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Portrait de Catherine VAUTRIN

Gouvernement

Catherine VAUTRIN

Ministre des Armées et des Anciens combattants

Ce qu'il faut retenir

Gouvernement Élue en 2024
  • Ministre des Armées et des Anciens combattants · Gouvernement.
  • Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
  • Gouvernement depuis le 11 janvier 2024.
  • 3 mandats recensés : gouvernement, conseiller municipal.
  • Commune de rattachement : Vannecourt, département Moselle.
  • Fiche de la commune : Vannecourt.

Biographie

Catherine Vautrin, née Catherine Jeanne Marie Vautrin le 26 juillet 1960 à Reims (Marne), est une femme politique française, ministre des Armées et des Anciens combattants depuis octobre 2025. Après une carrière de cadre dirigeante dans l'assurance, elle entame en 1981 un engagement politique qui la conduira, sur plus de quatre décennies, de conseillère municipale de Reims à la tête de plusieurs ministères sociaux, puis du ministère des Armées, en passant par la présidence de la grande intercommunalité rémoise. Mariée le 3 mars 2001 à Jean-Loup Pennaforte, médecin au centre hospitalier universitaire de Reims, elle est mère d'une fille née en 2002.

Formation et engagements précoces

Catherine Vautrin obtient en 1985 une maîtrise de droit des affaires à l'université Paris-Descartes. Son engagement politique naît en 1981, en réaction à l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, lorsqu'elle adhère au Rassemblement pour la République (RPR). Elle est élue conseillère municipale de Reims dès 1983, entamant une présence continue dans les assemblées locales rémoises qui se poursuivra pendant plus de quarante ans.

Carrière professionnelle avant la politique nationale

De 1986 à 1999, Catherine Vautrin fait carrière au sein du groupe d'assurance Cigna, où elle occupe successivement les fonctions de chef de produit, puis de directrice marketing et de la communication de Cigna France à partir de 1989, avant d'être promue directrice marketing pour l'Europe de l'Ouest en 1995, puis pour l'Europe continentale en 1997. De 1999 à 2002, elle est directrice générale adjointe des services du conseil régional de Champagne-Ardenne, en charge de plusieurs directions et services opérationnels.

Première élection à l'Assemblée nationale (2002-2004)

Catherine Vautrin est élue députée de la deuxième circonscription de la Marne le 16 juin 2002. Elle arrive en tête des candidats de droite au premier tour, avec 20,25% des suffrages, devançant le candidat officiellement investi par l'UMP, Claude Maffioli, crédité de 11,77%. Elle l'emporte au second tour avec 53,95% des voix face à la socialiste Adeline Hazan. Elle adhère alors à l'Union pour un mouvement populaire, née de la fusion du RPR et d'autres formations de la droite et du centre.

À l'Assemblée nationale, elle siège à la commission des Affaires économiques, occupe la vice-présidence de la mission d'évaluation des conséquences économiques et sociales de la législation sur le temps de travail, et exerce les fonctions de rapporteure pour avis du budget de l'économie, des finances et de l'industrie. Elle est, en 2003, co-rapporteure avec Gilles Carrez de la loi pour l'initiative économique, dite loi Dutreil, portée par le secrétaire d'État aux PME Renaud Dutreil, qui vise à simplifier la création d'entreprise et à alléger la fiscalité de la transmission d'entreprises dans l'industrie, le commerce, l'agriculture et les professions libérales, notamment par une exonération fiscale pouvant atteindre 75%. En 2004, elle vote la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école publique.

Secrétaire d'État sous Jacques Chirac (2004-2005)

Du 31 mars au 28 octobre 2004, Catherine Vautrin est secrétaire d'État à l'Intégration et à l'Égalité des chances dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, sous l'autorité de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale. Elle contribue notamment à l'augmentation de la dotation de solidarité urbaine destinée aux communes défavorisées.

