Partis & groupes · Parti politique
Parti communiste français
PCF · Gauche
Présentation
Origines, positionnement et grandes orientations.
🇫🇷 Parti communiste français (PCF)
Repères d’identité
- Nom complet : Parti communiste français
- Fondation : 1920, au Congrès de Tours (rupture avec la SFIO et adhésion à l’Internationale communiste)
- Courant : socialisme, marxisme, communisme démocratique, municipalismes et luttes sociales
- Implantations historiques : bastions ouvriers et populaires, ceintures rouges d’Île-de-France, grands bassins industriels et portuaires
Racines et naissance (1920–1939)
Le PCF naît de la grande bifurcation socialiste de 1920 : une majorité de délégués opte pour l’Internationale communiste et fonde d’abord la SFIC, très vite appelée PCF. L’onde de choc de la Révolution russe, la lassitude d’après-guerre et la politisation du monde ouvrier alimentent un puissant imaginaire d’émancipation. Le parti s’organise autour de cellules d’entreprise et d’un maillage syndical, développe une presse (avec l’Humanité) et une culture militante faite d’éducation populaire, de sociabilités, de fêtes et d’une discipline stratégique qui l’ancre durablement dans la gauche française. Dans les années 1930, face à la montée du fascisme, il contribue au Front populaire et à l’unité d’action, tout en consolidant ses positions dans les municipalités et les milieux syndicaux.Guerre, Résistance et Libération (1939–1947)
La période est tragique et fondatrice : clandestinité, répression, héroïsme des Francs-tireurs et partisans et des réseaux de Résistance. À la Libération, le PCF sort auréolé du titre de « parti des 75 000 fusillés ». Il participe aux gouvernements d’union, porte des réformes sociales structurantes (Sécurité sociale, statut de la fonction publique), gagne une puissante assise municipale et syndicale et s’impose comme première force de gauche. Cette centralité marquera durablement la mémoire politique nationale.Trente glorieuses, mue idéologique et union de la gauche (1947–1981)
Écarté du gouvernement dans le contexte de guerre froide, le PCF se replie sur son ancrage social, son réseau municipal et ses grandes campagnes (paix, anticolonialisme, antinucléaire civil et militaire selon les époques). Au fil des décennies, la doctrine évolue : eurocommunisme, débat sur la démocratie interne, recherche d’une voie française au socialisme. Les années 1970 voient l’élaboration du Programme commun avec le PS et les radicaux de gauche ; c’est l’âge d’or de l’« union de la gauche », qui associe ambitions nationales et compétences locales (logement social, équipements collectifs, culture).Recomposition de la gauche (1981–2000)
Après la victoire de 1981, la place du PCF se tend : participation gouvernementale brève, compétition stratégique avec le PS, interrogations sur la conversion européenne et les politiques économiques. La désindustrialisation, la transformation du salariat et l’effritement des bastions ouvriers frappent l’électorat communiste. Le parti maintient toutefois des mairies-phares, un patrimoine militant dense (associations, coopératives, festivals), et participe à diverses coalitions régionales et nationales. À la fin des années 2000, il contribue au Front de gauche, tentative de refondation antilibérale et écologiste qui offre une respiration stratégique et des succès électoraux ponctuels.Années 2010–2020 : héritage, luttes et réinventions
Le PCF traverse la décennie 2010 entre continuités (défense des services publics, combat social, écologie populaire, antiracisme) et recomposition du champ à gauche (montée de nouvelles forces, mouvements citoyens). Le parti mise sur son savoir-faire municipal (logement, tarifications sociales, cantines, équipements sportifs et culturels), ses réseaux associatifs et syndicaux, et une parole redistributive articulée aux transitions écologique et industrielle. Dans la rue et dans les urnes, il défend la retraite solidaire, l’hôpital public, l’école, et propose une planification écologique qui conjugue impératif climatique et sécurisation de l’emploi.Idées clés et propositions
- Travail et salaires : hausse du SMIC, sécurisation des parcours, nouveaux droits dans l’entreprise (pouvoir d’intervention des salarié·es).
