Ce qu'il faut retenir
- Non documenté · Assemblée nationale, 4ᵉ circ. · Vaucluse.
- Rattaché au parti LS, groupe 12.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Jacques Bompard, né le 24 février 1943 à Montpellier (Hérault), est un chirurgien-dentiste et homme politique français, maire d'Orange (Vaucluse) de 1995 à 2021 et député du Vaucluse à plusieurs reprises entre 1986 et 2017. Catholique, il est marié à Marie-Claude Bompard, elle-même ancienne maire de Bollène, et père de cinq enfants, dont Yann, qui lui succède à la mairie d'Orange en 2021, et Guillaume, tous deux engagés à ses côtés dans la vie politique locale.
Formation et engagements de jeunesse
Jacques Bompard suit des études d'odontologie à l'université de Montpellier-I, où il obtient un doctorat en chirurgie dentaire et en sciences odontologiques. Étudiant, il milite dans plusieurs mouvements de la droite nationaliste : les comités Tixier-Vignancour de 1964 à 1966, le mouvement Occident de 1966 à 1968, dont il intègre le secrétariat national, puis Ordre nouveau de 1969 à 1972. Il préside par ailleurs la Fédération nationale des étudiants de France à la faculté des sciences de Montpellier entre 1962 et 1965, et fonde à Montpellier un réseau de soutien, "OAS Cambronne", à l'Organisation armée secrète favorable à l'Algérie française.
Débuts professionnels
Avant de s'installer comme dentiste, Jacques Bompard enseigne la physique-chimie à Nîmes, Avignon et L'Isle-sur-la-Sorgue, de 1964 à 1970. Il exerce ensuite comme chirurgien-dentiste à Orange de 1975 à 1986, tout en occupant, de 1981 à 1986, un poste d'assistant en dentisterie conservatrice à l'université de Montpellier-I.
Du Front national à la Ligue du Sud
Jacques Bompard est un membre fondateur du Front national en 1972, parti dont il reste membre jusqu'en 2005, année de son exclusion. Il rejoint alors le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, qu'il quitte à son tour en 2010 pour fonder et présider la Ligue du Sud, mouvement régionaliste et souverainiste ancré dans le Sud-Est de la France.
Mandats locaux et carrière municipale
Jacques Bompard est élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 21 mars 1986 au 23 décembre 2002, puis conseiller général du Vaucluse pour le canton d'Orange-Ouest du 25 novembre 2002 au 19 juin 2012.
Il devient maire d'Orange le 25 juin 1995, avec 24 des 35 sièges du conseil municipal, après une défaite en 1989 (16,42 % des voix). Il est réélu à quatre reprises, en 2001 (59,97 %), 2008 (60,97 %), 2014 (59,82 %) et 2020 (56,33 % au second tour), et exerce ce mandat pendant plus de vingt-six ans, jusqu'au 30 novembre 2021. Il préside également la Communauté de communes du Pays Réuni d'Orange du 24 janvier 2019 au 30 novembre 2021. Il se représente en 2026 mais est battu au second tour avec 32,47 % des voix.
Sa gestion municipale se caractérise par une forte réduction de l'endettement de la commune, ramené de 1 415 euros par habitant en 2001 à 183 euros en 2010, puis à 44 euros en 2013, un niveau que les observateurs qualifient d'exceptionnellement bas. Elle est en parallèle marquée par plusieurs décisions contestées : une réduction des subventions culturelles, notamment celles versées au festival des Chorégies, la suppression de la gratuité des transports scolaires vers les centres de loisirs, le retrait en 2013 d'une subvention exceptionnelle aux Restos du cœur après le refus de l'association de se soumettre à des réunions obligatoires de contrôle des bénéficiaires, ou encore, en septembre 2015, le refus d'accueillir des migrants. Une ordonnance municipale de décembre 2009 interdit par ailleurs les drapeaux étrangers dans les salles de mairie lors des mariages. La chambre régionale des comptes relève à plusieurs reprises un usage irrégulier de fonds publics, notamment des dépenses personnelles de confort financées par la commune. La gestion de l'administration municipale fait également l'objet, en 2019-2020, d'accusations de dissimulation de faits de violences sexuelles et sexistes.
Carrière parlementaire
Jacques Bompard est élu une première fois député du Vaucluse le 2 avril 1986, avec 18,08 % des voix au scrutin proportionnel, et siège jusqu'au 14 mai 1988. Il se présente sans succès à plusieurs législatives entre 1988 et 2007. Il retrouve un mandat de député, cette fois pour la 4e circonscription du Vaucluse, le 20 juin 2012, avec 58,77 % des voix au second tour, puis est réélu le 18 juin 2017 avec 50,37 % des suffrages. Il démissionne toutefois de son mandat le 21 août 2017, quelques semaines après sa réélection, afin de conserver son mandat de maire, alors soumis aux nouvelles règles de non-cumul des mandats, et laisse son siège de député à sa suppléante Marie-France Lorho.
