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Portrait de Lionnel LUCA

Collectivité

Lionnel LUCA

Maire · Villeneuve-Loubet

Ce qu'il faut retenir

Mairie Élu en 2020
  • Maire · Mairie, Villeneuve-Loubet.
  • Détient également un autre mandat (Conseil municipal).
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Lionnel Luca, né le 19 décembre 1954 à Boulogne-Billancourt, est un professeur d'histoire-géographie et homme politique français, ancien député des Alpes-Maritimes et maire de Villeneuve-Loubet. Fils d'un ouvrier d'origine roumaine, il grandit dans une famille marquée par un parcours familial singulier: son père, né en 1925 en Roumanie, avait fui le régime carliste dans les années 1930 pour la France, était retourné en Roumanie en 1940 lors de l'instauration de l'État national-légionnaire, avait été interné sous le maréchal Antonescu, puis était revenu en France en 1944 avant de s'engager dans la Légion étrangère en 1946 et de servir en Indochine. Naturalisé français en 1958, il devient un partisan du général de Gaulle, ce qui influence durablement l'orientation politique de son fils.

Formation

Lionnel Luca effectue des études d'histoire à l'université de Nice, où il obtient une licence puis une maîtrise, avant de poursuivre par un diplôme d'études approfondies (DEA) à l'université de Nice-Sophia-Antipolis. Il consacre son mémoire au gaullisme dans les Alpes-Maritimes entre 1958 et 1974, sous la direction de l'historien Ralph Schor.

Une carrière de professeur avant la politique

Pendant une vingtaine d'années, Lionnel Luca enseigne l'histoire et la géographie dans deux lycées privés niçois, Don-Bosco et Saint-Vincent-de-Paul, avant de se consacrer pleinement à son engagement politique local puis national.

Débuts en politique locale

Adhérent du Rassemblement pour la République (RPR) à partir de 1976, Lionnel Luca commence son parcours d'élu comme adjoint au maire de Saint-Laurent-du-Var du 14 mars 1983 au 19 mars 1989, avant de devenir adjoint au maire de Villeneuve-Loubet du 20 mars 1989 au 18 juin 1995. Il est élu conseiller général des Alpes-Maritimes dans le canton de Cagnes-sur-Mer-Ouest le 2 octobre 1988 et conserve ce mandat jusqu'au 23 mars 2014, à travers plusieurs réélections (1994, 2001, 2008), occupant à partir du 16 juin 2002 la vice-présidence de l'assemblée départementale. Il est également conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 23 mars 1992 au 30 juin 1997, sous la présidence de Jean-Claude Gaudin.

Maire de Villeneuve-Loubet

Lionnel Luca est élu maire de Villeneuve-Loubet le 19 juin 1995, avec 62% des voix dès le premier tour, succédant à Max Chaminadas. Il exerce ce mandat jusqu'au 18 mars 2001, où il est remplacé par Richard Camou. Il retrouve la mairie le 30 mars 2014, sa liste étant élue avec 61,35% des suffrages au premier tour, et se fait réélire en 2020 puis en 2026, faisant de la commune azuréenne l'ancrage constant de sa carrière politique locale.

Vingt ans à l'Assemblée nationale

Élu le 1er juin 1997 député de la sixième circonscription des Alpes-Maritimes sans l'investiture de son propre parti, contre la candidate désignée Suzanne Sauvaigo, Lionnel Luca siège à l'Assemblée nationale pendant vingt ans, du 12 juin 1997 au 20 juin 2017, à travers les XIe, XIIe, XIIIe et XIVe législatures. Il est réélu le 16 juin 2002, puis le 10 juin 2007 avec 63,94% des voix au premier tour, et le 10 juin 2012 avec 51,4% des voix. Il ne se représente pas aux élections législatives de 2017 et cède son siège à Laurence Trastour-Isnart.

Tout au long de son parcours parlementaire, il évolue au sein de la famille gaulliste et de la droite: RPR jusqu'en 1999, brièvement rattaché au Rassemblement pour la France et l'indépendance de l'Europe (RPFIE) de 1999 à 2002, puis membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) de 2002 à 2015 et des Républicains (LR) à partir de 2015. Pour la XIVe législature, il choisit toutefois de se rattacher financièrement au parti Debout la République (devenu Debout la France) de Nicolas Dupont-Aignan, expliquant partager "beaucoup de positions gaullistes" avec ce mouvement et vouloir l'aider financièrement tout en adressant un avertissement à l'UMP.

Une figure de la droite populaire et un défenseur du Tibet

En juillet 2010, Lionnel Luca rejoint La Droite populaire, collectif d'une trentaine de députés UMP qui revendique une plus grande fermeté sur les questions de sécurité et d'immigration. Il s'illustre par ailleurs comme l'un des principaux défenseurs de la cause tibétaine au Parlement: il préside depuis 2002 le groupe d'études sur la question du Tibet à l'Assemblée nationale, lance en mars 2010 un appel à tous les maires de France pour parrainer des villages tibétains menacés, et dépose en mars 2012 une proposition de résolution sur le respect de la liberté d'expression au Tibet.

