Ce qu'il faut retenir
- Ancien Député · Assemblée nationale.
- 3 mandats recensés : sénateur, député.
Biographie
Jacques Peyrat, né le 18 octobre 1931 à Belfort (Territoire de Belfort), est un avocat et homme politique français, ancien maire de Nice, ancien sénateur et ancien député des Alpes-Maritimes, dont le parcours partisan l'a conduit de l'extrême droite au gaullisme puis à la droite parlementaire, non sans controverses locales.
Formation et engagement à la Légion étrangère
Jacques Peyrat effectue sa scolarité secondaire au lycée Masséna de Nice, où il obtient un baccalauréat de philosophie en 1948. En novembre 1953, il s'engage à la Légion étrangère aux côtés de Jean-Marie Le Pen. Passé par l'école des officiers de réserve de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), il devient sous-lieutenant en avril 1954 puis lieutenant, et rejoint le 1er Bataillon étranger de parachutistes en Indochine, où il participe aux derniers combats précédant le cessez-le-feu, jusqu'à sa démobilisation en octobre 1955.
La guerre d'Algérie et l'engagement dans l'OAS
Pendant la guerre d'Algérie, Jacques Peyrat s'engage dans l'Organisation de l'armée secrète (OAS), où il joue un rôle d'intermédiaire entre la France et l'Italie. Il indique avoir servi de relais en métropole pour conduire vers l'Italie des personnes recherchées par le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).
Reconversions professionnelles et le barreau de Nice
À son retour à la vie civile, Jacques Peyrat exerce plusieurs métiers : agent immobilier de 1956 à 1958, puis inspecteur commercial et adjoint de direction chez Mobil Oil à Paris de 1958 à 1966, avant de devenir promoteur immobilier au sein de sa propre société. En 1961, il fonde le Cercle des parachutistes de Nice, qu'il anime pendant vingt-cinq ans.
Il reprend en parallèle des études de droit, à l'Institut d'études juridiques de Nice puis à la faculté de droit de Paris, place du Panthéon, et obtient en 1968 le certificat d'aptitude à la profession d'avocat. Il s'inscrit au barreau de Nice en décembre 1968 et se spécialise comme avocat pénaliste. Il assure notamment en 1977 la défense d'Albert Spaggiari, organisateur du "casse du siècle" niçois. Il exerce jusqu'au milieu des années 2000 avant de reprendre une activité d'avocat à dominante pénale le 20 avril 2011.
Un itinéraire partisan de l'extrême droite au gaullisme
Le parcours politique de Jacques Peyrat traverse plusieurs formations successives : le Rassemblement du peuple français de 1947 à 1955, le Centre national des indépendants et paysans jusque vers 1966, les Républicains indépendants de 1966 à 1973, puis le Front national de 1973 à 1994. Il fonde ensuite une formation locale, l'Entente républicaine, avant de rejoindre le Rassemblement pour la République de 1996 à 2002 puis l'Union pour un mouvement populaire de 2002 à 2008.
Il est élu conseiller municipal de Nice une première fois en mars 1965, mandat qu'il perd en mars 1971 à l'issue d'une triangulaire, après avoir déjà été candidat malheureux aux élections législatives de 1962 dans les Alpes-Maritimes. Il retrouve un siège de conseiller municipal de Nice de mars 1989 à juin 1995.
Sous l'étiquette du Front national, dont il conduit la liste, Jacques Peyrat est élu député des Alpes-Maritimes le 16 mars 1986 avec 20,88 % des voix, lors du scrutin proportionnel de cette année-là. Il siège à l'Assemblée nationale du 2 avril 1986 au 14 mai 1988 et exerce, en 1987 et 1988, les fonctions de juge suppléant à la Haute Cour de justice. Il est par ailleurs élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 23 mars 1992 à 1995, et conseiller général du canton de Nice-14 du 23 février 1992 au 22 mars 1998, mandat qu'il conserve à l'issue de plusieurs élections cantonales partielles tenues entre 1992 et 1993.
La mairie de Nice (1995-2008)
Jacques Peyrat quitte le Front national en 1994 et est élu maire de Nice le 25 juin 1995 avec 42,30 % des voix. En novembre 1996, il fait adopter un arrêté municipal controversé restreignant certaines formes de mendicité au nom de l'ordre public ; soumis à un référendum local, ce texte est approuvé à 66,3 % des suffrages, pour une participation de 22,7 %.
Il est élu député de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes le 1er juin 1997, avec 70,63 % des voix au second tour face à un candidat du Front national, et siège à l'Assemblée nationale du 12 juin 1997 au 27 septembre 1998. Il est ensuite élu sénateur des Alpes-Maritimes le 27 septembre 1998 et siège au Sénat du 2 octobre 1998 au 30 septembre 2008.
Réélu maire de Nice le 18 mars 2001 avec 44,48 % des voix, il exerce ce mandat jusqu'au 20 mars 2008 et préside, de janvier 2002 à avril 2008, la communauté d'agglomération Nice Côte d'Azur.
