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Portrait de Jean-Claude MARTINEZ

Collectivité

Jean-Claude MARTINEZ

Conseiller municipal · Peyrefitte-du-Razès

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Peyrefitte-du-Razès.
  • Conseiller municipal de Peyrefitte-du-Razès depuis le 28 juin 2020.
  • 3 mandats recensés : conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Peyrefitte-du-Razès, département Aude.
  • Fiche de la commune : Peyrefitte-du-Razès.

Biographie

Jean-Claude Martinez, né le 30 juillet 1945 à Sète (Hérault), est un juriste, universitaire et homme politique français, professeur de droit public et de droit fiscal, longtemps vice-président du Front national. Fils d'un militaire électricien d'origine espagnole, il grandit à Sète, où il est élève au lycée Paul-Valéry et lauréat du concours général en biologie.

Une jeunesse entre chanson et droit

Avant de se consacrer au droit, le jeune Jean-Claude Martinez fréquente le monde de la chanson : il participe au "Petit Conservatoire de la chanson" animé par Mireille, effectue des tournées aux côtés de Salvatore Adamo et d'Anne Vanderlove dans les années 1960, écrit "Seulement voilà", chanson à succès de 1969, et signe des paroles pour Frida Boccara. Il obtient parallèlement un diplôme du Conservatoire d'art dramatique de Montpellier et des études littéraires générales, avant de se tourner vers le droit. Il soutient un doctorat en droit à l'université Montpellier-I en 1976 et sort major de l'agrégation de droit public. Il complète sa formation au Centre d'étude et de recherche en droit international de l'Académie de La Haye et reçoit par la suite un doctorat honoris causa de l'université de São Paulo.

Le Maroc et la carrière universitaire

De 1976 à 1980, il est directeur des études à l'École nationale d'administration de Rabat, après avoir été coopérant puis chargé de mission à l'Inspection générale des finances marocaines. Il devient à ce titre conseiller fiscal du roi Hassan II, chargé de la coordination du Code général des impôts marocain, un pays auquel il restera attaché toute sa vie. De retour en France, il enseigne le droit public, la science politique et les finances publiques à l'université Paris-II (Panthéon-Assas), où il dirige près de soixante-dix thèses de doctorat avant de devenir professeur émérite. Il est également professeur invité dans plusieurs universités étrangères, notamment à Bogota, Kinshasa et Monterrey.

Des débuts en politique avant le Front national

Jean-Claude Martinez s'intéresse tôt à la vie politique : il rédige en 1969 un mémoire consacré à la psychanalyse du Parti socialiste et participe à des congrès socialistes. Repéré en 1982 par Bernard Pons, alors secrétaire général du RPR, il fonde en 1984 l'Association pour le respect des lois de la République avec Alain Poher, ainsi que l'Union pour la Nouvelle-Calédonie française avec Pierre Maresca et Dick Ukeiwé. Il anime aussi la Ligue des contribuables à Montpellier et crée en 1985 l'Association pour la suppression de l'impôt sur le revenu et la réforme fiscale (ASIREF), dont il dirige la publication, "la Lettre du contribuable". Il siège dans les années 1980 au conseil municipal de Montpellier.

Vice-président du Front national et député de l'Hérault (1985-1988)

Il adhère au Front national en 1985 et en devient vice-président, fonction qu'il conserve pendant vingt-trois ans, jusqu'en 2008. Il participe à la rédaction du programme électoral "Pour la France" en 1986. Élu le 16 mars 1986 au scrutin proportionnel, il siège comme député de l'Hérault, au sein du groupe Front national, du 2 avril 1986 au 14 mai 1988, durant la VIIIe législature de la Cinquième République. Une déclaration au journal Le Monde le 5 avril 1986, selon laquelle "parmi les étudiants en droit, ce sont les plus nuls qui font la magistrature", provoque une plainte de l'Union syndicale de la magistrature. En novembre de la même année, il présente au nom de la commission des finances un rapport sur l'éducation nationale qui suscite une vive controverse. En 1988, il appelle à un accord entre l'UDF, le RPR et le Front national, mais il est éliminé dès le premier tour des élections législatives dans la 7e circonscription de l'Hérault, devancé par André Vézinhet et Willy Diméglio, et ne retrouve pas de siège de député national.

Vingt ans au Parlement européen (1989-2009)

Candidat sur la liste du Front national aux élections européennes de juin 1989, en position de premier non-élu, il accède au Parlement européen le 5 septembre 1989 à la faveur de la démission de Claude Autant-Lara. Il y est réélu sans interruption jusqu'au 13 juillet 2009, à travers quatre législatures européennes consécutives. Il crée en 1990 le Cercle national des agriculteurs de France et publie une "Lettre européenne aux paysans". Il siège à la commission de l'agriculture et du développement rural, comme suppléant à la commission des budgets, et participe à la délégation à l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne ; il reste non-inscrit jusqu'en 2007, année où il rejoint le groupe Identité, Tradition, Souveraineté.

Durant cette période, il exerce aussi un mandat de conseiller régional du Languedoc-Roussillon à partir de 1992, mais échoue aux élections législatives de 1993 dans les Pyrénées-Orientales face à Claude Barate et se retire du conseil municipal de Perpignan le 21 juin 1993. Battu à nouveau aux législatives de 1997 dans l'Hérault par Gilbert Roseau, il se voit alors confier le portefeuille "Économie et Finances" du contre-gouvernement constitué par le Front national et dirige la campagne du parti pour les élections européennes de 1999. Lors de la scission de 1998 entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, il prend le parti de Jean-Marie Le Pen. Il est réélu député européen en 2004, en tête de la liste couvrant les régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon, avec 8,6% des suffrages. Le 25 juin 2005, il est reçu par le Premier ministre Dominique de Villepin, aux côtés de Carl Lang.