Du 28 octobre 2004 au 31 mai 2005, elle devient secrétaire d'État aux Personnes âgées, en remplacement de Hubert Falco, toujours dans le gouvernement Raffarin. Elle porte la mise en place de la journée de solidarité envers les personnes âgées et les personnes handicapées, votée en juin 2004 et instaurée en 2005, qui transforme le lundi de Pentecôte en jour travaillé non rémunéré afin de financer les services aux personnes dépendantes, à la suite de la canicule de l'été 2003, responsable d'environ 15 000 décès.

Ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité (2005-2007)

Du 2 juin 2005 au 15 mai 2007, à la faveur du remaniement consécutif au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, Catherine Vautrin devient ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité dans le gouvernement de Dominique de Villepin, toujours sous l'autorité de Jean-Louis Borloo. En avril 2006, elle est élue présidente de la fédération marnaise de l'UMP, par 121 voix contre 116 à Renaud Dutreil. En octobre 2006, elle porte le projet de loi imposant la parité dans les exécutifs municipaux et régionaux. En décembre 2005, elle défend un dispositif permettant l'hébergement, de six mois à un an, des femmes victimes de violences conjugales en famille d'accueil, puis lance en mars 2007 le numéro d'appel unique 3919 destiné aux victimes de ces violences. Entre 2005 et 2006, elle promeut, avec Jean-Louis Borloo et Azouz Begag, la loi pour l'égalité des chances, qui contient le dispositif du contrat première embauche (CPE), finalement retiré en avril 2006 face à une forte contestation sociale.

Deuxième mandat de députée (2007-2017)

Catherine Vautrin est réélue députée de la deuxième circonscription de la Marne le 17 juin 2007, avec 47,75% des voix au premier tour et 56,93% au second face à Adeline Hazan, puis reconduite le 17 juin 2012 avec 53,04% des suffrages au second tour.

Elle occupe la vice-présidence de la commission des Affaires économiques, de l'Environnement et du Territoire de juin 2007 à octobre 2008, avant de siéger au bureau de l'Assemblée nationale. Le 25 juin 2008, elle est désignée vice-présidente de l'Assemblée nationale, en remplacement de Marc-Philippe Daubresse, fonction qu'elle exerce à partir d'octobre 2008 et à laquelle elle est reconduite chaque année jusqu'en 2017, y compris après sa réélection en septembre 2012. En juin 2011, elle accède à la première vice-présidence de l'Assemblée à la faveur de l'entrée au gouvernement de Marc Laffineur. En décembre 2012, elle est nommée trésorière nationale de l'UMP par Jean-François Copé, à la suite de la démission collective du bureau politique du parti provoquée par l'affaire Bygmalion.

Sur le plan des positions politiques, Catherine Vautrin vote en 2013 contre la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, participe aux mobilisations de la Manif pour tous et s'oppose au droit à l'adoption pour les couples homosexuels. Dans un discours prononcé le 30 janvier 2013, elle critique la remise en cause de la présomption de paternité et qualifie le texte de "cheval de Troie" ouvrant la voie à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui. Elle reviendra sur ce vote le 21 avril 2023, affirmant sur les réseaux sociaux qu'elle "aurait dû anticiper les attentes de la société". En 2017, avec Éric Ciotti et François Fillon, elle saisit le Conseil constitutionnel pour faire censurer la loi créant un délit d'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse.

Mandats locaux rémois: de la mairie à la présidence du Grand Reims

Conseillère municipale de Reims depuis 1983, Catherine Vautrin se porte candidate à la mairie de la ville pour les élections municipales de 2008. Elle annonce sa candidature le 6 juillet 2007, mais l'UMP investit en novembre 2007 Renaud Dutreil, soutenu par Nicolas Sarkozy. Elle noue en janvier 2008 une alliance avec le MoDem de Jean-Marie Beaupuy. Au premier tour, le 9 mars 2008, elle arrive troisième avec 25,19% des voix, derrière la maire sortante socialiste Adeline Hazan (42,6%) et Renaud Dutreil (23%). Ce dernier se retire entre les deux tours, mais Catherine Vautrin est battue au second tour avec 43,93% des suffrages, ce qui constitue la première perte de la mairie de Reims par la droite depuis 1977. Elle devient conseillère municipale d'opposition, mandat qu'elle conserve après les élections de 2014 et de 2020, sous les mandatures d'Adeline Hazan puis d'Arnaud Robinet.

