Ce qu'il faut retenir
- Ministre des Transports · Gouvernement.
- Présence publique suivie sur les réseaux sociaux.
- 2 mandats recensés : gouvernement, sénateur.
Biographie
Philippe Tabarot, né le 25 novembre 1970 à Cannes (Alpes-Maritimes), est un homme politique français, ministre chargé des Transports depuis décembre 2024. Marié et père d'un enfant, il est issu d'une famille marquée par l'histoire de l'Algérie française et par un engagement politique de longue date à Cannes, où son parcours d'élu local s'est construit sur près de trois décennies avant son accession au gouvernement.
Origines familiales
Le père de Philippe Tabarot, Robert Tabarot (1928-2015), était commerçant à Oran, en Algérie française. Ancien champion d'Afrique du Nord de boxe et chevalier de l'ordre national du Mérite, il fut l'un des fondateurs et dirigeants de l'Organisation armée secrète (OAS) à partir de 1960, chargé du bureau des contacts politiques et bras droit du général Jouhaud à Oran. Condamné à mort lors du procès du putsch d'Alger d'avril 1961, il fut gracié, puis amnistié en 1968. Après l'indépendance de l'Algérie, la famille s'exile d'abord à Alicante, en Espagne, avant de rentrer en France en 1969. Robert Tabarot devient alors gérant de plage à Cannes et est élu conseiller municipal de la ville de 1977 à 1983, après avoir ouvert à Mandelieu la première maison du Pied-Noir de France.
Sa soeur aînée, Michèle Tabarot, née en 1962, est députée des Alpes-Maritimes depuis 2002 et vice-présidente du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale; elle fut secrétaire générale de l'UMP entre 2012 et 2014. Un autre frère, Roch Tabarot, a été mis en examen en Espagne en 2008 dans une affaire d'escroquerie immobilière évaluée à 72 millions d'euros, procédure qui s'est conclue par deux non-lieux selon Michèle Tabarot.
Formation et débuts en politique
Philippe Tabarot est titulaire d'une maîtrise de droit public de l'université de Nice. Il débute en politique comme directeur de la campagne de sa soeur Michèle Tabarot pour les élections municipales de 1995 au Cannet, avant de devenir directeur de son cabinet à la mairie de cette commune.
Conseil municipal de Cannes (1998-2014)
Élu conseiller municipal de Cannes en 1998 sous l'étiquette UDF-Démocratie libérale, Philippe Tabarot rejoint ensuite l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Il siège seize ans au conseil municipal, dont onze années en charge des dossiers de la Jeunesse et du Tourisme, ainsi que du suivi des relations avec le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur. Candidat à la mairie de Cannes en 2008, il obtient 37,12% des voix au second tour, face aux 40,30% du maire sortant Bernard Brochand. Candidat de nouveau en 2014, il ne remporte pas l'élection.
Conseil départemental des Alpes-Maritimes (2001-2015)
Élu conseiller général du canton de Cannes-Centre le 18 mars 2001, Philippe Tabarot devient alors le benjamin de l'assemblée départementale. Réélu en mars 2008 sous la présidence de Christian Estrosi, il occupe la vice-présidence chargée des Affaires sociales, en particulier de la protection de l'enfance et de l'aide aux personnes âgées, préside le Foyer de l'enfance et assure la vice-présidence de la Maison départementale des personnes handicapées. Son mandat départemental s'étend du 22 mars 2001 au 1er avril 2015. Il préside par ailleurs, de 2001 à 2014, le conseil portuaire du Vieux Port de Cannes.
Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur (2015-2021)
Élu en décembre 2015 sur la liste de Christian Estrosi, Philippe Tabarot obtient une vice-présidence chargée des Transports, de l'Intermodalité et de la Sécurité au conseil régional. Entre 2015 et 2021, il pilote le dossier de la mise en concurrence de la ligne ferroviaire TER Marseille-Nice. Il préside dans le même temps la Régie régionale des transports, qui gère les Chemins de fer de Provence et la ligne Nice-Digne, et exerce des fonctions d'administrateur au sein de l'Union des conseillers généraux de France, du Groupement des autorités responsables de transport (GART) et de la commission des Transports de Régions de France. Son mandat régional court du 18 décembre 2015 au 2 juillet 2021.
Sénateur des Alpes-Maritimes (2020-2025)
Placé en quatrième position sur la liste des Républicains conduite par Dominique Estrosi Sassone, Philippe Tabarot est élu sénateur des Alpes-Maritimes le 27 septembre 2020, avec 69,53% des suffrages. Il siège au Sénat du 1er octobre 2020 au 23 janvier 2025. Il y dépose notamment une proposition de loi visant à limiter le droit de grève, en particulier dans les transports.