- Services publics : réinvestissement massif (santé, éducation, transports), lutte contre les logiques de marché.
- Industrie et écologie : relocalisations, pôle public de l’énergie, sobriété juste et innovations démocratiquement pilotées.
- Europe : critique du carcan libéral des traités, recherche d’alliances progressistes, défense de la souveraineté populaire.
- Droits et citoyenneté : antidiscrimination, égalité femmes-hommes, régularisations et hospitalité, démocratie élargie.
Culture militante et ancrage municipal
Le PCF demeure l’un des héritiers majeurs du mouvement ouvrier français. Ses mairies ont expérimenté, des décennies durant, des politiques sociales ambitieuses (logement, sports, culture), souvent imitées. Les fêtes populaires, la solidarité internationale, la mémoire de la Résistance et l’éducation populaire façonnent une identité politique singulière, où la transformation sociale s’adosse à la proximité.Enjeux contemporains
Le défi est double : reconstruire un bloc social dans une économie numérisée et précarisée, et articuler écologie et justice sans sacrifier l’emploi ni le niveau de vie. À l’échelle de la gauche, le PCF plaide pour l’unité d’action et un projet lisible capable de parler aux classes populaires urbaines et périurbaines comme aux jeunesses inquiètes du climat.En somme, le PCF reste un pilier historique et un laboratoire de politiques sociales ancrées dans les territoires, cherchant une voie majoritaire à l’ère des transitions multiples.
Ce qu'il faut retenir
L'essentiel sur PCF en un coup d'œil.
Positionnement politique
Lecture rapide du parti.
Représentation institutionnelle
Présence du parti dans les assemblées. Un parti et un groupe parlementaire sont des entités distinctes : leurs sièges ne s'additionnent pas.
Élus en exercice
79 élusParlementaires et élus locaux recensés, au-delà des seuls effectifs institutionnels ci-dessus. Les anciens élus et les responsables sans mandat sont regroupés dans Membres.
Membres sans mandat en exercice
Responsables, anciens élus et personnalités rattachés au parti sans mandat électif en cours.
Personnes recensées
68 personnesPropositions de programme
Les mesures portées par le parti. Leur analyse par SensPo est à venir.
Communications du parti
Actualités, communiqués et annonces publiés par PCF sur son site officiel pcf.fr.
26 avril, journée de la visibilité lesbienne, journée féministe : les droits des femmes et les droits des lesbiennes sont indissociables
Publié le 26 avril 2026
À l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, le Parti communiste français alerte sur une offensive mondiale contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+, en particulier contre les lesbiennes, au croisement des dominations patriarcales.
Dans près d’un tiers des pays du monde, l’homosexualité est illégale. Dans certains, les « thérapies de conversion » sont encore autorisées et, dans une dizaine d’États, l’homosexualité est passible de peines de prison, voire de mort.
Aux États-Unis, la présence de Donald Trump au pouvoir depuis deux ans a accéléré une attaque sans précédent contre les droits des femmes et des personnes LGBTI+.
En Europe, la progression de l’extrême droite entraîne une hausse des violences et une remise en cause des droits fondamentaux jusqu’au niveau institutionnel.
En France, la réalité des violences lesbophobes demeure préoccupante. Selon le rapport 2025 de SOS homophobie, plus de 1 500 situations de LGBTphobies ont été recensées.
La lesbophobie est un système qui isole, détruit et tue. Le suicide de Caroline Grandjean après des mois de harcèlement lesbophobe interroge les défaillances des dispositifs de protection.
Dans ce contexte de montée du conservatisme et du masculinisme, la Journée de la visibilité lesbienne rappelle l’enjeu des combats féministes pour l’égalité et l’émancipation.
Les lesbiennes se trouvent à la croisée des dominations patriarcales et subissent une double violence, sexiste et lesbophobe.
Malgré ces réalités, les lesbiennes restent trop souvent invisibilisées dans les combats politiques.
