Ce qu'il faut retenir
- Ministre du Travail et des Solidarités · Gouvernement.
Biographie
Jean-Pierre Farandou, né le 4 juillet 1957 à Bordeaux (Gironde), est un dirigeant d'entreprise publique et homme politique français, ministre du Travail et des Solidarités depuis le 12 octobre 2025 dans le gouvernement de Sébastien Lecornu. Fils d'un agent des douanes et d'une enseignante, il grandit à Bordeaux, où il suit sa scolarité au lycée Michel-Montaigne. Avant son entrée récente en politique, il a mené l'essentiel de sa carrière dans les transports publics, d'abord à la SNCF puis à la tête de sa filiale Keolis, avant de présider le groupe SNCF de 2019 à 2025.
Formation
Jean-Pierre Farandou intègre l'École nationale supérieure des mines de Paris en 1976 et en sort diplômé ingénieur en 1979. Cette formation d'ingénieur généraliste, typique des grands corps techniques de l'État, marque le début d'un parcours de dirigeant industriel qui le conduira, plus de quatre décennies plus tard, à la tête d'un ministère.
Débuts professionnels et entrée à la SNCF
Diplômé, Jean-Pierre Farandou effectue ses premières armes professionnelles hors de France, au sein de la compagnie minière américaine AMAX, à Denver, dans le Colorado. Il rejoint le groupe SNCF en 1981 et y occupe successivement plusieurs fonctions de production puis de marketing. Il prend en 1993 la responsabilité du lancement du TGV Paris-Lille, l'un des grands chantiers de développement du réseau à grande vitesse français de cette période. La même année, il est nommé directeur général de Thalys International, la filiale de la SNCF chargée de l'exploitation des liaisons ferroviaires à grande vitesse entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne, poste qu'il occupe jusqu'en 1998.
Ascension au sein de la SNCF (1998-2004)
De retour au sein de la maison mère, Jean-Pierre Farandou devient en 1998 directeur des ressources humaines des cadres dirigeants de la SNCF. Il occupe ensuite, à partir de 2000, un poste de directeur adjoint chargé de l'activité Grandes lignes, avant d'être nommé en 2002 directeur régional de la SNCF pour la région Rhône-Alpes. Ce parcours interne, qui l'a fait passer par les ressources humaines, l'exploitation commerciale et la direction territoriale, le prépare à prendre en 2004 la tête de la filiale de transport urbain du groupe.
La direction de Keolis (2004-2019)
Jean-Pierre Farandou est nommé en 2004 directeur de Keolis Lyon, avant de prendre en 2006 la direction de la branche SNCF Proximités, qui regroupe les activités de transport de voyageurs de proximité du groupe. En 2012, il devient directeur général adjoint du groupe SNCF tout en accédant à la présidence du directoire de Keolis, filiale spécialisée dans l'exploitation de réseaux de transport public urbain et interurbain en France et à l'international. Sous sa direction, le chiffre d'affaires de Keolis, qui emploie alors environ 63 000 salariés, progresse de 4,4 milliards d'euros en 2011 à 5,4 milliards d'euros en 2017.
Durant cette période, Jean-Pierre Farandou exerce également des responsabilités au sein des instances professionnelles du secteur : il préside le groupement d'intérêt économique Objectif transport public de 2013 à 2015, puis l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) de 2015 à 2017, avant d'en reprendre brièvement la présidence entre juin et octobre 2019.
Présidence de la SNCF (2019-2025)
Le président de la République Emmanuel Macron nomme Jean-Pierre Farandou président du groupe SNCF le 18 septembre 2019. Il prend officiellement ses fonctions le 1er novembre 2019, succédant à Guillaume Pepy à la tête de l'entreprise publique ferroviaire.
Son mandat débute dans un contexte dégradé : les finances du groupe sont fragilisées, l'entreprise sort tout juste des grèves massives contre la réforme des retraites de l'hiver 2019-2020, puis doit affronter dès le printemps 2020 les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur le trafic voyageurs. S'y ajoutent, tout au long de son mandat, la fin programmée du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés et l'ouverture progressive à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, deux transformations structurelles engagées avant son arrivée mais qu'il doit conduire.