Ministre des Transports (depuis décembre 2024)
Philippe Tabarot est nommé ministre chargé des Transports le 23 décembre 2024, dans le gouvernement de François Bayrou. Il indique avoir appris sa nomination en direct à la télévision, sans en avoir été prévenu au préalable. Il est reconduit dans ce portefeuille au sein des deux gouvernements successifs de Sébastien Lecornu. Depuis son entrée au gouvernement, il affiche l'intention de poursuivre l'ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire et d'encadrer davantage le droit de grève dans les transports.
Positions politiques
Philippe Tabarot défend une ouverture accrue du secteur ferroviaire à la concurrence, position à laquelle s'opposent la CFDT et la CGT. Il a cosigné une proposition de loi créant une dérogation aux obligations d'aménagement de pistes cyclables, initiative dénoncée par le climatologue Christophe Cassou. En mars 2024, il vote contre l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution.
Rémunérations et procédures judiciaires
Selon des informations publiées par Libération le 25 décembre 2024, Philippe Tabarot a cumulé, en tant qu'assistant parlementaire de sa soeur Michèle Tabarot à l'Assemblée nationale, cette rémunération avec d'autres émoluments. Il déclare ainsi, en 2016, 66 000 euros comme collaborateur à la mairie du Cannet, 29 000 euros comme assistant parlementaire et plus de 40 000 euros comme vice-président régional, soit un total de 135 000 euros. Les années suivantes font apparaître une progression de sa rémunération municipale, avec 94 000 euros déclarés en 2018 et 97 800 euros en 2019, auxquels s'ajoutent environ 40 000 euros au titre de ses fonctions régionales. La mairie du Cannet fait l'objet d'une perquisition en décembre 2022, menée par le Parquet national financier, afin de déterminer la réalité du travail accompli par Philippe Tabarot au regard des rémunérations perçues. Au début de l'année 2025, il est visé par une enquête pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.
Autres controverses
À l'occasion du salon Bharat Innovates, à Nice, avant le sommet du G7 de 2026, Philippe Tabarot aurait proféré des menaces de mort à l'encontre du maire de Nice Éric Ciotti, le qualifiant de "nabot" et le menaçant de le faire disparaître avec l'aide de "Géorgiens". Éric Ciotti a réclamé son exclusion du gouvernement et a déposé plainte, le 17 juin 2026, devant la Cour de justice de la République, seule juridiction compétente pour juger un ministre en exercice.
À la suite du suicide d'un conducteur de TGV, le 24 décembre 2024, Philippe Tabarot avait déclaré que ce drame relevait de "problèmes personnels et familiaux" et que l'on aurait pu "passer à côté d'une plus grande catastrophe". Les syndicats CFDT, SUD-Rail et CGT avaient qualifié ces propos de "non fondés et honteux", voire "indécents". Le ministre avait ensuite estimé que certains de ses propos avaient été "mal interprétés", refusé ce qu'il a appelé un "procès en empathie", avant d'assurer que l'État se tiendrait aux côtés de la famille du défunt.
Chronologie
- 1970 - Naissance à Cannes, le 25 novembre
- 1995 - Directeur de campagne puis de cabinet de sa soeur Michèle Tabarot au Cannet
- 1998 - Élu conseiller municipal de Cannes
- 2001 - Élu conseiller général du canton de Cannes-Centre, le 18 mars
- 2008 - Réélu conseiller général sous la présidence de Christian Estrosi; candidat malheureux à la mairie de Cannes
- 2014 - Candidat de nouveau, sans succès, à la mairie de Cannes
- 2015 - Élu au conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, en décembre; vice-président chargé des Transports
- 2020 - Élu sénateur des Alpes-Maritimes, le 27 septembre, avec 69,53% des voix
- 2022 - Perquisition de la mairie du Cannet par le Parquet national financier, en décembre
- 2024 - Vote contre la constitutionnalisation du droit à l'avortement, en mars; nommé ministre chargé des Transports, le 23 décembre, dans le gouvernement Bayrou; controverse après le suicide d'un conducteur de TGV, le 24 décembre
- 2025 - Fin de son mandat sénatorial, le 23 janvier; mise en cause pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts; reconduit ministre des Transports dans les gouvernements Lecornu I et II
- 2026 - Altercation rapportée avec Éric Ciotti au salon Bharat Innovates à Nice; plainte déposée par Éric Ciotti devant la Cour de justice de la République, le 17 juin
Mandats et responsabilités
En cours
- Ministre des Transports
Mandats sans date connue
- SénateurAlpes-Maritimes
Patrimoine et intérêts
Déclarations publiques à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
3 déclarations à la HATVP. Patrimoine, intérêts et activités déclarés, sourcés depuis la HATVP.
