Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant

Collectivité

François FILLON

Conseiller municipal · Rumigny

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2026
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Rumigny.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
  • Conseiller municipal de Rumigny depuis le 15 mars 2026.
  • Commune de rattachement : Rumigny, département Ardennes.
  • Fiche de la commune : Rumigny.

Biographie

François Charles Amand Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe), est un homme d'État français, ancien Premier ministre de la République française de 2007 à 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2017. Il est le fils d'Anne Soulet (1931-2012), historienne et professeure d'université originaire du Pays basque, et de Michel Fillon, notaire originaire des Essarts, en Vendée, tous deux militants gaullistes. Aîné d'une fratrie de quatre garçons, il perd en 1981 son frère cadet Arnaud, mort à dix-huit ans dans un accident. Il épouse le 31 mai 1980, à Sablé-sur-Sarthe, Penelope Kathryn Clarke, née le 31 juillet 1955 au pays de Galles, avec laquelle il a cinq enfants : Marie (1982), Charles (1984), Antoine (1985), Édouard (1989) et Arnaud (2001). La famille réside au manoir de Beaucé, à Solesmes, dans la Sarthe, acquis en 1984.

Formation

François Fillon suit sa scolarité au collège privé Saint-Michel des Perrais, à Parigné-le-Pôlin, puis au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix, au Mans, d'où il est exclu quelques jours pour indiscipline. Il obtient un baccalauréat littéraire en 1972, effectue des stages à l'Agence France-Presse, en Espagne et à Bruxelles, durant l'été 1973, puis poursuit des études de droit public : une maîtrise à l'université du Maine en 1976, suivie d'un diplôme d'études approfondies à l'université Paris-Descartes en 1977.

Les débuts au service de la Sarthe gaulliste

Dès 1976, François Fillon devient assistant parlementaire du député de la Sarthe Joël Le Theule, dont il rejoint le cabinet ministériel en 1977, comme chef adjoint, lorsque celui-ci devient ministre des Transports puis, en 1980, ministre de la Défense. Il adhère la même année au Rassemblement pour la République. En 1981, il occupe le poste de chef du service des travaux législatifs au cabinet d'André Giraud, ministre de l'Industrie.

L'ascension locale et parlementaire (1981-1993)

François Fillon entame en 1981 une longue série de mandats électifs. Il est élu conseiller général de la Sarthe, pour le canton de Sablé, le 2 février 1981, mandat qu'il conserve jusqu'au 27 mars 1998. La même année, le 2 juillet 1981, il devient député de la quatrième circonscription de la Sarthe, où il est réélu en 1986, 1988 et 1993. Il préside la commission de la Défense de l'Assemblée nationale du 8 avril 1986 au 14 mai 1988. Le 6 mars 1983, il est élu maire de Sablé-sur-Sarthe, fonction qu'il exerce jusqu'au 11 mars 2001. Le 20 avril 1992, il accède à la présidence du conseil général de la Sarthe, qu'il occupe jusqu'au 20 mars 1998.

Ministre sous Édouard Balladur et Alain Juppé (1993-1997)

Après la victoire de la droite aux élections législatives de 1993, François Fillon entre pour la première fois au gouvernement comme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, du 30 mars 1993 au 11 mai 1995, dans le gouvernement d'Édouard Balladur. Sous la présidence de Jacques Chirac, il devient ministre des Technologies de l'information et de la Poste dans le premier gouvernement d'Alain Juppé, du 18 mai au 7 novembre 1995, puis ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace dans le second gouvernement Juppé, du 7 novembre 1995 au 2 juin 1997. Entre ces fonctions ministérielles, il préside également, à partir de 1998, le conseil régional des Pays de la Loire, mandat qu'il occupe jusqu'au 16 mai 2002, en cumul avec son mandat de député de la quatrième circonscription de la Sarthe, retrouvé après les élections législatives de 1997 et confirmé en 2002.

Ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (2002-2004)

Nommé ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin, du 7 mai 2002 au 30 mars 2004, François Fillon porte la réforme des retraites de 2003, qui étend à la fonction publique les principes de la réforme Balladur de 1993 : augmentation des cotisations et allongement programmé de la durée de cotisation, à quarante ans en 2008, quarante et un ans en 2012 puis quarante-deux ans en 2020. Un accord est trouvé le 15 mai 2003 avec la CFDT et la CGC, à la suite d'importantes manifestations, notamment celle du 13 mai 2003. Il assouplit par ailleurs les conditions d'application des trente-cinq heures en modifiant le calcul des heures supplémentaires, crée le contrat initiative emploi et le revenu minimum d'activité, met en place les contrats jeunes en entreprise pour les seize-vingt-deux ans avec exonération de cotisations sociales pendant deux ans, supprime les emplois-jeunes créés en 1997 (environ 380 000 jeunes concernés) et réduit les contrats emploi solidarité (260 000 travailleurs concernés). En mai 2004, il fait adopter une réforme du droit du travail autorisant les accords d'entreprise à déroger aux accords de branche. Il gère également la crise sanitaire de la canicule de l'été 2003, avec le déblocage de quarante millions d'euros de crédits d'urgence en faveur des personnes âgées.

