Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant

Parlement

Kléber Loustau

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.

Biographie

Kleber Georges Loustau, né le 5 février 1915 à Romorantin, dans le Loir-et-Cher, et mort le 11 octobre 2008 à Saint-Avertin, en Indre-et-Loire, à l'âge de 93 ans, est un homme politique français. Fils d'ouvriers, il quitte l'école à treize ans et devient apprenti mécanicien-ajusteur avant de connaître, en un demi-siècle, l'une des trajectoires les plus complètes de la gauche du Loir-et-Cher: syndicaliste, résistant, député sous deux Républiques, deux fois membre du gouvernement, puis maire et président de conseil général pendant plus de vingt ans.

Des origines ouvrières au syndicalisme

Après avoir quitté l'école à treize ans, Kleber Loustau devient apprenti mécanicien-ajusteur puis travaille dans une usine textile de Romorantin. Il s'engage dans l'action syndicale au sein de la Confédération générale du travail (CGT) à partir de 1932, et adhère dès 1934 aux jeunesses socialistes, dont il devient membre du comité national mixte en 1935.

Cette année-là, il prend la tête d'une grève unitaire déclenchée par d'importantes baisses de salaires décidées par la direction de son usine, grève qui contraint finalement l'employeur à reculer. Ce succès, conjugué à la réunification syndicale de l'époque, permet au syndicat de rassembler jusqu'à la moitié des ouvriers de l'usine. Membre du conseil national de la fédération du textile de la CGT et secrétaire de la bourse du travail de Romorantin, il œuvre à la création de nouveaux syndicats dans la région et apporte, en 1936, un soutien technique actif aux négociations menées dans plusieurs entreprises locales, dans le contexte du Front populaire.

En 1938, il intègre l'Office national interprofessionnel du blé, où il exerce comme agent technique.

La Résistance et la Libération

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kleber Loustau s'engage dans la Résistance au sein du réseau Libération-Nord. À la Libération, il est nommé sous-préfet de Romorantin.

Député sous la Quatrième République

En juin 1946, Kleber Loustau est élu député du Loir-et-Cher sous l'étiquette de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), avec 19,1% des voix, succédant à Robert Mauger. Il siège à l'Assemblée nationale pendant toute la Quatrième République, réélu en novembre 1946 (17,8%), en juin 1951 (16,3%) puis en janvier 1956 (15%). Membre du comité directeur de la SFIO à partir de 1954, il se spécialise dans les questions agricoles, qui demeurent le fil conducteur de son action parlementaire.

Deux passages au gouvernement

Sa réélection de janvier 1956 le conduit au gouvernement: il devient sous-secrétaire d'État à l'Agriculture dans le gouvernement de Guy Mollet, à partir du 1er février 1956 et jusqu'en juin 1957. Il enchaîne, à partir du 17 juin 1957, avec un poste de secrétaire d'État à l'Équipement et au Plan dans le gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury, jusqu'à la chute de celui-ci en septembre de la même année.

Son projet de loi d'orientation agricole, dont la discussion parlementaire est interrompue par la crise de mai 1958, sert de base à la loi d'orientation agricole promulguée en août 1960.

La crise de 1958 et la traversée du désert

Hostile au retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, Kleber Loustau ne rompt pas pour autant avec la SFIO, dont il devient, en juillet, secrétaire de la fédération du Loir-et-Cher. Il est battu aux élections législatives de novembre 1958, dans le raz-de-marée gaulliste qui inaugure la Cinquième République, mais retrouve son siège quatre ans plus tard, à la faveur de la dissolution de l'Assemblée nationale consécutive à la crise institutionnelle de l'automne 1962.

Le retour à l'Assemblée et l'ancrage local

Réélu député de la deuxième circonscription du Loir-et-Cher le 6 décembre 1962, Kleber Loustau siège jusqu'au 30 mai 1968, réélu entre-temps en mars 1967. Il est vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, avant de perdre son siège en 1968, dans la vague gaulliste consécutive aux événements de Mai 68.

Parallèlement à son mandat national, il construit un ancrage local durable dans le Loir-et-Cher: élu conseiller général du canton de Selles-sur-Cher à l'occasion d'une élection partielle en 1963, il devient la même année maire de Selles-sur-Cher, fonction qu'il conserve vingt-six ans, jusqu'en 1989. En 1973, il est élu président du conseil général du Loir-et-Cher, poste qu'il occupe jusqu'en 1988.

Les évolutions partisanes de la maturité

Membre de la SFIO de 1931 à 1969, Kleber Loustau quitte le comité directeur et la direction fédérale en 1969, au moment de la transformation du parti en nouveau Parti socialiste, lors du congrès d'Alfortville. Il demeure toutefois membre du Parti socialiste jusqu'en 1976, année où il quitte la formation, ainsi que le rapporte Le Monde du 22 mars 1976. Il rejoint ensuite les Socialistes indépendants, puis évolue vers le Parti social-démocrate, alors affilié à l'Union pour la démocratie française.

Kleber Loustau se retire à Selles-sur-Cher, où il avait été maire pendant plus d'un quart de siècle, avant de s'éteindre le 11 octobre 2008 à Saint-Avertin, en Indre-et-Loire, à l'âge de 93 ans.

Chronologie

  • 1915 - Naissance à Romorantin, dans le Loir-et-Cher, le 5 février
  • 1932 - Engagement syndical à la CGT
  • 1934 - Adhésion aux jeunesses socialistes
  • 1935 - Direction d'une grève unitaire victorieuse à Romorantin
  • 1938 - Entrée à l'Office national interprofessionnel du blé
  • 1946 - Élection comme député du Loir-et-Cher sous l'étiquette SFIO, en juin
  • 1954 - Entrée au comité directeur de la SFIO
  • 1956 - Réélection comme député, en janvier; nomination comme sous-secrétaire d'État à l'Agriculture dans le gouvernement Mollet, le 1er février
  • 1957 - Nomination comme secrétaire d'État à l'Équipement et au Plan dans le gouvernement Bourgès-Maunoury, le 17 juin
  • 1958 - Défaite aux élections législatives de novembre, dans la vague gaulliste
  • 1960 - Promulgation de la loi d'orientation agricole d'août, inspirée de son projet de 1958
  • 1962 - Réélection comme député, le 6 décembre; élection comme conseiller général du canton de Selles-sur-Cher et comme maire de Selles-sur-Cher
  • 1968 - Fin de son mandat de député, le 30 mai
  • 1969 - Départ du comité directeur de la SFIO lors de sa transformation en nouveau Parti socialiste
  • 1973 - Élection à la présidence du conseil général du Loir-et-Cher
  • 1976 - Départ du Parti socialiste, selon Le Monde du 22 mars
  • 1988 - Fin de sa présidence du conseil général du Loir-et-Cher
  • 1989 - Fin de son mandat de maire de Selles-sur-Cher, après vingt-six ans
  • 2008 - Décès à Saint-Avertin, en Indre-et-Loire, le 11 octobre

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo : pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.