Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant

Ce qu'il faut retenir

Parlement européen Groupe RENEW 2 247 votes exprimés
  • Député européen — Parlement européen, France.
  • Rattaché au parti Renew Europe, groupe RENEW.
  • 2 247 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

État civil

Pascal Canfin est un homme politique français né le 22 août 1974 à Arras (Pas-de-Calais). Député européen depuis 2019 au sein du groupe Renew Europe, il est une figure majeure de la politique environnementale et climatique au niveau européen. Ancien journaliste, ancien ministre, ancien dirigeant d'ONG, il incarne un parcours atypique mêlant expertise économique, engagement écologique et responsabilités institutionnelles.

Formation

Pascal Canfin est diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux (Sciences Po Bordeaux), l'une des grandes écoles françaises de sciences politiques. Il a complété sa formation universitaire à l'Université de Newcastle, au Royaume-Uni, acquérant ainsi une dimension internationale dès ses années d'études. Cette double formation franco-britannique lui a conféré une solide culture des affaires européennes et internationales, qu'il mettra à profit tout au long de sa carrière.

Parcours professionnel

Le parcours professionnel de Pascal Canfin se distingue par sa diversité. De 1997 à 1999, il est représentant du syndicat CFDT (Confédération française démocratique du travail) pour la région Nord-Pas-de-Calais, une expérience qui le familiarise avec les enjeux du dialogue social et du monde du travail. De 1999 à 2003, il exerce en tant que consultant en ressources humaines.

C'est en 2003 qu'il opère un tournant décisif en rejoignant la rédaction du mensuel Alternatives économiques, où il travaille jusqu'en 2009 comme journaliste spécialisé dans les questions d'environnement, d'économie sociale et de responsabilité sociale des entreprises. Cette période lui permet de développer une expertise approfondie sur les mécanismes financiers et leurs interactions avec les enjeux écologiques et sociaux.

En 2012, il publie l'ouvrage Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut (presque) jamais les croire (Les Petits Matins), dans lequel il décortique les argumentaires du secteur bancaire face à la régulation financière. Le livre connaît un succès notable, atteignant 35 000 exemplaires vendus et se hissant à la 18e place du classement des essais les plus vendus selon Livres Hebdo.

De juillet 2014 à décembre 2015, après son passage au gouvernement, Pascal Canfin rejoint le World Resources Institute (WRI), classé parmi les think tanks les plus influents au monde sur les questions environnementales, en qualité de conseiller principal pour le climat. Dans ce cadre, il co-préside la Commission sur les financements innovants pour le climat, mandatée par le président de la République française, et remet en juin 2015 un rapport intitulé Mobiliser les financements pour le climat, contribuant ainsi à la préparation de la COP21 de Paris.

De janvier 2016 à mars 2019, il occupe le poste de directeur général du WWF France, l'une des plus importantes organisations mondiales de protection de l'environnement. Sous sa direction, le WWF France renforce son influence dans le débat public français sur la transition écologique et la préservation de la biodiversité.

Parcours politique

L'engagement politique de Pascal Canfin débute au sein du mouvement écologiste. De 2005 à 2009, il dirige le Comité économique, social et des services publics du parti Les Verts. Il s'implique activement dans la structuration de la pensée économique du mouvement écologiste français.

Le 7 juin 2009, il est élu député européen sur la liste Europe Écologie, qui obtient 20,86 % des voix, un score historique pour l'écologie politique en France. Au Parlement européen, il siège à la Commission des affaires économiques et monétaires et est nommé vice-président de la Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale. Il est désigné rapporteur sur le règlement encadrant la vente à découvert et les dérivés de crédit, parvenant à convaincre les eurodéputés de voter l'interdiction de la spéculation sur la dette souveraine.

En juin 2010, à son initiative, vingt-deux députés européens en charge de la régulation des marchés financiers et des banques lancent un appel à la société civile pour créer une ONG capable de développer une contre-expertise face aux acteurs financiers majeurs (banques, assurances, fonds spéculatifs). L'ONG Finance Watch voit officiellement le jour en juin 2011, constituant un contrepoids citoyen au lobbying financier à Bruxelles.