Ministre de l'Éducation nationale (2004-2005)

Du 31 mars 2004 au 31 mai 2005, François Fillon est ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le troisième gouvernement Raffarin. Il porte la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, dite loi Fillon, adoptée en 2005.

Sénateur de la Sarthe (2004-2007)

Après avoir quitté le gouvernement, François Fillon est élu sénateur de la Sarthe lors d'une élection partielle, siégeant du 2 octobre au 1er novembre 2004, puis, après sa réélection, du 18 septembre 2005 au 17 juin 2007, date à laquelle il quitte la Haute Assemblée pour devenir Premier ministre.

Premier ministre (2007-2012)

Le 17 mai 2007, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, François Fillon est nommé Premier ministre. Il dirige successivement trois gouvernements, Fillon I, II et III, jusqu'au 15 mai 2012, ce qui fait de lui l'unique chef du gouvernement du quinquennat de Nicolas Sarkozy et le titulaire de la deuxième plus longue durée continue à Matignon sous la Cinquième République, après Georges Pompidou. Du 23 février au 16 mai 2012, il cumule ses fonctions de Premier ministre avec celles de ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, au sein du troisième gouvernement Fillon.

Retour au Palais-Bourbon et présidence de groupe

À l'issue de son passage à Matignon, François Fillon retrouve un mandat de député de la quatrième circonscription de la Sarthe du 20 au 19 juillet 2007, avant d'être élu, le 20 juin 2012, député de la deuxième circonscription de Paris, mandat qu'il exerce jusqu'au 20 juin 2017. Du 27 novembre 2012 au 16 janvier 2013, il préside le groupe Rassemblement-UMP à l'Assemblée nationale.

La primaire de la droite et du centre et la candidature présidentielle de 2017

En novembre 2016, François Fillon remporte, contre toute attente face aux favoris donnés Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, la primaire de la droite et du centre organisée en vue de l'élection présidentielle de 2017, sur un programme de rupture libérale et conservatrice. Donné favori des sondages au sortir de la primaire, il voit sa campagne bouleversée à partir de janvier 2017 par les révélations de presse portant sur l'emploi de son épouse comme assistante parlementaire, dites « affaire Fillon » ou « Penelopegate ». Il maintient sa candidature en dépit de la controverse et de la perte de son statut de favori, et termine en troisième position au premier tour du scrutin.

L'affaire dite Penelopegate

Le 25 janvier 2017, l'hebdomadaire Le Canard enchaîné publie une enquête selon laquelle Penelope Fillon aurait perçu environ 500 000 euros bruts au titre d'emplois d'assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant Marc Joulaud, entre 1998 et 2002 puis en 2012, ainsi que 100 000 euros comme conseillère littéraire à la Revue des Deux Mondes, de mai 2012 à décembre 2013. Le 1er février 2017, l'hebdomadaire révise ces montants à la hausse, à 831 440 euros bruts, et révèle en outre le versement de 84 000 euros à deux des enfants du couple, entre 2005 et 2007.

Le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire dès le 25 janvier 2017, puis une information judiciaire le 24 février 2017. François Fillon est mis en examen le 14 mars 2017 pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux, et manquements aux obligations de déclaration auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Le 16 mars 2017, l'enquête est étendue, par réquisitoire supplétif, à des faits de trafic d'influence, en lien avec des costumes de luxe qui lui ont été offerts. Marc Joulaud est à son tour convoqué en vue d'une mise en examen le 20 mars 2017.

Le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement en première instance le 29 juin 2020 : François Fillon est condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis, et à 375 000 euros d'amende ; Penelope Fillon est condamnée à trois ans d'emprisonnement avec sursis et à la même amende. En appel, la cour d'appel de Paris rend son arrêt le 9 mai 2022 : la peine de François Fillon est ramenée à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis, assortie de dix ans d'inéligibilité et du maintien de l'amende de 375 000 euros ; Penelope Fillon est condamnée à deux ans d'emprisonnement avec sursis et deux ans d'inéligibilité, Marc Joulaud à trois ans avec sursis et cinq ans d'inéligibilité. Les trois condamnés forment le jour même un pourvoi en cassation.

