Ce qu'il faut retenir
- Ancien Député · Assemblée nationale.
Biographie
Jacques Michel Pierre Delmas, dit Jacques Chaban-Delmas, naît le 7 mars 1915 au 46 boulevard de l'Hôpital, dans le 13e arrondissement de Paris. Il est le fils de Pierre Delmas (1887-1980), ingénieur-conseil chez le constructeur automobile Delahaye, et de Georgette Barrouin (1895-1985), professeure de musique à Bordeaux. Ses parents se séparent en 1927, et sa mère se remarie l'année suivante avec Maurice Legendre, ancien pilote de chasse devenu marchand de meubles. De ce nom de résistance qu'il se choisit pendant la guerre, « Chaban », accolé plus tard à son patronyme d'état civil, naît le nom sous lequel la France entière le connaîtra : homme d'État majeur de la Ve République, il fut tour à tour l'un des plus jeunes généraux de l'histoire militaire française, maire de Bordeaux pendant près d'un demi-siècle, président de l'Assemblée nationale à trois reprises, Premier ministre de Georges Pompidou et candidat à l'élection présidentielle de 1974.
Formation et débuts professionnels
Jacques Chaban-Delmas fait ses études au lycée Lakanal, à Sceaux, où il découvre le rugby, sport auquel il restera attaché toute sa vie. Il débute très jeune dans le journalisme, en 1933, comme journaliste financier au quotidien L'Information économique et financière. Parallèlement, il poursuit des études de droit à la faculté de Paris et suit les cours de l'École libre des sciences politiques, dans la section Finances publiques, où il obtient en 1937 sa licence en droit et un diplôme d'études supérieures d'économie politique et de droit public, aux côtés de condisciples qui feront eux aussi carrière au sommet de l'État, tels Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney.
Son service militaire, effectué de 1938 à 1939 au 37e régiment d'infanterie de Bitche, le conduit à suivre une formation d'élève officier de réserve : reçu premier, il sort major de sa promotion, dite promotion du maréchal Joffre, de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en mars 1939. Sous-lieutenant, il sert en juin 1940 au sein du 75e bataillon alpin de forteresse, dans le massif de l'Authion, avant d'être démobilisé le 3 août 1940.
De Vichy à la Résistance
Dès décembre 1940, Jacques Chaban-Delmas rejoint le réseau de renseignement Hector, sous le pseudonyme de « Lakanal », emprunté au nom de son ancien lycée. Il y noue des amitiés durables, notamment avec Maurice Bourgès-Maunoury, Henri Sacquet et Félix Gaillard. De 1941 à 1942, il est agent contractuel au secrétariat d'État à la Production industrielle, sous l'autorité successive de Pierre Pucheu et François Lehideux, dans les gouvernements de l'amiral Darlan puis d'Albert Bichelonne. En mars 1943, il réussit le concours de l'Inspection des finances, tout en poursuivant, depuis la fin de l'année 1942, une activité de renseignement pour l'Organisation civile et militaire (OCM) et en établissant des contacts directs avec Londres. C'est en août 1943 qu'il adopte le pseudonyme de « Chaban », tiré du nom d'un château dont il avait vu l'écriteau.
En février 1944, il est nommé au Comité financier de la Résistance (COFI), aux côtés notamment de Guillain de Bénouville, François Bloch-Lainé, René Courtin, André Debray et Michel Debré. Dès l'été 1943, il avait rejoint la Délégation militaire du Comité français de libération nationale en France, puis, en octobre 1943, était devenu l'adjoint du délégué militaire national Louis Mangin à Paris. En mai 1944, il prend la responsabilité de la coordination militaire sur l'ensemble du territoire et assure la liaison entre les Forces françaises de l'intérieur et le haut commandement interallié auprès du général Pierre Koenig. Il est alors nommé délégué militaire national par Lazare Rachline, dit « Socrate », envoyé personnel du général de Gaulle, qui le fait recommander au grade de général de brigade alors qu'il n'est encore que lieutenant : à vingt-neuf ans, il devient l'un des plus jeunes généraux de l'histoire militaire française, le plus jeune depuis François Séverin Marceau, général à vingt-quatre ans en 1791. Il ne commandera jamais de troupes à ce titre.
