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Collectivité

Jacques DUCLOS

Conseiller municipal · Saint-Dézéry

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Saint-Dézéry.
  • Conseiller municipal de Saint-Dézéry depuis le 18 mai 2020.
  • Commune de rattachement : Saint-Dézéry, département Gard.
  • Fiche de la commune : Saint-Dézéry.

Biographie

Jacques Duclos naît le 2 octobre 1896 à Louey, dans les Hautes-Pyrénées, et meurt le 25 avril 1975 à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, à l'âge de 78 ans. Figure majeure du Parti communiste français pendant un demi-siècle, il en dirige de fait les instances pendant les longues années de maladie de Maurice Thorez et devient, en 1969, le candidat communiste à l'élection présidentielle ayant obtenu le meilleur score de l'histoire du parti. Fils d'Antoine Duclos, artisan-charpentier et aubergiste, et d'Anne Louise Cazanave, couturière, il grandit dans une fratrie de quatre garçons, dont son frère Jean revient défiguré de la Première Guerre mondiale. Sa langue maternelle est l'occitan, et il mesure 1,56 mètre.

Origines et jeunesse

Après une scolarité à l'école primaire de Louey, Jacques Duclos quitte les Hautes-Pyrénées pour Paris en octobre 1912. Il y devient ouvrier-pâtissier, puis chef-pâtissier, métier qu'il exerce jusqu'en 1924, tout en complétant ses revenus par des activités de claque au théâtre. En 1914, il suit de près la campagne électorale de Marcel Cachin, future figure du mouvement communiste, rencontre qui marque le début de son intérêt pour la politique.

La Première Guerre mondiale

Mobilisé en avril 1915, à dix-huit ans et demi, Jacques Duclos combat dans l'infanterie et participe à la bataille de Verdun. En avril 1917, il est fait prisonnier au Chemin des Dames et passe le reste du conflit en captivité en Allemagne, puis affecté à des travaux agricoles. Il est libéré à l'Armistice, en novembre 1918, et n'est démobilisé qu'en septembre 1919.

L'engagement communiste (1920-1926)

Jacques Duclos adhère à la Section française de l'Internationale communiste (SFIC), ancêtre du Parti communiste français, le 30 décembre 1920. Il devient dès 1921 secrétaire de la section du 10e arrondissement de Paris. En 1924, il suit la première école des cadres du parti, organisée à Bobigny, et se présente sans succès aux élections législatives dans le département de la Seine. Deux ans plus tard, en 1926, il est élu membre du comité central du parti.

Député de la Seine sous la Troisième République (1926-1932)

Le 28 mars 1926, Jacques Duclos est élu député de la Seine lors d'une élection partielle où il bat deux figures de la droite, Paul Reynaud et Henri de Kérillis. Il est réélu le 29 avril 1928, cette fois contre Léon Blum. Il siège à l'Assemblée jusqu'au 31 mai 1932, date à laquelle il est battu de justesse par Marcel Déat, sur le score de 7 909 voix contre 7 561.

Responsabilités partisanes et missions internationales (1926-1939)

Durant cette période, Jacques Duclos occupe la fonction de secrétaire du groupe communiste à l'Assemblée nationale et devient, en janvier 1936, responsable de la propagande du PCF. Il est nommé secrétaire général du groupe communiste, fonction qu'il conservera jusqu'en 1958. Sur le plan international, il est chargé de missions de supervision auprès du Parti communiste espagnol, en 1930-1931 puis en 1935, et auprès du Parti communiste de Belgique en 1934-1935. En 1935, il est élu membre titulaire du Comité exécutif de l'Internationale communiste, confirmant son rang parmi les dirigeants du mouvement communiste international.

Retour à l'Assemblée nationale (1936-1940)

Jacques Duclos est élu, le 3 mai 1936, député de la 1re circonscription de Sceaux, avec cinq mille voix d'avance, et siège du 1er juin 1936 au 20 janvier 1940. Le 4 juin 1936, il est élu vice-président de la Chambre des députés, fonction qu'il exerce jusqu'au 9 janvier 1940, en étant réélu à ce poste chaque année, le 12 janvier 1937, le 13 janvier 1938 et le 10 janvier 1939.

Vie personnelle et activités culturelles

Le 4 janvier 1937, Jacques Duclos épouse Gilberte Louise Roux, infirmière née en 1911 et morte en 1990. Le couple réside d'abord au 258 bis rue de Paris, à Montreuil, à partir de 1937, puis dans un pavillon mis à sa disposition par le parti, à partir du début de 1939. Passionné d'histoire en autodidacte, Jacques Duclos est à l'origine du musée de l'Histoire vivante de Montreuil, inauguré en mars 1939.