Le Parti communiste français réaffirme que les droits des femmes et les droits des personnes LGBTI+ sont intrinsèquement liés.
Nos propositions :
- 3 milliards d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes ; l’égalité salariale et professionnelle et - la fin des contrats précaire ;
- l’augmentation des hébergements publics et centres d’accueil ;
- la suspension de l’autorisation d’émettre pour les médias diffusant des propos homophobes et/ou sexistes ;
- l’inéligibilité des personnes condamnées pour injures ou incitation à la haine homophobe et/ou sexiste ;
- des politiques publiques de santé intégrant pleinement les enjeux de santé des lesbiennes ;
- la garantie effective du droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur genre.
Rendre visibles les lesbiennes, c’est refuser leur effacement. C’est affirmer que leur place est pleine et entière dans la société.
Paris, le 26 avril 2026
Parti communiste français.
Source : pcf.fr
Après son congrès, à quoi doit répondre le PGE ?
Publié le 22 avril 2026
Le congrès du PGE qui s’est tenu à Bruxelles le week-end dernier a permis au PCF de porter ses exigences de contenu et de tenir des rencontres bilatérales, comme l’article d’Hélène Bidard le développe.
Concernant les enjeux de fond, c’est-à-dire la manière dont le PGE pourrait être un outil pour mettre en commun les luttes, les exigences et les initiatives des partis membres pour la paix et contre l’austérité en Europe, ce congrès laisse beaucoup de questions ouvertes. Les questions posées lors de la préparation du congrès le restent à son issue.
Pour le PCF comme pour d’autres organisations membres, le congrès initie surtout une phase transitoire qui devra aboutir lors de l’assemblée générale de 2027. Le congrès et les interventions des délégués de nombreux partis affirment nettement un profil pour la paix et la sécurité collective en Europe. Il faut donc maintenant le décliner concrètement.
Deux points particulièrement importants doivent être travaillés dans l’année qui vient si l’on veut un PGE utile pour les luttes convergentes des partis membres.
- Construire une action commune en Europe pour la paix et contre la militarisation de l’économie. Le PGE est le seul parti européen à s’emparer de la question de la lutte pour la paix et la sécurité collective ainsi que de la lutte contre la militarisation de l’économie. Mais cela demeure assez peu visible et peu en lien avec les partis membres. Or, le véritable atout du PGE réside dans ses partis membres. Le PCF a porté lors de ce congrès l’exigence que le PGE s’empare de l’exigence de la paix en devenant un espace de mise en commun des élaborations et des actions pour la paix des différents partis membres. Des points d’appui peuvent être utilisés, comme les prises de position du gouvernement espagnol auquel participent le Parti communiste et la Gauche Unie d’Espagne.
- Construire un parti de partis transparent et démocratique. Pour cela il convient de poser la question des modalités de fonctionnement du PGE. Il existe une tendance à la centralisation et à la fédéralisation du parti, faisant écho avec une certaine tentation fédéraliste de la construction européenne. Le PCF, avec d’autres organisations, défend une conception d’un parti de partis pleinement souverains mettant en commun leur expérience, leur positionnement, leur analyse pour faire naître du commun en Europe et pour élaborer des actions et campagnes communes. Ce débat existe depuis longtemps dans le PGE mais il tend à s’approfondir.
Le PGE est à un tournant de son histoire. Porté lors des années 2010 par l’essor des luttes anti-austérité en Europe, il a été confronté depuis à plusieurs échecs et à plusieurs crises provoquées par les reculs de ces luttes. Il s’agissait ici du premier congrès après le départ des organisations populistes et de la gauche verte nordique. Une nouvelle page de l’histoire d’un PGE refondé doit s’écrire dès maintenant. Soit il est en mesure de répondre à ces deux enjeux, soit sa crise va se poursuivre et se renforcer.
L’ampleur des défis et des menaces historiques qui pèsent sur les peuples d’Europe, avec la menace de guerre, le renforcement de la domination de l’OTAN et de l’atlantisme sur une UE dont la construction est fondamentalement capitaliste, la menace de l’extrême droite, rend une organisation de gauche en Europe portant une vision transformatrice sociale, économique, démocratique, pour la paix, plus nécessaire que jamais. Mais cela suppose qu’elle soit à la hauteur.