La Cour de cassation confirme, le 24 avril 2024, la culpabilité des trois prévenus, tout en renvoyant, le 29 avril 2024, l'examen de la peine de François Fillon devant une cour d'appel autrement composée. Celle-ci rend sa décision le 17 juin 2025 : François Fillon est condamné à quatre ans d'emprisonnement avec sursis, à 375 000 euros d'amende et à cinq ans d'inéligibilité. Il se désiste de son pourvoi en cassation contre cet arrêt le 16 février 2026, rendant sa condamnation définitive. Parallèlement à la procédure pénale, François Fillon a procédé au remboursement de 800 000 euros à l'Assemblée nationale.

Après 2017 : le retrait de la vie politique

À l'issue de la législature 2012-2017, François Fillon se retire de la vie politique active. Il intègre par la suite des conseils d'administration de sociétés russes, dont l'une est codétenue par un oligarque proche du président Vladimir Poutine, fonctions qu'il est contraint de quitter après le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Positionnement politique

François Fillon se rattache, au début de sa carrière, à la tradition du gaullisme social, dans la mouvance de Philippe Séguin. Il se rapproche progressivement de Jacques Chirac à partir de la fin des années 1990, puis devient un proche de Nicolas Sarkozy à partir de 2002-2004. Il se prononce notamment contre les politiques de discrimination positive en 2003. Sur le plan partisan, il adhère au Rassemblement pour la République en 1977, qu'il quitte lors de sa fusion dans l'Union pour un mouvement populaire en 2002, avant de rejoindre Les Républicains à leur création en 2015, parti dont il redevient membre en 2022 après son retrait de la vie politique.

Chronologie

  • 1954 - Naissance au Mans, le 4 mars
  • 1972 - Baccalauréat littéraire
  • 1976 - Maîtrise de droit public ; assistant parlementaire de Joël Le Theule
  • 1977 - DEA de droit public ; adhésion au Rassemblement pour la République
  • 1980 - Mariage avec Penelope Clarke, le 31 mai, à Sablé-sur-Sarthe
  • 1981 - Élection comme conseiller général de la Sarthe ; élection comme député de la 4e circonscription de la Sarthe ; décès de son frère Arnaud
  • 1982 - Naissance de sa fille Marie
  • 1983 - Élection comme maire de Sablé-sur-Sarthe, le 6 mars
  • 1984 - Acquisition du manoir de Beaucé, à Solesmes ; naissance de son fils Charles
  • 1985 - Naissance de son fils Antoine
  • 1986 - Réélection comme député ; présidence de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale
  • 1989 - Naissance de son fils Édouard
  • 1992 - Présidence du conseil général de la Sarthe, à partir du 20 avril
  • 1993 - Réélection comme député ; ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, du 30 mars, dans le gouvernement Balladur
  • 1995 - Ministre des Technologies de l'information et de la Poste, puis ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace, dans les gouvernements Juppé
  • 1997 - Fin de ses fonctions ministérielles ; réélection comme député
  • 1998 - Présidence du conseil régional des Pays de la Loire, à partir du 20 mars
  • 2001 - Fin du mandat de maire de Sablé-sur-Sarthe ; naissance de son fils Arnaud
  • 2002 - Réélection comme député ; ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, à partir du 7 mai, dans les gouvernements Raffarin
  • 2003 - Réforme des retraites ; accord du 15 mai avec la CFDT et la CGC
  • 2004 - Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à partir du 31 mars ; élection au Sénat lors d'une partielle, le 2 octobre
  • 2005 - Loi d'orientation pour l'avenir de l'école, dite loi Fillon ; réélection au Sénat, le 18 septembre
  • 2007 - Nomination comme Premier ministre, le 17 mai, au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy
  • 2012 - Cumul des fonctions de Premier ministre et de ministre de l'Écologie ; fin des fonctions de Premier ministre, le 15 mai ; élection comme député de Paris, le 20 juin
  • 2015 - Adhésion à Les Républicains
  • 2016 - Victoire à la primaire de la droite et du centre en vue de l'élection présidentielle
  • 2017 - Révélations du Canard enchaîné sur les emplois de Penelope Fillon, en janvier ; mise en examen, le 14 mars ; troisième place au premier tour de l'élection présidentielle ; fin du mandat de député, le 20 juin
  • 2020 - Condamnation en première instance par le tribunal correctionnel de Paris, le 29 juin
  • 2022 - Condamnation en appel par la cour d'appel de Paris, le 9 mai ; retrait des conseils d'administration de sociétés russes après l'invasion de l'Ukraine
  • 2024 - Confirmation de la culpabilité par la Cour de cassation, le 24 avril, et renvoi sur la peine devant une cour d'appel de renvoi
  • 2025 - Condamnation définitive sur renvoi à quatre ans d'emprisonnement avec sursis, 375 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, le 17 juin
  • 2026 - Désistement du pourvoi en cassation, le 16 février, rendant la condamnation définitive

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo : pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.