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Portrait de Pierre LAFFITTE

Collectivité

Pierre LAFFITTE

Conseiller municipal · Saint-Vincent-de-Tyrosse

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Saint-Vincent-de-Tyrosse.
  • Conseiller municipal de Saint-Vincent-de-Tyrosse depuis le 28 juin 2020.
  • 2 mandats recensés : conseiller municipal, sénateur.
  • Commune de rattachement : Saint-Vincent-de-Tyrosse, département Landes.
  • Fiche de la commune : Saint-Vincent-de-Tyrosse.

Biographie

Pierre Laffitte, l'ingénieur qui inventa Sophia Antipolis

Pierre Paul Laffitte, né le 1er janvier 1925 à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) et mort le 7 juillet 2021 à Cagnes-sur-Mer à l'âge de 96 ans, est un ingénieur et homme politique français, sénateur des Alpes-Maritimes de 1985 à 2008 et fondateur de Sophia Antipolis, la première technopole de France. Fils de Jean Laffitte, peintre né à Alger, et de Lucie Fink, née à Strasbourg à l'époque de l'Alsace allemande, il grandit dans une famille marquée par l'engagement : sa mère se remarie avec le sénateur Émile Hugues, et tous deux, morts en 1966, sont reconnus Justes parmi les nations en 2007. Pierre Laffitte est également l'arrière-petit-fils du haut fonctionnaire, cartographe et explorateur Justin Pouyanne, le cousin germain du sculpteur André Tauziède et un proche parent de l'ingénieur Benoît Rouquayrol, co-inventeur du scaphandre autonome. Il se marie trois fois : en 1949 avec Sofia Grigorievna Glikman-Toumarkine, femme de lettres née à Kiev en 1905, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, docteure ès lettres et titulaire d'une chaire de littérature à la Sorbonne, morte à Saint-Paul-de-Vence en 1979 ; en 1985 avec Anita Garcia, morte en 2005 ; puis, en troisièmes noces, avec Sophie Michel, médecin.

Formation

Pierre Laffitte suit sa scolarité primaire à Saint-Paul-de-Vence, dans une école alors dirigée par Célestin Freinet. Il poursuit ses études au lycée Masséna de Nice, où il est admis comme élève boursier pensionnaire, jusqu'aux classes préparatoires qui le conduisent à son admission à l'École polytechnique, dans la promotion 1944. Il en sort dans le corps des Mines.

Une carrière scientifique et institutionnelle

Ingénieur géologue, Pierre Laffitte débute sa carrière au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), alors service du ministère de l'Industrie. Il contribue à sa transformation en établissement public à caractère industriel et commercial, dont il devient directeur, y développant à la fois un service géologique national et un bureau minier. La décision, prise en 1959, de fusionner l'ensemble des bureaux miniers français le conduit à codiriger l'ensemble ainsi constitué, renforcé par les services géologiques d'outre-mer, au sein du nouveau BRGM.

En 1963, il quitte le BRGM pour rejoindre l'École des mines de Paris comme sous-directeur chargé de l'enseignement du corps des Mines et directeur de la recherche de l'école. Il y engage une réforme profonde de la scolarité du corps des Mines, en ouvrant l'accès à des membres d'autres corps, notamment celui des Télécommunications, ainsi qu'à des ingénieurs civils et à des élèves de l'École normale supérieure. Il développe fortement la recherche partenariale avec l'industrie en créant l'outil ARMINES, qui deviendra le modèle des Instituts Carnot, sur le modèle des instituts Fraunhofer allemands. Il est également à l'origine des implantations décentralisées de l'école à Fontainebleau, à Évry et à Sophia Antipolis pour la recherche en sociologie des entreprises.

En 1968, il modernise les relations entre étudiants, enseignants et direction afin d'évaluer l'efficacité pédagogique des enseignements, et crée la Conférence des grandes écoles, qui rassemblera l'ensemble des écoles délivrant le titre d'ingénieur ainsi que certaines écoles de gestion. En 1974, il est nommé directeur de l'École des mines de Paris.

En 1980, il se voit confier la présidence du Comité de recherche du Plan, dans le cadre de laquelle il conçoit des Assises décentralisées de la Recherche, qui se tiennent sous la présidence de Jean-Pierre Chevènement, entre-temps nommé ministre de la Recherche et de l'Innovation. En 1981 et 1982, il œuvre au maintien des classes préparatoires aux grandes écoles, dont l'existence est alors menacée, et participe, avec l'aval de la Conférence des grandes écoles, à la mise en place de passerelles entre universités et grandes écoles aux niveaux du doctorat, de la licence, de l'IUT et du BTS.

Sophia Antipolis, la cité internationale de la sagesse

Dans les années 1960, Pierre Laffitte constate que le besoin de renforcer les moyens de recherche publics et privés conduit, en région parisienne, à leur dispersion, tandis que le Quartier latin perd chaque année une part de ses forces vives, sans qu'existe de stratégie concertée d'aménagement du territoire pour ces concentrations de chercheurs en Île-de-France. En 1960, il publie dans Le Monde un article intitulé "Quartier latin aux champs", dans lequel il expose ce constat et propose, face aux blocages des initiatives publiques, de lancer une opération privée à but non lucratif, dans le sud de la France, à proximité de son lieu de naissance et de l'aéroport de Nice Côte d'Azur.

