978, il siège cette fois sous l'étiquette UDF jusqu'au 22 mai 1981, année où il est remplacé par Jean-Marie Bockel.

Désigné candidat à l'élection présidentielle par le MDSF le 11 avril 1974, il se présente au scrutin d'avril-mai 1974 et termine huitième d'une liste de douze candidats, recueillant 176 279 voix, soit 0,7% des suffrages exprimés.

Positionnement politique

Le parcours d'Émile Muller illustre une ligne constante de socialisme réformiste, attaché à l'autonomie de la gauche non communiste face à la stratégie d'union de la gauche portée par François Mitterrand. Maire gestionnaire d'une grande ville industrielle frontalière, il incarne également une sensibilité européenne et franco-allemande, nourrie par son expérience personnelle de la guerre, qui le conduit naturellement, à la fin de sa carrière, vers la famille centriste de l'UDF.

Postérité

En 1989, l'année suivant sa mort, l'hôpital du Moenchsberg à Mulhouse est rebaptisé "hôpital Émile Muller" en son honneur, perpétuant la mémoire de l'édile qui a dirigé la ville pendant près d'un quart de siècle.

Chronologie

  • 1915 - Naissance à Mulhouse, le 20 avril
  • 1939 - Mobilisation ; fait prisonnier puis déporté par les forces allemandes
  • 1952 - Directeur de l'atelier d'impression du Républicain alsacien, jusqu'en 1957
  • 1954 - Membre du comité directeur de la SFIO, jusqu'en 1956
  • 1956 - Élu maire de Mulhouse, le 8 octobre
  • 1958 - Élu député du Haut-Rhin (groupe socialiste) et conseiller général du canton de Mulhouse-Nord
  • 1962 - Fin de son premier mandat de député, le 9 octobre
  • 1970 - Rupture avec la SFIO ; fondation avec Auguste Lecœur du mouvement Démocratie socialiste (PDS)
  • 1973 - Réélu député de la 4e circonscription du Haut-Rhin (RDS), le 11 mars ; cofondateur et vice-président du Mouvement démocrate socialiste de France (MDSF), en décembre
  • 1974 - Candidat à l'élection présidentielle, désigné le 11 avril ; huitième sur douze candidats avec 0,7% des voix
  • 1978 - Réélu député sous l'étiquette UDF, le 19 mars
  • 1981 - Fin de son mandat de maire de Mulhouse (12 janvier) et de député (22 mai)
  • 1982 - Fin de son mandat de conseiller général du Haut-Rhin
  • 1988 - Mort à Mulhouse, le 12 novembre
  • 1989 - L'hôpital du Moenchsberg à Mulhouse est rebaptisé en son honneur

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