Ce qu'il faut retenir
- Journaliste, essayiste, fondatrice d'un mouvement politique.
- Rattachée au parti Polony 2027.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Natacha Polony, née le 15 avril 1975 à Paris, est une journaliste, essayiste et personnalité politique française, spécialiste des questions d'éducation et de société. Issue d'une famille de médecins d'origine polonaise (son père est gastro-entérologue, sa mère ophtalmologue), elle grandit à Montmorency, dans le Val-d'Oise. Son prénom, choisi par ses parents en hommage à Natacha Rostov, héroïne de Guerre et Paix de Tolstoï, annonce un goût précoce pour la littérature qui structurera toute sa formation. Mariée depuis 2007 au journaliste et critique gastronomique Périco Légasse, elle est mère de trois enfants, nés en 2007, 2011 et 2013.
Formation
Natacha Polony effectue sa scolarité au lycée privé Notre-Dame-de-Bury, à Margency, avant de rejoindre Paris pour des classes préparatoires littéraires aux lycées Jules-Ferry puis Louis-le-Grand. Elle poursuit ses études supérieures par un DEA consacré à la poésie contemporaine de langue française, puis se présente à l'agrégation de lettres modernes, qu'elle obtient en 1999. Elle complète ce parcours littéraire par un passage à Sciences Po Paris, dont elle sort diplômée en 2002.
Cette double formation, lettres classiques et sciences sociales, explique la tonalité de son œuvre ultérieure : une critique de l'école et de la culture contemporaine nourrie d'une exigence humaniste, plutôt qu'une approche strictement politique ou économique.
De l'enseignement au journalisme
Reçue à l'agrégation, Natacha Polony devient professeure stagiaire au lycée Jacques-Feyder, à Épinay-sur-Seine, en 1999-2000. Elle démissionne dès l'année suivante de l'Éducation nationale, en opposition aux réformes alors engagées, un geste fondateur qui oriente durablement son engagement ultérieur en faveur de l'école républicaine. Elle ne rompt cependant pas tout à fait avec l'enseignement : de septembre 2002 à juin 2011, elle enseigne la culture et la communication au Pôle universitaire Léonard-de-Vinci, à Paris-La Défense, en parallèle de sa carrière de journaliste naissante.
Carrière dans la presse écrite
Natacha Polony entre à l'hebdomadaire Marianne en octobre 2002, où elle est chargée pendant près de sept ans des pages consacrées à l'éducation. Elle rejoint ensuite Le Figaro en août 2009, d'abord au sein de la rubrique éducation jusqu'en juillet 2011, puis comme chroniqueuse hebdomadaire jusqu'en septembre 2018, date de son retour à Marianne à un poste de direction.
Carrière télévisuelle et radiophonique
La notoriété médiatique de Natacha Polony doit beaucoup à une carrière audiovisuelle dense, construite en parallèle de ses activités écrites. Repérée par Laurent Ruquier, elle est engagée à l'automne 2011 aux côtés d'Audrey Pulvar comme chroniqueuse de l'émission On n'est pas couché, sur France 2, où elle reste jusqu'en février 2014. Elle tient dans le même temps la revue de presse matinale d'Europe 1, de 2012 à 2017, et coprésente le magazine Médiapolis entre 2015 et 2017.
À partir d'août 2014, elle rejoint Le Grand Journal, sur Canal+, comme chroniqueuse, avant de quitter le programme à l'issue de la saison 2014-2015 pour créer et présenter sa propre émission, Polonium, sur Paris Première, qu'elle anime de 2015 à juin 2017. Elle intervient également sur France Inter, dans Questions politiques et Le Grand face-à-face, puis, en 2017-2018, comme éditorialiste de la matinale de Sud Radio.
En 2017, elle rejoint LCI, où elle anime une revue de presse quotidienne, et C8, pour l'émission Les Terriens du dimanche!. D'août 2021 à l'été 2022, elle présente, avec Aurélie Casse, le magazine Polonews sur BFM TV. Elle intègre enfin l'équipe de C l'hebdo, sur France 5, à la rentrée 2023, poursuivant ainsi une présence quasi ininterrompue sur les grands médias audiovisuels français depuis le début des années 2010.
Direction de la rédaction de Marianne (2018-2024)
En septembre 2018, Natacha Polony devient directrice de la rédaction de Marianne, poste qu'elle occupe pendant plus de six ans. Sa direction est marquée par le maintien de la ligne indépendante et transpartisane de l'hebdomadaire, dans un contexte de recompositions capitalistiques du titre, propriété du groupe tchèque CMI France, contrôlé par l'homme d'affaires Daniel Křetínský.
Deux tentatives de rachat de Marianne par d'autres investisseurs échouent en 2024, et le titre demeure finalement dans le giron de CMI France. Malgré cette issue, Natacha Polony n'est pas reconduite à la direction de la rédaction : elle quitte ses fonctions le 19 décembre 2024, et c'est le journaliste et animateur Frédéric Taddeï qui lui succède à la tête du journal.