Le 25 juillet 1944, il quitte Paris pour Londres afin de rendre compte des possibilités militaires de la Résistance et s'oppose à la stratégie insurrectionnelle défendue par le Comité d'action militaire (COMAC), plaidant pour une modification du plan des opérations qui permette d'épargner Paris de destructions et de massacres. Reparti de Londres le 13 août 1944 avec les ordres du général Koenig, il est déposé au Mans par les Américains le 14 août et rejoint Paris à bicyclette le 16 août. Il accueille le général Leclerc à Arpajon le 24 août et entre avec lui dans Paris le lendemain, 25 août 1944, jour de la Libération de la capitale, où il rencontre pour la première fois le général de Gaulle, gare Montparnasse. Il est ainsi l'un des quatre généraux de brigade issus des Forces françaises de l'intérieur, aux côtés de Pierre de Bénouville, Maurice Chevance-Bertin et Alfred Malleret-Joinville. Un additif à l'annuaire officiel des officiers généraux, en 1946, précisera que ce titre de général de brigade lui avait été conféré à raison de ses fonctions dans la Résistance pour la durée de sa mission, avant d'être transformé, après la Libération, en titre de général honoraire.
À la Libération, il est nommé, en novembre 1944, au cabinet du ministre de la Guerre André Diethelm, où il est chargé d'une mission d'inspection de l'armée, puis, en août 1945, devient secrétaire général du ministère de l'Information, auprès de Jacques Soustelle puis d'André Malraux. Fonctionnaire qu'il décrira lui-même comme « insoumis », il quitte ce ministère au début de 1946, en désaccord avec la politique suivie à l'égard de la presse ayant paru sous l'Occupation.
L'entrée en politique et le gaullisme du RPF
En mai 1946, après le rejet par référendum du premier projet de Constitution, Jacques Chaban-Delmas franchit le Rubicon de la politique. Trop tard pour se présenter à l'Assemblée constituante, il prend rang pour les élections de novembre 1946, hésitant entre la Charente, la Charente-Maritime et la Gironde avant de choisir ce dernier département, en raison du poids urbain de Bordeaux. Sa candidature, celle d'un Parisien « parachuté » dans le Bordelais, suscite d'abord la contrariété des radicaux locaux, qui lui préfèrent la candidature de l'amiral Émile Muselier, premier officier général à avoir rallié le général de Gaulle à Londres dès le 30 juin 1940 ; il obtient néanmoins l'investiture du parti pour l'un des sièges de la circonscription et est élu député de la Gironde le 10 novembre 1946, sous une double étiquette radicale et gaulliste, avec le soutien d'Édouard Herriot.
Le 20 juin 1946, dans le sillage du discours de Bayeux, il fonde avec René Capitant, Louis Vallon et Pierre Clostermann l'Union gaulliste pour la IVe République, qui fusionne le 7 avril 1947 dans le Rassemblement du peuple français (RPF). Il y devient une figure de premier plan, siégeant au conseil de direction et au bureau politique du mouvement, et dirige plusieurs de ses publications : L'Étincelle de 1947 à 1955, Le Rassemblement de 1948 à 1954, Liberté de l'esprit de 1949 à 1954. Il préside successivement l'intergroupe Action et vraie démocratie de l'Assemblée nationale à partir du 20 août 1947, le groupe d'action démocratique et républicaine à partir du 9 décembre 1948, puis le groupe RPF de l'Assemblée. Réélu le 17 juin 1951 en conservant sa double étiquette radicale (RGR) et gaulliste (RPF), il doit, les partis refusant désormais cette double appartenance, choisir le camp gaulliste. Après l'échec électoral du RPF, il fonde et dirige, de 1953 à 1958, l'Union des républicains d'action sociale, qui devient le Centre national des républicains sociaux ; il dirige dans le même temps le journal Le Télégramme de Paris.
Sous la IVe République, il intervient fréquemment à la tribune de l'Assemblée en faveur du retour au pouvoir du général de Gaulle et d'une révision constitutionnelle, estimant dès 1947 que l'Assemblée ne représentait plus l'opinion publique. Il s'oppose, le 13 décembre 1951, à la ratification du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, jugeant qu'une France privée de la maîtrise de son charbon et de son acier se trouverait en position d'infériorité dans la négociation relative à la défense européenne, tout en se déclarant par ailleurs européen convaincu : il milite pour la création de ce qui deviendra le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, qu'il préside du 12 janvier 1957 au 24 janvier 1960.
Les ministères de la IVe République
Jacques Chaban-Delmas est ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme dans le gouvernement de Pierre Mendès France, dont il démissionne le 14 août 1954, en désaccord avec les conclusions jugées trop conciliantes du gouvernement sur le traité de Communauté européenne de défense (CED). Le 3 septembre 1954, après le rejet du projet le 30 août et la démission des ministres partisans du texte, il reçoit le portefeuille des Travaux publics, du Logement et de la Reconstruction, qu'il conserve jusqu'à la constitution du deuxième gouvernement d'Edgar Faure. Le 13 octobre 1955, son opposition sur la question algérienne, en faveur de l'intégration des populations musulmanes dans la communauté nationale, précipite la chute du gouvernement radical d'Edgar Faure, entraînant la dissolution de l'Assemblée nationale et la constitution du Front républicain, auquel il participe aux côtés de Pierre Mendès France et de François Mitterrand.