La rupture avec le Front national (2008)

En 2007, après le score jugé décevant de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle, Jean-Claude Martinez critique publiquement Marine Le Pen et échoue de nouveau au premier tour des élections législatives dans l'Hérault. Le 25 septembre 2008, il annonce envisager sa candidature à la succession de Jean-Marie Le Pen à la présidence du parti, puis, en octobre, sa décision de conduire des listes dissidentes, sous l'étiquette "Maison de la vie et des libertés", contre les listes officielles du Front national aux élections européennes de juin 2009. Rejoint le 13 novembre 2008 par Fernand Le Rachinel, il est suspendu du Front national le 17 novembre 2008 pour s'être présenté, avec Carl Lang, contre le candidat officiel du parti dans le Sud-Ouest, Louis Aliot.

Une fin de carrière politique marginale

Après sa rupture avec le Front national, il s'allie avec le Parti de la France de Carl Lang et conduit en 2009 une liste dans la circonscription Sud-Ouest aux élections européennes, recueillant 0,92% des voix ; la même année, il fonde l'Alliance de civilisation Europe-Amérique latine. En 2011, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen se constituent partie civile et l'assignent pour diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris ; il est relaxé par cette juridiction le 9 octobre 2012. Il se présente ensuite à plusieurs reprises sans succès notable : liste "Force vie" aux élections européennes de 2014 (0,78% des voix), liste "Force France Sud" aux élections régionales de décembre 2015 (0,69%, dernière position sur onze listes), 7e circonscription de l'Hérault aux élections législatives de 2017 (0,86% au premier tour) et 9e circonscription des Français établis hors de France en 2022. En septembre 2016, il annonce, depuis la maison d'arrêt de Carcassonne, sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, sans parvenir à réunir les parrainages d'élus nécessaires.

Évolution de ses positions économiques

Durant sa période au Front national, entre 1986 et 2008, Jean-Claude Martinez se présente comme un libéral en matière économique, défendant la défiscalisation et la suppression de l'impôt sur le revenu, ce qui lui vaut en 1988 le prix Renaissance de l'économie, décerné par des économistes libéraux. Il se qualifie lui-même en 1998 de "surtout martinézien". À partir de 2008, ses positions évoluent vers un protectionnisme plus affirmé : il plaide pour une entrée obligatoire de l'État dans le capital des entreprises du CAC 40 et pour une taxation des entreprises proportionnée à leur chiffre d'affaires.

Œuvre écrite

Jean-Claude Martinez est l'auteur d'une œuvre abondante, à la croisée du droit fiscal et de l'essai politique. Il publie dès 1979 "La Guerre et le Droit" (avec Henri Dorandeu et Marie-Françoise Furet), puis des ouvrages de référence en droit fiscal comme "Le Statut de contribuable" (1980), "Les Conventions de double imposition" (1986) et "Droit fiscal contemporain" (avec Pierre Di Malta, 1986). Son œuvre politique comprend notamment "Les Cent Premiers Jours de Jean-Marie Le Pen à l'Élysée" (1988), "Autant en emporte l'Europe" (1989), "Maastricht, le non de tous les miens" (1992) et "L'Europe folle" (1996). Il dirige ou cosigne par la suite plusieurs ouvrages consacrés à la construction européenne, à l'Organisation mondiale du commerce et au Maroc, pays auquel le relient ses fonctions passées auprès de Hassan II puis Mohammed VI ("Mohammed VI, le roi stabilisateur", 2015 ; "Le Grand Livre de la civilisation du Maroc", 2023).

Chronologie

  • 1945 - Naissance à Sète (Hérault), le 30 juillet
  • 1976 - Doctorat en droit à l'université Montpellier-I ; directeur des études à l'École nationale d'administration de Rabat, jusqu'en 1980
  • 1985 - Adhésion au Front national et accession à la vice-présidence du parti ; création de l'ASIREF
  • 1986 - Élection comme député de l'Hérault le 16 mars ; entrée en fonction le 2 avril, au sein du groupe Front national de la VIIIe législature
  • 1988 - Fin de son mandat de député national, le 14 mai, après son échec aux élections législatives
  • 1989 - Entrée au Parlement européen le 5 septembre, après la démission de Claude Autant-Lara
  • 1998 - Soutien à Jean-Marie Le Pen lors de la scission du Front national avec Bruno Mégret
  • 2004 - Réélection au Parlement européen, en tête de la liste Midi-Pyrénées/Aquitaine/Languedoc-Roussillon
  • 2008 - Rupture avec Marine Le Pen ; annonce d'une liste dissidente aux élections européennes de 2009 ; suspension du Front national le 17 novembre
  • 2009 - Fin de son mandat de député européen le 13 juillet ; fondation de l'Alliance de civilisation Europe-Amérique latine
  • 2012 - Relaxe par le tribunal correctionnel de Paris, le 9 octobre, dans l'affaire de diffamation portée par Jean-Marie et Marine Le Pen
  • 2016 - Annonce, en septembre depuis la maison d'arrêt de Carcassonne, de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017
  • 2022 - Candidature aux élections législatives dans la circonscription des Français établis hors de France

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