Ce qu'il faut retenir
- Conseiller municipal · Conseil municipal, Verny.
- Conseiller municipal de Verny depuis le 18 mai 2020.
- 2 mandats recensés : conseiller municipal, député.
- Commune de rattachement : Verny, département Moselle.
- Fiche de la commune : Verny.
Biographie
François Valentin, né le 8 août 1909 à Nancy, en Meurthe-et-Moselle, et mort accidentellement le 24 septembre 1961 près de Mars-la-Tour, dans le même département, est un avocat et homme politique français. Plus jeune député de France en 1936, dirigeant de la Légion française des combattants sous le régime de Vichy avant de rompre avec lui pour entrer en résistance, il termine sa carrière comme sénateur puis comme député indépendant, farouche défenseur de l'Algérie française.
Origines et formation
Fils d'un avoué près la cour d'appel de Nancy, d'origine mosellane, et d'une mère vosgienne, François Valentin appartient à une famille de notables lorrains marquée par le catholicisme social : son grand-père paternel compte parmi ses descendants un évêque, Mgr Bruno Valentin, tandis qu'un de ses oncles, Maurice Perrin, enseigne la médecine à Nancy. Il fait ses études au collège de la Malgrange puis au lycée Saint-Sigisbert, avant d'entreprendre des études de droit à la faculté de Nancy. Il s'inscrit au barreau de la ville en novembre 1931 et y exerce comme avocat.
Dès l'adolescence, François Valentin s'engage dans les mouvements de jeunesse catholique : vice-président du Groupement des étudiants catholiques à dix-huit ans, il est présenté en 1929 au maréchal Lyautey, avec lequel il entretient une relation suivie jusqu'à la mort de ce dernier en 1934. Il préside l'Union diocésaine puis l'Union régionale de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) jusqu'en 1935.
Le plus jeune député de France (1936)
Secrétaire général du quotidien nationaliste L'Éclair de l'Est à partir de novembre 1934, François Valentin milite au Rassemblement national lorrain et préside, dès janvier 1939, les Jeunesses de la Fédération républicaine. Il est élu député de Meurthe-et-Moselle le 3 mai 1936, au second tour, à l'âge de vingt-six ans, ce qui fait alors de lui le plus jeune député de France, en remplacement d'Émile Seitz. Il siège dans les rangs de la Fédération républicaine jusqu'à la fin de la législature, le 31 mai 1942.
La guerre, Vichy et la Légion française des combattants
Officier de réserve, François Valentin sert comme capitaine à l'état-major du général de Lattre de Tassigny en 1940 et est cité à l'ordre de l'armée le 1er juin de la même année. Il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, puis devient directeur adjoint de la Légion française des combattants avant d'en prendre la tête en mars 1941, succédant à Xavier Vallat. Il démissionne de ce poste en mai 1942, en signe de désaccord avec le retour au pouvoir de Pierre Laval, qui entend rendre plus autonome le Service d'ordre légionnaire (SOL) au sein de la Légion.
L'entrée en résistance
C'est la défense du général de Lattre devant un tribunal militaire, en janvier 1943, qui marque le point de départ de l'entrée en dissidence de François Valentin. Entré en contact avec Suzanne Borel, future épouse de Georges Bidault, ainsi qu'avec Bernard de Chalvron et Maurice Nègre, responsables des réseaux Noyautage des administrations publiques (NAP) et Super NAP, il opère sous les pseudonymes de « Frédéric Vautrin » dans la clandestinité civile et de « commandant Vincenot » dans l'action militaire. Il adhère à l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) et enregistre un appel à la résistance adressé aux légionnaires, lu par Maurice Schumann sur les ondes de la BBC le 29 août 1943. Il prend ensuite la tête d'un bataillon FFI dans le Tarn, puis rejoint la 3e division d'infanterie algérienne de la 1re armée du général de Lattre en 1944-1945, participant notamment à la défense de Strasbourg en janvier 1945.
L'inéligibilité et la traversée du désert
Malgré son engagement résistant avéré, François Valentin est déclaré inéligible en 1945 en raison de son passé légionnaire, et un jury d'honneur refuse de lever cette sanction. Il est également exclu de la Fédération républicaine avec treize autres parlementaires, parmi lesquels Xavier Vallat, Pierre Taittinger et André Parmentier. Il se reconvertit alors dans le journalisme, sous le pseudonyme de « Frédéric Vauthier », comme éditorialiste parlementaire du quotidien L'Époque de 1947 à l'automne 1950, sa véritable identité n'étant révélée qu'en octobre 1948. Il exerce également comme conseiller juridique de Kodak-Pathé de novembre 1949 à 1950 et devient, à partir de 1948, secrétaire général de l'association d'anciens combattants Rhin et Danube, puis représentant personnel du général de Lattre à Paris à compter de 1950, l'accompagnant lors d'un voyage aux États-Unis en septembre 1951.
