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Portrait de Eugène Montel

Parlement

Eugène Montel

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.

Biographie

Eugène Montel, né le 5 juin 1885 à Montbazin, dans l'Hérault, et mort le 21 janvier 1966 à Colomiers, en Haute-Garonne, est un instituteur, journaliste et homme politique français, figure du socialisme SFIO dans le Sud-Ouest pendant près d'un demi-siècle. Issu d'une famille protestante de viticulteurs, il épouse la fille d'un négociant en vins et est également franc-maçon.

Un instituteur au service du socialisme audois

Instituteur de formation, Eugène Montel s'engage tôt dans le militantisme socialiste et le journalisme, deux activités qu'il mène de front dans le département de l'Aude. Il y devient le successeur d'Ernest Ferroul à la tête de la fédération viticole de la SFIO, organisation profondément enracinée dans le monde des vignerons audois. Il siège comme conseiller général de l'Aude de 1925 à 1931 pour le canton de Coursan, puis de 1931 à 1940 pour le canton de Narbonne.

Aux côtés de Léon Blum

C'est à ce poste de responsable local de la SFIO qu'Eugène Montel joue un rôle déterminant dans la carrière nationale de Léon Blum : il contribue activement à son élection comme député de Narbonne en 1929, offrant ainsi au futur chef du gouvernement du Front populaire un ancrage électoral dans l'Aude. Il demeure l'un de ses proches collaborateurs durant les années du Front populaire, entre 1936 et 1938, puis, pendant la « drôle de guerre », coordonne l'aide apportée aux réfugiés républicains espagnols ainsi qu'à l'effort industriel.

L'internement et la Résistance

En septembre 1940, Eugène Montel est arrêté en même temps que Léon Blum au château de l'Armurier, à Colomiers, où les deux hommes s'étaient repliés. Interné par le régime de Vichy en compagnie d'autres personnalités du Front populaire, dont Jules Moch, il parvient à s'évader du centre d'internement de Vals-les-Bains. Il rejoint alors la Résistance au sein du mouvement « Libérer et Fédérer » et participe à la reconstitution clandestine du parti socialiste SFIO, interdit par le régime de Vichy.

Maire et bâtisseur de Colomiers

À la Libération, Eugène Montel devient maire de Colomiers, fonction qu'il exerce sans discontinuer de 1944 jusqu'à sa mort en 1966. Il est également élu conseiller général de la Haute-Garonne en 1945, pour le canton de Toulouse-Ouest, mandat qu'il conserve jusqu'à sa mort, et devient en 1947 président du conseil général de la Haute-Garonne, succédant à Vincent Auriol, alors appelé à la présidence de la République. Il conserve cette présidence pendant près de vingt ans, jusqu'en 1966.

À la fin des années 1950, alors âgé de plus de soixante-treize ans, il engage la transformation urbaine de Colomiers en lançant, avec le concours de l'architecte Viguier, un projet de ville nouvelle destiné à faire passer la commune d'environ 3500 habitants à une population planifiée de 40000 habitants. Il laisse à son successeur, Alex Raymond, le soin de développer le pôle aéronautique de la commune, aujourd'hui l'un des piliers économiques de l'agglomération toulousaine.

Le parlementaire, de la IVe à la Ve République

Sur le plan national, Eugène Montel est élu député de la Haute-Garonne le 17 juin 1951, sous la IVe République, et réélu le 2 janvier 1956 ; il siège à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de la législature, le 5 décembre 1958. Avec l'avènement de la Ve République, il retrouve son siège de député, pour la 4e circonscription de la Haute-Garonne, du 9 décembre 1958 au 21 janvier 1966, étant réélu le 25 novembre 1962. Il meurt en fonction, à Colomiers, cumulant alors les mandats de député, maire et président du conseil général de la Haute-Garonne.

Chronologie

  • 1885 - Naissance à Montbazin (Hérault), le 5 juin
  • 1925 - Élu conseiller général de l'Aude, canton de Coursan
  • 1929 - Contribue à l'élection de Léon Blum comme député de Narbonne
  • 1931 - Réélu conseiller général de l'Aude, canton de Narbonne
  • 1936 - Collaborateur de Léon Blum pendant le Front populaire
  • 1940 - Arrêté avec Léon Blum au château de l'Armurier à Colomiers ; interné par le régime de Vichy ; s'évade de Vals-les-Bains et rejoint la Résistance au sein du mouvement Libérer et Fédérer
  • 1944 - Élu maire de Colomiers
  • 1945 - Élu conseiller général de la Haute-Garonne, canton de Toulouse-Ouest
  • 1947 - Devient président du conseil général de la Haute-Garonne, en succession de Vincent Auriol
  • 1951 - Élu député de la Haute-Garonne, le 17 juin
  • 1956 - Réélu député, le 2 janvier
  • 1958 - Réélu député sous la Ve République, pour la 4e circonscription de la Haute-Garonne, le 9 décembre
  • 1962 - Réélu député, le 25 novembre
  • 1966 - Mort en fonction à Colomiers, le 21 janvier

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