Prises de position et controverses

Lionnel Luca s'oppose au raccourcissement du mandat présidentiel lors du référendum sur le quinquennat de septembre 2000. Favorable à une ligne très ferme en matière pénale, il évoque dès 1997, lors du débat sur la récidive des crimes sexuels, le rétablissement de la peine de mort, réclame en 2001 son application pour les assassins de policiers, et cosigne en avril 2004 avec Richard Dell'Agnola un projet de loi visant à la rétablir pour les auteurs d'actes terroristes; il vote en 2007 contre le projet de loi constitutionnelle interdisant définitivement la peine de mort en France, tout en se déclarant par la suite favorable à la perpétuité réelle et à la rétention de sûreté.

Il prend également des positions remarquées sur les questions mémorielles liées à la colonisation, déclarant en décembre 2005 que sans la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag n'auraient pu devenir ministres, et critiquant en avril 2010, avant sa sortie, le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, qu'il qualifie de manichéen, de "falsification historique" et le décrit comme "négationniste" et "anti-français". Sur l'immigration, il plaide pour la suppression de la double nationalité afin que les jeunes issus de l'immigration devenus majeurs doivent accomplir une démarche volontaire pour acquérir la nationalité française; en juillet 2011, il démissionne du secrétariat national à l'immigration de l'UMP après le refus du parti de faire évoluer sa position sur les binationaux, tout en obtenant l'organisation d'une convention sur les conditions d'adhésion à la Nation. Il s'oppose en outre à la mention de la théorie du genre dans les manuels scolaires, estimant en 2011 que cette théorie chercherait, selon lui, à légitimer à terme d'autres formes de transgression, propos qui suscitent de vives critiques. En 2010, il crée un comité parlementaire pour la liberté d'expression, dénonçant ce qu'il appelle "le langage d'émasculés" de certains responsables publics.

Autres épisodes de sa carrière

Lionnel Luca signe en 1999 la pétition "Les Européens veulent la paix", qui s'oppose à l'intervention militaire en Serbie. Il se présente sans succès à la mairie de Cannes en 2001, où il est devancé par le candidat RPR Bernard Brochand. En 2014, le bureau de l'Assemblée nationale refuse la levée de son immunité parlementaire dans une affaire relative à des heures supplémentaires supposément indues versées dans sa commune à la fin des années 1990. Sur le plan national, il soutient Nicolas Sarkozy, y compris lors de la primaire présidentielle de la droite de 2016, avant d'annoncer, en 2017, son intention de voter blanc au second tour de l'élection présidentielle et de ne pas se représenter aux élections législatives qui suivent.

Chronologie

  • 1954 - Naissance à Boulogne-Billancourt, le 19 décembre
  • 1976 - Adhésion au Rassemblement pour la République (RPR)
  • 1983 - Adjoint au maire de Saint-Laurent-du-Var
  • 1988 - Élu conseiller général des Alpes-Maritimes (canton de Cagnes-sur-Mer-Ouest)
  • 1989 - Adjoint au maire de Villeneuve-Loubet
  • 1992 - Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • 1995 - Élu maire de Villeneuve-Loubet, le 19 juin
  • 1997 - Élu député de la 6e circonscription des Alpes-Maritimes, le 1er juin
  • 1999 - Signature de la pétition contre la guerre en Serbie; rattachement au RPFIE
  • 2000 - Opposition au quinquennat lors du référendum de septembre
  • 2001 - Perd la mairie de Villeneuve-Loubet; candidat malheureux à la mairie de Cannes
  • 2002 - Réélu député; adhésion à l'UMP; présidence du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale
  • 2004 - Cosignataire d'un projet de loi pour le rétablissement de la peine de mort en matière terroriste
  • 2005 - Déclarations controversées sur la colonisation
  • 2006 - Vice-présidence du conseil général des Alpes-Maritimes
  • 2007 - Réélu député avec 63,94% des voix; vote contre l'interdiction constitutionnelle de la peine de mort
  • 2010 - Adhésion à La Droite populaire; appel aux maires de France pour le Tibet; création d'un comité parlementaire pour la liberté d'expression
  • 2011 - Démission du secrétariat national à l'immigration de l'UMP; prises de position contre la théorie du genre
  • 2012 - Réélu député avec 51,4% des voix; dépôt d'une proposition de résolution sur le Tibet
  • 2014 - Retrouve la mairie de Villeneuve-Loubet, le 30 mars; refus de la levée de son immunité parlementaire par le bureau de l'Assemblée nationale
  • 2015 - Adhésion aux Républicains (LR)
  • 2017 - Fin de son mandat de député, le 20 juin, après vingt ans à l'Assemblée nationale; annonce d'un vote blanc à la présidentielle
  • 2020 - Réélu maire de Villeneuve-Loubet
  • 2026 - Réélu maire de Villeneuve-Loubet

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