Relevé de son inéligibilité après le vote d'une loi d'amnistie promulguée en novembre 1952, il se présente sans succès aux élections législatives de janvier 1956, en quatrième position sur la liste conduite par Pierre André.
Le retour en politique : Conseil de la République puis Assemblée nationale
François Valentin est élu au Conseil de la République le 25 mars 1956, dans les rangs des Républicains indépendants, et réélu le 8 juin 1958. Nommé le 17 juillet 1958 au Comité consultatif constitutionnel chargé de préparer la Constitution de la Ve République, il démissionne de ce comité pour se présenter aux élections législatives, et est élu, le 23 novembre 1958, député indépendant de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, celle de Toul, siégeant à l'Assemblée nationale du 9 décembre 1958 jusqu'à sa mort. Il préside la commission de la Défense nationale et des forces armées à partir de janvier 1959, fonction dans laquelle il est réélu en octobre de la même année, et siège au bureau exécutif du Centre national des indépendants et paysans (CNIP).
Le combat pour l'Algérie française
Farouche partisan de l'Algérie française, François Valentin s'éloigne progressivement de la majorité gaulliste à partir de 1959. Il participe en décembre de la même année à un meeting du Rassemblement pour l'Algérie française organisé par Georges Bidault, puis, en juin 1960, au premier colloque du comité de Vincennes. Il vote non au référendum sur l'autodétermination de l'Algérie en janvier 1961 et témoigne, en mai 1961, pour la défense des généraux Challe et Zeller lors de leur procès consécutif au putsch d'Alger.
Mort accidentelle
François Valentin meurt le 24 septembre 1961, sur une petite route entre Toul et Longwy, non loin de Mars-la-Tour, dans une collision automobile qui coûte également la vie à Marcel Duvivier, directeur de l'usine Sidelor-Micheville de Villerupt. Ses obsèques ont lieu le mercredi suivant en l'église Saint-Léon de Nancy et son éloge funèbre est prononcé par le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chaban-Delmas, le 3 octobre. Le Premier ministre Michel Debré salue en lui, à cette occasion, « un chef de l'opposition ». Il est inhumé à Vaudémont.
Décorations
François Valentin est chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze pour sa citation du 1er juin 1940, et a reçu l'ordre de la Francisque.
Chronologie
- 1909 - Naissance à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 8 août
- 1929 - Rencontre avec le maréchal Lyautey
- 1931 - Inscription au barreau de Nancy, en novembre
- 1934 - Secrétaire général du quotidien L'Éclair de l'Est
- 1936 - Élection comme député de Meurthe-et-Moselle, le 3 mai, à vingt-six ans, plus jeune député de France
- 1940 - Citation à l'ordre de l'armée, le 1er juin; vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet
- 1941 - Nomination à la tête de la Légion française des combattants, en mars
- 1942 - Démission de la Légion, en mai
- 1943 - Défense du général de Lattre devant un tribunal, en janvier, point de départ de son entrée en résistance
- 1945 - Déclaration d'inéligibilité; exclusion de la Fédération républicaine
- 1947 - Début de son activité d'éditorialiste au journal L'Époque, sous pseudonyme
- 1948 - Révélation publique de son identité de plume, en octobre
- 1952 - Levée de son inéligibilité par une loi d'amnistie, en novembre
- 1956 - Élection au Conseil de la République, le 25 mars
- 1958 - Réélection au Conseil de la République, le 8 juin; nomination au Comité consultatif constitutionnel, le 17 juillet; élection comme député indépendant de Meurthe-et-Moselle, le 23 novembre
- 1959 - Présidence de la commission de la Défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale, à partir de janvier
- 1961 - Vote contre l'autodétermination de l'Algérie, en janvier; témoignage au procès des généraux Challe et Zeller, en mai; mort accidentelle près de Mars-la-Tour, le 24 septembre
Mandats et responsabilités
En cours
Mandats sans date connue
- Député1ᵉ législature