Affaires et controverses du second mandat municipal
Le second mandat municipal de Jacques Peyrat est marqué par plusieurs affaires touchant des membres de son équipe, dont l'affaire dite du Stade du Ray, qui voit la condamnation du directeur général des services Michel Vialatte et met en cause des élus de la majorité municipale, ainsi qu'un marché truqué portant sur le tramway de Nice, impliquant un conseiller municipal de sa majorité.
Jacques Peyrat lui-même est poursuivi en juin 2012 pour emplois fictifs, dans une affaire de détournement présumé de fonds municipaux entre 2001 et 2008 au bénéfice de deux personnes. Il est acquitté le 25 juillet 2012 par le tribunal correctionnel de Nice, dénonçant un "piège politique", puis son acquittement est confirmé le 15 janvier 2013 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Défaites électorales et fin de parcours politique
Battu aux élections municipales de 2008 (23,14 % au premier tour, 25,5 % au second, en troisième position), Jacques Peyrat démissionne peu après de son siège d'opposition au conseil municipal de Nice. Il se présente aux élections cantonales de 2010 et 2011 avec le soutien de Nissa Rebela, du Front national et du Rassemblement pour la France, sans parvenir à se qualifier pour le second tour en 2011.
À l'automne 2011, il participe aux universités d'été du Front national et, en octobre, apporte son soutien à la candidature de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2012. Il se présente lui-même, en juin 2012, aux élections législatives dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes avec le soutien du Front national, de Nissa Rebela et du Rassemblement pour la France, recueillant 16,16 % des voix. Il est de nouveau candidat aux élections municipales de Nice en 2014, avec Jean Icart, obtenant 3,69 % au premier tour, puis figure en position non éligible sur la liste du Rassemblement national conduite par Philippe Vardon aux élections municipales de 2020. En février 2022, il assiste au meeting de campagne de Marine Le Pen à Vallauris.
Vie personnelle
Jacques Peyrat est le fils de Noël Peyrat, militaire, et de Simone Boisselier, artiste peintre. De son premier mariage, contracté à son retour d'Indochine, naissent deux fils, Gilles et Alain. Il se remarie le 18 janvier 1986 avec Monique Mari, issue d'une famille niçoise de Coaraze, qui fonde en 1996 l'association "Nice Présence", tournée vers l'enfance et les personnes âgées.
Chronologie
- 1931 - Naissance à Belfort, le 18 octobre
- 1948 - Baccalauréat de philosophie au lycée Masséna de Nice
- 1953 - Engagement à la Légion étrangère, en novembre
- 1954 - Sous-lieutenant en avril ; affecté au 1er Bataillon étranger de parachutistes en Indochine
- 1955 - Démobilisation, en octobre
- 1961 - Fondation du Cercle des parachutistes de Nice
- 1962 - Candidat malheureux aux élections législatives des Alpes-Maritimes
- 1965 - Élu conseiller municipal de Nice, en mars
- 1968 - Certificat d'aptitude à la profession d'avocat ; inscription au barreau de Nice en décembre
- 1971 - Perte de son siège de conseiller municipal de Nice
- 1977 - Défense d'Albert Spaggiari
- 1986 - Remariage avec Monique Mari, le 18 janvier ; tête de liste du Front national, élu député des Alpes-Maritimes le 16 mars, entrée en fonction le 2 avril
- 1988 - Fin de son premier mandat de député, le 14 mai
- 1989 - Réélu conseiller municipal de Nice
- 1992 - Élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et conseiller général du canton de Nice-14, en mars
- 1994 - Départ du Front national
- 1995 - Élu maire de Nice, le 25 juin, avec 42,30 % des voix
- 1996 - Adoption d'un arrêté controversé sur la mendicité, approuvé par référendum local en novembre
- 1997 - Élu député de la 2e circonscription des Alpes-Maritimes, le 1er juin, avec 70,63 % des voix
- 1998 - Élu sénateur des Alpes-Maritimes, le 27 septembre
- 2001 - Réélu maire de Nice, le 18 mars, avec 44,48 % des voix
- 2002 - Président de la communauté d'agglomération Nice Côte d'Azur, en janvier
- 2008 - Battu aux élections municipales de Nice ; fin de son mandat de sénateur, le 30 septembre
- 2011 - Soutien à la candidature présidentielle de Marine Le Pen, en octobre
- 2012 - Poursuivi pour emplois fictifs, en juin ; candidat aux élections législatives avec 16,16 % des voix
- 2013 - Confirmation de son acquittement en appel, le 15 janvier
- 2014 - Candidat aux élections municipales de Nice
- 2020 - Figure en fin de liste du Rassemblement national aux élections municipales de Nice
- 2022 - Présence au meeting de campagne de Marine Le Pen à Vallauris, en février
Mandats et responsabilités
En cours
Mandats sans date connue
- SénateurAlpes-Maritimes
- Député8ᵉ législature
- Député11ᵉ législature
