Ce qu'il faut retenir
- Sénateur · Sénat, Loire-Atlantique.
- 736 votes exprimés au cours du mandat.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
Biographie
Philippe Grosvalet, né le 13 avril 1958 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), est un homme politique français, ancien cadre associatif de l'éducation populaire et membre du Parti socialiste, devenu président du conseil départemental de Loire-Atlantique pendant dix ans avant de rejoindre le Sénat en 2023.
Une enfance nazairienne et l'éducation populaire
Philippe Grosvalet est le dernier d'une fratrie de six enfants. Son père est charpentier métallique aux chantiers navals de Saint-Nazaire, et sa mère est issue de familles paysannes du Morbihan. Jeune homme, il pratique le cyclisme et se produit brièvement comme comédien dans « Le Canard sauvage », une pièce mise en scène par Armand Gatti à Saint-Nazaire. À dix-neuf ans, il devient animateur à la Fédération Léo Lagrange, mouvement d'éducation populaire proche des valeurs socialistes, avant d'en devenir directeur régional, une fonction qu'il occupe pendant l'essentiel de sa carrière professionnelle.
Débuts au Parti socialiste et conseiller municipal de Saint-Nazaire
Philippe Grosvalet adhère au Parti socialiste et se rattache, en 2003, à la sensibilité du Nouveau Parti socialiste portée par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. Il est élu conseiller municipal de Saint-Nazaire en 1989 sur la liste du maire Joël-Guy Batteux, puis est désigné adjoint au maire en 1995. En 2001, il tente de contester à Joël-Guy Batteux l'investiture socialiste pour la mairie, mais le Parti socialiste renouvelle sa confiance au maire sortant.
Conseiller général puis président du conseil général de Loire-Atlantique
Philippe Grosvalet est élu conseiller général du canton de Saint-Nazaire-Est le 22 mars 1998, battant dès le premier tour le conseiller sortant Maxime Batard. Il est réélu le 28 mars 2004 avec 74,3% des voix face au candidat UDF Emmanuel James. De 2004 à 2008, il est vice-président du conseil général chargé de l'agriculture, des entreprises, de l'emploi et de la formation, désigné par le président Patrick Mareschal, puis conserve à partir de 2008 la responsabilité de l'économie et de l'emploi. Il est réélu conseiller général les 20 et 27 mars 2011 avec 64,56% des voix contre la candidate d'Europe Écologie Les Verts Michèle Viau, en tant que chef de file du Parti socialiste pour l'ensemble du département. Le 31 mars 2011, il est élu président du conseil général de Loire-Atlantique, succédant à Patrick Mareschal. Il est réélu conseiller départemental pour le canton de Saint-Nazaire-Est le 29 mars 2015, en binôme avec Lydia Meignen, avec 68,32% des voix face aux candidats du Front national, l'institution ayant entre-temps pris le nom de conseil départemental. Il est reconduit à la présidence le 2 avril 2015. Il choisit de ne pas se représenter en 2021 et quitte la présidence le 1er juillet de cette année, où il est remplacé par Michel Ménard.
Le débat sur le Grand Ouest et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Favorable au projet d'aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes, Philippe Grosvalet se montre critique envers les militants de la Zone à défendre (ZAD) qui s'y opposent. En 2015, il interpelle vivement la ministre de l'Environnement Ségolène Royal sur les réseaux sociaux au sujet de son opposition au projet. Après l'abandon officiel de l'aéroport, le 17 janvier 2018, le département récupère 895 hectares de terrains, pour lesquels Philippe Grosvalet plaide en faveur d'un usage agricole durable, orienté vers l'élevage extensif et la préservation de l'environnement. À l'automne 2019, le département signe de premiers baux avec d'anciens opposants au projet aéroportuaire comme avec des agriculteurs historiques du site.
