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Portrait de Juliette Méadel

Gouvernement

Juliette Méadel

Ministre chargée de la Ville

Ce qu'il faut retenir

Gouvernement
  • Ministre chargée de la Ville · Gouvernement.

Biographie

Juliette Laure Jeanne Méadel, née le 17 avril 1974 à Paris, est une magistrate, ancienne avocate et femme politique française. Elle a occupé les fonctions de ministre déléguée chargée de la Ville, auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, du 23 décembre 2024 au 5 octobre 2025, dans le gouvernement de François Bayrou. Sœur de la sociologue Cécile Méadel, elle est mariée à un analyste financier et mère de quatre fils, le dernier né en avril 2016.

Formation

Juliette Méadel effectue sa scolarité, du collège à l'hypokhâgne, au lycée Victor-Duruy, à Paris. Elle poursuit par une maîtrise de droit à l'université Panthéon-Assas, un diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris et un DEA de philosophie, avant de soutenir un doctorat de droit privé consacré aux marchés financiers et à l'ordre public, publié en 2007 aux éditions LGDJ. Elle achève sa formation par l'École nationale d'administration, dont elle intègre la promotion Robert-Badinter (2009-2011).

De l'avocature à la haute fonction publique

Inscrite au barreau de Paris, Juliette Méadel exerce comme avocate de 2005 à 2009. À sa sortie de l'ENA, elle rejoint la direction générale du Trésor, au service des politiques macroéconomiques, avant d'être nommée conseillère référendaire en service extraordinaire à la Cour des comptes de 2014 à 2016. Elle retrouve la Cour des comptes comme conseillère référendaire à partir de janvier 2018, entre deux séquences politiques, et enseigne parallèlement à Sciences Po Paris.

Les débuts au Parti socialiste

L'engagement politique de Juliette Méadel commence tôt au sein du Parti socialiste, dont elle intègre la direction nationale dès 2005, dans l'orbite de Laurent Fabius avant de devenir conseillère de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle de 2007. Candidate malheureuse aux élections régionales d'Île-de-France en 2004, elle siège comme conseillère municipale du 14e arrondissement de Paris de 2008 à 2014. Lors de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012, elle est responsable du groupe de travail sur la lutte contre les discriminations, et fonde en septembre de la même année l'association « L'avenir n'attend pas ». Au congrès du PS de 2012, elle porte la motion « Question de principes », qui recueille 5,2% des suffrages, avant de se rallier à Harlem Désir. Elle entre en 2013 à la direction nationale du parti comme secrétaire nationale à l'industrie, dirige la Fondation Terra Nova aux côtés de François Chérèque d'octobre 2012 à novembre 2013, puis devient en avril 2014 secrétaire nationale chargée de l'Industrie, du Numérique et de l'Économie sociale et solidaire. D'août 2014 à décembre 2016, elle est l'une des porte-parole du PS, aux côtés d'Olivier Faure et de Corinne Narassiguin.

Secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes (2016-2017)

Nommée le 11 février 2016 secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'Aide aux victimes, Juliette Méadel devient l'interlocutrice institutionnelle des victimes des attentats de janvier et de novembre 2015. Sous son impulsion sont mises en place une exonération d'impôt sur le revenu et de taxe d'habitation pour les victimes de ces attentats, un label décerné aux grandes villes formant leurs agents aux gestes qui sauvent, en lien avec l'association France urbaine, ainsi que des formations aux « mots qui sauvent » associant psychiatres et infirmiers. Elle organise en janvier 2016, à l'Unesco, la première conférence internationale sur l'aide aux victimes, placée sous la présidence d'honneur de Robert Badinter, présente le 20 mars 2017 à Bruxelles la première feuille de route européenne en la matière aux côtés de François Hollande, et obtient en février 2017 la création d'un secrétariat général à l'aide aux victimes.

