Ce qu'il faut retenir
- Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat, chargée de la forêt et de la mer · Gouvernement.
- Gouvernement depuis le 12 octobre 2025.
Biographie
Monique Barbut, née le 22 août 1956 à Safi, au Maroc, est une haute fonctionnaire française spécialiste des questions d'environnement et de développement international. Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature dans le gouvernement Lecornu II depuis le 12 octobre 2025, elle est la première personnalité issue de la société civile à occuper ce portefeuille depuis Nicolas Hulot en 2018, au terme d'une carrière de plus de quatre décennies passée presque intégralement au service d'institutions internationales de développement et d'environnement.
Formation
Monique Barbut est titulaire d'une licence d'anglais de l'université de Paris et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) de sciences économiques.
Une carrière à l'Agence française de développement (1981-2003)
Elle débute sa carrière en mai 1981 à la Caisse centrale de coopération économique, ancêtre de l'Agence française de développement (AFD), à La Réunion. À partir de 1984, elle dirige les activités de financement de projets de la Caisse centrale dans les départements et territoires d'outre-mer, avant de prendre en charge, jusqu'en 1989, l'évaluation de programmes liés à l'industrie, au tourisme, aux transports publics et aux politiques environnementales. Elle devient ensuite directrice exécutive chargée des activités de l'AFD dans les Caraïbes ainsi que dans les océans Pacifique et Indien, poursuivant à ce poste jusqu'en 2003 une carrière entièrement construite au sein de l'institution.
C'est durant ces années qu'elle acquiert une stature internationale sur les questions environnementales : membre puis responsable de la délégation française chargée des négociations financières lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, elle joue un rôle actif dans la création du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), dont elle devient la première directrice.
Vers les grandes institutions internationales de l'environnement
Monique Barbut rejoint en 2003 le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), où elle dirige jusqu'en 2006 la division technologie, industrie et économie. En juin 2006, elle est nommée directrice générale et présidente du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), l'un des principaux mécanismes de financement multilatéral de la protection de l'environnement dans les pays en développement.
Le 17 septembre 2013, elle devient secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), fonction dans laquelle elle est promue, en 2016, au rang de secrétaire générale adjointe des Nations unies. Elle occupe ce poste jusqu'au 5 février 2019.
En 2015, elle est nommée administratrice de l'Académie des sciences d'outre-mer. De mai 2020 à janvier 2021, elle est envoyée spéciale du président de la République française pour la préparation de la quatrième édition du One Planet Summit, consacrée à la biodiversité et organisée à Paris début 2021.
La présidence du WWF France (2021-2023)
Monique Barbut rejoint en 2018 le conseil d'administration du WWF France, dont elle devient présidente le 18 janvier 2021, fonction qu'elle exerce jusqu'au 19 octobre 2023.
Ministre de la Transition écologique (depuis octobre 2025)
Le 12 octobre 2025, Monique Barbut est nommée ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature dans le gouvernement Lecornu II, formé par Sébastien Lecornu sous la présidence d'Emmanuel Macron. Elle succède à Agnès Pannier-Runacher et est secondée par Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé notamment de partager avec elle son expérience parlementaire, elle-même n'ayant jamais exercé de mandat électif.
Son passage au gouvernement est marqué par plusieurs prises de position fermes, assumées publiquement au risque de la rupture. En janvier 2026, elle s'oppose à la relance de l'exploitation des hydrocarbures dans les territoires d'outre-mer français, menaçant de démissionner si une telle relance était votée. En avril 2026, elle préside le G7 Environnement organisé par la France. En mai 2026, à l'occasion de l'examen d'une loi d'urgence agricole, elle déclare être prête à démissionner si ses «lignes rouges» n'étaient pas respectées, en particulier sur les reculs envisagés concernant les règles de partage de l'eau et sur l'autorisation de l'usage de l'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde. En juillet 2026, après l'adoption de cette loi agricole par le Parlement, elle présente effectivement sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse. En août 2026, elle suscite une polémique au sein de la majorité en estimant que le programme de La France insoumise accorde une place importante aux enjeux climatiques.
Distinctions
Monique Barbut est faite chevalier de la Légion d'honneur le 30 janvier 2008, promotion confirmée le 4 septembre suivant, au titre de présidente d'un fonds mondial pour l'environnement et de vingt-six années d'activité professionnelle. Elle est promue au grade d'officier le 30 décembre 2016, au titre de ses fonctions de sous-secrétaire générale et de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.
Controverse patrimoniale
En avril 2026, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) publie une déclaration rectificative de patrimoine de Monique Barbut, faisant apparaître des parts dans une société civile immobilière et une société civile, ainsi qu'un portefeuille d'actions de 153 362 euros réparti entre vingt-sept entreprises, parmi lesquelles Airbus, BNP Paribas, LVMH ou Zara. Une version antérieure de sa déclaration mentionnait notamment des actions TotalEnergies, pour 2 134 euros, et Saint-Gobain, pour 3 551 euros ; la HATVP indique qu'un contrôle a mis en évidence des erreurs dans cette première déclaration. Le cabinet de la ministre précise que ce portefeuille correspond à un plan d'épargne en actions géré par sa banque, sans droit de regard de sa part.
Chronologie
- 1956 - Naissance à Safi, au Maroc, le 22 août
- 1981 - Entrée à la Caisse centrale de coopération économique (future AFD), à La Réunion, en mai
- 1992 - Négociations financières du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro ; création du Fonds français pour l'environnement mondial
- 2003 - Directrice de la division technologie, industrie et économie du PNUE
- 2006 - Directrice générale et présidente du Fonds pour l'environnement mondial, en juin
- 2008 - Chevalier de la Légion d'honneur, le 30 janvier
- 2013 - Secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, le 17 septembre
- 2015 - Administratrice de l'Académie des sciences d'outre-mer
- 2016 - Promotion au rang de secrétaire générale adjointe des Nations unies ; officier de la Légion d'honneur, le 30 décembre
- 2018 - Entrée au conseil d'administration du WWF France
- 2019 - Fin de ses fonctions à la Convention sur la lutte contre la désertification, le 5 février
- 2020 - Envoyée spéciale du président de la République pour le One Planet Summit
- 2021 - Présidente du WWF France, le 18 janvier
- 2023 - Fin de la présidence du WWF France, le 19 octobre
- 2025 - Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, le 12 octobre
- 2026 - Menace de démission sur les hydrocarbures ultramarins en janvier ; présidence du G7 Environnement en avril ; lignes rouges sur la loi agricole en mai ; controverse sur sa déclaration de patrimoine en avril ; démission présentée puis refusée par Emmanuel Macron en juillet ; controverse sur le programme de La France insoumise en août
Mandats et responsabilités
En cours
- depuis 2025Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat, chargée de la forêt et de la mer
Mandats passés
- jusqu'en 2024Présidente
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
4 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
