Ce qu'il faut retenir
- Député européen · Parlement européen, France.
- Rattachée au parti La Gauche au Parlement européen — GUE/NGL, groupe GUE_NGL.
- 2 295 votes exprimés au cours du mandat.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Leïla Chaibi, née le 5 octobre 1982 à Dijon (Côte-d'Or), est une femme politique française, députée européenne depuis 2019. Fille de Bernadette Gaillard, professeure d'économie française, et de Mouldi Chaibi, ingénieur tunisien né en 1955 à Jilma, elle possède la double nationalité française et tunisienne et a grandi dans un quartier résidentiel de Toulouse.
Formation
Leïla Chaibi effectue sa scolarité au lycée polyvalent Rive-Gauche Mirail, à Toulouse, avant d'intégrer l'Institut d'études politiques de Toulouse, dont elle sort diplômée en 2005, dans la section « presse et communication ».
Militantisme étudiant et associatif
Membre de SUD Étudiant pendant ses études, Leïla Chaibi participe aux mobilisations qui suivent le 21 avril 2002 ainsi qu'aux mobilisations altermondialistes, dont le contre-sommet organisé en marge du G8 d'Évian en 2003.
Elle s'engage ensuite dans plusieurs collectifs militants. Elle rejoint Génération précaire, qui dénonce l'exploitation des stagiaires par des actions médiatiques et des interpellations d'élus et d'entreprises. En 2006, elle cofonde le collectif Jeudi Noir, qui lutte contre le mal-logement par des occupations de bâtiments et des actions médiatiques festives, notamment l'occupation d'un immeuble rue de la Banque, dans le 2e arrondissement de Paris. En 2008, elle participe à la fondation du collectif L'Appel et la Pioche, qui organise des « pique-niques » mensuels dans des supermarchés sans payer, pour dénoncer les marges des grandes surfaces. En 2010, elle devient vice-présidente de la Fondation Copernic, think tank critique du libéralisme économique. En 2016, elle participe au comité d'organisation du mouvement Nuit debout, né de la contestation de la loi travail portée par Myriam El Khomri.
Débuts professionnels
Avant de se consacrer pleinement à la politique, Leïla Chaibi exerce plusieurs emplois : secrétaire administrative puis rédactrice pour un club d'entreprises à partir d'environ 2009, agente au centre de ressources de la politique de la ville de la mairie de Paris en 2014, coordinatrice de l'action citoyenne des jeunes à Gennevilliers de 2015 à 2018, puis responsable du service vie civique et citoyenneté à Stains de 2018 à 2019.
Du Nouveau Parti anticapitaliste au Parti de Gauche
Leïla Chaibi adhère au Nouveau Parti anticapitaliste dès sa création, en 2009, aux côtés d'Olivier Besancenot, et est élue la même année à son comité exécutif. Elle quitte le parti en février 2011, invoquant son isolationnisme et l'absence d'accord national avec le Front de gauche.
Elle rejoint alors le Parti de Gauche, où elle est secrétaire nationale chargée de la précarité de 2011 à 2014. Membre du conseil national de campagne du Front de gauche pour l'élection présidentielle de 2012, elle anime « L'Usine », le centre de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et coordonne plusieurs actions militantes, dont la « décontamination » de Pôle emploi et l'occupation des locaux de l'agence de notation Moody's et de l'Autorité des marchés financiers. Elle organise également les « mélenchanteurs », groupe de campagne chantant. Elle tient jusqu'en 2013 une chronique bimensuelle dans le magazine Regards.
Elle est candidate aux élections législatives de 2012 dans la 10e circonscription de Paris pour le Front de gauche, où elle recueille 4 524 voix (11,62%) et termine troisième. Aux élections municipales de 2014, elle conduit dans le 14e arrondissement de Paris la liste du Front de gauche « À Paris, place au peuple ! », qui obtient 2 489 voix (5,24%) et termine sixième, sans obtenir de siège.
