Ce qu'il faut retenir
- Sénateur · Sénat, Haute-Loire.
- 1 608 votes exprimés au cours du mandat.
- Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
Biographie
Laurent Duplomb, né le 24 octobre 1971 à Rive-de-Gier, dans la Loire, est un agriculteur et homme politique français, sénateur de la Haute-Loire depuis 2017. Fils d'un contremaître de sidérurgie et d'une mère au foyer, élevé dans un logement social de Rive-de-Gier, il a fait de sa trajectoire d'éleveur laitier installé en Haute-Loire le socle d'un engagement parlementaire centré sur la défense de l'agriculture productive, dont la loi qui porte son nom, adoptée puis partiellement censurée en 2025, a fait un sénateur nationalement connu.
Des origines ouvrières à l'installation agricole
Laurent Duplomb grandit à Rive-de-Gier dans une famille modeste, loin du monde agricole. Il suit sa formation au lycée agricole de Roanne, puis obtient un brevet de technicien supérieur (BTS) en production animale à Brioude. C'est dans une école d'agriculture qu'il rencontre celle qui deviendra son épouse, avec laquelle il s'installe en 1995 sur l'exploitation de ses beaux-parents, à Saint-Paulien, en Haute-Loire.
L'exploitation familiale, un groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) qu'il dirige avec son épouse, son fils Julien et un neveu, compte 350 vaches montbéliardes pour une production annuelle d'environ 1,2 million de litres de lait, sur 200 hectares de cultures et de pâtures. La ferme s'est modernisée au fil des années avec l'installation d'unités de méthanisation, d'un robot de traite et d'une réserve d'eau de coteau destinée à l'irrigation. Son fils Julien, scolarisé au lycée de Brioude-Bonnefond, a rejoint le Gaec familial et est devenu président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire en 2024, perpétuant l'engagement syndical de son père.
De la présidence des Jeunes Agriculteurs à la mairie de Saint-Paulien
Laurent Duplomb entame son parcours de responsabilités professionnelles et locales par la présidence des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire, de 2000 à 2006. Il devient adjoint au maire de Saint-Paulien, chargé de la commission voirie, de 2008 à 2010, avant d'être élu maire de la commune de 2010 à 2017. Dans le même temps, il préside la chambre d'agriculture de Haute-Loire de 2013 à 2017, puis assure de 2014 à 2017 la présidence régionale pour le Massif central et la responsabilité d'une section de la coopérative laitière Sodiaal, dont il devient également membre du conseil de surveillance de la marque Candia. Il est par ailleurs membre de la FDSEA et de la FNSEA, les deux principaux syndicats agricoles majoritaires, ainsi que, à des titres antérieurs, du comité de massif du Massif central et du Conseil national de l'alimentation.
L'entrée au Sénat en 2017
Laurent Duplomb est élu sénateur de la Haute-Loire le 24 septembre 2017, puis réélu le 24 septembre 2023. Il siège au sein du groupe Les Républicains et occupe la fonction de secrétaire de la commission des affaires économiques. Il préside le groupe d'études Agriculture, élevage et alimentation et est membre des groupes d'études Chasse et pêche, Économie circulaire, et Statut, rôle et place des Français établis hors de France.
En septembre 2022, il coécrit un rapport sénatorial consacré à la compétitivité de l'agriculture française, alertant sur les déficits de capacité exportatrice, la dépendance aux importations, les distorsions de concurrence entre segments de marché et les enjeux de souveraineté alimentaire du pays.
Un défenseur assumé de l'agriculture intensive
Représentant actif de la FNSEA au Sénat, Laurent Duplomb est l'un des porte-voix les plus constants de l'agriculture productiviste dans l'hémicycle. Il critique le manque de transparence du plan national d'action sur le loup et réclame une intervention plus ferme de l'État, conteste l'attribution aux agriculteurs de la responsabilité principale de la pollution aux nitrates visée par la directive européenne, et attribue en partie la baisse des prix du lait aux sanctions contre la Russie, qu'il chiffre à un coût de 10 millions d'euros par mois pour la coopérative Sodiaal. Il s'oppose aux zones à faibles émissions et à l'objectif de zéro artificialisation nette, qu'il juge liberticides pour le monde rural. En janvier 2025, il fait adopter par le Sénat un amendement visant à supprimer l'Agence française pour le développement de l'agriculture biologique (Agence Bio), et se montre régulièrement critique envers l'Office français de la biodiversité (OFB). En juillet 2022, il s'oppose à une revalorisation du RSA liée au coût de la vie, avant de retirer son amendement. Sur le plan interne aux Républicains, il apporte son soutien à Laurent Wauquiez lors du congrès du parti en 2025. En 2021, il figure parmi les 28 sénateurs ayant voté contre la proposition de loi visant à interdire les pratiques dites de thérapies de conversion, adoptée par 305 voix.
La loi Duplomb
Le nom de Laurent Duplomb reste attaché à la proposition de loi qui porte son nom, dont l'origine remonte à un premier texte, déposé avec le sénateur Franck Menonville et adopté par le Sénat le 16 mai 2023 sous l'intitulé d'un choc de compétitivité en faveur de la ferme France. Une nouvelle proposition, déposée le 1er novembre 2024 et visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, est adoptée par le Sénat en janvier 2025. Elle prévoit notamment une présomption d'intérêt général majeur pour les ouvrages de stockage d'eau (les mégabassines), un relèvement des seuils d'autorisation environnementale pour les élevages (de 2 000 à 3 000 porcs et de 40 000 à 85 000 volailles), la suppression de la séparation entre conseil et vente de produits phytopharmaceutiques instaurée en 2018, et des dérogations à l'interdiction de trois néonicotinoïdes, l'acétamipride, le sulfoxaflor et le flupyradifurone, en cas de danger sanitaire avéré et d'absence d'alternative.
