Ce qu'il faut retenir
- Non documenté.
- Rattaché au parti Union des démocrates et indépendants, groupe UDI.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
- 5 mandats recensés : non documenté, député.
Biographie
Jean-Louis Marie Borloo, né le 7 avril 1951 à Paris, dans le 15e arrondissement, est un avocat d'affaires et homme politique français, ancien maire de Valenciennes, plusieurs fois ministre sous Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, et fondateur de l'Union des démocrates et indépendants.
Origines et famille
Fils de Lucien Borloo (1915-1981), né à Guémené-sur-Scorff dans le Morbihan, d'origine belge par son père et bretonne par sa mère, coursier devenu directeur dans une caisse de retraite, et de Mauricette Acquaviva (1927-2015), née à Marseille et originaire de Lozzi en Haute-Corse, ancienne présidente de la Fédération française des équipes Saint-Vincent. Son grand-père maternel, Jean-André Acquaviva, fut conseiller général du canton de Calacuccia. Jean-Louis Borloo a été marié à Jeanne-Marie Bazin, médecin gynécologue, dont il a une fille, Pauline; il a également une fille, Julia, ainsi que deux enfants, Manon et Tom, nés de sa relation avec Thérèse Godin entre 1998 et 2000. Il épouse le 21 juillet 2005, à Rueil-Malmaison, la journaliste Béatrice Schönberg, alors divorcée du compositeur Claude-Michel Schönberg.
Formation
Élève du lycée Janson-de-Sailly à Paris, Jean-Louis Borloo obtient à partir de 1972 une double licence en droit et philosophie, puis une double licence en histoire et sciences économiques, ainsi que le certificat d'aptitude à la profession d'avocat. Il effectue à partir de 1973 plusieurs séjours prolongés en Chine maoïste, où il rencontre Mao Zedong, puis obtient un MBA d'HEC Paris (promotion 1976) et suit le programme de finances de l'université de Manchester. Chef scout de longue date aux Scouts de France, il y côtoie notamment Bruno Gollnisch.
Carrière d'avocat d'affaires
Dès les années 1980, Jean-Louis Borloo s'inscrit au barreau de Paris et fonde le cabinet Borloo & associés, d'abord spécialisé dans le droit des entreprises en difficulté, puis dans la transmission et l'implantation d'entreprises, les marchés financiers et les fusions-acquisitions. Il compte notamment Bernard Tapie parmi ses clients et est classé par le magazine Forbes parmi les avocats les mieux payés au monde. Il enseigne par ailleurs l'analyse financière à HEC Paris.
Le football, une passion durable
Jean-Louis Borloo préside l'USVA, le club de football de Valenciennes, de 1986 à 1991, le sauvant alors d'un dépôt de bilan, puis reprend cette présidence pendant quatre ans dans les années 2000 pour le faire remonter en Ligue 1. En 2014, à la suite d'un nouveau dépôt de bilan du club, il investit personnellement 500 000 euros, devient président de la holding Diables rouges et assure la présidence par intérim du Valenciennes Football Club, plaidant devant la cour d'appel pour son retour en Ligue 2.
Maire de Valenciennes (1989-2002)
Élu maire de Valenciennes le 24 mars 1989 sur une liste apolitique avec 76% des voix au second tour, puis réélu largement dès le premier tour, Jean-Louis Borloo succède à Olivier Marlière et exerce ce mandat jusqu'au 7 mai 2002, date à laquelle il entre au gouvernement; Dominique Riquet lui succède. Son équipe municipale, issue de la société civile, comprend notamment Dominique Riquet et Valérie Létard. Sous ses mandats, la ville enraie son déclin démographique, passant de 38 441 habitants en 1990 à 41 278 habitants en 1999, et fait reculer le chômage de 20% à 14%. Il crée le festival du film d'aventure en 1990, ouvre le théâtre Le Phénix, labellisé scène nationale, réhabilite le musée des Beaux-Arts en 1995, redéploie l'université de Valenciennes, triple la surface de la bibliothèque municipale en 1994 et généralise le tout-à-l'égout, alors que 40% des foyers n'y étaient pas raccordés en 1989. Il attire l'implantation d'une usine Toyota en 1997, ainsi que des entreprises japonaises, Mercedes-Benz et le groupe portugais Silmodes, tout en maintenant les usines ANF, reprises par Bombardier, et Alstom à Marly. Il lance également le projet Cœur de Ville, avec l'installation d'un tramway et la création du centre Place d'Armes en 2006. En 1996, le magazine Le Point le classe premier des meilleurs maires de droite de France.
