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Collectivité

Jacques DUHAMEL

Conseiller municipal · Vioménil

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Vioménil.
  • Conseiller municipal de Vioménil depuis le 18 mai 2020.
  • 5 mandats recensés : conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Vioménil, département Vosges.
  • Fiche de la commune : Vioménil.

Biographie

Jacques Jean François Joseph Duhamel, né le 24 septembre 1924 dans le 6e arrondissement de Paris et mort le 8 juillet 1977 dans le 5e arrondissement de la capitale, est un haut fonctionnaire et homme politique français, figure marquante du centrisme sous la Ve République. Ministre de l'Agriculture puis des Affaires culturelles sous Georges Pompidou, maire de Dole et cofondateur, avec Jean Lecanuet, du Centre démocrate puis du Mouvement réformateur, il meurt prématurément à 52 ans d'une maladie dégénérative. Il est le fils de l'économiste Jean Duhamel (1893-1940), délégué général puis vice-président du Comité central des houillères de France et directeur général de la Société générale d'immigration, par ailleurs administrateur du quotidien économique La Journée industrielle.

Jeunesse et engagement dans la Résistance

Adolescent au moment de l'occupation allemande, Jacques Duhamel rejoint la Résistance dès l'âge de dix-sept ans, un engagement précoce qui marque durablement sa formation civique.

Formation : Sciences Po, le droit et l'ENA

Il obtient en 1944 un diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris, orienté vers les finances publiques, et complète ce parcours par une licence en droit. Il figure parmi les élèves de la toute première promotion de l'École nationale d'administration, la promotion « France combattante » (1946-1947), aux côtés d'autres futurs responsables de l'État.

Sept années dans l'entourage d'Edgar Faure

Diplômé de l'ENA, Jacques Duhamel entre au Conseil d'État comme maître des requêtes, puis rejoint l'entourage d'Edgar Faure, qu'il sert pendant près de sept ans comme chargé de mission, sous-directeur puis directeur de cabinet au ministère des Finances. C'est lui qui fait entrer dans l'équipe de Faure deux jeunes collaborateurs promis à un grand avenir, Simon Nora et Valéry Giscard d'Estaing. Lorsque Edgar Faure succède à Pierre Mendès France à la tête du gouvernement, Jacques Duhamel devient son directeur de cabinet et joue un rôle actif dans le règlement de la question marocaine : il contribue à préparer le retour d'exil de Madagascar du sultan Mohammed V, à travers la conférence d'Aix-les-Bains puis les accords de La Celle-Saint-Cloud, évitant une extension du conflit dans le Rif et l'Atlas. Après la chute, dans des conditions controversées, du gouvernement Faure en février 1955, il devient directeur général du Centre national du commerce extérieur.

Entrée en politique : député du Jura

Jacques Duhamel revient sur le devant de la scène politique le 25 novembre 1962, en remportant la 2e circonscription du Jura sous la bannière de « l'Union des non », alliance du MRP et des radicaux hostiles à la réforme constitutionnelle instaurant l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Le soutien d'Edgar Faure et le changement de circonscription de son adversaire favorisent son élection. Le journaliste Pierre Viansson-Ponté résume alors la relation qui se noue entre l'élu et son département d'adoption par une formule restée célèbre : « Il a conquis le Jura, mais le Jura l'a conquis à son tour. » À partir de 1968, il dirige la Société jurassienne de presse et d'édition, enracinant son implantation locale.

Il est réélu en 1967 puis en 1968 sous l'étiquette du Progrès et démocratie moderne (PDM), parti qu'il préside, puis qu'il rebaptise en 1969 Centre démocratie et progrès (CDP). Il se fait, au fil de ces mandats, une réputation de fin connaisseur de la procédure parlementaire.

Maire de Dole

Le 20 mai 1968, Jacques Duhamel devient maire de Dole, dans le Jura, fonction qu'il exerce jusqu'au 16 janvier 1976, date à laquelle des raisons de santé le contraignent à démissionner. Son successeur, Armand Truchot, sera battu en 1977 par le socialiste Jean-Pierre Santa Cruz.