Jean-Pierre Farandou obtient au cours de son mandat un plan de financement de 100 milliards d'euros pour le réseau ferroviaire et s'attache à renouer le dialogue social au sein de l'entreprise après une période de tensions. Il multiplie les rencontres avec les organisations syndicales et les représentants du personnel, plus de soixante-dix en 2023 selon les données rapportées par la presse spécialisée. En avril 2024, il négocie un accord sur la cessation anticipée d'activité des cheminots exposés à des métiers pénibles, comme le travail de nuit, un accord qui lui vaut des critiques du ministre de l'Économie de l'époque, Bruno Le Maire, qui y voit un contournement de la réforme des retraites.
Jean-Pierre Farandou quitte la présidence de la SNCF le 12 octobre 2025, après six années à la tête du groupe, à l'occasion de sa nomination au gouvernement.
Nomination au gouvernement Lecornu II (octobre 2025)
Jean-Pierre Farandou est nommé ministre du Travail et des Solidarités le 12 octobre 2025, dans le second gouvernement formé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Son nom aurait été suggéré par Philippe Gustin, directeur de cabinet du Premier ministre. Il prend ses fonctions le lendemain, 13 octobre 2025.
Sa nomination, présentée par la presse comme relativement inattendue pour un dirigeant venu de l'entreprise publique plutôt que du monde politique, s'explique par sa réputation d'homme de dialogue social et de négociateur, forgée notamment lors de son passage à la SNCF. Les organisations syndicales accueillent sa nomination de façon contrastée : la CFDT, par la voix de sa secrétaire générale Marylise Léon, y voit "un bon signal" envoyé aux partenaires sociaux et salue son sens du compromis, tout comme la CFTC dont le président Cyril Chabanier le décrit comme "quelqu'un d'ouvert au compromis". La CGT, par la voix de sa secrétaire générale Sophie Binet, se montre plus prudente et réclame des actes concrets, en particulier la suspension du relèvement de l'âge de départ à la retraite et le maintien de cet âge à 62 ans et neuf mois.
Action au ministère du Travail et des Solidarités (2025-2026)
Dès son arrivée, Jean-Pierre Farandou affiche la volonté de donner un nouvel élan au dialogue social. Sur le dossier des retraites, qu'il qualifie de "sujet social majeur du moment", il s'appuie sur la suspension de la réforme portée par l'ancienne ministre Élisabeth Borne, qui ouvre un délai jusqu'au 1er janvier 2028, pour tenter de faire aboutir de nouvelles discussions avec les partenaires sociaux avant l'expiration de ce délai.
Début décembre 2025, il lance la conférence Travail Emploi Retraite, destinée à structurer les négociations sur ces sujets avec les organisations syndicales et patronales. Le 15 janvier 2026, il relance la concertation sur la transparence salariale, engagée pour transposer une directive européenne, avec l'objectif de présenter un texte au Parlement avant l'été 2026 et de prévoir des sanctions pour les entreprises qui ne s'y conformeraient pas. Le 20 janvier 2026, il intervient devant l'Association des journalistes de l'information sociale pour présenter ses priorités.
Sur le volet du pouvoir d'achat, une revalorisation de la prime d'activité, d'environ 50 euros par mois en moyenne, entre en application entre le 1er avril et le 1er mai 2026, au bénéfice d'environ 3 millions de ménages modestes. En matière de santé au travail, il porte un plan santé au travail pour la période 2026-2030, qui met l'accent sur la prise en compte de circonstances aggravantes telles que le port de charges lourdes ou l'exposition à des températures extrêmes. En avril 2026, il défend un accord conclu par les partenaires sociaux sur l'assurance chômage, en s'engageant publiquement à ce qu'il n'y ait "pas de passage en force" de l'État sur ce dossier. Il annonce par ailleurs le lancement, pour le mois de mai 2026, d'une "stratégie jeunes" mettant l'accent sur l'orientation professionnelle.