Le 16 mai 2012, Pascal Canfin quitte le Parlement européen pour rejoindre le gouvernement. Il est nommé par le président François Hollande ministre délégué chargé du Développement auprès du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, dans le cadre des gouvernements Ayrault I puis Ayrault II. À ce poste, il défend une politique de développement étroitement liée aux objectifs du développement durable et affirme la normalisation des relations politiques entre la France et l'Afrique, symbolisée par la dissolution de la « cellule Afrique » de l'Élysée. Il exerce cette fonction jusqu'en mars 2014.

Après son passage au WRI et à la direction du WWF France, Pascal Canfin opère un rapprochement avec La République en marche (LREM). En juin 2019, il est élu au Parlement européen sur la liste Renaissance, marquant son retour dans l'hémicycle de Strasbourg sous une nouvelle étiquette politique, celle du centre libéral pro-européen.

En juin 2024, il est réélu député européen sur la liste Besoin d'Europe, continuant à siéger au sein du groupe Renew Europe. En septembre 2024, il démissionne cependant du bureau exécutif du parti Renaissance, exprimant son « désaccord profond » avec la stratégie nationale du parti, notamment son soutien au gouvernement de Michel Barnier dont, selon lui, « la survie dépend de la bonne volonté du Rassemblement national ». Il maintient néanmoins son engagement au sein de la délégation Ensemble pour l'Europe au Parlement européen.

Activité au Parlement européen

L'activité parlementaire européenne de Pascal Canfin se concentre principalement sur les questions environnementales, climatiques et de régulation financière.

Lors de son premier mandat (2009-2012), il se distingue par son travail sur la régulation financière post-crise, notamment en tant que rapporteur sur l'encadrement de la vente à découvert, et par la création de Finance Watch.

Lors de son deuxième mandat (2019-2024), il est élu président de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI), l'une des commissions les plus influentes du Parlement européen. À ce titre, il joue un rôle central dans la mise en œuvre législative du Pacte vert européen (Green Deal) présenté par la Commission d'Ursula von der Leyen. Parmi les réalisations majeures de cette période figurent la loi européenne sur le climat, qui inscrit dans le droit l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 et une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, ainsi que la taxonomie verte, qui définit les critères permettant de qualifier une activité économique de durable du point de vue environnemental.

En novembre 2019, à son initiative, le Parlement européen adopte par 429 voix contre 225 une résolution déclarant l'état d'urgence climatique et environnementale, faisant de l'Europe le premier continent à poser un tel acte politique, à la veille de la COP25 de Madrid.

Depuis sa réélection en 2024, il poursuit son engagement au sein du groupe Renew Europe, siégeant comme coordinateur de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.

Prises de position notables

Pascal Canfin s'est distingué par plusieurs prises de position marquantes au cours de sa carrière. Sur la régulation financière, il a milité dès 2009 pour un encadrement strict de la spéculation, dénonçant les arguments du secteur bancaire contre la régulation et plaidant pour la création d'un contre-pouvoir citoyen face au lobbying financier, ce qui a abouti à la fondation de Finance Watch.

Sur le climat, il a défendu avec constance l'objectif de neutralité carbone européenne à l'horizon 2050, la réduction ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre et une transition juste qui ne laisse personne de côté. Il a soutenu que la transition écologique devait constituer le moteur de la relance économique européenne, et non un frein à la compétitivité.

Sur la finance durable, il a œuvré pour l'adoption de la taxonomie européenne, un outil de classification visant à orienter les flux financiers vers des activités compatibles avec les objectifs climatiques et environnementaux de l'Union européenne.

Sur le plan politique national, sa démission du bureau exécutif de Renaissance en septembre 2024 témoigne de sa volonté de maintenir une ligne politique indépendante et pro-européenne, refusant ce qu'il qualifie de dépendance vis-à-vis de l'extrême droite dans la stratégie politique nationale française. Il reste attaché à une vision centriste, libérale et écologiste de la construction européenne.

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo — pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.