Élu européen et régional
Jean-Louis Borloo est élu au Parlement européen le 25 juillet 1989, en deuxième position sur la liste UDF de Simone Veil, « Le Centre pour l'Europe », qui obtient 8,43% des voix et sept sièges; il y siège jusqu'au 4 septembre 1992 et obtient le classement en objectif 1, le niveau d'aide européenne le plus élevé, pour les arrondissements de Valenciennes, Douai et Avesnes. Il conduit une liste indépendante aux élections régionales du Nord en 1992, où il recueille 12,49% des voix et dix sièges, puis se présente à la présidence du conseil régional, où Marie-Christine Blandin est finalement élue. En 1998, sa liste obtient 18,97% des voix, son deuxième meilleur score, avant qu'il ne démissionne de son mandat régional en novembre de la même année. Il préside par ailleurs la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole, créée en 2000, jusqu'en 2008, où lui succède Valérie Létard.
Député du Nord (1993-2012)
Élu député de la 21e circonscription du Nord (Valenciennes et son agglomération) le 28 mars 1993, Jean-Louis Borloo entre en fonction le 2 avril 1993, siégeant d'abord comme divers droite au sein du groupe République et liberté. Réélu en 1995 dès le premier tour avec 63% des voix, puis en juin 1997 avec 52,79% au second tour face au candidat communiste Fabien Thiémé, il rejoint entre-temps Force démocrate puis adhère officiellement à l'UDF en 1998, dont il devient porte-parole en janvier 2001. Il est secrétaire de l'Assemblée nationale d'avril 1995 à octobre 1996 et siège aux commissions des Lois, dont il est vice-président de 1997 à 1998, et de la Défense. En mai 2000, il fait partie des deux seuls députés de l'opposition, avec Gilles de Robien, à voter pour la proposition de loi des Verts sur le droit de vote des étrangers non ressortissants de l'Union européenne. Réélu en 2002 et en 2007, il ne siège alors que brièvement à l'Assemblée avant chaque entrée au gouvernement, avant de reprendre son mandat de 2010 à 2014, sous l'étiquette UMP puis Union des démocrates et indépendants.
Ministre de la Ville et de la Rénovation urbaine (2002-2004)
Nommé ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine dans les gouvernements Raffarin I et II, du 7 mai 2002 au 30 mars 2004, Jean-Louis Borloo fait adopter le 1er août 2003 la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dite « loi Borloo », qui crée l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et lance un programme national de rénovation urbaine prévoyant la destruction et la reconstruction de 200 000 logements ainsi que la résidentialisation de 400 000 autres. Il promeut également une TVA à taux réduit dans les quartiers défavorisés et le projet, resté célèbre, des « maisons à 100 000 euros ».
Ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale (2004-2007)
Il devient ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale du 31 mars 2004 au 31 mai 2005 dans le gouvernement Raffarin III, puis ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement du 2 juin 2005 au 15 mai 2007 dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Il y porte le « plan de cohésion sociale », qui contribue à ramener le taux de chômage de 10% à moins de 8%, crée l'Agence nationale des services à la personne et le chèque emploi service universel, développe l'apprentissage et les contrats de transition professionnelle, fait adopter la loi créant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE), et met en place un dispositif de versement de pensions dans leur pays d'origine pour les anciens travailleurs immigrés, dits chibanis.
Ministre d'État de l'Écologie (2007-2010)
Après un très bref passage comme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi dans le premier gouvernement Fillon, du 18 mai au 18 juin 2007, Jean-Louis Borloo devient ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, numéro deux du gouvernement Fillon II, du 19 juin 2007 au 13 novembre 2010, avec également en charge les Transports et la Mer. Il organise le Grenelle de l'environnement, dont il tire les lois Grenelle I, votée le 3 août 2009, et Grenelle II, votée le 12 juillet 2010, qui instaurent de nouvelles normes énergétiques pour le bâtiment et des avantages fiscaux pour la rénovation thermique. Il porte le développement des autoroutes ferroviaires et maritimes, l'achèvement du TGV Est et le lancement des lignes Bretagne-Atlantique et Paris-Bordeaux-Espagne, ainsi que le doublement des lignes de tramway et le dispositif de bonus-malus écologique sur les véhicules. Durant la présidence française de l'Union européenne, il porte le paquet climat-énergie dit « 3x20 » (20% d'énergies renouvelables, 20% de réduction des émissions, 20% d'efficacité énergétique), adopté à une quasi-unanimité par le Parlement européen, puis présente au sommet de Copenhague un « plan justice-climat » fondé sur la solidarité entre pays riches et pauvres. Le soir du premier tour des élections législatives de juin 2007, il relance l'idée d'une TVA sociale alors que Nicolas Sarkozy avait fait campagne sur le pouvoir d'achat, une sortie que certains dans son camp lui reprocheront d'avoir coûté une quarantaine de sièges à la majorité. Pressenti pour Matignon lors du remaniement de l'automne 2010, il est finalement écarté, en partie en raison de sa gestion contestée d'une pénurie d'essence, et refuse par communiqué, le 14 novembre 2010, la proposition de Nicolas Sarkozy de rester au gouvernement à un autre poste.
