Aller au contenu
SensPoObservatoire politique indépendant
Portrait de Nadine Morano

Parlement

Nadine Morano

Député européen · France

2 375Votes exprimés
95 %Participation

Ce qu'il faut retenir

Parlement européen Groupe EPP Élue en 2019 2 375 votes exprimés
  • Député européen · Parlement européen, France.
  • Rattachée au parti Parti populaire européen (PPE), groupe EPP.
  • 2 375 votes exprimés au cours du mandat.
  • Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.

Biographie

Nadine Morano, née Nadine Yvonne Pucelle le 6 novembre 1963 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), est une femme politique française, ancienne ministre et députée européenne. Fille de Michel Pucelle (1930-2011), qui prend le nom de Pugelle en 1976, chauffeur routier, et de Monique Generelli, standardiste de taxi à Nancy et d'origine italienne par son père, maçon né en Piémont, elle grandit dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy jusqu'à l'âge de 23 ans, en pension chez les sœurs dominicaines, aux côtés d'un frère aîné de cinq ans, Patrick, qui fera carrière militaire. Gauchère, elle épouse en 1988 Angelo Morano, originaire de Cittanova, en Calabre, dont elle divorce ultérieurement tout en conservant l'usage du nom ; elle est mère de trois enfants, dont Grégoire, décédé en juillet 2024 à l'âge de 33 ans.

Formation et débuts professionnels

Nadine Morano suit des études à la faculté de droit de Nancy, complétées par un DESS en information, communication et organisation des entreprises. Elle exerce ensuite comme chargée de mission auprès du premier vice-président du conseil régional de Lorraine, de 1992 à 1997, puis comme responsable de la communication du parc naturel régional de Lorraine, de 2000 à 2002.

Débuts au RPR puis à l'UMP

Membre du RPR de 1981 à 2002, Nadine Morano est déléguée des Jeunes de Meurthe-et-Moselle du mouvement de 1986 à 1988 et soutient Nicolas Sarkozy à l'occasion de l'élection présidentielle de 1995. Après la création de l'UMP, elle est nommée secrétaire nationale du parti chargée des fédérations professionnelles de 2002 à 2006, puis déléguée générale au monde professionnel jusqu'en 2008. Porte-parole de l'UMP en 2007-2008, elle est cependant écartée en février 2007 de l'équipe de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Députée de Meurthe-et-Moselle

Le 19 juin 2002, Nadine Morano est élue députée de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle avec 56,26 % des suffrages au second tour, face à Nicole Feidt (PS). Elle est réélue le 17 juin 2007 avec 52,82 % des voix, contre Michèle Pilot (PS), et siège à l'Assemblée nationale jusqu'au 19 avril 2008, à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Elle occupe des vice-présidences des groupes d'études Jeunesse, intégration et citoyenneté et Sécurité intérieure, et dépose entre octobre et décembre 2005 trois propositions de loi, portant respectivement sur la révision de l'article 25 de la Constitution, la suppléance des élus entrés au gouvernement et la protection des enfants dans les divorces conflictuels. Vice-présidente de la commission spéciale sur la fin de vie constituée à la suite de l'affaire Vincent Humbert en 2004-2005, elle cosigne en novembre 2006 avec Édouard Courtial un amendement sur le "happy slapping", rejeté en première lecture à l'Assemblée mais voté par le Sénat le 11 janvier 2007 avant d'être confirmé par les députés. En 2008, elle défend la loi sur la rétention de sûreté et déclare que l'opposition socialiste se situe "du côté des assassins". Après avoir quitté l'Assemblée pour entrer au gouvernement, elle s'y représente en 2012 dans la même circonscription : arrivée en 2e position au premier tour avec 34,33 %, elle est battue au second tour, avec 44,33 % des voix, par le socialiste Dominique Potier.

Conseillère régionale de Lorraine

Nadine Morano siège au conseil régional de Lorraine du 28 mars 2004 au 18 décembre 2015, élue une première fois sur une liste recueillant 32,26 % des suffrages au second tour, puis réélue le 21 mars 2010 avec 31,06 % des voix.

Secrétaire d'État puis ministre déléguée sous Nicolas Sarkozy

Le 18 mars 2008, Nadine Morano est nommée secrétaire d'État chargée de la Famille dans le gouvernement Fillon II, sous l'autorité de Xavier Bertrand puis, à compter du 15 janvier 2009, de Brice Hortefeux ; elle est remplacée à l'Assemblée par son suppléant Philippe Morenvillier. Le 23 juin 2009, son portefeuille est élargi à la Solidarité, en remplacement de Valérie Létard, sous l'autorité du ministre Xavier Darcos ; elle lance à ce titre, le 16 juillet 2009 à Vichy aux côtés du chanteur Gilbert Montagné, le label "Handi-Vacances", organise les états généraux de l'enfance le 16 février 2010 et propose, le 25 février 2010, des amendements relatifs aux violences faites aux femmes, dont l'expérimentation d'un bracelet électronique et un renforcement de l'aide juridictionnelle. Le 14 novembre 2010, elle devient ministre déléguée chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle dans le gouvernement Fillon III, sous l'autorité de Xavier Bertrand, fonction qu'elle exerce jusqu'au 10 mai 2012. En septembre 2011, elle intègre la cellule de riposte dirigée par Brice Hortefeux en vue de la campagne présidentielle de 2012.