Le ministère porte également le chantier de l'allocation sociale unique (ASU), qui doit prendre la forme d'une loi-cadre créant un "compte social unique" regroupant les prestations sociales, un projet dont la mise en œuvre informatique est estimée par le ministère à trois ou quatre années de développement, alors que la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté portée par le pacte des solidarités arrive à échéance en 2026. Fin août 2026, à l'approche de la présentation du projet de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027, Jean-Pierre Farandou appelle à "la solidarité des seniors" pour contribuer à l'effort de redressement des comptes sociaux du pays.
Positionnement
Jean-Pierre Farandou n'est pas, à la différence de la plupart de ses collègues du gouvernement, issu d'un parcours partisan ou électif. Sa nomination relève de la tradition, régulièrement observée sous la Cinquième République, du recours à un dirigeant d'entreprise publique reconnu pour ses qualités de gestionnaire et de négociateur social plutôt que pour son étiquette politique. Sa réputation, construite au fil de plus de quarante années dans le secteur des transports publics, est celle d'un praticien du dialogue social attaché à la recherche du compromis avec les organisations syndicales, y compris lorsque ces compromis suscitent des tensions avec d'autres membres du gouvernement, comme lors de son différend avec Bruno Le Maire en 2024 sur la question des retraites des cheminots.
Distinctions
Jean-Pierre Farandou est fait chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 2010, puis promu officier de la Légion d'honneur le 13 juillet 2021. Il reçoit par ailleurs le grand prix du Cercle Humania en 2017.
Autres engagements et centres d'intérêt
Jean-Pierre Farandou préside le conseil d'administration de l'Orchestre national d'Île-de-France de 2012 à 2014. Amateur de vin, en particulier des crus bordelais, passionné de rugby, il pratique également la peinture et se dit amateur de musique classique.
Chronologie
- 1957 - Naissance à Bordeaux, le 4 juillet
- 1976 - Entrée à l'École nationale supérieure des mines de Paris
- 1979 - Diplômé ingénieur de l'École des mines de Paris; débuts professionnels chez AMAX, à Denver (États-Unis)
- 1981 - Entrée au groupe SNCF
- 1993 - Lancement du TGV Paris-Lille; directeur général de Thalys International (jusqu'en 1998)
- 1998 - Directeur des ressources humaines des cadres dirigeants de la SNCF
- 2000 - Directeur adjoint chargé de l'activité Grandes lignes
- 2002 - Directeur régional de la SNCF pour Rhône-Alpes
- 2004 - Directeur de Keolis Lyon
- 2006 - Directeur de la branche SNCF Proximités
- 2010 - Chevalier de la Légion d'honneur, le 13 juillet
- 2012 - Directeur général adjoint du groupe SNCF; président du directoire de Keolis; président du conseil d'administration de l'Orchestre national d'Île-de-France (jusqu'en 2014)
- 2013 - Président du GIE Objectif transport public (jusqu'en 2015)
- 2015 - Président de l'Union des transports publics et ferroviaires (jusqu'en 2017)
- 2017 - Chiffre d'affaires de Keolis porté à 5,4 milliards d'euros; grand prix du Cercle Humania
- 2019 - De nouveau président de l'UTP (juin-octobre); nommé président de la SNCF le 18 septembre, prise de fonction le 1er novembre en remplacement de Guillaume Pepy
- 2021 - Officier de la Légion d'honneur, le 13 juillet
- 2024 - Accord sur la cessation anticipée d'activité des cheminots exposés à la pénibilité, en avril
- 2025 - Fin de la présidence de la SNCF et nomination comme ministre du Travail et des Solidarités dans le gouvernement Lecornu II, le 12 octobre; prise de fonction le 13 octobre
- 2026 - Lancement de la conférence Travail Emploi Retraite (décembre 2025-janvier 2026); reprise de la concertation sur la transparence salariale, le 15 janvier; revalorisation de la prime d'activité, en avril-mai; accord sur l'assurance chômage, en avril; lancement d'une stratégie jeunes, en mai; appel à la solidarité des seniors pour le budget 2027, fin août
Mandats et responsabilités
- Ministre du Travail et des Solidarités
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
4 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