Vincent Boulet
Responsable du secteur international
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
Source : pcf.fr
Dans L’Avant-Garde Plus, la jeunesse face à Parcoursup
Publié le 22 avril 2026
Dans le dernier épisode de L’Avant-Garde Plus, partez à la rencontre de Rosa et Maël, deux jeunes militants communistes qui luttent avec détermination contre la sélection imposée par Parcoursup. Cette vidéo plonge au cœur de l’angoisse que vivent les lycéens face à cette plateforme. Ces derniers dénoncent avec force la sélection sociale, géographique et genrée qu’elle génère.
Face à des équipes éducatives débordées et à un accompagnement largement insuffisant, Rosa et Maël ont décidé de ne pas rester inactifs. Ils témoignent de leur mobilisation concrète pour organiser la riposte. Maël raconte notamment la création d’un cahier de doléances, véritable outil de recueil de la parole lycéenne qui a rassemblé plus d’une centaine de témoignages poignants. Ce travail méticuleux a trouvé un écho inespéré lors de l’audition inédite de Maël devant la Cour des comptes, une occasion unique de porter la voix des élèves et de défendre l’accès à un enseignement supérieur public de qualité pour tous.
Ne manquez pas cette émission essentielle pour saisir les réalités concrètes que traverse les lycéennes et lycéens, et comprendre l’importance cruciale de s’organiser collectivement pour son émancipation.
Retrouvez l'émission ci-dessous :
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
Source : pcf.fr
Série - Le carré rouge #13
Publié le 22 avril 2026
Le carré rouge Marcel Cachin (13)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
Marcel Cachin 1869-1958. Né à Plourivo près de Paimpol (22), breton il le sera jusque dans sa tombe, un bloc massif de granit breton. En 1892, professeur de philosophie à Bordeaux et membre du Parti ouvrier français de Guesde (87e division) il sort un journal clandestin et signe Le Breton. Les bretons guesdistes sont peu nombreux à Bordeaux, il est repéré et on lui retire sa bourse d’études. En 1941, dans la clandestinité, il sera Le Barazer (le pain sec).
En 1932 il fonde le groupement des « Bretons émancipés », objectif : « ...unir et rassembler les travailleurs bretons qui ont quitté notre petite patrie... » pour s’organiser et s’émanciper des images arriérées, de ploucs et de Bécassine, de l’obscurantisme religieux, des travers nationalistes et prendre conscience de leur exploitation. En 1937 il édite le n° 1 de War sao ! (debout), premier mot de l’Internationale. Il est un fervent défenseur de sa « ...vieille et belle langue, libre et barbare » et de la culture bretonne.
En 1904, il est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti socialiste de France, né de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C’est là que, grâce à Paul Lafargue (76e division), il fait la connaissance de Marguerite David Von-Wien, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme.
De 1912 à 1914, il sera conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine, puis député de la Seine en 1914, et sera régulièrement réélu en 1919-1924 et avril 1928.
En 1920, il est l’un des grands acteurs du congrès de Tours et de la naissance du Parti communiste. Pour l’histoire, la motion victorieuse porte son nom.
De janvier 1936 à 1940 il est sénateur. (Le 1er juillet 1939, Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères, assure l’ambassadeur d’Allemagne de mettre les communistes à la raison). Le 13 septembre il devient ministre de la Justice. Le 25 septembre 1939, les publications du PCF sont interdites ; le 26, dissolution de toutes les organisations communistes ; début octobre les élus sont emprisonnés. En janvier 1940, ils sont déchus de leurs mandats, ce qui sera le cas de Marcel Cachin le 29 février 1940.
Il sera député de la Seine en 1945, et régulièrement réélu jusqu’en 1958.