Le 14 avril 2014, elle est élue présidente de Reims Métropole. Le 17 juin 2014, elle devient présidente de l'Association des villes universitaires de France (AVUF), mandat de trois ans renouvelé en 2017, 2020 et 2023. Le 9 janvier 2017, elle est élue présidente de la nouvelle communauté urbaine du Grand Reims, avec 177 voix sur 203, une intercommunalité de 143 communes et environ 298 000 habitants.

Aux élections législatives de 2017, elle recueille 26,4% des voix au premier tour, derrière la candidate de La République en marche Aina Kuric (34,3%), et 48,8% au second tour, où elle est battue de 660 voix. Elle avait annoncé qu'elle abandonnerait la présidence du Grand Reims en cas de réélection à l'Assemblée. En juin 2019, elle révèle avoir cessé de cotiser aux Républicains, s'en éloignant après plusieurs défaites électorales et jugeant le parti incapable de "répondre aux grands enjeux" que sont le changement climatique, l'indépendance économique et l'avenir de l'Europe.

Lors des élections municipales de 2020, elle figure en deuxième position sur la liste conduite par Arnaud Robinet, qui remporte la mairie de Reims dès le premier tour avec 66% des voix. Le 10 juillet 2020, Catherine Vautrin est réélue présidente du Grand Reims avec 196 voix sur 208. Le 5 novembre 2020, elle est élue au conseil d'administration de l'association Intercommunalités de France, dont elle devient vice-présidente chargée de l'Enseignement supérieur. Le 1er septembre 2022, elle est nommée présidente de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Le 16 janvier 2024, elle annonce sa démission de la présidence du Grand Reims, à l'occasion de son entrée au gouvernement.

Engagements dans les campagnes présidentielles (2016-2022)

Lors de la primaire de la droite et du centre de 2016, Catherine Vautrin soutient la candidature de Nicolas Sarkozy et devient, le 29 août 2016, sa porte-parole de campagne, en tandem avec Éric Ciotti. Après l'élimination de Nicolas Sarkozy, elle se rallie à François Fillon face à Alain Juppé. Le 1er mars 2017, à la suite du déclenchement de l'affaire Fillon, elle demande le retrait du candidat et souhaite son remplacement.

En 2022, elle apporte son soutien à Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle. Le président de la République envisage alors de la nommer Première ministre en remplacement de Jean Castex, mais ce projet suscite une forte opposition au sein de l'aile gauche de Renaissance et de proches d'Emmanuel Macron, hostiles à son opposition passée au mariage pour tous. Le président choisit finalement Élisabeth Borne, jugée moins conservatrice.

Retour au gouvernement: le grand ministère social (2024)

Du 11 janvier au 21 septembre 2024, Catherine Vautrin est ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités dans le gouvernement de Gabriel Attal. Elle succède à Olivier Dussopt au Travail, à Aurore Bergé aux Solidarités et à Agnès Firmin-Le Bodo, elle-même venue en remplacement d'Aurélien Rousseau, à la Santé. Ce "super-ministère", qui regroupe l'ensemble des portefeuilles sociaux, constitue la première fois depuis Xavier Bertrand, dans le gouvernement Fillon III entre 2010 et 2012, qu'un même ministre cumule le Travail et la Santé. Le 23 janvier 2024, elle nomme à la tête de son cabinet Georges-François Leclerc, ancien préfet des Hauts-de-France et ancien directeur de cabinet de Roselyne Bachelot.

Ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation (2024)

Du 21 septembre au 23 décembre 2024, dans le gouvernement de Michel Barnier, Catherine Vautrin devient ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, avec rang de numéro trois dans l'ordre protocolaire et trois ministres délégués placés sous son autorité. Ce nouveau portefeuille, aux compétences territoriales élargies, est présenté par la presse comme la traduction d'une volonté d'apaisement entre l'État et les collectivités locales.