Fondation de la revue L'Audace
Le 1er décembre 2025, Natacha Polony lance L'Audace, une revue trimestrielle qu'elle dirige et dont elle assure la rédaction en chef. Vendue en kiosque et par abonnement, la publication, riche d'environ cent cinquante pages, se veut résolument républicaine et se donne pour ambition de croiser les regards économiques, politiques et internationaux pour éclairer les crises que traverse le pays, tout en restant accessible à un large public, conçue comme une agora où les idées circulent et les arguments se confrontent. Le titre revendique un financement fondé sur ses lecteurs, avec plusieurs milliers d'abonnés réunis dès son lancement et un nombre élevé de ventes en kiosque pour son premier numéro, la publication continuant depuis lors à recruter de nouveaux abonnés chaque semaine.
Œuvre écrite
Natacha Polony est l'autrice d'une œuvre d'essayiste consacrée pour l'essentiel à l'école, à la société française et à la question démocratique.
Son premier essai, Nos enfants gâchés, petit traité sur la fracture générationnelle, paraît en 2005 chez Jean-Claude Lattès et reçoit le prix du premier essai à la Forêt des Livres la même année. Elle publie en 2007 deux ouvrages, M(me) le président, si vous osiez..., qui propose quinze mesures pour sauver l'école, et L'homme est l'avenir de la femme, autopsie du féminisme contemporain. En 2011 paraît Le pire est de plus en plus sûr, enquête sur l'école de demain.
Elle rassemble en 2014 une partie de ses chroniques dans Ce pays qu'on abat (2009-2014), qui lui vaut le prix Edgar-Faure. Suivent Nous sommes la France, en 2015, puis, en 2016, sa contribution à l'ouvrage collectif Bienvenue dans le pire des mondes, publié sous l'égide du Comité Orwell qu'elle préside. En 2017, elle publie Changer la vie, pour une reconquête démocratique et cosigne, avec Fabrice Hadjadj et Paul Préaux, Chrétiens français ou Français chrétiens. L'année suivante, elle coécrit avec Jean-Michel Quatrepoint Délivrez-nous du Bien!, un essai critique des nouvelles formes de censure morale.
En 2021 paraît Sommes-nous encore en démocratie?, interrogation sur l'état des institutions représentatives françaises, puis, en 2026, La France, corps et âme, son ouvrage le plus récent, qui prolonge sa réflexion sur la souveraineté et la réindustrialisation dans le contexte de son engagement politique naissant.
Distinctions
Le parcours d'essayiste de Natacha Polony est jalonné de plusieurs récompenses littéraires : le prix du premier essai de la Forêt des Livres en 2005, le prix Elina-et-Louis-Pauwels en 2008, le prix Edgar-Faure en 2014 pour Ce pays qu'on abat, puis le prix Richelieu en 2016, qui distingue la qualité et la défense de la langue française dans son œuvre.
Engagements politiques et associatifs
L'engagement partisan de Natacha Polony précède de longtemps son entrée en politique en vue de 2027. En 2001, elle est secrétaire nationale chargée des questions de société au sein du Mouvement des citoyens, fondé par Jean-Pierre Chevènement, puis siège au bureau du Pôle républicain, où elle suit les questions relatives au droit des femmes. Elle se présente aux élections législatives de 2002 dans la 9e circonscription de Paris, où elle recueille 803 voix, soit 2,24% des suffrages exprimés.
Le 29 mai 2015, elle fonde et préside le Comité Orwell, collectif de journalistes qui se présente comme un laboratoire d'idées souverainiste, consacré à la défense de la liberté d'expression et à la critique du fonctionnement des médias, en référence à la dénonciation par George Orwell de la pensée unique et du conformisme intellectuel. Le 20 mars 2017, elle lance sous l'égide du comité la web-télévision Orwell TV, financée par abonnement et sans publicité, qui sera rebaptisée Polony TV puis, début 2020, Marianne TV. L'usage du nom d'Orwell par ce projet suscite dès son lancement des critiques dans une partie de la presse, certains observateurs y voyant une appropriation contestable de l'œuvre de l'écrivain britannique.
Positionnement politique et intellectuel
Natacha Polony se réclame d'une ligne souverainiste, à la croisée du gaullisme social incarné par Philippe Séguin et de la gauche républicaine défendue par Jean-Pierre Chevènement. Antilibérale assumée sur le plan économique, elle défend des politiques de relocalisation industrielle et de reconquête de la souveraineté productive de la France, tout en ayant exprimé des positions proches de la décroissance sur certains sujets environnementaux. Elle place la défense de la laïcité au cœur de sa réflexion politique, y voyant un principe fondateur de la République qu'elle estime menacé, et milite pour un renouveau de l'école comme instrument d'émancipation et de cohésion nationale. Vis-à-vis de l'Union européenne, elle critique une construction qui ferait primer le droit communautaire sur les droits nationaux tout en demeurant, selon elle, un espace essentiellement économique dépourvu de consistance politique propre.