Fondation du Rassemblement pour le peuple de France

Le 18 octobre 2012, Nadine Morano lance son propre mouvement, le Rassemblement pour le peuple de France (RPPF). En janvier 2013, elle est nommée déléguée générale chargée des élections au sein de l'UMP, fonction partagée avec Dominique Bussereau, puis, le 21 janvier 2015, vice-présidente de la commission nationale d'investiture par Nicolas Sarkozy.

Députée européenne depuis 2014

Nadine Morano est élue députée européenne le 25 mai 2014, en tête de la liste UMP pour la circonscription Est, qui recueille 22,72 % des suffrages et obtient trois sièges sur neuf ; elle siège au Parlement européen pour la circonscription Est durant la 8e législature (2014-2019). Réélue le 26 mai 2019 en 4e position sur la liste LR-LC-CPNT conduite par François-Xavier Bellamy (8,48 % des voix), elle conserve son siège pour la circonscription unique France lors de la 9e législature, puis est réélue une troisième fois le 9 juin 2024, en 6e position sur la liste des Républicains créditée de 7,25 % des suffrages, ne conservant son mandat que de justesse parmi les six élus de la liste. Elle siège depuis 2014 au sein du groupe du Parti populaire européen (PPE).

Candidature à la primaire de la droite de 2016

Le 4 septembre 2015, Nadine Morano annonce sa candidature à la primaire de la droite et du centre en vue de l'élection présidentielle de 2017, axant sa campagne notamment sur la fermeté à l'égard de l'immigration. Le 9 septembre 2016, elle annonce ne pas avoir réuni un nombre suffisant de parrainages d'élus pour accéder à la primaire. Elle soutient ensuite François Fillon, dont elle retire son soutien le 3 mars 2017 après la révélation de l'affaire Fillon, avant de le soutenir de nouveau le 6 mars. Elle refuse d'appeler à un "front républicain" pour le second tour opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, tout en déclarant avoir personnellement voté pour ce dernier, une décision qu'elle affirmera en 2020 ne "plus jamais" vouloir reproduire.

La controverse de la "race blanche"

Le 26 septembre 2015, invitée de l'émission "On n'est pas couché" sur France 2, Nadine Morano déclare que "la France est un pays judéo-chrétien, de race blanche", en référence, de manière imprécise, à un entretien accordé par Charles de Gaulle à Alain Peyrefitte en 1959. Ces propos suscitent une vive controverse politique et médiatique : le Premier ministre Manuel Valls réplique que "Marianne n'a pas de race, pas de couleur", tandis que Marine Le Pen estime que les propos "peuvent être entendus comme blessants, notamment outre-mer", que Jean-Marie Le Pen y voit "une évidence historique multiséculaire" et qu'Éric Zemmour défend l'usage du terme "race". La généticienne Dominique Stoppa-Lyonnet critique, dans Le Monde du 6 octobre 2015, l'inexactitude scientifique du propos. Sa cote de popularité progresse dans les sondages à la suite de cet épisode. Saisi par la LICRA, le parquet classe l'affaire sans suite le 4 décembre 2015.

Douze jours après cette polémique, le 7 octobre 2015, la commission nationale d'investiture des Républicains, alors qu'elle avait été présentée le 18 septembre comme tête de liste pour le Grand Est dans le département de Meurthe-et-Moselle en vue des élections régionales, vote le retrait de son investiture ; Nicolas Sarkozy propose de la remplacer par Valérie Debord. Le parti n'envisage cependant pas son exclusion. Nadine Morano dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy et déclare au Point, avant l'annonce du retrait, vouloir "le dézinguer". Le 29 octobre 2015, elle appelle les électeurs du Front national à voter pour elle, opposant un "rassemblement Nadine" à un "rassemblement Bleu Marine".

Rapprochement avec Laurent Wauquiez et les droites européennes

À la suite de ces épisodes, Nadine Morano parraine la candidature de Laurent Wauquiez au congrès des Républicains de 2017 et devient sa conseillère politique, siégeant au bureau politique du parti. En juin 2018, elle félicite le premier ministre hongrois Viktor Orbán et se dit "plus proche" de lui que d'Emmanuel Macron sur les questions migratoires. En septembre 2018, elle est la seule élue de la délégation française du PPE à voter contre le déclenchement de la procédure de l'article 7 du traité sur l'Union européenne à l'encontre de la Hongrie, et se distingue de nouveau en 2021 en étant la seule élue des Républicains à voter contre la réforme des statuts du PPE, laquelle aboutit à l'exclusion du parti hongrois Fidesz. Lors des élections régionales de 2021 dans le Grand Est, le président sortant Jean Rottner refuse sa présence sur la liste des Républicains ; Laurent Jacobelli, candidat du Rassemblement national, l'invite alors à le rejoindre, invitation qu'elle décline, tout en refusant également d'appeler à un front républicain en faveur de Jean Rottner. En 2021, elle apporte son soutien à Michel Barnier pour le congrès des Républicains puis pour la présidentielle de 2022.

