Ce qu'il faut retenir
- Conseiller municipal · Conseil municipal, Précieux.
- Conseiller municipal de Précieux depuis le 18 mai 2020.
- 10 mandats recensés : conseiller municipal, sénateur, député.
- Commune de rattachement : Précieux, département Loire.
- Fiche de la commune : Précieux.
Biographie
Robert René Marcel Galley, né le 11 janvier 1921 dans le 5e arrondissement de Paris et mort le 8 juin 2012 à Troyes, est un ingénieur et homme politique français, huit fois ministre sous les présidences de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing, maire de Troyes pendant vingt-trois ans et figure du gaullisme historique.
Fils de médecin, Robert Galley épouse Jeanne Leclerc de Hauteclocque, fille du maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque, avec qui il a deux fils, Philippe et Alexis, ce dernier devenant directeur général de l'entreprise F4. Il est inhumé au cimetière de Ricey-Haute-Rive, aux Riceys, dans l'Aube, département dont il fut l'un des grands élus.
De la France libre à la 2e DB
Élève des lycées Louis-le-Grand à Paris puis Hoche à Versailles, Robert Galley n'a que dix-neuf ans lorsque, le 1er juillet 1940, il s'engage dans les Forces françaises libres. Il quitte la France depuis Saint-Jean-de-Luz déguisé en soldat polonais, à bord du navire Sobieski, avant de rejoindre le camp d'Aldershot, dans le Hampshire. Chasseur de deuxième classe à la 1re division française libre, il participe à l'expédition de Dakar puis aux opérations au Gabon, en octobre et novembre 1940, avant de prendre part à la campagne de Syrie en juin 1941. Nommé aspirant dans l'arme blindée en novembre 1941, il passe par l'école britannique des chars du Caire en avril 1942, puis participe à la bataille d'El Alamein le 24 octobre 1942 et combat comme chef de section de chars en Tripolitaine et en Tunisie.
En mars 1943, il rejoint les troupes du général Leclerc et devient sous-lieutenant à la 2e division blindée, au sein du 501e régiment de chars de combat. Il débarque en France le 3 août 1944, entre à Écouché, dans l'Orne, puis participe à la libération de Paris et aux combats de Longjumeau, Massy-Palaiseau et Antony, avant de prendre part aux batailles de Lorraine et d'Alsace jusqu'en février 1945, puis à la campagne d'Allemagne jusqu'en mai 1945, qui le mène jusqu'à la prise de Berchtesgaden. Ces années de guerre lui valent d'être fait Compagnon de la Libération par décret du 24 mars 1945, ainsi que la croix de guerre 1939-1945 avec quatre citations et la médaille coloniale avec agrafes Libye et Tunisie.
Ingénieur du nucléaire naissant
Après la guerre, Robert Galley reprend des études d'ingénieur à l'École centrale de Paris, dont il sort diplômé de la promotion 1949, complétées la même année par un diplôme de l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs. Il effectue un stage à la Compagnie chérifienne des pétroles entre 1950 et 1954, puis entre au Commissariat à l'énergie atomique, où il devient en 1955 chef du département de construction des usines. Il est ainsi responsable des études de construction de l'usine de plutonium de Marcoule, puis dirige de 1958 à 1966 les études et la construction de l'usine de Pierrelatte, deux sites majeurs du programme nucléaire militaire français naissant. Il occupe ensuite les fonctions de délégué à l'informatique auprès du Premier ministre et préside, à partir de 1967, le conseil d'administration de l'IRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique).
Une carrière ministérielle qui traverse deux présidences
Cette expertise technique et son passé de compagnon de la Libération conduisent Robert Galley vers les plus hautes responsabilités gouvernementales. Élu pour la première fois député de la 2e circonscription de l'Aube en juillet 1968, il entre dès le 31 mai 1968 au gouvernement Pompidou IV comme ministre de l'Équipement et du Logement, sous la présidence du général de Gaulle. Georges Pébereau est alors son directeur de cabinet.
Du 12 juillet 1968 au 20 juin 1969, il est ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales, dans le gouvernement de Maurice Couve de Murville. Certains observateurs rapportent que le général de Gaulle avait envisagé de le nommer lui-même Premier ministre en 1968, avant de finalement porter son choix sur Maurice Couve de Murville.
Sous la présidence de Georges Pompidou, Robert Galley devient ministre des Postes et Télécommunications dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, du 22 juin 1969 au 5 juillet 1972, puis ministre des Transports dans le gouvernement Messmer I, du 6 juillet 1972 au 28 mars 1973. Il prend ensuite le portefeuille des Armées dans les gouvernements Messmer II et III, du 5 avril 1973 au 27 mai 1974, poste qu'il occupe donc au moment de la mort du président Pompidou.
Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, il devient ministre de l'Équipement dans le premier gouvernement de Jacques Chirac, du 28 mai 1974 au 25 août 1976, puis ministre de la Coopération dans les trois gouvernements successifs de Raymond Barre, du 27 août 1976 au 22 décembre 1980. À ce titre, il représente la France en octobre 1977 au sacre de l'empereur centrafricain Jean-Bedel Bokassa. Il termine sa carrière ministérielle en cumulant, du 22 décembre 1980 au 13 mai 1981, les portefeuilles de la Défense et de la Coopération dans le troisième gouvernement Barre, jusqu'à l'alternance politique de 1981.
