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Portrait de Marion MARÉCHAL

Parlement

Marion MARÉCHAL

Député européen · France

538Votes exprimés
89 %Participation

Ce qu'il faut retenir

Parlement européen Groupe ECR Élue en 2024 538 votes exprimés
  • Député européen · Parlement européen, France.
  • Rattachée au parti Conservateurs et réformistes européens (CRE), groupe ECR.
  • 538 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Marion Maréchal, née Marion Jeanne Caroline Le Pen le 10 décembre 1989 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), est une femme politique française, députée européenne depuis 2024 au sein du groupe Conservateurs et réformistes européens. Elle a utilisé le nom d'usage Marion Maréchal-Le Pen de 2010 à 2018, avant d'adopter le seul patronyme Maréchal. Petite-fille du fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen et nièce de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, elle a également révélé en 2013 que son père biologique était le journaliste Roger Auque, décédé la même année, tandis que son père légal reste Samuel Maréchal, qui l'a reconnue à l'âge de deux ans ; sa mère est Yann Le Pen. Catholique pratiquante, elle a été mariée une première fois, le 29 juillet 2014, à Matthieu Decosse, union dont elle se sépare en 2016 et dont est née une fille, Olympe, le 3 septembre 2014. Elle épouse en secondes noces, le 11 septembre 2021, le responsable politique italien Vincenzo Sofo, avec qui elle a une fille, Clotilde, née le 10 juin 2022.

Formation

Marion Maréchal effectue sa scolarité secondaire à Saint-Cloud, notamment à l'institution Saint-Pie-X, avant de poursuivre des études supérieures à l'université Panthéon-Assas, où elle obtient une licence de droit des affaires puis un master 1 de droit public.

Entrée précoce en politique et députée à vingt-deux ans

Marion Maréchal adhère au Front national en 2008 et intègre le bureau politique du mouvement à partir de 2012 ; elle est par ailleurs secrétaire de la fédération FN du Vaucluse de 2012 à 2016.

Le 17 juin 2012, elle est élue députée de la 3e circonscription du Vaucluse avec 42,1% des suffrages, face au député sortant UMP Jean-Michel Ferrand (35,8%) et à la candidate socialiste Catherine Arkilovitch (22,1%). À vingt-deux ans, elle devient à cette date la plus jeune députée de l'histoire de la Ve République. Non-inscrite à l'Assemblée nationale, elle siège à la commission des Affaires étrangères et dépose ou cosigne une quinzaine de propositions de loi, portant notamment sur l'instauration d'une préférence nationale et la suppression de l'Aide médicale d'État, ainsi qu'une proposition de reconnaissance d'un « génocide vendéen », s'appuyant sur les travaux de l'historien Reynald Secher. Elle exerce ce mandat de député jusqu'en 2017.

Conseillère régionale et présidente de groupe en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Marion Maréchal est élue conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d'Azur en décembre 2015, au titre du Vaucluse, et prend la présidence du groupe frontiste au sein de cette assemblée régionale, mandat qu'elle exerce jusqu'à sa démission en juillet 2017.

Le retrait de la vie politique (2017)

Le 9 mai 2017, Marion Maréchal-Le Pen annonce son retrait de la vie politique, renonçant à se représenter aux élections législatives à venir alors qu'elle y était présentée comme favorite. Elle explique cette décision par des raisons personnelles et politiques, invoquant le souhait de se consacrer davantage à sa fille et de découvrir le secteur privé. Des désaccords avec Florian Philippot et Marine Le Pen, notamment sur la question d'éventuelles alliances avec d'autres formations de droite, jouent également un rôle dans cette décision. Elle démissionne de son mandat de conseillère régionale le 7 juillet 2017.

Une influence persistante malgré le retrait

Bien qu'éloignée des responsabilités électives, Marion Maréchal conserve une forte popularité au sein de l'électorat et du militantisme d'extrême droite. En février 2018, elle intervient à la Conservative Political Action Conference (CPAC), aux États-Unis, où elle prononce un discours en anglais défendant un positionnement libéral-conservateur et déclare que la France « devient la petite-nièce de l'islam ». Le congrès du Front national de 2018 révèle une popularité persistante de Marion Maréchal auprès des militants, supérieure à celle de Marine Le Pen selon plusieurs enquêtes internes rapportées par la presse.

En 2018, elle participe à la création de l'Institut des sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP), école privée d'enseignement supérieur dont elle devient directrice générale ; l'établissement ne compte encore qu'une quinzaine d'étudiants en 2019. Le 22 janvier 2019, elle intervient à l'université d'Oxford sur le thème du populisme de droite et des mouvements citoyens, évoquant notamment les Gilets jaunes et le Brexit. En septembre 2019, elle clôture la « Convention de la droite », qui réunit environ 1 500 participants, où elle évoque plusieurs défis pour la droite française, dont la théorie dite du « grand remplacement ». Elle quitte la direction de l'ISSEP en mai 2022, tout en conservant un rôle dans les partenariats internationaux de l'institut.