L'engagement à La France insoumise
Leïla Chaibi rejoint La France insoumise dès sa création, en février 2016. Elle coécrit la plateforme du mouvement sur le logement universel et durable et coanime le pôle d'auto-organisation, puis l'espace consacré à l'auto-organisation et à la désobéissance populaire. Elle contribue au développement, au sein du mouvement, d'une culture de « community organizing », en organisant des formations à la méthode d'Alinsky.
Elle est de nouveau candidate aux élections législatives, en 2017, dans la 10e circonscription de Paris, où elle obtient 5 447 voix (14,62%) au premier tour, se plaçant deuxième, avant d'être battue au second tour avec 12 063 voix (39,89%).
Le Parlement européen
Leïla Chaibi est élue députée européenne le 26 mai 2019, en troisième position sur la liste de La France insoumise, qui obtient 6,31% des suffrages et six des soixante-dix-neuf sièges français, et entre en fonction le 2 juillet 2019. Elle est réélue le 9 juin 2024, en cinquième position sur la liste Union populaire, qui recueille 9,89% des voix et neuf des quatre-vingt-un sièges.
Elle siège au sein du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL). Elle est vice-présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales et membre titulaire de la commission des affaires constitutionnelles, ainsi que membre de la délégation pour les relations avec les pays d'Amérique latine. Du 22 juin 2022 au 16 juillet 2024, elle préside la délégation de La France insoumise au Parlement européen.
Le combat pour les travailleurs des plateformes
Leïla Chaibi consacre une part importante de son mandat à la situation des travailleurs des plateformes numériques (livreurs, chauffeurs), au point d'être considérée comme l'une des voix les plus actives du Parlement européen sur cette question. En novembre 2020, elle soumet au commissaire européen à l'Emploi Nicolas Schmit une proposition de directive instaurant une présomption de salariat pour ces travailleurs. Elle organise à Bruxelles, en 2019, 2021, 2022 et 2024, un Forum transnational sur les alternatives à l'ubérisation. Elle salue l'adoption de la directive sur les travailleurs des plateformes par le Conseil de l'Union européenne le 11 mars 2024, malgré l'opposition de la France, estimant qu'elle permettra la requalification en salariés de millions de faux indépendants en Europe, et reproche à Emmanuel Macron d'avoir cherché à affaiblir la présomption de salariat au bénéfice d'Uber plutôt que des travailleurs.
L'opposition à Amazon
Leïla Chaibi mène une « tournée Amazon » à travers la France, visitant plusieurs sites d'entrepôts du groupe. Elle organise, avec l'eurodéputée María Eugenia Rodríguez Palop, une audition européenne de salariés d'Amazon, et cosigne une lettre ouverte à Jeff Bezos, signée par une trentaine d'eurodéputés, dénonçant des pratiques de surveillance des employés. En janvier 2024, elle demande l'interdiction d'accès des lobbyistes d'Amazon au Parlement européen après plusieurs refus de l'entreprise de se présenter à des auditions ; le Parlement révoque leurs accréditations le 27 février 2024. Elle commande une étude indépendante concluant à la destruction de 82 000 emplois en France en dix ans du fait des plateformes de vente en ligne, et critique la remise de la Légion d'honneur à Jeff Bezos par Emmanuel Macron, qu'elle qualifie ironiquement de « récompense bien méritée du président des riches ».
Autres engagements
Sur le climat, Leïla Chaibi critique en mai 2022 l'insuffisance du fonds social pour le climat, mettant en garde contre un risque de résurgence du mouvement des Gilets jaunes à l'échelle européenne. En avril 2023, elle s'oppose à l'extension du marché du carbone, craignant une hausse des prix de l'essence et du chauffage, et appelle en mai 2023 à une opposition unie de la gauche à la « pause » réglementaire environnementale annoncée par Emmanuel Macron. Elle s'oppose à l'usage des jets privés, dont environ 40% volent à vide selon elle, et critique le manque de défense du fret ferroviaire de la SNCF.
