Ce qu'il faut retenir
- Conseiller municipal · Conseil municipal, Flins-sur-Seine.
- Rattachée au parti Renaissance.
- Conseiller municipal de Flins-sur-Seine depuis le 18 mai 2020.
- Commune de rattachement : Flins-sur-Seine, département Yvelines.
- Fiche de la commune : Flins-sur-Seine.
Biographie
Nathalie Delattre, née le 2 décembre 1968 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), est une viticultrice et femme politique française, sénatrice de la Gironde, ancienne ministre et présidente du Parti radical depuis 2025. Elle grandit à Périgueux, en Dordogne, où elle passe ses années de lycée au lycée Laure-Gatet, avant d'obtenir un diplôme à l'Institut droit et économie de Périgueux (IEJE).
Une reconversion dans la viticulture
En 2002, Nathalie Delattre opère une reconversion professionnelle : elle s'installe sur un vignoble en friche de 3,3 hectares, le domaine de Bellevue, à Langoiran, en appellation Cadillac, dans le Bordelais. À partir de 2003, elle exploite ce domaine avec son compagnon et obtient, en 2006, un diplôme universitaire d'aptitude à la dégustation des vins. Depuis 2020, elle est la compagne de Jean-François Boras, viticulteur et maire de Langoiran depuis 2014. Elle préside par ailleurs, à partir de 2004, l'antenne girondine de l'association Visite des malades dans les établissements hospitaliers (VMEH).
Un engagement politique précoce
Dès l'âge de quinze ans, Nathalie Delattre milite à Périgueux aux côtés d'Yves Guéna, figure du gaullisme et président départemental du Rassemblement pour la République. En 1989, elle rejoint le Parti radical, dont elle devient, dès l'année suivante, la responsable des jeunes pour la fédération de Gironde, avant d'intégrer le comité exécutif national du parti en 1991.
Elle se présente une première fois aux élections législatives en 2002, dans la première circonscription de la Dordogne, avec l'investiture conjointe du Parti radical, de l'UMP et de l'UDF ; elle est battue au second tour, avec 48,7 % des voix, par le député socialiste sortant Michel Dasseux. En 2007, elle se présente cette fois dans la quatrième circonscription de la Gironde et échoue de nouveau au second tour, avec 40,5 % des suffrages, face à la socialiste sortante Conchita Lacuey.
Les débuts bordelais, aux côtés d'Alain Juppé
En 2008, Nathalie Delattre est élue conseillère municipale de Bordeaux sur la liste d'Alain Juppé, qui la nomme adjointe au maire chargée du quartier Bordeaux Maritime ; elle devient dans le même temps conseillère communautaire de la communauté urbaine de Bordeaux, future Bordeaux Métropole. La même année, elle se présente aux élections cantonales dans le canton de Bordeaux I (Centre), se qualifie pour le second tour mais est battue par le conseiller général sortant Philippe Dorthe.
Elle est réélue conseillère municipale en 2014, puis en 2020, cette fois sur la liste de Nicolas Florian, maire sortant battu par l'écologiste Pierre Hurmic ; elle conserve dans le même temps son mandat de conseillère métropolitaine. Elle demeure conseillère municipale de Bordeaux jusqu'en mars 2026 et, à partir de 2025, préside le groupe d'opposition « Bordeaux ensemble », qu'elle reprend après la mort de Nicolas Florian.
Conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine
En décembre 2015, elle est élue conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine sous l'étiquette UDI et devient vice-présidente du groupe Union des démocrates et indépendants, présidé par le maire d'Agen Jean Dionis du Séjour ; avec lui, elle porte plainte au nom du groupe contre des irrégularités relevées par la chambre régionale des comptes dans la gestion des comptes de l'ancienne région Poitou-Charentes. Elle quitte ce mandat en octobre 2017, à son entrée au Sénat.
Une ascension au sein du Parti radical
Nathalie Delattre gravit progressivement les échelons du Parti radical : vice-présidente nationale en 2003, elle prend la tête de la fédération girondine du parti de 2010 à 2015. En juillet 2014, après le retrait pour raisons de santé de Jean-Louis Borloo, elle est élue secrétaire générale du parti aux côtés de Laurent Hénart, le ticket qu'ils forment obtenant 61 % des voix face à celui conduit par Rama Yade. En février 2015, elle devient également présidente de la fédération girondine de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), fondée par Jean-Louis Borloo, dont le Parti radical est l'un des membres fondateurs. Elle est encore secrétaire générale du Mouvement radical, issu de la fusion du Parti radical et du Parti radical de gauche, de 2017 à 2021.
