Ce qu'il faut retenir
- Ancien Député · Assemblée nationale.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
- 5 mandats recensés : sénateur, député.
Biographie
Jean-Marie Bockel, né le 22 juin 1950 à Strasbourg, dans le Bas-Rhin, est un avocat et homme politique français dont la carrière, commencée à la gauche du Parti socialiste, l'a conduit jusqu'au centre de l'échiquier politique, en passant par des fonctions ministérielles sous deux présidences de bords opposés. Il est le fils de Francis Bockel (1920-2012), notaire et ancien combattant blessé pendant la Seconde Guerre mondiale, le petit-fils de Louis Bockel (1883-1957), conseiller général du Haut-Rhin pour le canton de Thann, et le neveu de Mgr Pierre Bockel, archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, reconnu Juste parmi les nations. Il épouse Marie-Odile Mayer, avec qui il a cinq enfants, Sarah, François, Pauline, Marie et Pierre-Emmanuel. Ce dernier, lieutenant au 5e régiment d'hélicoptères de combat, trouve la mort le 25 novembre 2019 lors d'une collision d'hélicoptères survenue au Mali dans le cadre de l'opération Barkhane.
Formation et profession
Jean-Marie Bockel effectue des études de droit à la Faculté de droit, de sciences politiques et de gestion de Strasbourg, où il obtient une maîtrise en droit ainsi que le certificat d'aptitude à la profession d'avocat. Il ouvre un cabinet d'avocat à Mulhouse en 1976. Il accomplit son service national au 31e Bataillon de chasseurs à pied, puis poursuit un engagement de près de quarante années dans la réserve militaire opérationnelle, où il atteint le grade de colonel de réserve. En 1998, il est auditeur à l'Institut des hautes études de défense nationale.
Entrée en politique à la gauche du Parti socialiste
Jean-Marie Bockel adhère au Parti socialiste en 1973 et devient dès 1974 secrétaire des Jeunesses socialistes du Haut-Rhin. Il se rapproche alors du CERES de Jean-Pierre Chevènement, courant de l'aile gauche du parti, avant de rompre définitivement avec cette sensibilité dans les années 1990, en se déclarant partisan de l'engagement français aux côtés des Américains lors de la guerre du Golfe.
Une longue carrière de député du Haut-Rhin
Jean-Marie Bockel est élu pour la première fois député de la 5e circonscription du Haut-Rhin le 21 juin 1981, à l'âge de trente ans, et siège à l'Assemblée nationale du 2 juillet 1981 au 23 août 1984. Il retrouve son siège à la proportionnelle le 2 avril 1986, jusqu'au 14 mai 1988, puis est réélu dans sa circonscription le 12 juin 1988 et siège jusqu'au 1er avril 1993, année où il est battu lors de la vague électorale de la droite. Il préside, entre 1988 et 1993, la commission des productions et des échanges de l'Assemblée nationale. Il retrouve une dernière fois son siège de député du 1er juin 1997 au 18 juin 2002.
Sur le plan local, il est conseiller général du Haut-Rhin de 1982 à 1988, puis de nouveau brièvement en 1988-1989 et en 1994-1997, avant de démissionner à chaque fois, et conseiller régional d'Alsace en 1992, mandat auquel il renonce également.
Maire de Mulhouse (1989-2010)
Jean-Marie Bockel est élu maire de Mulhouse le 24 mars 1989, succédant à Joseph Klifa, et conserve ce mandat pendant vingt et un ans, à l'issue de trois réélections, en 1995, 2001 et 2008, cette dernière avec seulement cent soixante-huit voix d'avance sur la liste socialiste concurrente conduite par Pierre Freyburger. Il démissionne de la mairie le 21 mai 2010, après la création de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), dont il assure la présidence de 2010 à 2017, tout en restant conseiller municipal jusqu'en 2020. Jean Rottner lui succède à la mairie. Il préside auparavant la communauté d'agglomération de Mulhouse Sud Alsace, de 2001 à 2004, avant d'en être vice-président de 2005 à 2009.
