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Portrait de Pierre BEDIER

Collectivité

Pierre BEDIER

Conseiller départemental · Yvelines

Ce qu'il faut retenir

Conseil départemental Élu en 2021
  • Conseiller départemental · Conseil départemental, Yvelines.
  • Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
  • Conseiller départemental de Yvelines depuis le 1er juillet 2021.
  • 5 mandats recensés : conseiller départemental, conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Mantes-la-Jolie, département Yvelines.
  • Fiche de la commune : Mantes-la-Jolie.

Biographie

Pierre Bédier, né le 30 septembre 1957 à Mont-de-Marsan, dans les Landes, est un homme politique français dont la carrière, construite sur près de trois décennies dans les Yvelines, a été marquée à la fois par des responsabilités gouvernementales et locales importantes et par une condamnation pénale définitive pour corruption passive, devenue l'un des éléments les plus documentés de son parcours public.

Formation et premières années professionnelles

Pierre Bédier suit une formation supérieure orientée vers les sciences politiques et le commerce : diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1980), il complète ce cursus par un passage à l'ESSEC, dont il sort diplômé en 1983. Avant de se consacrer pleinement à la politique, il se lance dans l'entrepreneuriat en fondant, en 1986, l'agence de communication DB2A, qu'il dirige jusqu'en 2000.

Engagement partisan et ancrage local dans les Yvelines

Pierre Bédier s'engage tôt en politique dans les rangs du gaullisme, au Rassemblement pour la République (RPR), qu'il rejoint dès 1976. Il construit son ancrage électoral dans les Yvelines, où il devient maire de Mantes-la-Jolie à deux reprises, du 25 juin 1995 au 7 juillet 2002, puis du 12 février 2004 au 3 janvier 2005. Il suit ensuite l'évolution de sa famille politique, de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), qu'il rejoint en 2002 lors de sa création, jusqu'aux Républicains, dont il est membre de 2015 à 2024.

Les mandats de député des Yvelines

Élu pour la première fois dans la 8e circonscription des Yvelines, Pierre Bédier siège à l'Assemblée nationale du 2 avril 1993 au 21 avril 1997. Il retrouve un siège de député du 19 juin au 18 juillet 2002, mandat interrompu par sa nomination au gouvernement, puis exerce un troisième mandat du 7 décembre 2004 au 15 avril 2009, année où il démissionne de l'Assemblée.

Le secrétariat d'État aux programmes immobiliers de la Justice

Dans le second gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Pierre Bédier est nommé secrétaire d'État chargé des Programmes immobiliers de la Justice, fonction qu'il exerce du 17 juin 2002 au 22 janvier 2004. Ce portefeuille, alors chargé de piloter la modernisation et la construction d'établissements pénitentiaires et judiciaires, constitue le point culminant de sa carrière gouvernementale.

La présidence du département des Yvelines

Pierre Bédier prend la tête de l'exécutif départemental des Yvelines à deux reprises. Il préside le conseil général du 16 septembre 2005 au 25 mai 2009, puis revient à la présidence de la collectivité, devenue conseil départemental, à partir du 11 avril 2014. Il est réélu à ce poste le 2 avril 2015, puis de nouveau le 27 juin 2021.

L'affaire de l'Opievoy et le non-lieu de 2002

Une première procédure judiciaire touche Pierre Bédier au tournant des années 2000. Le 21 décembre 2000, alors qu'il préside l'organisme HLM Opievoy, il est mis en examen pour atteinte à l'égalité des candidats dans les marchés publics, à la suite de soupçons de favoritisme. Cette procédure se solde par un non-lieu, prononcé le 30 avril 2002 par le juge Richard Pallain, qui conclut au respect des règles de la commande publique.

La condamnation pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux

Une seconde affaire, distincte de la précédente, débouche en revanche sur une condamnation définitive. Pierre Bédier est mis en examen le 21 janvier 2004 pour recel d'abus de biens sociaux et corruption, dans le cadre d'un dossier lié à l'attribution d'un marché public dans les Yvelines. Le tribunal correctionnel le condamne, en première instance, le 12 décembre 2006, à dix-huit mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux, peine assortie de six ans d'inéligibilité. Ses coprévenus dans ce dossier sont notamment Jacques Masdeu-Arus et Gilles Forray. En mai 2008, la cour d'appel de Paris confirme la condamnation, tout en divisant l'amende par deux. Pierre Bédier se pourvoit en cassation, mais la Cour de cassation rejette son recours en mai 2009, rendant la condamnation définitive.

Le rebond judiciaire de 2021 et l'enquête pour atteinte à la probité

Cette condamnation continue de produire des effets juridiques bien après son prononcé. Élu à la présidence du conseil d'administration de l'Opievoy en 2015, Pierre Bédier voit cette élection annulée en janvier 2021 : la cour d'appel de Versailles juge qu'il ne remplissait pas la condition de moralité requise pour ce mandat, en raison de sa condamnation de 2008 pour des faits assimilés à un abus de biens sociaux.

Par ailleurs, en 2022, Le Canard enchaîné révèle que Pierre Bédier aurait constitué en 2016 une société offshore à Hong Kong sans la déclarer aux autorités chargées du contrôle de la transparence de la vie publique. En avril 2023, l'association anticorruption Anticor dépose une plainte à ce sujet, ce qui conduit à l'ouverture d'une enquête pour atteinte à la probité, confiée aux services de police et de lutte contre la délinquance financière. L'issue de cette procédure n'est pas connue à ce jour dans les sources disponibles.

Chronologie

  • 1957 - Naissance à Mont-de-Marsan, le 30 septembre
  • 1980 - Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris
  • 1983 - Diplômé de l'ESSEC
  • 1986 - Fondation de l'agence de communication DB2A
  • 1993 - Élu député de la 8e circonscription des Yvelines
  • 1995 - Élu maire de Mantes-la-Jolie
  • 2000 - Mise en examen dans l'affaire de l'Opievoy (favoritisme)
  • 2002 - Non-lieu dans l'affaire de l'Opievoy ; nommé secrétaire d'État chargé des Programmes immobiliers de la Justice
  • 2004 - Mise en examen pour corruption et recel d'abus de biens sociaux ; quitte le gouvernement
  • 2005 - Élu président du conseil général des Yvelines
  • 2006 - Condamnation en première instance à dix-huit mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et six ans d'inéligibilité
  • 2008 - Confirmation de la condamnation en appel, amende divisée par deux
  • 2009 - Rejet du pourvoi en cassation, condamnation définitive
  • 2014 - Retour à la présidence du conseil départemental des Yvelines
  • 2015 - Réélu à la présidence du département ; élu président du conseil d'administration de l'Opievoy
  • 2021 - Annulation par la cour d'appel de Versailles de son élection à la présidence de l'Opievoy ; réélu à la présidence du conseil départemental des Yvelines
  • 2022 - Révélation par Le Canard enchaîné d'une société offshore non déclarée
  • 2023 - Plainte d'Anticor et ouverture d'une enquête pour atteinte à la probité

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