Le projet, baptisé Sophia Antipolis et présenté comme une "cité internationale de la sagesse des sciences et des techniques", repose sur deux idées directrices. La première, qu'il résume par l'expression de "fertilisation croisée", qu'il a lui-même forgée, veut que toute innovation majeure naisse de la rencontre entre esprits de cultures diverses. La seconde consiste à combiner économie et écologie, en évitant toute pollution industrielle susceptible de nuire au tourisme, ce qui se traduit par un cahier des charges strict pour l'aménagement du site. En 1969, Pierre Laffitte crée l'association Sophia Antipolis ainsi que le groupement d'intérêt économique SAVALOR, afin de rassembler, sur une pinède située entre Antibes et Grasse, des centres d'enseignement, des centres de recherche publics et privés, des entreprises innovantes et des organismes financiers. Malgré un scepticisme initial, le projet se concrétise, avec le concours notamment de Jean-Marcel Jeanneney et de François Bloch-Lainé, et devient la première technopole de France. La Fondation Sophia Antipolis, créée en 1984, prolonge ensuite son action.

Parcours politique et mandat sénatorial (1985-2008)

Très tôt membre du Parti radical, Pierre Laffitte est conseiller municipal de sa commune natale, Saint-Paul-de-Vence, à partir de 1961. En 1971, Francis Palmero, sénateur des Alpes-Maritimes, lui demande d'être son suppléant, afin de renforcer son image de défenseur du développement économique par l'innovation. Réélu en 1980, Francis Palmero meurt en mai 1985 ; Pierre Laffitte lui succède alors au Sénat. Il est réélu le 24 septembre 1989, puis le 27 septembre 1998.

Au Sénat, il siège d'abord au sein du groupe de la Gauche démocratique, qui devient le Rassemblement démocratique européen (RDE), puis le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), dont il devient président le 19 septembre 2007, succédant à Jacques Pelletier, jusqu'à la fin de son mandat le 30 septembre 2008. Spécialiste des questions d'innovation, il siège comme vice-président à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, et comme membre, puis vice-président jusqu'en 2004, de la commission des affaires culturelles, où il est longtemps rapporteur du budget de la Recherche.

En 2008, le mode de scrutin des élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes devenant un scrutin de liste, Pierre Laffitte conduit une liste divers droite, qui recueille 9,2 % des suffrages et arrive en quatrième position, sans obtenir de siège. Colette Giudicelli lui succède au Sénat. Il meurt dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à Cagnes-sur-Mer, à l'âge de 96 ans.

Publications

Pierre Laffitte est l'auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, dont Introduction à l'étude des roches métamorphiques et des gîtes métallifères, Métallogénie de la France, une Carte minière du globe sur fond tectonique publiée par l'UNESCO, et un Traité d'informatique géologique. Il publie également Les Technopoles en France dans l'Encyclopædia Universalis, un ouvrage consacré à son projet le plus connu, Sophia Antipolis. Naissance d'une ville ?, ainsi qu'un essai intitulé L'Accès au savoir par la télévision, paru chez Economica.

Distinctions

Pierre Laffitte est officier de la Légion d'honneur et officier de l'ordre national du Mérite en France, commandeur de l'ordre royal de l'Étoile polaire de Suède et commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne. Membre de l'Académie royale suédoise des sciences de l'ingénierie (IVA), il préside de 1988 à 2001 le Haut Conseil culturel franco-allemand. Il est également titulaire du prix de Gaulle-Adenauer et du prix du promoteur de la société de l'information, reçu en 2004, et docteur honoris causa de la Colorado School of Mines et de l'Open University britannique.

Chronologie

  • 1925 - Naissance à Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), le 1er janvier
  • 1944 - Admission à l'École polytechnique
  • 1949 - Mariage avec Sofia Grigorievna Glikman-Toumarkine
  • 1959 - Fusion des bureaux miniers français et codirection du nouveau BRGM
  • 1960 - Publication de l'article "Quartier latin aux champs" dans Le Monde
  • 1961 - Élection comme conseiller municipal de Saint-Paul-de-Vence
  • 1963 - Entrée à l'École des mines de Paris comme sous-directeur
  • 1968 - Création de la Conférence des grandes écoles
  • 1969 - Création de l'association Sophia Antipolis et du groupement d'intérêt économique SAVALOR
  • 1971 - Suppléance du sénateur Francis Palmero
  • 1974 - Nomination comme directeur de l'École des mines de Paris
  • 1979 - Décès de sa première épouse, Sofia Glikman-Toumarkine
  • 1980 - Présidence du Comité de recherche du Plan
  • 1984 - Création de la Fondation Sophia Antipolis
  • 1985 - Décès de Francis Palmero et entrée au Sénat, le 14 mai ; remariage avec Anita Garcia
  • 1989 - Réélection au Sénat, le 24 septembre
  • 1998 - Réélection au Sénat, le 27 septembre
  • 2004 - Fin de la vice-présidence de la commission des affaires culturelles
  • 2005 - Décès de sa seconde épouse, Anita Garcia
  • 2007 - Présidence du groupe RDSE au Sénat, le 19 septembre ; reconnaissance de sa mère et de son beau-père comme Justes parmi les nations
  • 2008 - Fin du mandat sénatorial, le 30 septembre, après un score de 9,2 % aux élections sénatoriales
  • 2021 - Décès à Cagnes-sur-Mer, dans la nuit du 6 au 7 juillet

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