Maire volontiers présenté comme représentant d'une gauche attentive aux questions de sécurité, il préside par ailleurs l'Association des maires de grandes villes de France du 23 mai 2001 à début juillet 2007, ainsi que la Fédération des industries ferroviaires de 2005 à 2007.
Rupture avec le Parti socialiste et fondation de La Gauche moderne
Après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, Jean-Marie Bockel quitte le Parti socialiste en 2007 et fonde, le 26 septembre 2007, le mouvement La Gauche moderne, dont il reste membre jusqu'à son adhésion à l'UDI en 2012.
Sénateur du Haut-Rhin
Jean-Marie Bockel est élu sénateur du Haut-Rhin le 26 septembre 2004 et siège jusqu'au 19 juillet 2007, date à laquelle il quitte le Sénat pour entrer au gouvernement. Il retrouve son siège le 14 décembre 2010, d'abord au sein du groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) jusqu'au 30 septembre 2011, puis du groupe de l'Union centriste et républicaine (UCR) à partir du 1er octobre 2011. Réélu le 28 septembre 2014 sous l'étiquette UDI-UC, il siège jusqu'au terme de son mandat, le 30 septembre 2020, ne se représentant pas. Au Sénat, il préside la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, est vice-président de la délégation sénatoriale aux outre-mer, et siège à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
Secrétaire d'État puis ministre sous François Mitterrand (1984-1986)
Une première fois, Jean-Marie Bockel accède au gouvernement sous la présidence de François Mitterrand : il est secrétaire d'État auprès du ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, Michel Crépeau, du 23 juillet 1984 au 19 février 1986, dans le gouvernement de Laurent Fabius, avant de devenir lui-même, du 19 février au 20 mars 1986, ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, pour un peu plus d'un mois, jusqu'au changement de majorité issu des élections législatives.
Secrétaire d'État sous Nicolas Sarkozy (2007-2010)
Figure de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel est nommé secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie auprès du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dans le gouvernement Fillon II, du 19 juin 2007 au 18 mars 2008. Il y prend position, le 15 janvier 2008, contre ce qu'il nomme la Françafrique, ce qui suscite des pressions de la part des présidents gabonais Omar Bongo et congolais Denis Sassou-Nguesso, et contribue à son remaniement peu après. Il devient ensuite secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants auprès du ministre de la Défense Hervé Morin, du 18 mars 2008 au 23 juin 2009, puis secrétaire d'État à la Justice auprès de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, du 23 juin 2009 au 13 novembre 2010.
Positionnement politique : la « Troisième Gauche »
Jean-Marie Bockel se revendique dès la fin des années 1990 d'un social-libéralisme assumé, admirateur du travaillisme britannique de Tony Blair. Il théorise une « Troisième Gauche », synthèse entre socialisme et libéralisme, prônant une émancipation partagée qui associe justice et protection sociale d'un côté, liberté individuelle, responsabilité personnelle et autonomie de la société civile de l'autre. Il porte cette ligne au sein du Parti socialiste à travers le club puis courant qu'il fonde, la « Gauche moderne », dès 2001, une motion « Pour un socialisme libéral » présentée au congrès du Mans en 2005, où elle recueille 0,65 % des suffrages, une contribution au congrès de Dijon la même année, puis la création, en décembre 2005, du courant « Réformisme et Rénovation ». Il soutient la candidature de Dominique Strauss-Kahn à l'investiture socialiste pour 2007, avant de diriger le comité de soutien à Ségolène Royal dans le Haut-Rhin lors de la campagne présidentielle. Après son départ du PS, il se rapproche de François Bayrou puis, en 2012, soutient dès le premier tour la candidature de Nicolas Sarkozy à sa réélection et lance, le 28 février 2012, un « Comité national pour une France moderne avec Nicolas Sarkozy ». Il renonce à soutenir François Fillon le 3 mars 2017, en pleine affaire judiciaire visant ce dernier.