La clandestinité (1939-1944)

En septembre 1939, après la dissolution du Parti communiste français, Jacques Duclos quitte la France. Il séjourne à Bruxelles, d'octobre 1939 à juin 1940, aux côtés du représentant du Komintern Eugen Fried. Le 21 janvier 1940, il est déchu de son mandat de député, puis condamné, le 3 avril 1940, par le 3e tribunal militaire de Paris à cinq ans de prison, cinq mille francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques et politiques.

De retour à Paris vers le 15 juin 1940, il est désigné le 5 août 1940, par directive de l'Internationale communiste, responsable du Parti communiste clandestin, fonction qu'il occupe jusqu'à la Libération, en août 1944. Il vit alors dans une série de résidences clandestines, d'abord des habitations à bon marché parisiennes, puis à Bourg-la-Reine, avant de s'installer, à partir de décembre 1941, dans la villa de l'Oasis, à Villebon-sur-Yvette. Il est le principal rédacteur de la presse communiste clandestine durant toute cette période. Le 25 août 1944, il fait une entrée triomphale à Paris aux côtés de Benoît Frachon.

De la Libération à la fin de la Quatrième République

Jacques Duclos siège à l'Assemblée consultative provisoire du 7 novembre 1944 au 3 août 1945, puis est élu à l'Assemblée constituante le 21 octobre 1945, pour le département de la Seine. Il est réélu à la seconde Assemblée constituante le 2 juin 1946, puis à l'Assemblée nationale le 10 novembre 1946, le 17 juin 1951 et le 2 janvier 1956, dans la 6e circonscription de la Seine, siégeant sans interruption du 6 novembre 1945 au 5 décembre 1958.

Du 8 novembre 1945 au 10 janvier 1950, il exerce la fonction de vice-président de l'Assemblée nationale, réélu à ce poste chaque année entre 1946 et 1949. Il préside par ailleurs le groupe communiste à l'Assemblée nationale du 6 novembre 1945 au 5 décembre 1958.

Secrétaire général par intérim du Parti communiste français

Le 10 octobre 1950, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, est victime d'une hémiplégie qui l'écarte durablement de la direction du parti. Jacques Duclos assure alors, du 17 juin 1950 au 10 avril 1953, le secrétariat général par intérim du PCF. Durant cette période et dans les années qui suivent, il est associé à la gestion de plusieurs crises internes au parti, marquées par l'exclusion d'André Marty et de Charles Tillon en 1952, de Georges Guingouin la même année, puis d'Auguste Lecœur en 1954.

Le « complot des pigeons » (1952)

Le 28 mai 1952, une manifestation organisée contre la venue en France du général américain Matthew Ridgway, alors commandant des forces de l'OTAN en Europe, est interdite par les autorités. Jacques Duclos est arrêté peu après, à la suite de la découverte controversée de pigeons dans le coffre de sa voiture, épisode resté connu sous le nom de « complot des pigeons ». Il est incarcéré un peu plus d'un mois à la prison de la Santé.

Sénateur de la Seine puis de Seine-Saint-Denis (1959-1975)

Avec l'instauration de la Cinquième République, Jacques Duclos est élu sénateur de la Seine le 26 avril 1959 et siège à ce titre jusqu'au 22 septembre 1968, date à laquelle il est réélu sénateur du nouveau département de Seine-Saint-Denis, mandat qu'il conserve jusqu'à sa mort, en 1975. Du 30 avril 1959 jusqu'à son décès, il préside le groupe communiste au Sénat, soit près de seize années consécutives. Il est notamment membre de la commission des Finances entre 1959 et 1962, puis de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées à partir de 1968, ainsi que de la commission des Affaires économiques et du Plan. Ses interventions parlementaires portent en particulier sur la rationalisation de l'enseignement public, la justice fiscale, qu'il défend notamment par des propositions de nationalisation bancaire, ainsi que sur le logement, les retraites des anciens combattants et la dénonciation des politiques de répression.

La candidature à l'élection présidentielle de 1969

Après la démission du général de Gaulle en avril 1969, Jacques Duclos est désigné candidat du Parti communiste français à l'élection présidentielle. Il obtient au premier tour 4 808 285 voix, soit 21,27 % des suffrages exprimés, se classant en troisième position, à quelques encablures du centriste Alain Poher. Ce résultat, le meilleur jamais obtenu par un candidat communiste à une élection présidentielle en France, devance largement les autres candidats situés à sa gauche ou proches de la gauche non communiste : Gaston Defferre (5 %), Michel Rocard (3,6 %), Louis Ducatel (1,3 %) et Alain Krivine (1,1 %). Entre les deux tours, Jacques Duclos refuse de donner une consigne de vote entre Georges Pompidou et Alain Poher, résumant sa position par la formule restée célèbre : « c'est blanc bonnet et bonnet blanc ». Le 17 février 1970, il est l'invité du tout premier numéro de l'émission télévisée À armes égales.