Au Palais-Bourbon, il siège à la commission des lois. En octobre 2012, il interpelle le ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur la notion de "racisme anti-blancs". Il dépose plusieurs amendements et propositions de loi qui suscitent la controverse : lors du débat sur le mariage entre personnes de même sexe, des amendements de nature provocatrice visant à étendre les conditions du mariage ou à le retirer du code civil ; en septembre 2015, une proposition de loi visant à supprimer l'enseignement des langues et cultures régionales ; en 2016, un texte sur les violences faites aux femmes assimilant le droit à l'avortement à une "suppression de la vie humaine". Il soutient François Fillon lors de la primaire de la droite de 2016, puis appelle à voter pour Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017.
Condamnations judiciaires
Jacques Bompard est renvoyé en octobre 2013 devant le tribunal correctionnel pour deux faits présumés de prise illégale d'intérêts remontant à 2004-2005. Le tribunal correctionnel de Carpentras le condamne le 16 mai 2019 à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. En appel, le 25 mars 2021, la peine est aggravée à un an de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. La Cour de cassation rejette son pourvoi en novembre 2021, ce qui le contraint à démissionner de son mandat de maire. Son inéligibilité est levée par la cour d'appel de Nîmes le 27 janvier 2026.
Positionnement politique et publications
Jacques Bompard se définit comme un partisan de l'union des droites et reprend à son compte la théorie du "grand remplacement" démographique. Contributeur de la revue catholique intégriste Civitas, il défend des positions conservatrices sur l'immigration et le pluralisme culturel. Il entretient de bonnes relations avec Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, et se rapproche, pour les élections régionales de 2010, du Bloc identitaire, du Parti de la France et du Mouvement national républicain. Il soutient précocement la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022.
Il est l'auteur, avec son épouse Marie-Claude Bompard, de L'Arme alimentaire : réponse à l'assassinat prémédité du monde rural, ainsi que d'un ouvrage consacré à sa gestion municipale, Un maire au créneau : Orange, une ville gérée autrement (1997), et de Le Pen contre le Front national (2005).
Chronologie
- 1943 - Naissance le 24 février à Montpellier (Hérault)
- 1962 - Présidence de la Fédération nationale des étudiants de France à Montpellier
- 1964 - Adhésion aux comités Tixier-Vignancour ; débuts comme enseignant de physique-chimie
- 1966 - Engagement dans le mouvement Occident
- 1969 - Engagement dans Ordre nouveau
- 1972 - Membre fondateur du Front national
- 1975 - Installation comme chirurgien-dentiste à Orange
- 1986 - Élection comme conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur ; élection comme député du Vaucluse (jusqu'en 1988)
- 1989 - Défaite aux élections municipales d'Orange
- 1995 - Élection comme maire d'Orange, le 25 juin
- 1997 - Publication de Un maire au créneau : Orange, une ville gérée autrement
- 2001, 2008, 2014, 2020 - Réélections successives comme maire d'Orange
- 2002 - Élection comme conseiller général du canton d'Orange-Ouest
- 2005 - Exclusion du Front national ; adhésion au Mouvement pour la France
- 2010 - Fondation et présidence de la Ligue du Sud
- 2012 - Élection comme député de la 4e circonscription du Vaucluse, le 20 juin
- 2013 - Renvoi devant le tribunal correctionnel pour prise illégale d'intérêts
- 2017 - Réélection comme député le 18 juin ; démission du mandat de député le 21 août pour conserver la mairie
- 2019 - Condamnation en première instance à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende
- 2021 - Condamnation confirmée et aggravée en appel puis en cassation ; démission forcée de la mairie d'Orange le 30 novembre
- 2026 - Levée de l'inéligibilité par la cour d'appel de Nîmes, le 27 janvier ; défaite aux élections municipales d'Orange
Mandats et responsabilités
En cours
- Non documenté
Mandats passés
- juin – août 2017Député15ᵉ législature
- 2012 – 1899DéputéVaucluse (4e circ.)
- 2012 – 2017Député14ᵉ législature
Mandats sans date connue
- Député8ᵉ législature
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Déclarations à la HATVP · 1 compte de campagne (CNCCFP). Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
Aucun vote nominatif disponible pour le moment.
Affinité de vote
Comparez les votes de Jacques Bompard avec un autre député : taux d'accord, votes identiques et oppositions sur les scrutins communs.
