Ce qu'il faut retenir
- Ancien Député · Assemblée nationale.
Biographie
Hervé de Charette, de son nom complet Hervé Marie-Joseph de Charette de La Contrie, né le 30 juillet 1938 à Paris, est un haut fonctionnaire et homme politique français, ministre du Logement puis des Affaires étrangères sous la présidence de Jacques Chirac. Descendant du roi Charles X et apparenté au général vendéen François Athanase Charette de La Contrie ainsi qu'à l'universitaire Pierre Girauld de Nolhac, il est marié et père de quatre enfants, dont la journaliste Laurence de Charette, directrice adjointe de la rédaction du Figaro.
Formation
Hervé de Charette suit un parcours de formation classique des élites administratives françaises : il est diplômé de HEC Paris puis de l'Institut d'études politiques de Paris, avant d'intégrer l'École nationale d'administration, dont il sort dans la promotion Montesquieu (1966). Il préside en 1962 la Conférence Olivaint, société de débat fréquentée par de futurs responsables politiques et administratifs.
Les débuts au Conseil d'État et au service des ministres
À sa sortie de l'ENA, en juin 1966, Hervé de Charette entre au Conseil d'État comme auditeur, avant d'y devenir maître des requêtes en 1973. Il met ensuite son expertise administrative au service de plusieurs ministres, comme conseiller technique : auprès de Georges Gorse au ministère du Travail, de Paul Dijoud pour les questions d'immigration, de Christian Beullac de nouveau au Travail, puis de Jean-François Deniau au Commerce extérieur, entre 1973 et 1981. Durant la même période, il occupe des responsabilités à l'Établissement public pour l'aménagement de la Défense (EPAD), de 1976 à 1981, ainsi qu'à la Sonacotra (devenue Adoma), de 1979 à 1981.
Des premières défaites électorales à l'entrée au gouvernement
L'entrée en politique élective d'Hervé de Charette est marquée par plusieurs revers : il perd les élections législatives à Menton en 1981, puis l'élection municipale de Nevers en 1983, où il affronte Pierre Bérégovoy. Il obtient sa première victoire électorale en 1986, en étant élu député UDF de la Nièvre. La même année, à la faveur de la première cohabitation, il est nommé ministre délégué chargé de la Fonction publique et du Plan dans le gouvernement de Jacques Chirac, fonction qu'il occupe du 20 mars 1986 au 10 mai 1988.
L'ancrage en Anjou et le retour à l'Assemblée nationale
Après l'échec de la droite aux élections de 1988, Hervé de Charette se réimplante dans le Maine-et-Loire, où il est élu député de la 6e circonscription en juin 1988, mandat qu'il conserve, avec les interruptions liées à ses fonctions ministérielles, jusqu'en juin 2012 : réélu en mars 1993, il retrouve l'Assemblée en juin 1997, puis est reconduit en 2002 et en 2007, avant d'être battu par le candidat socialiste Serge Bardy en juin 2012. Il s'implante également localement en devenant maire de Saint-Florent-le-Vieil du 17 mars 1989 au 30 mars 2014, réélu en 1995, 2001 et 2008, et en siégeant au conseil régional des Pays de la Loire de 1992 à 2010, dont il est vice-président de 1992 à 2004.
Ministre du Logement (1993-1995)
Lors du retour de la droite au pouvoir à l'issue des élections législatives de 1993, Hervé de Charette est nommé ministre du Logement dans le gouvernement d'Édouard Balladur, fonction qu'il exerce du 30 mars 1993 au 11 mai 1995.