Maire de Troyes et parlementaire de l'Aube
En parallèle de ses fonctions ministérielles, Robert Galley construit un ancrage local durable dans l'Aube. Conseiller général du département de 1970 à 1988, il est élu adjoint au maire de Troyes en 1971, avant de succéder à Henri Terré comme maire de la ville en 1972, un mandat qu'il exerce sans discontinuer jusqu'en 1995, réélu en mars 1977, mars 1983 puis mars 1989. Une place de Troyes est baptisée à son nom de son vivant. Il cède la mairie à François Baroin en 1995.
Sur le plan parlementaire, Robert Galley est élu à plusieurs reprises député de la 2e circonscription de l'Aube, à partir de juillet 1968, avec des mandats parfois écourtés par ses nominations gouvernementales ou par les dissolutions successives : 1968, 1973, 1978, puis un mandat plus long du 2 juillet 1981 au 1er avril 1986, suivi d'un mandat à la proportionnelle de 1986 à 1988, puis d'un dernier mandat continu du 23 juin 1988 au 18 juin 2002, réélu en 1988, 1993 et 1997, soit près de quatorze années consécutives à l'Assemblée nationale. Il siège également, brièvement, comme sénateur de l'Aube du 2 octobre au 1er novembre 1980, un mandat de moins d'un mois interrompu par sa nomination au gouvernement.
Positionnement politique et fin de vie
Membre de l'UDR puis du RPR, Robert Galley est trésorier du Rassemblement pour la République de 1984 à 1990. Il participe en 1969 à la création de l'Union nationale inter-universitaire, dont il rejoint le comité d'honneur, et adhère également au comité d'honneur du Mouvement Initiative et Liberté. Après le décès de plusieurs autres figures du mouvement gaulliste, il est considéré, à partir des années 2000, comme l'un des deux derniers représentants historiques du gaullisme aux côtés d'Yves Guéna. Il reçoit en 1995 le prix de l'Amitié judéo-chrétienne de France.
Décorations
Compagnon de la Libération (1945), grand officier de la Légion d'honneur (décret du 12 juillet 2002), Robert Galley est également titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec quatre citations, de la médaille coloniale avec agrafes Libye et Tunisie, de la médaille d'honneur des chemins de fer à l'échelon or au titre de son passage au ministère des Transports, et d'officier de l'ordre tunisien du Nichan Iftikhar.
Chronologie
- 1921 - Naissance le 11 janvier dans le 5e arrondissement de Paris
- 1940 - Engagement dans les Forces françaises libres le 1er juillet ; expédition de Dakar puis opérations au Gabon
- 1941 - Campagne de Syrie ; aspirant dans l'arme blindée
- 1942 - École britannique des chars du Caire ; bataille d'El Alamein le 24 octobre
- 1943 - Rejoint la 2e division blindée du général Leclerc comme sous-lieutenant
- 1944 - Débarquement en France le 3 août ; libération de Paris ; combats de Lorraine et d'Alsace
- 1945 - Campagne d'Allemagne, prise de Berchtesgaden ; fait Compagnon de la Libération par décret du 24 mars
- 1949 - Diplômé de l'École centrale de Paris et de l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs
- 1955 - Chef du département de construction des usines au Commissariat à l'énergie atomique
- 1958 - Direction des études et de la construction de l'usine de Pierrelatte, jusqu'en 1966
- 1968 - Élu député de l'Aube en juillet ; ministre de l'Équipement et du Logement, puis ministre délégué chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales
- 1969 - Ministre des Postes et Télécommunications, sous la présidence de Georges Pompidou
- 1970 - Conseiller général de l'Aube, jusqu'en 1988
- 1971 - Adjoint au maire de Troyes
- 1972 - Ministre des Transports ; devient maire de Troyes, succédant à Henri Terré
- 1973 - Ministre des Armées dans les gouvernements Messmer II et III
- 1974 - Ministre de l'Équipement sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing
- 1976 - Ministre de la Coopération dans les gouvernements Barre
- 1977 - Réélu maire de Troyes ; représente la France au sacre de Bokassa en Centrafrique
- 1980 - Sénateur de l'Aube en octobre, un mois avant sa nomination comme ministre de la Défense et de la Coopération
- 1981 - Fin de ses fonctions ministérielles à l'alternance politique
- 1984 - Trésorier du RPR, jusqu'en 1990
- 1988 - Réélu maire de Troyes ; retrouve un mandat continu de député de l'Aube jusqu'en 2002
- 1995 - Reçoit le prix de l'Amitié judéo-chrétienne de France ; quitte la mairie de Troyes, où lui succède François Baroin
- 2002 - Quitte l'Assemblée nationale le 18 juin ; fait grand officier de la Légion d'honneur le 12 juillet
- 2012 - Mort le 8 juin à Troyes, à l'âge de 91 ans
Mandats et responsabilités
En cours
Mandats passés
- 1980SénateurAube
Mandats sans date connue
- Député6ᵉ législature
- Député4ᵉ législature
- Député11ᵉ législature
- Député9ᵉ législature
- Député7ᵉ législature
- Député5ᵉ législature
- Député10ᵉ législature
- Député8ᵉ législature