Fondation et présidence de l'UDI
Coprésident du Parti radical valoisien avec André Rossinot de 2005 à 2007 puis président de ce parti de décembre 2005 à avril 2014, Jean-Louis Borloo est de toutes les recompositions du centre-droit : membre de Génération écologie entre 1990 et 1991, de l'UDF de 1998 à 2002, de l'UMP de 2002 à 2011. Il fonde le 18 septembre 2012 l'Union des démocrates et indépendants (UDI), fédération de sept formations centristes, qu'il préside jusqu'en avril 2014, où lui succèdent Yves Jégo par intérim puis Jean-Christophe Lagarde. Il préside également le groupe UDI à l'Assemblée nationale de juin 2012 à avril 2014. Il tente en 2011 puis en 2013 diverses alliances, dont une charte avec François Bayrou pour la plateforme « L'Alternative », et est un temps crédité de 5 à 10% des intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012, avant d'y renoncer en octobre 2011 pour finalement soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy.
Retrait de la vie politique et engagements ultérieurs
Le 6 avril 2014, Jean-Louis Borloo annonce l'abandon de tous ses mandats et fonctions pour des raisons de santé, à la suite d'une pneumonie aiguë suivie de complications et de plusieurs mois de convalescence; il démissionne de son mandat de député le 30 avril 2014. Il se consacre ensuite à la Fondation Énergies pour l'Afrique, dont il annonce la création en septembre 2014 et qu'il présente officiellement en mars 2015 en présence de François Hollande et des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, avec l'ambition de mobiliser environ quatre milliards d'euros de subventions annuelles et deux cents milliards de prêts sur douze ans pour l'accès à l'électricité en Afrique. En novembre 2017, il se voit confier par Emmanuel Macron le pilotage d'un plan pour la politique de la ville, dont les conclusions ne seront finalement pas suivies d'effet. Il soutient Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle de 2017 face à Marine Le Pen, puis au premier tour de celle de 2022.
Chronologie
- 1951 - Naissance à Paris, le 7 avril
- 1976 - MBA d'HEC Paris
- 1980s - Inscription au barreau de Paris et fondation du cabinet Borloo & associés
- 1986 - Première présidence du club de football de Valenciennes
- 1989 - Élu maire de Valenciennes, le 24 mars; élu au Parlement européen, le 25 juillet
- 1993 - Élu député du Nord, le 28 mars
- 2002 - Nommé ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine, le 7 mai; loi Borloo votée le 1er août 2003
- 2004 - Ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, le 31 mars
- 2005 - Ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, le 2 juin; coprésidence du Parti radical avec André Rossinot; mariage avec Béatrice Schönberg, le 21 juillet
- 2007 - Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, puis ministre d'État de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, le 19 juin
- 2009 - Vote de la loi Grenelle I, le 3 août
- 2010 - Vote de la loi Grenelle II, le 12 juillet; écarté de Matignon et quitte le gouvernement, le 13 novembre
- 2012 - Fondation et présidence de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), le 18 septembre; présidence du groupe UDI à l'Assemblée nationale
- 2014 - Annonce son retrait de la vie politique pour raisons de santé, le 6 avril; démission de son mandat de député, le 30 avril; annonce de la création de la Fondation Énergies pour l'Afrique
- 2015 - Lancement officiel de la Fondation Énergies pour l'Afrique, en mars
- 2017 - Soutien à Emmanuel Macron; mission sur la politique de la ville confiée par le président
- 2022 - Nouveau soutien à Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle
Mandats et responsabilités
En cours
- Non documenté
Mandats passés
- juin – juil 2007Député13ᵉ législature
Mandats sans date connue
- Député10ᵉ législature