Examiné à l'Assemblée nationale à la mi-mai 2025, le texte fait l'objet d'une motion de rejet préalable le 27 mai 2025. Une commission mixte paritaire se réunit le 30 juin 2025, le Sénat valide son accord le 2 juillet, et l'Assemblée nationale adopte définitivement le texte le 8 juillet 2025, par 316 voix contre 223 et 25 abstentions. Le jour même, un décret signé par les ministres de l'Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé impose à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) de tenir compte des priorités du ministère de l'Agriculture, une disposition ensuite attaquée devant le Conseil d'État par l'association Agir pour l'environnement.
Le texte suscite une mobilisation citoyenne inédite : une pétition lancée le 10 juillet 2025 sur la plateforme de l'Assemblée nationale par Éléonore Pattery, étudiante en santé environnementale, franchit les 500 000 signatures le 19 juillet puis les 2 millions le 28 juillet 2025. Plus de soixante députés et sénateurs de gauche saisissent par ailleurs le Conseil constitutionnel les 11 et 16 juillet 2025, contestant notamment le respect des principes de non-régression, de prévention et de précaution en matière environnementale. Le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel censure l'article autorisant les dérogations aux néonicotinoïdes, jugeant son encadrement insuffisant au regard du droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, tout en validant les autres dispositions du texte, notamment sur les seuils d'élevage, le stockage de l'eau et la fin de la séparation entre conseil et vente. La loi est promulguée le 12 août 2025, amputée de son volet sur les néonicotinoïdes. En réaction, Laurent Duplomb dépose le 2 avril 2026 une nouvelle proposition de loi, dite loi Duplomb 2, visant à réautoriser pour une durée maximale de trois ans l'acétamipride et le flupyradifurone, pour les filières betteravière, noisetière et pomicole.
Controverses sur les soutiens publics à son exploitation
Des révélations médiatiques publiées en 2023 mettent en cause le financement, par la région Auvergne-Rhône-Alpes présidée par Laurent Wauquiez, de travaux d'extension des capacités de stockage d'eau de son exploitation, soulevant des interrogations sur un possible conflit d'intérêts. En février 2026, une enquête établit que son exploitation a perçu plus d'un million d'euros de subventions entre 2020 et 2025, principalement au titre de la politique agricole commune, plaçant son Gaec parmi le 1% des exploitations laitières les plus subventionnées de France, à rebours de l'image d'agriculteur ordinaire qu'il revendique publiquement ; son atelier laitier est en effet plus important que 96% des exploitations françaises.
Chronologie
- 1971 - Naissance à Rive-de-Gier (Loire), le 24 octobre
- 1995 - Installation sur l'exploitation de ses beaux-parents à Saint-Paulien (Haute-Loire)
- 2000 - Président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire (jusqu'en 2006)
- 2008 - Adjoint au maire de Saint-Paulien, chargé de la voirie
- 2010 - Élu maire de Saint-Paulien
- 2013 - Président de la chambre d'agriculture de Haute-Loire
- 2014 - Président régional Massif central et responsable de section de la coopérative Sodiaal
- 2017 - Fin de ses mandats de maire de Saint-Paulien et de président de la chambre d'agriculture ; élu sénateur de la Haute-Loire, le 24 septembre
- 2021 - Vote contre la loi interdisant les thérapies de conversion
- 2022 - Coauteur d'un rapport sénatorial sur la compétitivité de l'agriculture française, en septembre ; opposition à une revalorisation du RSA, en juillet
- 2023 - Réélu sénateur de la Haute-Loire, le 24 septembre ; adoption par le Sénat de sa proposition de loi "choc de compétitivité en faveur de la ferme France", le 16 mai ; révélations sur le financement régional de son exploitation
- 2024 - Son fils Julien devient président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire ; dépôt d'une nouvelle proposition de loi le 1er novembre
- 2025 - Adoption de la loi Duplomb par le Sénat en janvier, puis définitivement par l'Assemblée nationale le 8 juillet ; pétition citoyenne dépassant deux millions de signatures fin juillet ; censure partielle par le Conseil constitutionnel le 7 août ; promulgation de la loi le 12 août ; amendement adopté supprimant l'Agence Bio, en janvier
- 2026 - Enquête révélant l'ampleur des subventions perçues par son exploitation, en février ; dépôt de la proposition de loi Duplomb 2 visant à réautoriser deux néonicotinoïdes, le 2 avril
Mandats et responsabilités
- depuis 2017SénateurHaute-Loire
- LRPartiLe parti
Commissions et responsabilités
Les commissions de cet élu ne sont pas encore recensées dans notre base.
Activité parlementaire
Sens des votes
- Pour 70944 %
- Abstention 161 %
- Contre 88355 %
Scrutins : 728 adoptés, 892 rejetés.
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
3 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
Votes et positions récentes
Aucun vote nominatif disponible pour le moment.