Le 28 septembre 2024, elle devient présidente par intérim du Parti radical, succédant à Laurent Hénart après dix années à la tête du parti. Lors de l'élection interne organisée en 2025, elle affronte l'ancienne ministre Dominique Faure et est élue présidente du Parti radical le 19 octobre 2025 avec 65,30 % des suffrages, devenant ainsi la première femme à diriger le plus ancien parti de France.
Sénatrice de la Gironde
Le 1er octobre 2017, Nathalie Delattre devient sénatrice de la Gironde, à la suite de la démission de Xavier Pintat, l'un des quarante et un sénateurs ayant choisi, en application de la loi du 14 février 2014, de privilégier leurs mandats locaux plutôt que de cumuler avec un mandat parlementaire. Elle abandonne alors ses fonctions d'adjointe au maire de Bordeaux et de conseillère régionale, mais conserve ses mandats de conseillère municipale et métropolitaine. Membre du Mouvement radical, elle choisit de siéger au groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), historiquement lié aux radicaux, dont elle devient vice-présidente. Elle est réélue le 27 septembre 2020.
Fin 2018, elle est élue coprésidente de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV), aux côtés du député de Côte-d'Or Didier Paris.
En 2019, elle s'implique dans les travaux parlementaires relatifs à la lutte contre la fraude fiscale et contribue à l'introduction, dans le droit français, du mécanisme de convention judiciaire d'intérêt public (CJIP), qui permettra par la suite la conclusion d'un accord financier avec Google, souvent désigné comme le « milliard Google ». En novembre de la même année, à l'occasion de l'examen du projet de loi relatif à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique, elle défend l'instauration d'un médiateur territorial dans certaines collectivités, afin de favoriser le règlement local des différends plutôt que le recours systématique au juge ; sa proposition, adoptée par le Parlement, introduit un nouveau cadre législatif pour cette pratique. À l'automne 2019, elle est nommée présidente de la commission d'enquête sénatoriale sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre, ce qui lui vaut, en mars 2021, de recevoir, avec Jacqueline Eustache-Brinio, le prix de sénatrice de l'année décerné par le jury du Trombinoscope.
Le 6 octobre 2020, elle est élue vice-présidente du Sénat, sous la présidence de Gérard Larcher, fonction qu'elle occupe jusqu'au 1er octobre 2023. Elle est également, à deux reprises (2017-2020 puis 2023-2024), vice-présidente de la commission des lois, avant de rejoindre la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
Durant l'été 2022, elle suit de près la gestion des incendies majeurs qui ravagent La Teste-de-Buch et Landiras, en Gironde ; à la suite de ces « méga-feux », elle transmet une note au président de la République et soutient plusieurs amendements relatifs à la prévention des incendies de forêt, à la sécurité civile et au statut des sapeurs-pompiers. Le 15 novembre 2022, sa proposition de loi visant à mieux protéger les élus victimes d'agressions est adoptée à l'unanimité par le Sénat, puis, en janvier 2023, par l'Assemblée nationale : le texte permet aux associations nationales représentatives d'élus de se porter partie civile à leurs côtés et élargit les motifs de cette procédure aux dégradations de biens et à la divulgation d'informations personnelles. Le 17 janvier 2024, elle obtient l'adoption à l'unanimité, au Sénat, d'une proposition de résolution appelant à ériger la santé mentale des jeunes en grande cause nationale, soutenue par la ministre Catherine Vautrin ; Michel Barnier puis François Bayrou reprendront cette demande en en faisant une grande cause nationale, respectivement en 2025 et 2026.
Ministre déléguée chargée des Relations avec le Parlement
Le 21 septembre 2024, Nathalie Delattre est nommée ministre déléguée auprès du Premier ministre Michel Barnier, chargée des Relations avec le Parlement, une nomination qui surprend une partie de la presse en raison de sa notoriété alors limitée à l'Assemblée nationale. Le 7 novembre 2024, lors d'une réunion de l'ANEV consacrée au projet de loi de financement de la sécurité sociale, elle revendique publiquement être « une lobbyiste des alcooliers » : ancienne vigneronne elle-même, elle s'oppose à toute contribution supplémentaire des viticulteurs au financement de la sécurité sociale et prend position contre des mesures de prévention de l'alcoolisme comme le Dry January, ce qui suscite la controverse.