Favorable à Manuel Valls lors de la primaire socialiste de janvier 2017, elle se rallie, après l'élimination de ce dernier face à Benoît Hamon, à la candidature d'Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle, et publie en mai 2017 dans Libération une tribune intitulée « Madame Le Pen, vous n'aurez pas nos haines ». Elle n'est pas reconduite dans le gouvernement d'Édouard Philippe, échoue dès le premier tour des élections législatives de 2017 dans la 10e circonscription de Seine-et-Marne, avec 8,31% des suffrages, et voit le secrétariat général qu'elle avait créé supprimé en juin 2017, ses missions étant alors rattachées au ministère de la Justice. En octobre de la même année, dans le sillage de l'affaire Weinstein, elle publie une tribune, « Dénoncer c'est bien, protéger c'est mieux », consacrée à la protection des personnes dénonçant des faits de harcèlement sexuel.

La controverse Georges Tron

En novembre 2018, après l'acquittement en première instance de l'ancien secrétaire d'État Georges Tron, accusé de viols, Juliette Méadel publie un message sur les réseaux sociaux affirmant que « le doute ne doit pas bénéficier aux accusés », suscitant de vives critiques d'observateurs y voyant une remise en cause d'un principe fondamental du droit. Elle répond à ces critiques le 15 novembre 2018, puis explicite sa position dans une tribune publiée par Le Monde le 4 février 2019.

Radiation du Parti socialiste et opposition municipale à Montrouge

Radiée du Parti socialiste par la fédération de Seine-et-Marne en février 2018, pour avoir soutenu Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle de 2017, Juliette Méadel participe de février à novembre 2018 à un groupe de travail gouvernemental sur le service national universel et lance en septembre 2018 l'opération « Youth Europe ». En novembre 2019, elle annonce sa candidature, sans étiquette, à la mairie de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, campagne durant laquelle elle est attaquée par le candidat de La France insoumise Aurélien Saintoul sur un possible conflit d'intérêts lié à son entrée au conseil stratégique de l'entreprise de cybersécurité Deveryware. Arrivée deuxième au premier tour, elle fusionne sa liste avec celle du socialiste Joaquim Timoteo, et obtient au second tour 39,75% des suffrages, terminant deuxième derrière le maire sortant, le divers droite Étienne Lengereau, crédité de 45,08% des voix. Élue avec neuf conseillers municipaux, elle prend la tête du groupe d'opposition « L'avenir n'attend pas à Montrouge », qui se réduit à six membres le 27 novembre 2020 après le départ des élus socialistes, le travail en commun s'étant révélé impossible.

Elle publie en novembre 2021 un livre de bilan politique, « Un impérieux besoin d'agir ».

Le ralliement à la macronie

À partir de la présidentielle de 2022, pour laquelle elle vote Emmanuel Macron dès le premier tour, Juliette Méadel se rapproche ouvertement de la majorité présidentielle : elle adhère dès sa création à la Fédération progressiste lancée par François Rebsamen. Son groupe d'opposition à Montrouge se scinde à son tour en juin 2023, trois de ses membres formant un groupe distinct dit des « Indépendants », le ramenant à trois élus. En octobre 2023, au lendemain des attaques du 7 octobre en Israël, elle publie une tribune appelant la gauche républicaine à soutenir la gauche israélienne et critiquant La France insoumise, puis dénonce, fin 2023, la loi sur l'immigration comme une « grave faute politique ». Elle quitte la Fédération progressiste, faute de soutenir le parti présidentiel aux élections européennes de 2024, sur la liste desquelles elle figure finalement en quatrième position, sous les couleurs du Parti radical de gauche conduit par Guillaume Lacroix, sans être élue.

Ministre déléguée chargée de la Ville (2024-2025)

Le 23 décembre 2024, Juliette Méadel est nommée ministre déléguée auprès du ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée de la Ville, dans le gouvernement de François Bayrou. Pendant les neuf mois et demi que dure son mandat, elle concentre son action sur la tranquillité et le cadre de vie des quartiers prioritaires de la politique de la ville, en particulier sur le suivi de l'abattement de taxe foncière sur les propriétés bâties dont bénéficient les bailleurs sociaux dans ces quartiers : elle demande aux préfets de conditionner cet avantage fiscal à des actions concrètes d'entretien, formalisées dans des plans d'action, avec une possibilité de suspension en cas de manquement grave. Elle lance également les Maisons de l'enfance et de la réussite éducative (MeRe), dispositif destiné à détecter précocement les fragilités psychologiques des enfants des quartiers prioritaires, dont une centaine sont opérationnelles à la fin de son mandat. Sa tentative de réadhésion au Parti socialiste, engagée durant cette période, est refusée par la fédération des Hauts-de-Seine en raison de sa présence au sein du gouvernement Bayrou. Son mandat ministériel s'achève le 5 octobre 2025 : elle ne figure ni dans le gouvernement Lecornu I, formé ce même jour puis démissionnaire dès le lendemain, ni dans le gouvernement Lecornu II qui lui succède le 12 octobre 2025, la ville étant depuis rattachée à un ministère distinct.