Dans ses responsabilités politiques, Marcel Cachin sera membre de la commission administrative permanente de la SFIO : suppléant (1905), titulaire (1907-1909, 1912-1920). Il sera directeur de l’Humanité de 1918 à 1958, puis membre du Comité directeur du Parti communiste (décembre 1920-1924), du Comité central (1925-1958), du Bureau politique (1922-1958).
Marcel Cachin, décède le 12 février 1958. Des centaines de milliers de personnes l’accompagnent du siège de l’Humanité, boulevard Poissonnière (9e arrond.), au Père-Lachaise où il est inhumé le 15/02/1958 auprès de son épouse, Marguerite David Von-Wiem, inhumée le 20/11/1956.
Gérard Pellois
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
Source : pcf.fr
Série - 1936 au jour le jour #16
Publié le 22 avril 2026
1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !
L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.
La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.
Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.
Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».
Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).
Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».
Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.
C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).
Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.
Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.
Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».
Gérard Streiff
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
Source : pcf.fr
Allier : des communistes à l’esprit de conquête !
Publié le 22 avril 2026
Samedi 18 avril dernier, Saint-Sornin accueillait le banquet des vétérans communistes de l’Allier. Un évènement qui fut une belle occasion de se retrouver pour 120 camarades du département, après la séquence municipale et avant la tenue de notre 40e Congrès, lors d’un moment très fraternel entre truffade et piquenchâgne, délicieuse spécialité bourbonnaise à la poire !
Invité par Gérard Fournier, président de l’amicale des vétérans du département et ancien administrateur du siège national du PCF que j’avais plaisir à retrouver, ainsi que Sébastien Claire, secrétaire départemental qui consacre toute son énergie au renforcement du Parti localement, j’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec les camarades sur les enjeux prioritaires pour l’Allier et pour le pays.
De nombreux maires communistes et élu·es présents montrant le fort enracinement du Parti qui est sans conteste la première force politique de gauche du département. Les dernières élections municipales ont d’ailleurs débouché sur deux belles conquêtes au Montet et à Villefranche d’Allier dont la nouvelle Maire, Josiane Auberger, était parmi nous lors de ce banquet.
L’Allier est un département qui concentre tous les grands enjeux du pays.
Agir pour l’avenir de l’Allier, c’est agir pour l’avenir de la France en luttant contre les plans de suppressions d’emplois à Bosch ou Erasteel et en développant l’insertion professionnelle ; en soutenant nos agriculteurs ou encore en portant une nouvelle industrialisation sociale et écologique sur le dossier de la mine de Lithium ; en défendant nos services publics de santé face aux fermetures de lits et de services, d’éducation contre les 25 fermetures de classes programmées, et de transport pour le développement des lignes TER et intercités.
Sur tous ces enjeux, les maires et élus municipaux, le député Yannick Monnet et Jean-Paul Dufrègne, toujours très impliqué, sont au combat quotidiennement aux côtés des habitantes et des habitants. Travailler à des solutions pour les travailleurs et travailleuses, à des reconquêtes sur la production et sur les services publics, est de l’avis de tous et toutes, notamment de Jean-Marc Dumont, président de la communauté de communes du bocage Bourbonnais, le meilleur moyen de combattre la progression de l’extrême droite dans la ruralité.
Ce banquet fut également l’occasion de saluer les 80 ans d’adhésion à notre parti de Suzanne, 100 ans, et son mari, Lucien Séchaud, 102 ans, qui nous ont rejoints au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à qui j’ai remis une lettre personnelle de notre Secrétaire national Fabien Roussel et des cadeaux pour cette fidélité exceptionnelle. En écho à l’appel lancé dans mon intervention à ce que la France porte une voix indépendante pour la paix et sorte de l’OTAN, Lucien s’exprima en affirmant l’urgence de faire « la guerre à la guerre » avant de chanter avec nous l’Internationale.
Alors que notre 40e Congrès affirme l’ambition d’un communisme de reconquêtes, l’esprit de conquêtes était bel et bien présent samedi dernier dans l’Allier !
Igor Zamichiei
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.
Source : pcf.fr