Deux mandats de député du Jura

Jacques Duhamel est élu une première fois le 25 novembre 1962 sous l'étiquette du Rassemblement démocratique (RD), puis réélu le 12 mars 1967 et le 30 juin 1968 sous celle du PDM ; il exerce ce mandat jusqu'au 22 juillet 1969, date de son entrée au gouvernement. Il retrouve un siège de député le 2 avril 1973, sous l'étiquette du CDP alors rebaptisé, mandat qu'il conserve jusqu'à sa mort le 8 juillet 1977, en passant du groupe de l'Union centriste (1973-1974) à celui des Réformateurs, Centristes et Démocrates sociaux (1974-1977).

Le soutien à Georges Pompidou et l'entrée au gouvernement

En 1969, Jacques Duhamel choisit de soutenir la candidature de Georges Pompidou à l'élection présidentielle plutôt que celle du centriste Alain Poher, un choix qui lui vaut d'entrer au gouvernement de Jacques Chaban-Delmas.

Ministre de l'Agriculture (1969-1971)

Du 22 juin 1969 au 7 janvier 1971, Jacques Duhamel est ministre de l'Agriculture. Il conduit à ce poste une politique de modernisation agricole qui s'inscrit dans le cadre de la « Nouvelle société » portée par Jacques Chaban-Delmas, marquée par une volonté d'innovation et de participation des citoyens à la vie économique et sociale.

Ministre des Affaires culturelles (1971-1973) : « insérer la culture dans la vie quotidienne »

Le 7 janvier 1971, Jacques Duhamel devient ministre des Affaires culturelles, poste qu'il occupe jusqu'au 28 mars 1973. Il y développe une politique volontariste, portée par l'ambition d'« insérer la culture dans la vie quotidienne » des Français.

Il met en place une politique contractuelle entre l'État et les institutions culturelles, télévision, cinéma, compagnies théâtrales décentralisées, créant des mécanismes de partenariat systématique. Le Conseil pour le développement culturel, instance éphémère créée conjointement avec son ministère, donne naissance au Fonds d'intervention culturelle, dispositif de financement interministériel novateur qui perdurera jusqu'en 1985, bien au-delà de l'existence du Conseil lui-même.

Sur le plan des arts plastiques, il étend à l'ensemble des bâtiments publics le régime du « 1 % artistique », qui impose de consacrer 1 % du coût de construction d'un édifice public à une œuvre d'art, démocratisant ainsi l'intégration de la création contemporaine dans la commande architecturale.

Jacques Duhamel met également fin à des pratiques de censure politique et nomme à des postes de responsabilité des personnalités de sensibilité progressiste : il porte ainsi Jack Lang et Roger Planchon à la tête du Théâtre national populaire de Villeurbanne, marquant son ouverture à l'innovation théâtrale contemporaine malgré son propre positionnement centriste. Son action ministérielle affiche par ailleurs l'ambition d'éveiller la sensibilité des enfants aux œuvres d'art, de tenir compte des capacités d'apprentissage des adultes, de maîtriser l'aménagement de l'environnement et de contrôler l'impact social des nouvelles technologies audiovisuelles alors en plein essor. C'est également durant son passage au ministère que se maintient et se développe le soutien de l'État au festival d'Avignon, fondé par Jean Vilar, qui s'inscrit dans cette politique de soutien aux grandes manifestations de création et de décentralisation théâtrale.

Après les élections législatives de 1973, et malgré l'insistance rapportée du président Pompidou pour qu'il demeure au gouvernement, Jacques Duhamel démissionne de l'ensemble de ses fonctions ministérielles, sa maladie progressant.

Cofondateur du Centre démocrate puis du Mouvement réformateur

Sur le plan partisan, Jacques Duhamel est l'une des chevilles ouvrières de la recomposition du centrisme français dans les années 1960 et 1970. Il préside le Progrès et démocratie moderne (PDM) avant de le transformer, en 1969, en Centre démocratie et progrès (CDP), qu'il dirige aux côtés de Jean Lecanuet, alors président du Centre démocrate. Les deux formations, unies par la volonté de proposer une alternative centriste au face-à-face entre gaullistes et gauche, convergent ensuite au sein du Mouvement réformateur, dont Jacques Duhamel est l'un des artisans, contribuant à structurer durablement cette famille politique.

