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Portrait de Raymond BARRÉ

Collectivité

Raymond BARRÉ

Conseiller municipal · Maël-Carhaix

Ce qu'il faut retenir

Conseil municipal Élu en 2020
  • Conseiller municipal · Conseil municipal, Maël-Carhaix.
  • Conseiller municipal de Maël-Carhaix depuis le 18 mai 2020.
  • 7 mandats recensés : conseiller municipal, député.
  • Commune de rattachement : Maël-Carhaix, département Côtes-D'Armor.
  • Fiche de la commune : Maël-Carhaix.

Biographie

Raymond Barre est né le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de La Réunion, alors colonie française, et mort le 25 août 2007 à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, à l'âge de 83 ans. Économiste de formation, professeur d'université, haut fonctionnaire européen puis homme d'État, il est Premier ministre de la France de 1976 à 1981 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, avant de devenir député du Rhône, candidat à l'élection présidentielle de 1988 et maire de Lyon de 1995 à 2001. Il épouse le 19 novembre 1954 Eva Hegedüs, dont il a deux fils, Olivier, né en 1955, et Nicolas, né en 1961.

Origines réunionnaises et formation

Raymond Barre naît à Saint-Denis de La Réunion, île qui demeure une colonie française jusqu'à son accession au statut de département d'outre-mer en 1946. Il effectue ses études supérieures à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort diplômé en 1948 dans la section « Service public ». Il obtient en 1950 l'agrégation de droit et de sciences économiques, se classant en deuxième position, après avoir soutenu en décembre 1949 une thèse consacrée à « La Période dans l'analyse économique ».

Une carrière de professeur d'économie

Une fois agrégé, Raymond Barre enseigne d'abord à Tunis, puis à Caen, avant de rejoindre Paris à partir de 1963. Il enseigne notamment l'économie à l'Institut d'études politiques de Paris à partir de 1973. Il compte parmi ses étudiants Jacques Attali, dont il dirige le mémoire. Cette carrière académique, consacrée à l'analyse économique, constitue le socle de sa réputation d'économiste avant son entrée dans la vie publique.

Du cabinet ministériel à la vice-présidence de la Commission européenne

Raymond Barre effectue ses premiers pas dans les allées du pouvoir en dirigeant, de 1959 à 1962, le cabinet du ministre Jean-Marcel Jeanneney. En 1967, le général de Gaulle le nomme vice-président de la Commission des Communautés européennes, chargé des Affaires économiques et financières, fonction qu'il occupe du 7 juillet 1967 au 5 janvier 1973. Il siège par ailleurs au Conseil général de la Banque de France à partir de 1973.

L'entrée au gouvernement et la nomination à Matignon

Raymond Barre entre au gouvernement le 12 janvier 1976 comme ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de Jacques Chirac. Lorsque ce dernier démissionne, le président Valéry Giscard d'Estaing le nomme Premier ministre le 25 août 1976, le présentant aux Français comme « le meilleur économiste de France », alors qu'il demeure largement inconnu du grand public. Il dirige successivement les gouvernements Barre I, II et III jusqu'au 21 mai 1981, cumulant, du 27 août 1976 au 31 mars 1978, les fonctions de Premier ministre et de ministre de l'Économie et des Finances, ce qui fait de lui le seul chef de gouvernement de la Cinquième République à avoir détenu simultanément ces deux portefeuilles. Il assume en outre le ministère des Réformes administratives du 4 mars au 13 mai 1981, à la toute fin de son passage à Matignon. À l'Assemblée nationale, il occupe un premier et bref mandat de député de la 4e circonscription du Rhône du 3 avril au 3 mai 1978.

Le "plan Barre" et la politique de désinflation compétitive

Face à l'inflation et à la montée du chômage consécutives au premier choc pétrolier, Raymond Barre annonce le 22 septembre 1976 que « la France vit au-dessus de ses moyens » et présente un plan de redressement, resté dans l'histoire sous le nom de « plan Barre », qui associe un gel des prix et des salaires pendant trois mois, une hausse des cotisations de sécurité sociale, une augmentation de la vignette automobile et des taxes sur les carburants, ainsi qu'une réduction ciblée de la taxe sur la valeur ajoutée. Cette politique de rigueur, fondée sur la recherche d'une désinflation compétitive, se traduit par un net ralentissement de la hausse des prix, ramenée à 9,9 %, mais s'accompagne d'une progression sensible du chômage. Raymond Barre assume alors l'impopularité de ces choix, refusant toute concession de principe face aux organisations syndicales et résumant sa position par la formule, restée célèbre, « je préfère être impopulaire qu'irresponsable », prononcée en 1980. En 1979, son gouvernement engage un vaste plan de restructuration de la sidérurgie française, qui se traduit par une quasi-nationalisation du secteur.

La candidature à l'élection présidentielle de 1988

Après la fin de ses fonctions à Matignon, Raymond Barre retrouve son siège de député du Rhône le 2 juillet 1981 et le conserve jusqu'au 18 juin 2002, sous l'étiquette de l'Union pour la démocratie française (UDF), sans toutefois y adhérer formellement. Le 8 février 1988, il annonce depuis le palais des congrès de Lyon sa candidature à l'élection présidentielle. Il obtient au premier tour, le 24 avril 1988, 16,55 % des suffrages exprimés, se classant en troisième position derrière François Mitterrand et Jacques Chirac, et appelle ses électeurs à voter pour ce dernier au second tour. Tout au long de sa carrière, Raymond Barre revendique son indépendance à l'égard des partis politiques, qu'il tient à distance, considérant le jeu partisan comme un « microcosme » stérile.

