Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant
Portrait de Steve Chailloux

Parlement

Steve Chailloux

Député · 2ᵉ circ. · Polynésie Française

242Votes exprimés
100 %Participation
32Interventions

Ce qu'il faut retenir

Assemblée nationale Groupe GDR - NUPES Élu en 2022 242 votes exprimés 32 interventions
  • Député — Assemblée nationale, 2ᵉ circ. · Polynésie Française.
  • 242 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Steve Chailloux

Formation

Steve Chailloux est né le 4 août 1986 à Papeete, en Polynésie française. Il effectue sa formation initiale au sein du territoire avant de compléter son cursus dans l'enseignement supérieur, se spécialisant en histoire et en sciences humaines. Il exerce ensuite la profession de professeur d'histoire-géographie dans l'enseignement secondaire polynésien. Cette trajectoire d'enseignant marquera durablement son rapport à la transmission, à la mémoire coloniale et aux enjeux identitaires du Pacifique.


Parcours politique

L'engagement de Steve Chailloux s'inscrit au sein du Tavini Huiraatira (Au Service du Peuple), parti indépendantiste polynésien fondé par Oscar Temaru, dont la ligne politique associe socialisme, décolonisation et opposition à l'héritage des essais nucléaires français. Le Tavini entretient depuis plusieurs décennies une alliance historique avec le Parti communiste français, qui se matérialise à l'Assemblée nationale par une affiliation au groupe GDR (Gauche Démocrate et Républicaine).

Avant son élection à l'échelon national, Chailloux s'implique dans la vie associative et politique polynésienne, prenant part aux mobilisations portées par le Tavini autour des questions de souveraineté et des droits des populations exposées aux retombées nucléaires de Mururoa et Fangataufa. Son itinéraire illustre la trajectoire classique de cadres intermédiaires du Tavini : ancrage local, engagement associatif, puis projection vers les instances nationales.


Carrière parlementaire

Lors des élections législatives de juin 2022, dans le contexte de la montée en puissance de la NUPES au niveau national et d'une forte dynamique indépendantiste en Polynésie, Steve Chailloux est élu député dans la 2e circonscription de la Polynésie française — qui recouvre les îles du Vent hors de Papeete ainsi qu'une partie de l'archipel de la Société. Sa victoire au second tour sur la candidate de la majorité présidentielle s'inscrit dans un raz-de-marée Tavini historique : pour la première fois, les deux sièges polynésiens de l'Assemblée nationale sont simultanément tenus par le mouvement indépendantiste. Moetai Brotherson remporte la 1re circonscription.

À l'Assemblée nationale, Chailloux siège à la commission des Affaires étrangères, enceinte cohérente avec les enjeux géopolitiques du Pacifique et la question du statut international de la Polynésie (réinscription sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU en 2013). Il participe également à plusieurs groupes d'études et délégations consacrés aux outre-mer et aux relations dans le bassin Pacifique.

En 2023, à la suite de la victoire du Tavini aux élections de l'Assemblée de la Polynésie française, Moetai Brotherson est élu Président de la Polynésie française et abandonne son mandat de député. Steve Chailloux demeure dès lors le seul représentant du Tavini Huiraatira à Paris, assumant seul la représentation parlementaire nationale du mouvement indépendantiste polynésien.

Ses interventions en séance publique portent principalement sur la réforme de la loi Morin (2010) relative à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires, dont il juge les critères d'accès trop restrictifs et le périmètre trop étroit. Il défend régulièrement un élargissement du dispositif et une reconnaissance plus explicite de la responsabilité de l'État français.


Positionnement politique

Le positionnement de Steve Chailloux s'articule autour de trois axes principaux. En premier lieu, la décolonisation : il soutient le processus d'autodétermination de la Polynésie française et s'oppose à toute évolution institutionnelle qui affaiblirait l'autonomie élargie accordée par le statut organique de 2004. En second lieu, la justice nucléaire : il plaide pour une révision substantielle des mécanismes d'indemnisation des victimes polynésiennes et des anciens travailleurs des sites d'essais. Enfin, les questions sociales liées au coût de la vie en Polynésie — cherté des produits de première nécessité, inégalités d'accès aux soins, crise du logement — constituent un volet constant de son activité parlementaire.

Au sein du groupe GDR-NUPES, il s'inscrit dans la tradition des élus d'outre-mer portant des revendications spécifiques à leur territoire tout en maintenant une solidarité avec la gauche radicale métropolitaine sur les questions sociales et environnementales.


Chronologie

  • 1986 — Naissance le 4 août à Papeete, Polynésie française
  • 2022 — Élu député dans la 2e circonscription de la Polynésie française (législatives de juin), sous l'étiquette Tavini Huiraatira / GDR-NUPES ; affectation à la commission des Affaires étrangères
  • 2022 — Première fois dans l'histoire que les deux sièges polynésiens à l'Assemblée nationale sont tenus simultanément par le Tavini Huiraatira
  • 2023 — Devient le seul représentant Tavini à l'Assemblée nationale après l'élection de Moetai Brotherson à la présidence de la Polynésie française
  • 2024 — Maintien de son mandat dans le cadre de la dissolution de l'Assemblée nationale et des élections législatives anticipées (résultats à confirmer selon sources officielles)


L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo — pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.