Il est ensuite ministre d'État du gouvernement de Guy Mollet, dans lequel il appelle publiquement, dès le 30 novembre 1956, au retour rapide du général de Gaulle au pouvoir, puis ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement de Félix Gaillard. À ce titre, il inaugure le 10 mai 1958, dans le Constantinois, le centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla de Philippeville, dont il confie la direction au colonel Marcel Bigeard, centre qui deviendra l'un des symboles de la controverse sur la torture pendant la guerre d'Algérie ; il fait également partie du groupe de responsables qui poussent, avec le Commissariat à l'énergie atomique dirigé par Francis Perrin, la décision de fabriquer la première bombe nucléaire française, donnant à la France le statut de puissance nucléaire. Partisan résolu du retour au pouvoir du général de Gaulle, il ne participera pas au dernier gouvernement de la IVe République dirigé par ce dernier. Le 14 juin 1958, il crée et organise l'un des mouvements à l'origine de la future UNR, le Mouvement pour la Ve République, devenu le 22 juillet 1958 l'Union civique pour le référendum, présidée par Louis Pasteur Vallery-Radot. Il résumera plus tard sa position sous la IVe République en expliquant avoir accompagné la traversée du désert du général de Gaulle tout en restant, à titre personnel, engagé dans les structures du régime que ce dernier dénonçait.
Maire de Bordeaux pendant près d'un demi-siècle (1947-1995)
Élu maire de Bordeaux en octobre 1947, Jacques Chaban-Delmas conserve cette fonction sans discontinuer pendant quarante-sept ans, sept mois et vingt-trois jours, jusqu'au 18 juin 1995, ce qui fait de lui l'un des maires ayant exercé le plus longtemps une grande ville française. Confronté dès son élection aux urgences du Bordeaux de l'après-guerre, où l'estuaire encombré d'épaves allemandes bloque pendant trois ans l'activité maritime dont dépend l'économie locale, il engage la reconstruction du quartier de la place de la Bourse et lance les premiers grands programmes de logement, aux Claveau, à la Carreire et à la Benauge.
Il fait de Bordeaux un pôle industriel de l'aéronautique et du spatial, en parallèle de l'essor toulousain de l'aviation civile. En juin 1958, la municipalité, propriétaire de mille hectares de terrain inondable au nord de la ville, engage l'assèchement du marais qui donnera naissance au lac artificiel de cent soixante hectares de Bordeaux-Lac. Il porte également, à partir de 1959, la construction du grand ensemble du Grand Parc, quatre mille logements HLM organisés autour d'une vaste zone verte, achevé en 1975 et destiné notamment à accueillir les rapatriés d'Algérie et les habitants déplacés par la restructuration du quartier de Mériadeck ; dans les années 1980, il fait réhabiliter la cité des Aubiers, dont la conception initiale était devenue le symbole d'une erreur architecturale. L'implantation de l'usine Ford à Blanquefort provoque, à l'été 1970, ce qui est resté sous le nom de « bataille de Bordeaux ».
En matière d'infrastructures, il fait construire le pont d'Aquitaine, ouvert en 1967, pour soulager le pont de pierre, alors l'un des principaux goulets d'étranglement routiers de France, et accompagne en 1987 la modernisation de la gare de Bordeaux-Saint-Jean en vue de l'arrivée du TGV Atlantique. En 1958, il fait le choix de l'abandon du tramway au profit de l'automobile et de l'autobus, un choix qu'il tente, en toute fin de mandat, de corriger en portant un projet de métro léger de type VAL, approuvé par la communauté urbaine de Bordeaux en 1986 mais finalement abandonné en 1994, après le rejet du traité de concession et l'annulation, par le Conseil d'État, de la déclaration d'utilité publique.
