Ce qu'il faut retenir
- Ancien Député · Assemblée nationale.
Biographie
Joseph Franceschi naît le 15 janvier 1924 à Tunis, en Tunisie, dans une famille d'origine corse : son père, Mathieu Franceschi, est chef de gare, sa mère se nomme Antoinette Ottavy. Instituteur devenu docteur en science politique, maire d'Alfortville pendant vingt-trois ans, proche collaborateur de François Mitterrand puis secrétaire d'État dans les gouvernements Mauroy et Fabius, il meurt le 10 mars 1988 à Paris, à l'âge de 64 ans.
De la Tunisie à la 2e division blindée
Adhérent des Jeunesses socialistes de la SFIO dès l'âge de quatorze ans, en 1938, Joseph Franceschi s'engage dans les Forces françaises libres après la libération de la Tunisie, en 1943. Affecté à la 2e division blindée, il prend part à la campagne d'Italie et reçoit la croix de guerre 1939-1945 ainsi que la médaille militaire.
Instituteur, puis docteur en science politique
Après la guerre, Joseph Franceschi mène une carrière d'enseignant : instituteur, licencié en lettres, il obtient un diplôme d'études supérieures de droit public puis un doctorat en science politique, et enseigne dans le supérieur, notamment comme assistant à la faculté d'Amiens. En 1962, il compte parmi les fondateurs de l'Association française des docteurs en sciences politiques, qu'il préside, aux côtés d'Yves-Maxime Danan, Christian Purtschet et Anne-Marie Lormeau, entre autres.
Les débuts en politique à Alfortville
Installé à Alfortville, Joseph Franceschi y devient secrétaire de la section SFIO et est élu conseiller municipal le 9 décembre 1951, sous la municipalité de Raoul Bleuse, dont il devient le deuxième adjoint. Membre de la commission exécutive fédérale de la SFIO en 1966 et représentant titulaire de son parti à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste au niveau départemental, il se rallie dès 1965 à la stratégie d'union de la gauche et s'adapte sans heurt à la création du nouveau Parti socialiste en 1971.
Maire d'Alfortville pendant vingt-trois ans
Joseph Franceschi succède à Raoul Bleuse à la mairie d'Alfortville à l'issue de son élection du 28 mars 1965, mandat qu'il conserve jusqu'à sa mort en 1988, après avoir été réélu le 21 mars 1971 sur une liste d'union de la gauche, puis le 20 mars 1977 et le 13 mars 1983. Il se montre particulièrement attentif à la communauté arménienne de la commune, en faisant inaugurer en 1984 un monument dédié au génocide arménien, et engage un plan de rénovation des hospices ainsi que le développement de l'hospitalisation à domicile. Il siège par ailleurs au conseil général du Val-de-Marne de 1967 à 1988, dont il devient vice-président en 1979.
Un proche collaborateur de François Mitterrand
À partir du milieu des années 1970, Joseph Franceschi devient l'un des plus proches collaborateurs de François Mitterrand, dont il assure l'organisation matérielle des campagnes présidentielles de 1974 et de 1981, ainsi que la sécurité personnelle et l'organisation des meetings. Selon plusieurs témoignages, il compte, avec François de Grossouvre, parmi les deux seules personnes à n'avoir jamais quitté le candidat Mitterrand durant ces campagnes.
Député du Val-de-Marne et vice-président de l'Assemblée nationale
Élu député de la 4e circonscription du Val-de-Marne (Maisons-Alfort, Alfortville, Charenton) le 11 mars 1973, succédant à Alain Griotteray, Joseph Franceschi est réélu le 19 mars 1978 puis le 21 juin 1981, siégeant à l'Assemblée nationale jusqu'au 22 juillet 1981, date à laquelle il quitte son mandat pour entrer au gouvernement. Il exerce entre 1977 et 1979 la fonction de vice-président de l'Assemblée nationale. Il retrouve les bancs du Palais-Bourbon du 2 avril 1986 au 10 mars 1988, jour de sa mort, après une élection à la proportionnelle le 16 mars 1986.
Secrétaire d'État aux Personnes âgées, puis à la Sécurité publique
Après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981, Joseph Franceschi est nommé secrétaire d'État chargé des Personnes âgées, fonction nouvellement créée qu'il occupe du 22 mai 1981 au 17 août 1982 dans les gouvernements Mauroy I et II.