Le mandat de maire de Lyon

Raymond Barre est élu maire de Lyon le 25 juin 1995, succédant à Michel Noir, alors empêché d'exercer ses fonctions pour des raisons judiciaires. Il préside dans le même temps la communauté urbaine de Lyon. Il ne se représente pas à l'issue de ce mandat, qui s'achève le 24 mars 2001, et c'est Gérard Collomb qui lui succède à la tête de la ville.

La controverse des propos sur l'attentat de la rue Copernic

Le 3 octobre 1980, un attentat visant la synagogue de la rue Copernic, à Paris, fait plusieurs morts. Le jour même, Raymond Barre déclare : « Cet attentat odieux qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Cette formulation, largement commentée et critiquée, est comprise par de nombreux observateurs comme établissant une distinction entre les fidèles juifs visés par l'attentat et les « Français innocents » qui en auraient été les victimes collatérales. Face à la controverse, Raymond Barre s'exprime le 8 octobre 1980 à la tribune de l'Assemblée nationale pour assurer ses « compatriotes juifs » de la « sympathie de l'ensemble de la nation ». Selon des propos qui lui sont attribués peu avant sa mort, il nie par la suite avoir tenu ses déclarations initiales dans les termes rapportés et impute les protestations suscitées à l'époque à un « lobby juif le plus lié à la gauche », qu'il décrit comme « capable de monter des opérations qui sont indignes ». La date exacte et le support de ces propos ultérieurs n'ont pas pu être établis avec précision dans le cadre de cette recherche.

Autres engagements et distinctions

Après son mandat municipal, Raymond Barre préside à partir de 1988 l'Institut libre d'étude des relations internationales (ILERI), succédant à Edgar Faure. Il fonde et préside par ailleurs l'Institut Aspen France de 1983 à 2004. En 2001, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques, où il occupe le fauteuil précédemment détenu par Alain Peyrefitte.

Fin de vie

Hospitalisé à Monaco en avril 2007 à la suite de problèmes cardiaques, Raymond Barre est transféré à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il meurt d'une crise cardiaque le 25 août 2007, à l'âge de 83 ans. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, à Paris. Son épouse, Eva Hegedüs, lui survit jusqu'en 2017. Plusieurs hommages lui sont rendus à Lyon après sa mort : une esplanade Raymond-Barre est inaugurée en 2008 dans le 6e arrondissement, et un pont Raymond-Barre, franchissant le Rhône pour la ligne de tramway T1, est ouvert en 2014.

L'affaire judiciaire posthume

En juillet 2019, le journal Le Canard enchaîné révèle l'existence d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale, concernant un compte bancaire détenu en Suisse par Raymond Barre et non déclaré au fisc français, d'un montant d'environ 11 millions de francs suisses (près de 6,8 millions d'euros). Ses héritiers se mettent en règle avec l'administration fiscale, s'acquittant d'environ un million d'euros de pénalités. En 2020, ses fils sont mis en examen dans le cadre de cette procédure, avant qu'un non-lieu ne leur soit accordé le 21 novembre 2022.

Chronologie

  • 1924 - Naissance à Saint-Denis de La Réunion, le 12 avril
  • 1948 - Diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris
  • 1950 - Agrégation de droit et de sciences économiques
  • 1954 - Mariage avec Eva Hegedüs, le 19 novembre
  • 1959 - Directeur du cabinet du ministre Jean-Marcel Jeanneney
  • 1967 - Nomination comme vice-président de la Commission des Communautés européennes, chargé des Affaires économiques et financières, le 7 juillet
  • 1973 - Fin des fonctions à la Commission européenne, le 5 janvier ; entrée au Conseil général de la Banque de France
  • 1976 - Ministre du Commerce extérieur, le 12 janvier ; nomination comme Premier ministre par Valéry Giscard d'Estaing, le 25 août ; annonce du "plan Barre", le 22 septembre
  • 1978 - Fin du cumul avec le ministère de l'Économie et des Finances, le 31 mars ; bref mandat de député de la 4e circonscription du Rhône
  • 1979 - Plan de restructuration de la sidérurgie française
  • 1980 - Propos sur l'attentat de la rue Copernic et rectification à l'Assemblée nationale, en octobre ; formule "je préfère être impopulaire qu'irresponsable"
  • 1981 - Fin des fonctions de Premier ministre, le 21 mai ; retour à l'Assemblée nationale comme député du Rhône, le 2 juillet
  • 1983 - Fondation de l'Institut Aspen France
  • 1988 - Candidature à l'élection présidentielle, annoncée le 8 février à Lyon ; 16,55 % des voix au premier tour ; présidence de l'ILERI
  • 1995 - Élection comme maire de Lyon, le 25 juin
  • 2001 - Fin du mandat de maire de Lyon, le 24 mars, remplacé par Gérard Collomb
  • 2002 - Fin du mandat de député du Rhône, le 18 juin
  • 2007 - Mort à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, le 25 août
  • 2019 - Révélation d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale concernant un compte suisse non déclaré
  • 2022 - Non-lieu accordé aux fils de Raymond Barre, le 21 novembre

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