Ce positionnement, qui combine des références traditionnellement associées à la gauche (souveraineté populaire, critique du libéralisme économique, décroissance) et d'autres plus volontiers rattachées à la droite (nation, autorité, laïcité intransigeante), vaut à Natacha Polony d'être diversement qualifiée par les commentateurs, tantôt comme figure de la gauche républicaine, tantôt comme représentante d'une droite intellectuelle ou néoconservatrice, étiquettes qu'elle a elle-même contestées à plusieurs reprises, se définissant en 2021 comme franchement de gauche. Sa critique récurrente du fonctionnement des médias, qu'elle juge acquis à une forme de pensée dominante, complète ce positionnement et explique pour partie la création du Comité Orwell.
Mouvement politique pour l'élection présidentielle de 2027
À l'été 2026, Natacha Polony annonce le lancement d'un mouvement politique en vue de l'élection présidentielle de 2027, sans se déclarer candidate mais en affirmant qu'elle n'exclut rien. Elle explique son entrée dans l'arène politique par la formule «j'en ai assez de commenter le désastre», présentant son initiative comme destinée à rassembler les orphelins de la politique et les forces vives du pays désireuses de le relever, et à perturber l'entre-soi qu'elle dénonce depuis longtemps chez les commentateurs et les responsables politiques. Le 28 août 2026, interrogée à nouveau sur une éventuelle candidature, elle réaffirme qu'elle n'exclut rien, tout en précisant n'être à l'origine d'aucun site de campagne alors en construction et n'avoir pas encore arrêté de dénomination officielle pour son mouvement.
Son ambition affichée est de proposer une alternative au duel qu'elle juge stérile entre le Rassemblement national et La France insoumise, et d'éviter aux électeurs ce qu'elle qualifie de vote sacrificiel, qui consisterait à ne voter que pour faire barrage à l'un des candidats qualifiés pour le second tour. Sur le fond, elle défend un état d'urgence de la production, qui se traduirait par un pacte engageant à la fois la production et les salaires: orientation de la commande publique vers les produits français puis européens, et baisse des cotisations salariales et patronales destinée à permettre une hausse du pouvoir d'achat sans peser sur la compétitivité des entreprises.
Début septembre 2026, le mouvement se dote d'un site internet (npolony.fr) ainsi que de comptes sur les principaux réseaux sociaux, réunis sous l'appellation de travail Polony 2027. Cette structuration numérique précède la définition d'un programme complet et d'une organisation formelle, qui restent à ce stade à préciser.
Chronologie
- 1975 - Naissance à Paris, le 15 avril
- 1999 - Agrégation de lettres modernes; professeure stagiaire à Épinay-sur-Seine
- 2000 - Démission de l'Éducation nationale
- 2001 - Secrétaire nationale du Mouvement des citoyens chargée des questions de société
- 2002 - Élections législatives dans la 9e circonscription de Paris; entrée à Marianne; diplôme de Sciences Po Paris
- 2005 - Publication de Nos enfants gâchés; prix du premier essai à la Forêt des Livres
- 2007 - Mariage avec Périco Légasse; naissance de son premier enfant; publication de M(me) le président, si vous osiez... et de L'homme est l'avenir de la femme
- 2008 - Prix Elina-et-Louis-Pauwels
- 2009 - Entrée au Figaro
- 2011 - Naissance de son deuxième enfant; publication du Pire est de plus en plus sûr; chroniqueuse dans On n'est pas couché, sur France 2
- 2012 - Revue de presse matinale d'Europe 1
- 2013 - Naissance de son troisième enfant
- 2014 - Chroniqueuse au Grand Journal, sur Canal+; publication de Ce pays qu'on abat; prix Edgar-Faure
- 2015 - Fondation et présidence du Comité Orwell; publication de Nous sommes la France; lancement de l'émission Polonium sur Paris Première
- 2016 - Contribution à Bienvenue dans le pire des mondes; prix Richelieu
- 2017 - Lancement d'Orwell TV; retour au Figaro comme chroniqueuse hebdomadaire; arrivée sur LCI et C8; publication de Changer la vie et de Chrétiens français ou Français chrétiens
- 2018 - Directrice de la rédaction de Marianne; publication de Délivrez-nous du Bien!
- 2020 - Renommage d'Orwell TV en Marianne TV
- 2021 - Publication de Sommes-nous encore en démocratie?; présentation de Polonews sur BFM TV
- 2023 - Arrivée dans C l'hebdo, sur France 5
- 2024 - Fin de ses fonctions à la direction de la rédaction de Marianne, le 19 décembre, après deux tentatives infructueuses de rachat du titre
- 2025 - Lancement de la revue L'Audace, le 1er décembre
- 2026 - Publication de La France, corps et âme; lancement d'un mouvement politique en vue de l'élection présidentielle de 2027; mise en ligne début septembre du site npolony.fr et des comptes sociaux du mouvement, sous l'appellation Polony 2027