Activités éditoriales et associatives

De 1947 à 1968, Jacques Duclos dirige Démocratie nouvelle, revue mensuelle consacrée à la politique mondiale. À partir de 1962 et jusqu'à sa mort en 1975, il préside l'Association des amis de la Commune de Paris, fondée en 1882.

Œuvre écrite

Jacques Duclos est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, publiés pour l'essentiel aux Éditions sociales. Il rédige entre 1968 et 1973 ses Mémoires, en six tomes et sept volumes, publiés chez Fayard et couvrant l'ensemble de sa vie de 1896 à 1969. Parmi ses autres publications figurent Batailles pour la République (1947), Écrits de prison (1952), recueil de textes rédigés lors de son incarcération de 1952, et Ce que je crois (1975), publié l'année de sa mort.

Derniers mois et mort

Hospitalisé une première fois en janvier 1975, Jacques Duclos effectue en avril de la même année un voyage à Louey, son village natal, pour le tournage d'un documentaire télévisé. Il est hospitalisé une nouvelle fois pour une congestion pulmonaire et meurt à son domicile de Montreuil le 25 avril 1975. Ses obsèques, le 29 avril 1975, rassemblent près de 200 000 personnes sur le trajet reliant la place du Colonel-Fabien au cimetière du Père-Lachaise, où il est inhumé, division 97. Les oraisons funèbres sont prononcées par Dolores Ibárruri, figure du communisme espagnol, Boris Ponomarev, représentant du Parti communiste d'Union soviétique, et Georges Marchais, secrétaire général du PCF, qui prononce le dernier discours.

Postérité

En 1975, l'Union soviétique émet un timbre-poste à l'effigie de Jacques Duclos. Une rue de Saint-Pétersbourg porte son nom, de même qu'une rue de Berlin-Est lui fut consacrée en 1976 sous le nom de Jacques-Duclos-Straße, avant d'être rebaptisée en 1992 après la réunification allemande. En France, de nombreuses rues, avenues, places et parcs portent son nom, notamment dans les Hautes-Pyrénées, à Tarbes, Andrest, Soues, Bordères-sur-l'Échez, Capvern et Salles-Adour, à Montreuil, où une place porte son nom, ainsi que dans plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, dont Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis, Stains et Villepinte, et dans d'autres communes françaises telles que Guyancourt, Les Clayes-sous-Bois, Palaiseau, Sainte-Geneviève-des-Bois, Villejuif, Avion, Billy-Montigny, Blangy-sur-Bresle, Équihen-Plage, Escaudain, Gonfreville-l'Orcher, Montataire, Saint-Leu-d'Esserent et La Réunion. En 2022, son nom est retiré du parc du Blanc-Mesnil, en raison de propos homophobes qui lui sont attribués. Sa bibliothèque personnelle est léguée par son épouse Gilberte à la commune de Louey.

Chronologie

  • 1896 - Naissance à Louey, dans les Hautes-Pyrénées, le 2 octobre
  • 1912 - Départ pour Paris, où il devient ouvrier-pâtissier
  • 1915 - Mobilisation dans l'infanterie
  • 1917 - Fait prisonnier au Chemin des Dames
  • 1918 - Libéré à l'Armistice
  • 1920 - Adhésion à la SFIC, le 30 décembre
  • 1926 - Élu député de la Seine, le 28 mars ; élu membre du comité central du PCF
  • 1928 - Réélu député de la Seine
  • 1932 - Battu aux élections législatives par Marcel Déat
  • 1935 - Élu membre titulaire du Comité exécutif de l'Internationale communiste
  • 1936 - Élu député de la 1re circonscription de Sceaux ; vice-président de la Chambre des députés
  • 1937 - Mariage avec Gilberte Roux, le 4 janvier
  • 1939 - Inauguration du musée de l'Histoire vivante de Montreuil ; départ de France après la dissolution du PCF
  • 1940 - Déchéance de son mandat de député et condamnation par un tribunal militaire ; retour à Paris ; responsable du PCF clandestin à partir d'août
  • 1944 - Entrée à Paris libérée aux côtés de Benoît Frachon, le 25 août
  • 1945 - Élu à l'Assemblée constituante ; vice-président de l'Assemblée nationale
  • 1950 - Secrétaire général par intérim du PCF, à la suite de l'hémiplégie de Maurice Thorez
  • 1952 - Arrestation dans l'affaire dite du « complot des pigeons » et incarcération à la Santé
  • 1959 - Élu sénateur de la Seine, le 26 avril
  • 1968 - Réélu sénateur, pour le nouveau département de Seine-Saint-Denis
  • 1969 - Candidat du PCF à l'élection présidentielle, avec 21,27 % des voix au premier tour
  • 1975 - Mort à Montreuil, le 25 avril ; obsèques rassemblant près de 200 000 personnes

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