Sur le plan culturel, il est à l'origine de la création de plusieurs institutions bordelaises majeures : le musée d'Aquitaine (1963), le Centre national Jean-Moulin (1967), le musée des Arts décoratifs, le CAPC-musée d'art contemporain (1983), le musée national des Douanes (1984), la bibliothèque Mériadeck (1991) et le Musée Goupil (1991), ainsi que CAP Sciences (1995). Il soutient, dès 1965 et malgré l'opposition d'une partie de son conseil municipal, la création du festival d'avant-garde Sigma, dont il assure année après année le financement. Attentif à la vie sportive de la ville, il fait construire de nombreux équipements et soutient l'ensemble des clubs bordelais, tandis que la ville accueille à quarante-six reprises une étape du Tour de France. Sur le plan social, il crée des foyers-restaurants pour les personnes âgées, met en place un dispositif de sédentarisation des populations tsiganes, un comité de prévention de la délinquance, et soutient publiquement, dès 1985, l'initiative des Restaurants du cœur lancée par Coluche.
Sa popularité lui vaut, dans le Bordelais, le surnom de « Duc d'Aquitaine ». Elle est mise à l'épreuve à l'occasion de l'élection législative partielle du 20 septembre 1970, provoquée par la mort de son suppléant après sa nomination à la tête du gouvernement : Jean-Jacques Servan-Schreiber, dirigeant du Parti radical, se présente contre lui pour tenter de donner un tour national à l'élection, mais échoue dès le premier tour, le Premier ministre étant réélu avec 68,6% des suffrages contre 16,6% pour son adversaire.
Trois fois président de l'Assemblée nationale
Jacques Chaban-Delmas est élu, le 9 décembre 1958, premier président de l'Assemblée nationale de la Ve République, face à Paul Reynaud, en faisant figure de candidat du général de Gaulle ; il est réélu en 1962, 1967 et 1968, exerçant cette fonction sans interruption jusqu'au 20 juin 1969, date de sa nomination à Matignon. Il retrouve le perchoir à deux reprises par la suite, du 3 avril 1978 au 21 mai 1981, puis du 2 avril 1986 au 14 mai 1988. Dès son installation, en 1958, il affirme vouloir préserver le lien entre la représentation nationale et le peuple ; en 1967, il modifie le règlement de l'Assemblée pour donner aux présidents de groupes un rôle accru dans la fixation de l'ordre du jour, et engage, dès 1969, un projet, finalisé en 1974, permettant à chaque député de disposer d'un bureau personnel. C'est également en tant que président de l'Assemblée qu'il théorise, à partir de 1959, la notion de « domaine réservé », selon laquelle certains domaines, la défense et la politique étrangère notamment, permettraient au président de la République de travailler directement avec les ministres concernés, en marge du contrôle gouvernemental ordinaire. Il dirige par ailleurs, pendant trente-neuf ans, les publications officielles du mouvement gaulliste, Notre République sous l'UNR de 1958 à 1962, puis La Lettre de la nation. Dans ses mémoires, L'Ardeur, publiés en 1975, il décrira la fonction présidentielle par cette formule restée célèbre : le fauteuil de président serait un « tonneau de vigie » d'où l'on peut voir « lever les tempêtes ».
Premier ministre de Georges Pompidou (1969-1972)
Après avoir mené une campagne active en faveur du « oui » au référendum du 27 avril 1969, dont l'échec entraîne la démission du général de Gaulle, Jacques Chaban-Delmas soutient la candidature de Georges Pompidou à l'élection présidentielle anticipée. Élu président de la République, celui-ci le nomme Premier ministre le 20 juin 1969 : ce choix vaut à Pompidou à la fois la caution des gaullistes historiques, dont Chaban-Delmas, ancien de la Résistance, est l'une des figures, et l'ouverture vers le centre gauche. Son cabinet accueille des personnalités venues du mendésisme, comme Simon Nora, ou appelées à un grand avenir, comme Jacques Delors, chargé des questions sociales. Fin connaisseur du monde parlementaire, soucieux de préserver les prérogatives du Parlement, il constitue un gouvernement où siègent massivement les « barons » du gaullisme, aux côtés de centristes ralliés et d'une vingtaine de secrétaires d'État nommés à la demande du président de la République.
Le 16 septembre 1969, dans un discours de politique générale resté dans les mémoires, il présente le projet de « Nouvelle société », d'inspiration réformiste et centriste sur le plan social, par lequel il entend moderniser les rapports sociaux et l'action de l'État. Sa gestion de Matignon prend fin le 5 juillet 1972, lorsque Georges Pompidou le remplace par Pierre Messmer, dans le contexte d'une controverse publique suscitée par la révélation du montant, jugé anormalement faible au regard de son train de vie, de son imposition sur le revenu.