Il est ensuite nommé secrétaire d'État à la Sécurité publique, placé sous l'autorité du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Gaston Defferre, au lendemain de l'attentat de la rue des Rosiers, poste qu'il exerce du 17 août 1982 au 23 juillet 1984 dans les gouvernements Mauroy II et III. Chargé de la lutte contre le terrorisme et des relations avec les services de renseignement alliés, il traverse une période tendue avec les forces de l'ordre : le 3 juin 1983, quelque 1500 policiers manifestent place Vendôme contre le garde des Sceaux Robert Badinter, et Joseph Franceschi, dont les relations avec Gaston Defferre se seraient dégradées, remet au président Mitterrand une lettre de démission non datée. La fonction de secrétaire d'État à la Sécurité publique est supprimée à l'issue de son passage.
Retour aux Retraites et Personnes âgées
Du 23 juillet 1984 au 20 mars 1986, dans le gouvernement de Laurent Fabius, Joseph Franceschi est nommé secrétaire d'État chargé des Retraites et des Personnes âgées. Il y affiche l'ambition d'être le « Léo Lagrange du troisième âge », portant un grand plan de rénovation des hospices et la promotion de l'hospitalisation à domicile. La fonction disparaît à l'issue de son mandat.
Au sein du Parti socialiste, il avait été chargé, après le congrès de 1975, des études sur le troisième âge, puis nommé délégué national du parti pour les personnes âgées de 1976 à 1979, en plus de sa spécialisation sur les questions d'outre-mer.
Une œuvre d'écrivain et d'universitaire
Joseph Franceschi publie plusieurs ouvrages tout au long de sa carrière. En 1958 paraît « Sidi-Safi », un roman pour la jeunesse écrit avec Albert Laredo et publié chez Hachette dans la Bibliothèque verte, qui reçoit le prix Jean-Macé. Suivent « Les Groupes de pression dans la défense de l'enseignement public » (1964), « Carte politique et physique du Val-de-Marne » (1969), « Alfortville, sociologie humaine et politique » (1971) et « Un demi-siècle de consultations nationales dans la circonscription de Charenton » (1973). En 1978 paraissent, préfacés par Gaston Defferre, ses « Discours prononcés à la tribune de l'Assemblée nationale (1973-1978) ».
Mort et hommages
Joseph Franceschi meurt en fonction le 10 mars 1988 à Paris, alors qu'il est encore député et maire d'Alfortville. Il est inhumé au cimetière d'Alfortville. René Rouquet lui succède à la fois comme maire et comme député. En mai 2024, une statue à son effigie est inaugurée dans la rue qui porte son nom à Alfortville, en présence du maire Luc Carvounas.
Chronologie
- 1924 - Naissance à Tunis, le 15 janvier
- 1938 - Adhésion aux Jeunesses socialistes de la SFIO
- 1943 - Engagement dans les Forces françaises libres, affecté à la 2e division blindée
- 1951 - Élu conseiller municipal d'Alfortville, le 9 décembre
- 1962 - Fondation de l'Association française des docteurs en sciences politiques
- 1965 - Élu maire d'Alfortville, le 28 mars
- 1967 - Élu conseiller général du Val-de-Marne
- 1973 - Élu député de la 4e circonscription du Val-de-Marne, le 11 mars
- 1977 - Vice-président de l'Assemblée nationale (jusqu'en 1979)
- 1981 - Nommé secrétaire d'État chargé des Personnes âgées, le 22 mai
- 1982 - Nommé secrétaire d'État à la Sécurité publique, le 17 août, au lendemain de l'attentat de la rue des Rosiers
- 1984 - Nommé secrétaire d'État aux Retraites et aux Personnes âgées, le 23 juillet
- 1986 - Retour à l'Assemblée nationale, le 2 avril
- 1988 - Mort en fonction à Paris, le 10 mars
- 2024 - Inauguration d'une statue en son honneur à Alfortville, en mai
Mandats et responsabilités
En cours
Mandats sans date connue
- Député7ᵉ législature
- Député5ᵉ législature
- Député8ᵉ législature
- Député6ᵉ législature