Rapprochement avec Éric Zemmour et rupture avec le Rassemblement national

À partir d'octobre 2019, un entretien croisé publié dans le mensuel L'Incorrect révèle des convergences entre Marion Maréchal et le polémiste Éric Zemmour : union des droites, dénonciation de l'islamisation de la société française, ligne identitaire et libérale-conservatrice. En septembre 2021, elle s'affiche publiquement à ses côtés lors du sommet de la démographie de Budapest, le qualifiant d'« homme intéressant », ce qui suscite une réaction négative de Marine Le Pen.

Le 27 janvier 2022, Marion Maréchal annonce qu'elle « réfléchit » à soutenir la candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle et à rejoindre son parti. Le 6 mars 2022, lors d'un meeting à Toulon, elle officialise son ralliement. Le 19 avril 2022, elle adhère à Reconquête et en devient vice-présidente exécutive, aux côtés de Guillaume Peltier et Nicolas Bay.

En septembre 2023, Éric Zemmour la charge de conduire la liste de Reconquête aux élections européennes de 2024. Mais en juin 2024, après l'échec des négociations d'alliance entre Reconquête et le Rassemblement national pour les élections législatives anticipées, Marion Maréchal appelle publiquement à voter pour les candidats du RN. Éric Zemmour l'accuse de trahison et l'exclut du parti, avec Nicolas Bay, Guillaume Peltier et Laurence Trochu.

Élection au Parlement européen et fondation d'Identité-Libertés (2024)

Marion Maréchal est élue députée européenne le 9 juin 2024 sur la liste Reconquête, avant que son exclusion du parti, le 12 juin suivant, ne la conduise à créer un micro-parti, La France fière. Elle prend ses fonctions au Parlement européen le 16 juillet 2024, où elle siège au sein du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Le 7 octobre 2024, elle annonce dans Le Figaro la création d'un nouveau parti politique, Identité-Libertés, dont la présidence lui est officiellement confiée le lendemain, 8 octobre 2024.

Positionnement politique

Marion Maréchal se revendique d'un positionnement libéral-conservateur et identitaire, favorable à une réduction de l'immigration, à la défense de ce qu'elle nomme le patriotisme économique et à la valorisation des identités régionales et nationales. Issue de la famille Le Pen et longtemps présentée comme l'héritière possible du Front national puis du Rassemblement national, elle s'en est progressivement distinguée par son rapprochement avec Éric Zemmour puis par la création de ses propres structures partisanes, l'ISSEP d'abord, Identité-Libertés ensuite. Sa trajectoire, marquée par des ruptures successives avec le RN puis avec Reconquête, illustre les recompositions répétées de la droite nationale française depuis le milieu des années 2010. Elle est diversement qualifiée par les commentateurs et une partie de la presse, qui la classent le plus souvent à l'extrême droite ou à la droite nationaliste, une caractérisation qu'elle conteste en se définissant elle-même comme libérale-conservatrice.

Chronologie

  • 1989 - Naissance à Saint-Germain-en-Laye, le 10 décembre
  • 2008 - Adhésion au Front national
  • 2012 - Élection à la 3e circonscription du Vaucluse, le 17 juin, plus jeune députée de la Ve République
  • 2013 - Révélation de sa filiation biologique avec le journaliste Roger Auque
  • 2014 - Naissance de sa fille Olympe (3 septembre) ; mariage avec Matthieu Decosse (29 juillet)
  • 2015 - Élection au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, en décembre
  • 2016 - Séparation d'avec Matthieu Decosse
  • 2017 - Annonce du retrait de la vie politique (9 mai) ; démission du conseil régional (7 juillet) ; fin du mandat de députée
  • 2018 - Intervention à la CPAC ; création de l'ISSEP, dont elle devient directrice générale
  • 2019 - Intervention à l'université d'Oxford (janvier) ; clôture de la Convention de la droite (septembre)
  • 2021 - Rapprochement public avec Éric Zemmour au sommet de Budapest (septembre) ; second mariage, avec Vincenzo Sofo (11 septembre)
  • 2022 - Ralliement à Éric Zemmour (mars) ; adhésion à Reconquête et vice-présidence exécutive (19 avril) ; naissance de sa fille Clotilde (10 juin) ; départ de la direction de l'ISSEP (mai)
  • 2023 - Désignation comme tête de liste de Reconquête pour les élections européennes, en septembre
  • 2024 - Élection au Parlement européen (9 juin) ; exclusion de Reconquête par Éric Zemmour (12 juin) ; création du micro-parti La France fière ; entrée en fonction au Parlement européen au sein du groupe CRE (16 juillet) ; annonce et fondation du parti Identité-Libertés, dont elle devient présidente (7-8 octobre)

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