Maladie et mort

Les dernières années de la vie de Jacques Duhamel sont marquées par une maladie dégénérative du cervelet, qui l'affaiblit progressivement et le conduit à quitter le gouvernement en 1973. Il meurt le 8 juillet 1977, à l'âge de 52 ans, à son domicile du 5e arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière de la Guicharde, à Sanary-sur-Mer, dans le caveau familial Duhamel-Funck-Brentano.

Vie familiale

Jacques Duhamel épouse Colette Rousselot (1924-2007), codirectrice et copropriétaire, avec sa sœur Nadine Bolloré, des éditions de la Table Ronde, maison héritée de son beau-père Maurice Bourdel. Après la mort de Jacques Duhamel, Colette se remarie avec l'éditeur Claude Gallimard. Le couple a eu quatre fils : Jérôme (1948-1971), élève de l'ENA marié en 1969 à Nathalie Claret de Fleurieu, mort dans un accident de voiture près de Toulon ; Olivier (né en 1950), professeur émérite de droit constitutionnel à Sciences Po Paris et personnalité télévisuelle spécialisée dans la vie politique ; Stéphane (né en 1951), ancien président de RTL et du quotidien La Provence ; et Gilles (né en 1952), médecin et inspecteur général des affaires sociales, conseiller technique de Bernard Kouchner puis de Dominique Gillot au ministère de la Santé. Sa sœur jumelle, Monique (1924-2009), est la mère de l'homme d'affaires Thierry Funck-Brentano, compagnon puis, en 2009, époux de l'actrice Marie-France Pisier.

Décorations et hommages posthumes

Jacques Duhamel est, à titre de président du Conseil, commandeur de l'ordre du Mérite agricole (1969) et commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (1971). La salle du Palais des congrès du Touquet-Paris-Plage porte son nom, en reconnaissance de son aide ministérielle au financement de l'école hôtelière de la ville. Une place Jacques-Duhamel est inaugurée le 22 octobre 2016 dans le 5e arrondissement de Paris, face à l'île de la Cité, en présence de ses trois fils survivants, de la maire du 5e arrondissement Florence Berthout et du président du MoDem François Bayrou. Une exposition lui est également consacrée à Dole en mars 2018, organisée par l'Association des amis de Jacques Duhamel. Son fils Olivier lui a consacré, avec sa mère, une biographie en partie romancée, Colette et Jacques, publiée en janvier 2019.

Chronologie

  • 1924 - Naissance à Paris, le 24 septembre
  • 1941 - Engagement dans la Résistance
  • 1944 - Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris
  • 1946 - Entrée à l'École nationale d'administration, promotion France combattante
  • 1948 - Maître des requêtes au Conseil d'État ; débuts auprès d'Edgar Faure
  • 1955 - Chute du gouvernement Faure ; directeur général du Centre national du commerce extérieur
  • 1962 - Élu député du Jura, le 25 novembre
  • 1967 - Réélu député, le 12 mars ; président du Progrès et démocratie moderne
  • 1968 - Réélu député, le 30 juin ; élu maire de Dole, le 20 mai
  • 1969 - Transformation du PDM en Centre démocratie et progrès (CDP) ; entrée au gouvernement comme ministre de l'Agriculture, le 22 juin
  • 1971 - Nommé ministre des Affaires culturelles, le 7 janvier
  • 1973 - Réélu député, le 2 avril ; démission du gouvernement, le 28 mars
  • 1976 - Démission de son mandat de maire de Dole, le 16 janvier, pour raisons de santé
  • 1977 - Mort à Paris, le 8 juillet
  • 2016 - Inauguration de la place Jacques-Duhamel, à Paris, le 22 octobre
  • 2018 - Exposition à Dole en son hommage
  • 2019 - Publication de Colette et Jacques, biographie par son fils Olivier Duhamel

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