Ministre déléguée chargée du Tourisme
Le 23 décembre 2024, elle est nommée ministre déléguée chargée du Tourisme dans le gouvernement de François Bayrou, succédant à Marina Ferrari. En janvier 2025, elle prend position pour mettre fin au « ski bashing », rappelant l'importance économique du secteur des sports d'hiver. Confrontée, en février 2025, à une pénurie de saisonniers estimée à 63 000 postes, elle évoque une possible évolution des contrats proposés dans le secteur, tout en défendant l'idée d'un accès facilité au CDI, et annonce, à Lourdes, travailler à un projet de loi de simplification des normes touristiques. Le 6 mars 2025, à l'occasion du comité interministériel sur le handicap, elle annonce la relance du label « Destination pour tous ». Elle n'est pas maintenue au gouvernement lors de la formation de l'équipe de Sébastien Lecornu, le 5 octobre 2025, et retrouve son siège de sénatrice de la Gironde le 6 novembre 2025, succédant à Mireille Conte-Jaubert qui l'y avait remplacée durant son passage au gouvernement.
Distinctions
Le 2 mai 2012, elle est nommée chevalier de l'ordre national du Mérite, au titre de ses fonctions d'adjointe au maire de Bordeaux et de présidente départementale d'une association d'aide aux malades, après vingt-deux années de services.
Positionnement politique
Issue du courant radical et longtemps proche de l'UDF puis de l'UMP et de l'UDI avant de retrouver sa famille d'origine au sein du Mouvement radical puis du Parti radical valoisien, Nathalie Delattre incarne une ligne centriste attachée aux libertés locales, à la défense du monde viticole et rural, ainsi qu'à la protection des élus locaux, l'un des combats législatifs les plus identifiés de son mandat sénatorial.
Chronologie
- 1968 - Naissance à Aubervilliers, le 2 décembre
- 1983 - Engagement militant à Périgueux aux côtés d'Yves Guéna
- 1989 - Adhésion au Parti radical
- 1991 - Entrée au comité exécutif national du Parti radical
- 2002 - Candidate aux élections législatives en Dordogne ; installation sur le domaine viticole de Bellevue, à Langoiran
- 2003 - Vice-présidente nationale du Parti radical
- 2004 - Présidente de VMEH Gironde
- 2006 - Diplôme universitaire d'aptitude à la dégustation des vins
- 2007 - Candidate aux élections législatives en Gironde
- 2008 - Élection comme conseillère municipale et adjointe au maire de Bordeaux, le 9 mars
- 2010 - Prise de la tête de la fédération girondine du Parti radical
- 2014 - Élection comme secrétaire générale du Parti radical, en juillet, aux côtés de Laurent Hénart
- 2015 - Élection comme conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, en décembre
- 2017 - Entrée au Sénat, le 1er octobre, en remplacement de Xavier Pintat
- 2018 - Coprésidence de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin, fin d'année
- 2019 - Introduction de la convention judiciaire d'intérêt public dans la lutte contre la fraude fiscale ; présidence de la commission d'enquête sur la radicalisation islamiste
- 2020 - Réélection au Sénat, le 27 septembre ; élection comme vice-présidente du Sénat, le 6 octobre
- 2021 - Prix de sénatrice de l'année du Trombinoscope, en mars
- 2022 - Mobilisation sur les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras ; adoption de sa proposition de loi sur la protection des élus, le 15 novembre
- 2023 - Fin de la vice-présidence du Sénat, le 1er octobre
- 2024 - Adoption de sa résolution sur la santé mentale des jeunes, le 17 janvier ; nomination comme ministre déléguée chargée des Relations avec le Parlement, le 21 septembre ; présidence par intérim du Parti radical, le 28 septembre ; nomination comme ministre déléguée chargée du Tourisme, le 23 décembre
- 2025 - Sortie du gouvernement, le 5 octobre ; retour au Sénat, le 6 novembre ; élection à la présidence du Parti radical, le 19 octobre, avec 65,30 % des voix
Mandats et responsabilités
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
3 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.