La candidature présidentielle de 1974 et la « chabanisation »
À la mort de Georges Pompidou, en avril 1974, Jacques Chaban-Delmas se présente comme le candidat du mouvement gaulliste à l'élection présidentielle. Il doit affronter la concurrence, au sein même de la majorité sortante, du ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing, ainsi que la candidature unique de la gauche portée par François Mitterrand. Il est éliminé dès le premier tour, arrivant en troisième position avec 15,11% des suffrages exprimés, loin derrière François Mitterrand (43,25%) et Valéry Giscard d'Estaing (32,60%), qui s'affrontent seuls au second tour. Cet échec électoral, retentissant pour un ancien Premier ministre et président de l'Assemblée nationale, donne naissance au néologisme de « chabanisation », désignant depuis lors la marginalisation rapide et brutale d'un favori dans une compétition électorale.
Les régions d'Aquitaine, puis le retrait de la vie politique
Après cet échec, Jacques Chaban-Delmas se recentre sur ses mandats bordelais et régionaux. Il préside le conseil régional d'Aquitaine du 4 janvier 1974 au 23 janvier 1979, puis à nouveau du 15 avril 1985 au 17 juin 1988. Il retrouve entre-temps la présidence de l'Assemblée nationale à deux reprises, comme indiqué plus haut, avant d'exercer un ultime mandat de député, du 23 juin 1988 au 21 avril 1997, mettant fin, au terme de plus de cinquante ans, à sa présence continue dans la vie parlementaire française. Il quitte la mairie de Bordeaux le 18 juin 1995, après quarante-sept années à la tête de la ville.
Mort et hommages
Jacques Chaban-Delmas meurt le 10 novembre 2000 à Paris, dans le 7e arrondissement, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, des suites d'un infarctus du myocarde. Il est inhumé à Ascain, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Chronologie
- 1915 - Naissance le 7 mars à Paris, sous le nom de Jacques Michel Pierre Delmas
- 1939 - Sort major de sa promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr
- 1940 - Démobilisation le 3 août ; entrée dans la Résistance en décembre, sous le pseudonyme « Lakanal »
- 1943 - Réussite au concours de l'Inspection des finances ; adoption du pseudonyme de résistant « Chaban »
- 1944 - Nommé délégué militaire national et général de brigade à titre exceptionnel ; participation à la Libération de Paris le 25 août
- 1946 - Élection comme député de la Gironde (10 novembre) ; fondation de l'Union gaulliste pour la IVe République
- 1947 - Fusion de son mouvement dans le Rassemblement du peuple français ; élection comme maire de Bordeaux (octobre)
- 1954 - Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme sous Pierre Mendès France
- 1955 - Chute du gouvernement Edgar Faure sur la question algérienne
- 1957 - Présidence de l'organisme qui deviendra le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, jusqu'en 1960
- 1958 - Ministre de la Défense nationale sous Félix Gaillard ; création du Mouvement pour la Ve République (14 juin) ; élection comme président de l'Assemblée nationale, premier de la Ve République (9 décembre)
- 1967 - Construction du pont d'Aquitaine, à Bordeaux
- 1969 - Nomination comme Premier ministre par Georges Pompidou (20 juin) ; discours sur la « Nouvelle société » (16 septembre)
- 1970 - Réélection triomphale comme député de Bordeaux face à Jean-Jacques Servan-Schreiber (20 septembre)
- 1972 - Démission de Matignon, remplacé par Pierre Messmer (5 juillet)
- 1974 - Élection comme président du conseil régional d'Aquitaine ; élimination au premier tour de l'élection présidentielle avec 15,11% des voix, donnant naissance au terme de « chabanisation »
- 1975 - Publication de ses mémoires, L'Ardeur
- 1978 - Retour à la présidence de l'Assemblée nationale, jusqu'en 1981
- 1986 - Nouveau retour à la présidence de l'Assemblée nationale, jusqu'en 1988 ; présidence du conseil régional d'Aquitaine, jusqu'en 1988
- 1995 - Fin de son mandat de maire de Bordeaux (18 juin), après quarante-sept ans
- 1997 - Fin de son dernier mandat de député (21 avril)
- 2000 - Mort le 10 novembre à Paris, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans ; inhumation à Ascain
Mandats et responsabilités
En cours
- Union des démocrates pour la RépubliquePartiLe parti
- Rassemblement pour la RépubliquePartiLe parti
- Union pour la nouvelle RépubliqueParti
- Parti républicain, radical et radical-socialistePartiLe parti
- Rassemblement du peuple françaisParti
Mandats sans date connue
- Député4ᵉ législature
- Député1ᵉ législature
- Député2ᵉ législature
- Député9ᵉ législature
- Député7ᵉ législature
- Député5ᵉ législature
- Député3ᵉ législature
- Député10ᵉ législature
- Député8ᵉ législature
- Député6ᵉ législature