Sur les questions de genre, elle dénonce le harcèlement en ligne dont sont victimes les femmes, en s'appuyant sur son expérience personnelle, et milite pour la création d'un congé menstruel. Le 22 mars 2023, elle annonce sa grossesse et réclame que le Parlement européen permette le vote à distance, la délégation de vote ou un remplacement temporaire pendant un congé parental, regrettant l'absence de représentation de ses électeurs pendant son congé maternité.
Sur le plan international, un amendement de la délégation de La France insoumise qu'elle défend, appelant à un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, est adopté en février 2024. Du 2 au 11 décembre 2019, elle participe à une mission dite « Toxitour » au Mexique, documentant les conséquences environnementales et sanitaires des accords de libre-échange. En août 2022, elle soutient le premier projet de nouvelle Constitution chilienne, qu'elle présente comme une base démocratique inspirante pour d'autres peuples.
Communication
Leïla Chaibi développe une présence remarquée sur le réseau social TikTok, où elle est classée quatrième eurodéputée la plus « likée » toutes nationalités confondues et deuxième parmi les élus français, en y diffusant des contenus sur les coulisses du Parlement européen. Le 19 mai 2025, elle publie une vidéo dans laquelle elle ouvre les casiers de plusieurs collègues (Jordan Bardella, Raphaël Glucksmann, Marion Maréchal, François-Xavier Bellamy), présentée comme une dénonciation de l'infiltration du Parlement par les lobbies.
Publications
Leïla Chaibi publie en janvier 2024, avec le journaliste du Fakir Cyril Pocréaux, Députée pirate : comment j'ai infiltré la machine européenne (128 pages). Elle a auparavant contribué à l'ouvrage collectif Gauche : ne plus tarder (2014) et cosigné Les Désobéissants, désobéir à la précarité (2011), Internet Marketing (2007) et Sois stage et tais-toi ! La scandaleuse exploitation des stagiaires (2006). Elle apparaît également dans plusieurs documentaires consacrés à la précarité et au mal-logement : Génération précaire, derrière les masques (2006), Les Nouveaux Contestataires (2008) et Ainsi squattent-ils (2013).
Chronologie
- 1982 - Naissance à Dijon, le 5 octobre
- 2002 - Participation aux mobilisations consécutives au 21 avril
- 2005 - Diplôme de l'Institut d'études politiques de Toulouse
- 2006 - Cofondation du collectif Jeudi Noir
- 2008 - Fondation du collectif L'Appel et la Pioche
- 2009 - Adhésion au Nouveau Parti anticapitaliste
- 2011 - Départ du NPA ; adhésion au Parti de Gauche, secrétaire nationale chargée de la précarité
- 2012 - Candidate aux élections législatives dans la 10e circonscription de Paris
- 2014 - Candidate aux élections municipales dans le 14e arrondissement de Paris
- 2016 - Adhésion à La France insoumise, en février ; participation à Nuit debout
- 2017 - Candidate aux élections législatives dans la 10e circonscription de Paris
- 2019 - Mission « Toxitour » au Mexique, en décembre ; élection au Parlement européen, le 26 mai ; entrée en fonction le 2 juillet
- 2020 - Proposition de directive sur les travailleurs des plateformes soumise au commissaire Nicolas Schmit, en novembre
- 2022 - Présidence de la délégation de La France insoumise au Parlement européen, à partir du 22 juin
- 2023 - Annonce de sa grossesse et demande d'aménagements pour le congé parental, en mars
- 2024 - Adoption de l'amendement sur un cessez-le-feu à Gaza, en février ; révocation des accréditations des lobbyistes d'Amazon, le 27 février ; publication de Députée pirate, en janvier ; adoption de la directive sur les travailleurs des plateformes, le 11 mars ; réélection au Parlement européen, le 9 juin ; fin de la présidence de la délégation LFI, le 16 juillet
- 2025 - Vidéo sur l'ouverture des casiers de collègues eurodéputés, le 19 mai
Mandats et responsabilités
- depuis 2019Député européenGUE NGL
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 1 55068 %
- Abstention 26712 %
- Contre 47821 %
Scrutins : 973 adoptés, 54 rejetés.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
2 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
Aucun vote nominatif disponible pour le moment.