Retour à Montrouge et l'affaire Deveryware

Ayant quitté le gouvernement, Juliette Méadel annonce en décembre 2025 sa candidature à sa propre succession, cette fois comme tête de liste, à la mairie de Montrouge pour les élections municipales de mars 2026. En mars 2026, en pleine campagne, Mediapart révèle l'existence d'une enquête préliminaire ouverte le 21 mai 2025 par la brigade financière du parquet de Paris, à la suite d'un signalement d'Aurélien Saintoul portant sur des soupçons de dissimulation de conflit d'intérêts, en lien avec son entrée en 2019 au conseil stratégique de Deveryware. Juliette Méadel affirme avoir elle-même saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) de cette situation, laquelle avait conclu à l'absence de conflit d'intérêts. Elle arrive de nouveau deuxième au premier tour, avec 21,36% des voix, puis au second tour, avec 22,26%, obtenant cette fois cinq sièges, contre neuf en 2020, et demeurant dans l'opposition municipale ; contrairement à 2020, aucune fusion ne s'opère avec la liste du socialiste Joaquim Timoteo, dans une quadrangulaire inchangée.

Positionnement politique et publications

D'une culture politique de gauche gouvernementale, formée à l'école du hollandisme puis ralliée à la macronie, Juliette Méadel s'est constituée au fil de ses fonctions une spécialité reconnue sur l'aide aux victimes d'actes de terrorisme et sur la politique de la ville. Elle a publié un ouvrage de doctrine, « Les Marchés financiers et l'ordre public » (LGDJ, 2007), un livre blanc sur l'aide aux victimes édité par la Documentation française en 2017, ainsi que plusieurs contributions à des ouvrages collectifs et articles de droit financier. Elle est faite chevalière de la Légion d'honneur le 3 juillet 2024, au titre de ses fonctions d'ancienne ministre, de magistrate à la Cour des comptes et de conseillère municipale de Montrouge, après vingt-cinq années de service public.

Chronologie

  • 1974 - Naissance à Paris, le 17 avril
  • 2005 - Début de son activité d'avocate au barreau de Paris
  • 2007 - Publication de sa thèse, « Les Marchés financiers et l'ordre public »
  • 2008 - Élue conseillère municipale du 14e arrondissement de Paris
  • 2009 - Entrée à l'ENA, promotion Robert-Badinter
  • 2012 - Fondation de l'association « L'avenir n'attend pas » ; motion « Question de principes » au congrès du PS
  • 2014 - Secrétaire nationale du PS chargée de l'Industrie, du Numérique et de l'Économie sociale et solidaire
  • 2016 - Secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, le 11 février ; première conférence internationale sur l'aide aux victimes à l'Unesco
  • 2017 - Ralliement à Emmanuel Macron ; fin de ses fonctions gouvernementales ; défaite aux élections législatives dans la 10e circonscription de Seine-et-Marne
  • 2018 - Radiation du Parti socialiste, en février ; controverse liée à l'acquittement de Georges Tron, en novembre
  • 2020 - Candidate à la mairie de Montrouge ; élue conseillère municipale d'opposition avec 39,75% des voix au second tour
  • 2021 - Publication de « Un impérieux besoin d'agir »
  • 2022 - Vote pour Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle
  • 2024 - Chevalière de la Légion d'honneur, le 3 juillet ; candidate non élue aux élections européennes ; nommée ministre déléguée chargée de la Ville, le 23 décembre
  • 2025 - Fin de ses fonctions ministérielles, le 5 octobre, à la formation du gouvernement Lecornu I ; enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, le 21 mai (révélée en mars 2026) ; annonce de sa candidature à Montrouge, en décembre
  • 2026 - Élections municipales de Montrouge : deuxième place au premier comme au second tour, avec cinq sièges d'opposition

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