Missions et engagements après 2020
À l'issue de son mandat sénatorial, Jean-Marie Bockel rejoint le cabinet de conseil en communication Tilder, de 2020 à 2022, et préside bénévolement l'association Solidarité-Défense. Le 22 mars 2022, le président Emmanuel Macron le nomme président de la Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis. Le 6 février 2024, il est désigné envoyé personnel du président de la République pour l'Afrique, mission au titre de laquelle il remet, en novembre 2024, un rapport sur la reconfiguration du dispositif militaire français sur le continent.
Distinctions
Jean-Marie Bockel est fait chevalier de la Légion d'honneur le 1er janvier 2003, puis promu officier en 2021.
Publications
Jean-Marie Bockel est l'auteur de La Troisième Gauche, petit manifeste social-libéral (Val de France, 1999) et de Trajectoire plurielle, ministre de Mitterrand à Sarkozy (Alpharès, 2014).
Chronologie
- 1950 - Naissance le 22 juin à Strasbourg
- 1973 - Adhésion au Parti socialiste
- 1976 - Ouverture d'un cabinet d'avocat à Mulhouse
- 1981 - Élection comme député de la 5e circonscription du Haut-Rhin, le 21 juin
- 1982 - Élection comme conseiller général du Haut-Rhin
- 1984 - Secrétaire d'État auprès du ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, le 23 juillet
- 1986 - Ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, du 19 février au 20 mars ; réélection comme député à la proportionnelle
- 1988 - Réélection comme député, le 12 juin ; présidence de la commission des productions et des échanges de l'Assemblée nationale
- 1989 - Élection comme maire de Mulhouse, le 24 mars
- 1991 - Naissance de son fils Pierre-Emmanuel
- 1992 - Élection comme conseiller régional d'Alsace, dont il démissionne la même année
- 1993 - Défaite aux élections législatives
- 1997 - Réélection comme député, le 1er juin
- 1998 - Auditeur à l'Institut des hautes études de défense nationale
- 1999 - Publication de La Troisième Gauche, petit manifeste social-libéral
- 2001 - Fondation du club « Gauche moderne » ; présidence de l'Association des maires de grandes villes de France
- 2004 - Élection comme sénateur du Haut-Rhin, le 26 septembre
- 2005 - Motion « Pour un socialisme libéral » au congrès du Mans ; création du courant « Réformisme et Rénovation »
- 2007 - Départ du Parti socialiste et fondation de La Gauche moderne, le 26 septembre ; entrée au gouvernement comme secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie, le 19 juin
- 2008 - Prise de position contre la Françafrique, le 15 janvier ; secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants, à partir du 18 mars ; réélection comme maire de Mulhouse
- 2009 - Secrétaire d'État à la Justice, à partir du 23 juin
- 2010 - Fin des fonctions gouvernementales, le 13 novembre ; démission de la mairie de Mulhouse et présidence de Mulhouse Alsace Agglomération ; retour au Sénat, le 14 décembre
- 2012 - Adhésion à l'UDI ; soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle
- 2014 - Réélection comme sénateur du Haut-Rhin, le 28 septembre ; publication de Trajectoire plurielle, ministre de Mitterrand à Sarkozy
- 2017 - Fin de la présidence de Mulhouse Alsace Agglomération ; retrait de son soutien à François Fillon, le 3 mars
- 2019 - Mort de son fils Pierre-Emmanuel au Mali, le 25 novembre
- 2020 - Fin du mandat sénatorial, le 30 septembre ; entrée au cabinet Tilder
- 2021 - Promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur
- 2022 - Nomination à la présidence de la Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, le 22 mars
- 2024 - Nomination comme envoyé personnel du président de la République en Afrique, le 6 février ; remise d'un rapport sur le dispositif militaire français en Afrique, en novembre
Mandats et responsabilités
En cours
Mandats sans date connue
- SénateurHaut-Rhin
- Député9ᵉ législature
- Député7ᵉ législature
- Député11ᵉ législature
- Député8ᵉ législature