Retour aux affaires sociales élargies (2024-2025)

Du 23 décembre 2024 au 12 octobre 2025, elle est ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles dans le gouvernement de François Bayrou, puis conserve ce portefeuille dans le premier gouvernement de Sébastien Lecornu à partir du 5 octobre 2025, avec l'ajout des compétences relatives à l'Autonomie et aux Personnes handicapées.

Ministre des Armées et des Anciens combattants (depuis octobre 2025)

Le 12 octobre 2025, Catherine Vautrin est nommée ministre des Armées et des Anciens combattants dans le gouvernement Lecornu II. Elle succède à ce poste à Bruno Le Maire, dont la nomination annoncée dans le gouvernement précédent n'avait donné lieu à aucune prise de fonction effective. Elle devient ainsi la cinquième personne à occuper ce ministère sous la présidence d'Emmanuel Macron.

Positions et évolutions politiques

Sur la question de la fin de vie, Catherine Vautrin affiche dès novembre 2004 une préférence marquée pour le développement des soins palliatifs et une opposition à l'euthanasie volontaire; en janvier 2024, elle indique pouvoir aborder sans difficulté la question de l'aide active à mourir tout en estimant que le gouvernement devra légiférer "d'une main tremblante". Sur le mariage entre personnes de même sexe, sa position a évolué depuis son opposition de 2013 jusqu'à un regret exprimé en 2023, tout en continuant de privilégier une "alliance civile" ouvrant des droits patrimoniaux aux couples de même sexe plutôt que le mariage et l'adoption. En 2025, elle propose l'instauration de sept heures de travail non rémunérées par an afin de contribuer au financement du système de protection sociale.

Son parcours partisan l'a conduite du RPR, qu'elle rejoint en 1981, à l'UMP à partir de 2002, puis aux Républicains à partir de 2015, avant qu'elle ne s'en éloigne en 2019 et ne rejoigne Renaissance en 2024. Elle est chevalier de la Légion d'honneur.

Chronologie

  • 1960 - Naissance à Reims, le 26 juillet
  • 1981 - Adhésion au Rassemblement pour la République
  • 1983 - Élue conseillère municipale de Reims
  • 1985 - Maîtrise de droit des affaires, université Paris-Descartes
  • 1986 - Entrée au groupe Cigna
  • 1999 - Directrice générale adjointe des services du conseil régional de Champagne-Ardenne
  • 2001 - Mariage avec Jean-Loup Pennaforte, le 3 mars
  • 2002 - Élue députée de la Marne, le 16 juin
  • 2004 - Secrétaire d'État à l'Intégration et à l'Égalité des chances, puis aux Personnes âgées
  • 2005 - Ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité, à partir du 2 juin
  • 2007 - Réélue députée de la Marne; fin de ses fonctions ministérielles, le 15 mai
  • 2008 - Candidate battue à la mairie de Reims; élue vice-présidente de l'Assemblée nationale
  • 2012 - Réélue députée; nommée trésorière nationale de l'UMP
  • 2013 - Vote contre le mariage pour tous; participation à la Manif pour tous
  • 2014 - Élue présidente de Reims Métropole, puis de l'Association des villes universitaires de France
  • 2016 - Porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy
  • 2017 - Élue présidente de la communauté urbaine du Grand Reims; battue aux élections législatives
  • 2019 - Cesse de cotiser aux Républicains
  • 2020 - Réélue présidente du Grand Reims
  • 2022 - Soutien à Emmanuel Macron; pressentie puis écartée du poste de Première ministre; présidente de l'ANRU
  • 2024 - Ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, puis du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, puis de nouveau des Solidarités et de la Santé; démission de la présidence du Grand Reims; adhésion à Renaissance
  • 2025 - Ajout de l'Autonomie et des Personnes handicapées à son portefeuille; nommée ministre des Armées et des Anciens combattants, le 12 octobre, dans le gouvernement Lecornu II

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