Autres controverses

Nadine Morano a été la cible d'insultes de la part de l'humoriste Guy Bedos, qui l'a qualifiée de "conne", de "salope" et de "connasse", propos ayant donné lieu à une plainte classée sans suite. Le philosophe Alain Finkielkraut critique, les 8 et 9 octobre 2015, ce qu'il analyse comme une forme de sexisme visant les femmes de droite. Lors de la campagne des élections législatives de 2012, elle est victime d'un canular de l'humoriste Gérald Dahan, qui se fait passer au téléphone pour Louis Aliot ; elle porte plainte, déboutée au pénal, avant de poursuivre l'affaire au civil. Candidate aux élections municipales de 2008 à Toul, elle arrive en 3e position avec 26,26 % des suffrages, battue par la maire sortante Nicole Feidt (43,69 %).

Notoriété médiatique et culture populaire

Nadine Morano est représentée en marionnette dans l'émission Les Guignols de l'info sur Canal+ à partir d'août 2011, avec la voix de Sandrine Alexi ; elle critiquera publiquement cette caricature, la jugeant "moche, bête et ridée", et se réjouira de l'arrêt du programme en 2018. Elle apparaît également comme personnage de fiction, en ministre de la Famille et de la Natalité dans la bande dessinée "La Présidente" de François Durpaire et Farid Boudjellal, et en ministre de la Jeunesse et des Sports dans le roman "Le Séisme" d'Olivier Wieviorka, paru en 2016. Elle est enfin le sujet d'une chanson du groupe Poesie Zero intitulée "Nadine" et fait l'objet d'une référence dans le titre "Mal aimé" du rappeur Nekfeu.

Positionnement politique

Nadine Morano se revendique d'une droite traditionnelle et identitaire, marquée par la défense d'une conception restrictive de l'immigration et par une proximité assumée avec plusieurs dirigeants de la droite nationaliste européenne, notamment Viktor Orbán. Sa trajectoire, du RPR gaulliste aux Républicains, est ponctuée de plusieurs épisodes de rupture avec la ligne officielle de son parti, qu'il s'agisse de son rapport ambigu au Rassemblement national ou de ses positions minoritaires au sein du groupe PPE sur la Hongrie.

Chronologie

  • 1963 - Naissance à Nancy sous le nom de Nadine Pucelle, le 6 novembre
  • 1981 - Adhésion au RPR
  • 1988 - Mariage avec Angelo Morano
  • 2002 - Élection comme députée de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle ; secrétaire nationale de l'UMP
  • 2004 - Élection comme conseillère régionale de Lorraine
  • 2007 - Réélection comme députée ; porte-parole de l'UMP
  • 2008 - Nomination comme secrétaire d'État chargée de la Famille, le 18 mars
  • 2009 - Élargissement de son portefeuille à la Solidarité, le 23 juin
  • 2010 - Nomination comme ministre déléguée chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, le 14 novembre
  • 2012 - Lancement du Rassemblement pour le peuple de France, le 18 octobre ; défaite aux élections législatives
  • 2014 - Élection au Parlement européen, le 25 mai, tête de liste UMP pour la circonscription Est
  • 2015 - Controverse sur "la race blanche", le 26 septembre ; retrait de son investiture régionale par Les Républicains, le 7 octobre ; annonce de sa candidature à la primaire de la droite, le 4 septembre
  • 2016 - Renonce à la primaire de la droite faute de parrainages suffisants, le 9 septembre
  • 2017 - Soutien puis retrait puis nouveau soutien à François Fillon ; parrainage de Laurent Wauquiez au congrès des Républicains
  • 2018 - Soutien public à Viktor Orbán ; vote contre la procédure de l'article 7 à l'encontre de la Hongrie
  • 2019 - Réélection au Parlement européen, le 26 mai
  • 2021 - Vote contre la réforme des statuts du PPE ; écartée de la liste LR pour les régionales dans le Grand Est ; soutien à Michel Barnier
  • 2024 - Réélection au Parlement européen, le 9 juin ; décès de son fils Grégoire, en juillet

L’essentiel de la vie politique, une fois par semaine

Une synthèse sourcée et sans parti pris. Désinscription en un clic, aucune revente d’adresse.

Vous cherchez un compte ? Créer un compte SensPo : pour commenter, suivre vos élus et garder vos analyses.