Ministre des Affaires étrangères (1995-1997)
Ayant soutenu la candidature de Jacques Chirac contre celle d'Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle de 1995, Hervé de Charette est nommé ministre des Affaires étrangères dans les gouvernements d'Alain Juppé, du 18 mai 1995 au 2 juin 1997, succédant à Alain Juppé lui-même et cédant la place à Hubert Védrine après la dissolution de 1997. Son mandat coïncide avec la conclusion de la guerre de Bosnie : l'accord de paix mettant fin au conflit est formellement signé à Paris le 14 décembre 1995, la France assurant, sous la présidence de Jacques Chirac, l'accueil diplomatique de cette cérémonie internationale connue sous le nom d'accords de Dayton. La même période voit la diplomatie française s'engager activement en faveur du processus de paix israélo-palestinien, alors dans le prolongement des accords d'Oslo. En 1996, Hervé de Charette se rend en Algérie peu après l'enlèvement des moines de Tibhirine et modifie en cours de route le programme de son déplacement afin de s'informer sur les circonstances du drame, se fixant alors, selon ses propres mots, « une seule priorité : retrouver les moines vivants ».
Un itinéraire partisan au centre droit
Le parcours partisan d'Hervé de Charette suit les recompositions successives du centre droit français : il appartient à l'UDF-Parti républicain de 1986 à 1995, puis fonde en juillet 1995 le Parti populaire pour la démocratie française (PPDF), une composante de l'UDF qu'il dirige jusqu'en 2002. Il rejoint ensuite l'UMP en 2002, qu'il quitte en décembre 2009 pour le Nouveau Centre, avant de rallier l'UDI à sa création en 2012.
Après le mandat parlementaire
Après sa défaite de 2012, Hervé de Charette renoue avec l'exercice du droit, redevenant avocat au barreau de Paris depuis 2001. Il préside la Chambre de commerce franco-arabe à partir de 2008 ainsi que l'Institut français de finance islamique, qu'il contribue à créer en 2009. Il est l'auteur ou le coauteur de six ouvrages publiés entre 1995 et 2018, consacrés à la vie politique française, au partenariat euro-méditerranéen et à des questions juridiques. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 11 juillet 2025.
Chronologie
- 1938 - Naissance à Paris, le 30 juillet
- 1966 - Sortie de l'ENA (promotion Montesquieu) ; entrée au Conseil d'État comme auditeur, en juin
- 1973 - Maître des requêtes au Conseil d'État ; débute comme conseiller technique auprès de plusieurs ministres, jusqu'en 1981
- 1981 - Défaite aux élections législatives à Menton
- 1983 - Défaite à l'élection municipale de Nevers face à Pierre Bérégovoy
- 1986 - Élu député UDF de la Nièvre ; nommé ministre délégué chargé de la Fonction publique et du Plan, le 20 mars
- 1988 - Fin de ses fonctions ministérielles le 10 mai ; élu député de la 6e circonscription du Maine-et-Loire, en juin
- 1989 - Élu maire de Saint-Florent-le-Vieil, le 17 mars
- 1992 - Élu conseiller régional des Pays de la Loire, vice-président jusqu'en 2004
- 1993 - Réélu député, en mars ; nommé ministre du Logement, le 30 mars
- 1995 - Fin de ses fonctions au Logement le 11 mai ; fonde le PPDF en juillet ; nommé ministre des Affaires étrangères, le 18 mai
- 1997 - Fin de ses fonctions aux Affaires étrangères, le 2 juin ; réélu député en juin, après la dissolution
- 2002 - Réélu député ; rejoint l'UMP
- 2007 - Réélu député
- 2009 - Quitte l'UMP pour le Nouveau Centre, en décembre
- 2012 - Rejoint l'UDI ; battu aux élections législatives par Serge Bardy, en juin, mettant fin à son mandat de député
- 2014 - Fin de son mandat de maire de Saint-Florent-le-Vieil, le 30 mars
- 2025 - Fait chevalier de la Légion d'honneur, le 11 juillet
Mandats et responsabilités
En cours
- Union pour un mouvement populairePartiLe parti
- Union pour la démocratie françaisePartiLe parti
- Parti républicainPartiLe parti
Mandats passés
- 2007 – 2012Député13ᵉ législature
- 2002 – 2007Député12ᵉ législature
Mandats sans date connue
- Député8ᵉ législature
- Député11ᵉ législature
- Député9ᵉ législature
- Député10ᵉ législature