La question de la réunification bretonne
Philippe Grosvalet veille à ce que le drapeau breton (Gwenn ha Du) continue de flotter sur le siège du conseil départemental. Entre 2011 et 2016, il se dit « ni pour ni contre » le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, privilégiant le débat plus large sur la décentralisation. En 2012, il affirme que « la Loire-Atlantique appartient à la Bretagne historique, au-delà des frontières administratives et politiques ». Le 23 mai 2014, il estime que si l'État venait à fusionner les régions Pays de la Loire et Poitou-Charentes, la Loire-Atlantique « ne pourrait pas ne pas aller avec la Bretagne », puis, le 3 juin de la même année, plaide pour une fusion Bretagne-Pays de la Loire comme « la bonne réponse en termes de périmètre ». Le 14 décembre 2018, à la suite d'une pétition ayant recueilli plus de 100 000 signatures, il propose l'organisation par l'État d'un référendum contraignant dans les quatre départements bretons et les cinq départements des Pays de la Loire, et adresse une lettre en ce sens au président Emmanuel Macron. Le 17 décembre 2018, le conseil départemental rejette le déclenchement de la procédure du « droit d'option » prévue par la loi (30 voix contre, 13 pour, 15 abstentions), tout en adoptant par ailleurs, par 55 voix favorables, une résolution soutenant la tenue d'un référendum.
Engagements de mandat : sauvetage en mer, revenu universel, Palestine
En juillet 2019, le conseil départemental vote, sous son impulsion, une aide d'un million d'euros, répartie à parts égales entre la SNSM et SOS Méditerranée, Philippe Grosvalet déclarant : « On ne laisse pas mourir les gens en mer : c'est un principe de base ». Il défend à plusieurs reprises l'instauration d'un revenu universel, qu'il présente comme « un tremplin vers l'insertion sociale et professionnelle, voire un levier d'intégration civique », position qu'il réaffirme en avril 2020 dans le contexte de la crise du Covid-19. Partisan d'une décentralisation renforcée, il déclare en 2019 dans Ouest-France qu'« il est grand temps que l'État fasse enfin confiance aux collectivités locales pour assurer au mieux le service public attendu par les citoyens ». Le département noue par ailleurs des actions de coopération en soutien à la Palestine, et Philippe Grosvalet exprime son soutien à l'avocat Salah Hamouri et à la militante Ahed Tamimi.
Fidélités socialistes
Philippe Grosvalet soutient François Hollande dès le premier tour de la primaire socialiste de 2011. En 2013, il appuie la candidature de David Samzun à l'investiture socialiste pour les municipales nazairiennes de 2014, en remplacement de Joël-Guy Batteux. Lors de la primaire de 2017, il soutient Vincent Peillon et siège à son comité de campagne, chargé des questions d'aménagement du territoire et de collectivités locales, avant de renoncer à donner une consigne de vote après l'élimination de son candidat au premier tour.
Sénateur de Loire-Atlantique depuis 2023
Philippe Grosvalet est élu sénateur de Loire-Atlantique le 24 septembre 2023, sur une liste socialiste dissidente, et prend ses fonctions le 2 octobre suivant. Il rejoint le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). Il exerce la vice-présidence de la commission des affaires économiques et de la commission d'enquête sur les inégalités systémiques dans les outre-mer, et participe aux groupes d'études sur la pêche et les produits de la mer, ainsi que sur l'industrie.
Positionnement politique
Socialiste de terrain formé à l'éducation populaire, Philippe Grosvalet défend une ligne attachée à la décentralisation, à la solidarité territoriale et maritime, ainsi qu'à une identité bretonne de la Loire-Atlantique qu'il articule avec son ancrage au sein du Parti socialiste.
Chronologie
- 1958 - Naissance à Saint-Nazaire, le 13 avril
- 1989 - Élu conseiller municipal de Saint-Nazaire
- 1995 - Désigné adjoint au maire de Saint-Nazaire
- 1998 - Élu conseiller général du canton de Saint-Nazaire-Est, le 22 mars
- 2004 - Réélu conseiller général; vice-président du conseil général
- 2011 - Réélu conseiller général; élu président du conseil général de Loire-Atlantique, le 31 mars
- 2015 - Réélu conseiller départemental et reconduit à la présidence, le 2 avril
- 2018 - Propose un référendum sur la réunification bretonne; abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier
- 2019 - Vote d'un million d'euros pour le sauvetage en mer, en juillet
- 2021 - Quitte la présidence du conseil départemental, le 1er juillet
- 2023 - Élu sénateur de Loire-Atlantique, le 24 septembre; prend ses fonctions le 2 octobre
Mandats et responsabilités
- depuis 2023SénateurLoire-Atlantique
- PSPartiLe parti
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 39053 %
- Abstention 10514 %
- Contre 24133 %
Scrutins : 332 adoptés, 405 rejetés.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
2 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
Aucun vote nominatif disponible pour le moment.
