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Portrait de Marcel Roclore

Parlement

Marcel Roclore

Ancien Député

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale
  • Ancien Député · Assemblée nationale.

Biographie

Marcel Louis François Roclore naît le 25 août 1897 à Saulieu, en Côte-d'Or, au sein d'une lignée de pharmaciens et de médecins ; son père dirige alors le service des enfants assistés du département. Médecin de formation, résistant, maire de sa ville natale pendant vingt ans et deux fois ministre sous la IVe République, il meurt subitement le 27 octobre 1966 à Dun-les-Places, dans la Nièvre voisine, à l'âge de 69 ans, et repose au cimetière Saint-Saturnin de Saulieu. Marié trois fois, il a eu quatre enfants de son premier mariage, célébré en 1922.

De la Grande Guerre à la médecine

Marcel Roclore entame des études de médecine que la Première Guerre mondiale interrompt. Mobilisé en janvier 1916 dans l'artillerie, il est ensuite affecté comme médecin auxiliaire, un engagement qui lui vaut la croix de guerre 1914-1918 assortie d'une citation régimentaire. Après-guerre, il achève ses études et devient docteur en médecine, exerçant tout en développant un intérêt marqué pour les questions agricoles.

Premiers engagements politiques et maquis du Morvan

Marcel Roclore est élu conseiller municipal de Saulieu en 1935. L'année suivante, il se présente comme candidat du Parti agraire et paysan français aux élections législatives, avant de se désister au second tour pour faire barrage à un candidat socialiste. Médecin-chef pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier avant d'être libéré en août 1940. En 1941, il refuse d'être nommé maire par le régime de Vichy, un geste qui inaugure son entrée dans la Résistance : membre fondateur du maquis du Morvan, il rejoint le Comité départemental de libération en novembre 1943 et siège au comité directeur du mouvement Ceux de la Résistance. À la Libération, il est chargé de mission aux affaires économiques auprès du Commissariat de la République à Dijon.

Maire de Saulieu et président du conseil général

Marcel Roclore devient maire de Saulieu en 1945 et le reste vingt années durant, jusqu'en 1965, année où il démissionne après avoir perdu la majorité absolue sur sa liste municipale. Conseiller général du canton de Saulieu de 1945 à 1966, constamment réélu dès le premier tour, il préside le conseil général de la Côte-d'Or à partir de 1951.

Une décennie à l'Assemblée nationale de la IVe République

Élu deuxième sur la liste des Républicains indépendants derrière le chanoine Félix Kir, Marcel Roclore siège à la Première puis à la Seconde Assemblée nationale constituante, du 21 octobre 1945 au 27 novembre 1946, avant d'entamer un premier mandat de député de la Côte-d'Or à l'Assemblée nationale, du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951. Il y siège au sein des commissions de la famille, de la population et de la santé, et milite en particulier pour la prévention des maladies vénériennes et la fermeture des maisons closes. Il perd son siège aux élections de juin 1951, la division de son camp avec le chanoine Kir l'emportant sur l'alliance conclue entre le RPF et les Indépendants.

Écarté du Palais-Bourbon, il est élu par ses pairs conseiller à l'Assemblée de l'Union française en août 1951, en remplacement d'Estèbe, réélu en juillet 1952, et exerce la vice-présidence de cette assemblée d'octobre 1952 à décembre 1953, avant de démissionner de ce mandat en janvier 1956, année de son retour à l'Assemblée nationale. Réélu député en janvier 1956, sous l'étiquette des Indépendants et paysans d'action sociale, il siège aux commissions de la famille et de l'intérieur, puis à celle des affaires étrangères. Il se spécialise sur la question algérienne, plaidant la fermeté contre les indépendantistes tout en défendant de larges réformes politiques, administratives, économiques et sociales ; rapporteur en septembre 1957 d'un projet de loi sur les institutions de l'Algérie devant la commission de l'intérieur, il se retire finalement de ce rapport en raison de divergences de vues.

Deux passages au gouvernement Ramadier

Marcel Roclore est nommé ministre d'État dans le premier gouvernement de Paul Ramadier, du 22 janvier au 22 octobre 1947. Lors du remaniement qui donne naissance au second gouvernement Ramadier, il devient ministre de l'Agriculture, du 22 octobre au 24 novembre 1947, un portefeuille éphémère mais difficile dans le contexte de crise du ravitaillement de l'époque : il cherche à obtenir une baisse des prix agricoles tout en s'opposant, notamment face à André Philip, aux orientations plus interventionnistes défendues par ses collègues socialistes.

Retour au Palais-Bourbon et rapprochement avec François Mitterrand

Réélu confortablement en 1958 comme député IPAS de la 4e circonscription de la Côte-d'Or (Montbard), Marcel Roclore siège à l'Assemblée nationale jusqu'en 1962, tout en exerçant en parallèle, du 8 juillet 1959 au 16 mars 1961, un mandat de sénateur de la Communauté, délégué par l'Assemblée nationale. Au fil de la législature, ses liens avec les Indépendants se distendent, à mesure que se noue une relation avec François Mitterrand, alors en cours d'implantation politique à Château-Chinon, dans la Nièvre voisine. Il pousse en 1958 en faveur d'une alliance d'opposition mitterrandiste. Il ne se représente pas aux élections législatives de 1962 et se présente au Sénat dans une coalition de centre-gauche, où il est battu de justesse au second tour par le sénateur sortant Roger Duchet.

Décorations

Outre la croix de guerre 1914-1918, Marcel Roclore reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze et la médaille de la Résistance française, par décret du 3 août 1946. Il est également chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre du Mérite agricole, commandeur de l'ordre de la Santé publique par décret du 4 mai 1947, et grand-croix de l'ordre de Saint-Charles de Monaco.

Chronologie

  • 1897 - Naissance le 25 août à Saulieu (Côte-d'Or)
  • 1916 - Mobilisation dans l'artillerie en janvier, puis affectation comme médecin auxiliaire
  • 1922 - Premier mariage
  • 1935 - Élection comme conseiller municipal de Saulieu
  • 1936 - Candidat du Parti agraire et paysan français aux élections législatives
  • 1940 - Fait prisonnier puis libéré en août
  • 1941 - Refus d'une nomination comme maire par le régime de Vichy ; entrée dans la Résistance
  • 1943 - Entrée au Comité départemental de libération, en novembre
  • 1945 - Élection comme maire de Saulieu et comme conseiller général du canton de Saulieu ; élection à la Première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre
  • 1946 - Élection à la Seconde Assemblée nationale constituante, le 2 juin ; élection comme député de la Côte-d'Or, le 10 novembre
  • 1947 - Nomination comme ministre d'État dans le gouvernement Ramadier I, le 22 janvier ; nomination comme ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Ramadier II, le 22 octobre
  • 1951 - Perte du siège de député ; élection comme conseiller de l'Assemblée de l'Union française, en août ; élection à la présidence du conseil général de la Côte-d'Or
  • 1956 - Réélection comme député, en janvier
  • 1958 - Réélection comme député de la 4e circonscription de la Côte-d'Or (Montbard)
  • 1959 - Élection comme sénateur de la Communauté, le 8 juillet
  • 1961 - Fin du mandat de sénateur de la Communauté, le 16 mars
  • 1962 - Candidature malheureuse au Sénat, battu par Roger Duchet
  • 1965 - Démission de son mandat de maire de Saulieu
  • 1966 - Fin de son mandat de conseiller général de la Côte-d'Or ; mort subite le 27 octobre à Dun-les-Places (Nièvre)

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