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Ce qu'il faut retenir

Parlement européen Groupe GUE_NGL 2 247 votes exprimés
  • Député européen — Parlement européen, France.
  • Rattaché au parti La Gauche au Parlement européen — GUE/NGL, groupe GUE_NGL.
  • 2 247 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

État civil

Leïla Chaibi est née le 5 octobre 1982 à Dijon (Côte-d'Or). Issue d'une famille biculturelle — sa mère, originaire de Vendée, est professeure d'économie de la santé, et son père, d'origine tunisienne, est ingénieur — elle grandit dans un quartier résidentiel de Toulouse, où elle effectue l'essentiel de sa scolarité. Députée européenne depuis 2019, elle siège au sein du groupe de la Gauche au Parlement européen (GUE/NGL) et est membre de La France Insoumise.

Formation

Leïla Chaibi intègre l'Institut d'études politiques de Toulouse (Sciences Po Toulouse), dont elle sort diplômée en 2005. Durant ses années d'études, elle s'engage au sein du syndicat étudiant SUD Étudiant à partir de 2001. Cette période constitue le creuset de son engagement militant : elle participe aux manifestations consécutives à la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002 et s'investit dans le mouvement altermondialiste, prenant notamment part au contre-sommet du G8 d'Évian en 2003.

Parcours professionnel et militant

À son arrivée à Paris en 2005, Leïla Chaibi s'engage dans une série de collectifs militants qui forgent son identité politique autour de la lutte contre la précarité et les inégalités sociales.

Elle rejoint d'abord Génération Précaire, organisation qui dénonce les conditions de travail des stagiaires à travers des actions fortement médiatisées. En 2006, elle co-fonde Jeudi Noir, un collectif qui met en lumière la crise du logement en France par des squats et des actions festives destinées à alerter l'opinion publique sur l'inaccessibilité du marché immobilier pour les jeunes et les précaires. En 2008, elle rejoint l'Appel et la Pioche, une initiative visant à dénoncer les marges excessives pratiquées par la grande distribution au détriment des consommateurs et des producteurs.

Ce parcours associatif et militant, centré sur les problématiques de précarité — logement, emploi, pouvoir d'achat — constitue le socle de ses engagements politiques ultérieurs.

Parcours politique

L'engagement partisan de Leïla Chaibi débute en 2009, lorsqu'elle adhère au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) dès sa fondation aux côtés d'Olivier Besancenot. Elle est élue la même année au comité exécutif du parti. Toutefois, déçue par ce qu'elle perçoit comme un isolationnisme du NPA et par l'absence d'accord national avec le Front de gauche, elle quitte le parti en février 2011.

Elle rejoint alors le Parti de Gauche, fondé par Jean-Luc Mélenchon, où elle occupe le poste de secrétaire nationale chargée de l'abolition du précariat de 2011 à 2014. À ce titre, elle participe activement aux campagnes présidentielles de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et en 2017. Membre du conseil national de campagne du Front de gauche pour la présidentielle de 2012, elle dirige également « l'Usine », le quartier général de campagne de Mélenchon.

En février 2016, elle rejoint La France Insoumise (LFI), où elle co-rédige le programme relatif au logement et co-dirige le comité de désobéissance civile du mouvement. La même année, elle figure parmi les initiateurs du mouvement Nuit Debout, mobilisation citoyenne née en opposition à la loi Travail dite « loi El Khomri », qui occupe pendant plusieurs semaines la place de la République à Paris et essaime dans de nombreuses villes françaises.

Activité au Parlement européen

Lors des élections européennes de 2019, Leïla Chaibi figure en troisième position sur la liste de La France Insoumise conduite par Manon Aubry. Avec 6,31 % des suffrages exprimés, la liste obtient six sièges et Leïla Chaibi est élue députée européenne. Elle est réélue en 2024 sur la liste Union Populaire.

Au Parlement européen, elle siège au sein du groupe The Left (GUE/NGL) et est membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales (EMPL), dont elle est élue vice-présidente en janvier 2022. À la suite du départ de Manuel Bompard en 2022, elle est désignée présidente de la délégation La France Insoumise au Parlement européen.

Son activité parlementaire se distingue par un engagement résolu en faveur des droits des travailleurs des plateformes numériques. Dès novembre 2020, elle remet au commissaire européen à l'Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, une proposition de directive européenne « prête à l'emploi » qu'elle a rédigée en collaboration avec des experts de l'ubérisation. Ce texte précurseur pose les bases de la future réglementation européenne. Elle mène un travail législatif soutenu en faveur de la présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes, renversant la charge de la preuve : c'est désormais à la plateforme de démontrer l'absence de lien de subordination, et non au travailleur de prouver sa condition de salarié. Ce combat aboutit à l'adoption par l'Union européenne, en décembre 2024, de la directive sur le travail des plateformes, considérée comme une avancée majeure dans la lutte contre l'ubérisation du travail. La presse spécialisée la décrit comme « la voix la plus forte du Parlement européen » sur cette question.

En parallèle, Leïla Chaibi s'engage dans une opposition au modèle économique d'Amazon, entreprenant un « Amazon Tour » à travers la France pour visiter les sites où le géant du commerce en ligne construit ou projette de construire des entrepôts, alertant sur les conséquences sociales et environnementales de cette expansion.

Prises de position notables

Leïla Chaibi défend une ligne politique ancrée à gauche, articulée autour de plusieurs axes principaux.

Sur le plan du droit du travail européen, elle milite pour un renforcement substantiel des protections des travailleurs face à la précarisation induite par l'économie de plateforme. Elle dénonce régulièrement l'influence des lobbies industriels au sein des institutions européennes et ce qu'elle considère comme la complaisance de certains États membres — en particulier la France sous la présidence d'Emmanuel Macron — à l'égard des intérêts des plateformes numériques au détriment des travailleurs.

En matière de justice sociale, elle poursuit au niveau européen les combats qu'elle menait dans le cadre associatif français : lutte contre la précarité de l'emploi, défense du droit au logement, protection du pouvoir d'achat des consommateurs face aux pratiques de la grande distribution.

En janvier 2024, elle publie l'ouvrage « Députée pirate : comment j'ai infiltré la machine européenne » (co-écrit avec Cyril Pocréaux, éditions Les Liens qui Libèrent), récit à la première personne de son premier mandat européen. Ce livre relate les mécanismes de la vie politique européenne, les difficultés à s'y conformer en tant qu'élue de gauche radicale, et l'omniprésence des lobbyistes au sein de l'institution parlementaire.

Son parcours, de l'activisme associatif à la représentation parlementaire européenne, illustre une trajectoire politique cohérente centrée sur la défense des droits sociaux et la lutte contre les différentes formes de précarité.

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